BACCALAURÉAT MUSIQUE 2021
Philippe MORANT

Alors que les discussions, approbations, contestations allaient bon train concernant le nouveau baccalauréat, et la part importante (40%) que le ministre avait dévolue au contrôle continu pour l’obtention du nouveau diplôme, un virus veillait ! Ce ne sont pas 40, mais 100% des notes du contrôle continu qui furent - à cause du Covid19 - prises en compte pour la session 2020 ! En 2021, les épreuves vont, si le virus se calme, retrouver les dispositions prévues par les bulletins officiels ! Il est donc temps de faire le point. C’est l’objet du préambule de ce livre. Au cours des pages suivantes, comme chaque année, nous analyserons bien entendu les œuvres du « programme limitatif ». Mais « pas que » ! Les candidats auront, je l’espère, envie de suivre ce manuel dans son déroulement intégral.

Les nouveauté du Bac 2021 :
1. L’option facultative de musique ne fera plus l’objet d’une épreuve finale, mais sera l’une des notes prises en compte (à part égale avec les autres disciplines) pour calculer la moyenne globale des notes des 6 bulletins de 1re et terminale, cette moyenne générale étant dotée d’un coefficient 10.

2. Les élèves qui auront choisi, parmi les trois spécialités de première, la spécialité musique pourront : - soit l’abandonner en terminale, et passeront alors une épreuve orale de 30 minutes (sans préparation) (coefficient 5) en 2 temps :

 


soit la conserver dans les deux spécialités demeurant en terminale, et elle fera alors l’objet d’une épreuve finale en deux parties (la première écrite et la seconde orale) au retour des vacances de printemps. Son coefficient sera (comme celui de la seconde spécialité) le plus important : 16 (alors que celui de la philosophie n’est plus que de 8, et celui du grand oral de 10).

3. la spécialité musique sera alors partie prenante pour moitié dans « le grand oral » (épreuve obligatoire pour tous les candidats) (Préparation : 20 mn ; durée : 20 mn ; noté sur 20 Coefficient : 10. L'épreuve permet au candidat de montrer sa capacité à prendre la parole en public de façon claire et convaincante. Elle lui permet aussi de mettre les savoirs qu'il a acquis, particulièrement dans ses enseignements de spécialité, au service d'une argumentation, et de montrer comment ces savoirs ont nourri son projet de poursuite d'études, voire son projet professionnel. Le jury valorise la solidité des connaissances du candidat, sa capacité à argumenter et à relier les savoirs, son esprit critique, la précision de son expression, la clarté de son propos, son engagement dans sa parole, sa force de conviction.
Premier temps : (5 mn) Le candidat présente au jury deux questions (sur une feuille signée par les professeurs des enseignements de spécialité du candidat qui l’ont aidé à les élaborer) qui portent sur les deux enseignements de spécialité soit pris isolément, soit abordés de manière transversale. Elles mettent en lumière un des grands enjeux du ou des programmes de ces enseignements, et sont adossées à tout ou partie du programme du cycle terminal. D'autres élèves peuvent participer. Le jury choisit une des deux questions. Le candidat dispose de 20 minutes de préparation pour mettre en ordre ses idées et réaliser, s'il le souhaite, un support qu'il remettra au jury sur une feuille qui lui est fournie. Ce support ne fait pas l'objet d'une évaluation. L'exposé du candidat se fait sans note. Le candidat explique pourquoi il a choisi de préparer cette question pendant sa formation, puis il la développe et y répond. Le jury évalue les capacités argumentatives et les qualités oratoires du candidat.
Deuxième temps : (10 mn) Echange avec le candidat. Le jury interroge ensuite le candidat pour l'amener à préciser et à approfondir sa pensée. Il peut interroger le candidat sur toute partie du programme du cycle terminal de ses enseignements de spécialité et évaluer ainsi la solidité des connaissances et les capacités argumentatives du candidat.
Troisième temps : (5 mn) Echange sur le projet d'orientation du candidat. Le candidat explique en quoi la question traitée éclaire son projet de poursuite d'études, voire son projet professionnel. Il expose les différentes étapes de la maturation de son projet (rencontres, engagements, stages, mobilité internationale, intérêt pour les enseignements communs, choix de ses spécialités, etc.) et la manière dont il souhaite le mener après le baccalauréat. Le jury mesure la capacité du candidat à conduire et exprimer une réflexion personnelle témoignant de sa curiosité intellectuelle et de son aptitude à exprimer ses motivations. Le candidat effectue sa présentation du premier temps debout, sauf aménagements pour les candidats à besoins spécifiques. Pour les deuxième et troisième temps de l'épreuve, le candidat est assis ou debout selon son choix. Si la question traitée concerne l'enseignement de spécialité langues, littératures et cultures étrangères et régionales, chacun des deux premiers temps de l'épreuve orale terminale peut se dérouler, en partie, dans la langue vivante concernée par l'enseignement de spécialité, selon le choix du candidat.

Les candidats individuels ou les candidats issus des établissements scolaires privés hors contrat présentent l'épreuve orale terminale dans les mêmes conditions que les candidats scolaires. Le document précisant les questions présentées par le candidat à destination du jury est alors constitué par le candidat lui-même, en conformité avec le cadre défini pour les candidats scolaires. Le jury est composé de deux professeurs de disciplines différentes, dont l'un représente l'un des deux enseignements de spécialité du candidat et l'autre représente l'autre enseignement de spécialité ou l'un des enseignements communs, ou est professeur-documentaliste. Les candidats à l'examen du baccalauréat général ou technologique dont les troubles impactent la passation de l'épreuve orale terminale (troubles neuro-développementaux, troubles du langage oral ou de la parole, troubles des fonctions auditives, troubles psychiques, troubles des fonctions motrices ou maladies invalidantes, etc.) qui souhaitent bénéficier d'aménagements de l'épreuve orale terminale peuvent en faire une demande selon les procédures en vigueur. Les demandes d'adaptation ou d'aménagements peuvent porter particulièrement sur :
1. Une majoration du temps de préparation ou du temps de passation de l'épreuve ;
2. Une brève pause en raison de la fatigabilité de certains candidats (déductible du temps de passation) ;
3. Une accessibilité des locaux et une installation spécifique de la salle ;
4. Des aides techniques ou du matériel apportés par le candidat ou fournis par l'établissement : utilisation d'une tablette ou d'un ordinateur équipé d'un logiciel spécifique le cas échéant (logiciel de retour vocal par exemple) que l'élève est habitué à utiliser en classe, mais vidé de ses dossiers ou fichiers et hors connexion ;
5. La communication : le port, par au moins un membre du jury, d'un micro haute fréquence (HF), une énonciation claire et simple des questions en face du candidat afin de faciliter une lecture labiale le cas échéant ou toute autre modalité d'adaptation ;
6. Les aides humaines : un secrétaire reformulant une question ou expliquant un sens second ou métaphorique, rassurant le candidat ou apportant toute autre aide requise, un enseignant spécialisé dans les troubles des fonctions auditives le cas échéant, un interprète en langue des signes française (LSF) ou un codeur en langage parlé complété (LPC) ;
7. D'autres adaptations possibles : fournir une transcription écrite (avec ou sans aide humaine) pour la présentation orale de la question et pour l'échange sur le projet d'orientation du candidat ; répondre par écrits brefs (avec ou sans aide humaine) lors des échanges avec le jury ; la présence dans les membres du jury d'au moins une personne maitrisant la LSF ou le code LPC, le cas échéant, sera préférée à la présence d'un interprète ou d'un codeur ; toute autre mesure favorisant les échanges avec le jury et conforme à la réglementation en vigueur. La grille d'évaluation indicative ci-jointe en annexe 1 doit être prise en compte également pour les élèves à besoins éducatifs particuliers. Le jury veillera à adopter une attitude bienveillante et ouverte afin de permettre d'évaluer les objectifs de l'épreuve dans le respect des compétences spécifiques du candidat.

Si le candidat n’a obtenu qu’entre 8 et 10/20 à l’ensemble (contrôle continu et épreuves), il devra passer un oral de contrôle (session de rattrapage), et s’il considère qu’il peut obtenir une bien meilleure note dans la spécialité musique, il pourra passer l’épreuve orale de contrôle musique:

La spécialité musique au lycée Voyons maintenant pour les élèves de seconde qui envisagent de prendre la spécialité musique en cycle terminal du lycée (1re et Terminale) quels sont les programmes. Ces textes sont tirés des instructions officielles ; dans un souci de clarté, certains mots ont été déplacés ou colorés, histoire de vous permettre de lire en diagonale !

Préambule spécifique à l’enseignement de spécialité de musique au cycle terminal
L’enseignement de spécialité de musique apporte aux élèves une formation équilibrant le développement des compétences fondamentales nécessaires à l’expression musicale individuelle et collective, une culture musicale et artistique embrassant le temps et l’espace et mise en lien avec d’autres domaines de la connaissance. Il s’appuie sur le plaisir de la musique partagée, qu’il s’agisse de la pratiquer collectivement ou bien de la découvrir individuellement par l’écoute et l’analyse.
Il engage à une réflexion approfondie sur les pratiques et rôles de la musique dans le monde contemporain. Que ce soit en classe de première ou en classe terminale, il amène également chaque élève à interroger puis préciser son projet de formation supérieure, à identifier ce qu’apporte une éducation musicale généraliste à une diversité de parcours de formation, dans tous les cas à développer des compétences transversales nécessaires à la réussite de ses études quelle que soit l’orientation choisie.

Cet enseignement est conçu pour accueillir tous les élèves qui le souhaitent, quels qu’aient été leurs parcours antérieurs (enseignement optionnel de musique en classe de seconde ou non, suivi en parallèle d’une formation musicale hors l’École).

Dans ses composantes pratiques, analytiques et historiques, il privilégie l’oralité en classe de première afin de développer des compétences expressives et auditives reposant essentiellement sur la sensibilité de la perception. Les éléments liés à la musique écrite et à ses conceptions théoriques sont davantage investis en classe terminale selon les situations d’étude et les besoins des élèves.
La présence de la partition ou de représentations graphiques est cependant courante à chacun des deux niveaux, ne serait-ce que pour aider la mémoire lors d’un travail d’interprétation ou pour guider l’écoute d’une œuvre musicale.

Les approches spécifiques à chacune des années du cycle terminal permettent au professeur d’assurer la cohérence du parcours de formation, que l’élève suive cet enseignement sur la seule classe de première ou bien durant l’ensemble du cycle.
Elles construisent une culture musicale adossée à la connaissance d’une multiplicité d’œuvres interprétées, écoutées, étudiées. Cet ensemble est enrichi d’une réflexion sur les pratiques menées et les rôles de la musique aujourd’hui mais également dans les époques précédentes ou encore dans d’autres cultures.

Pour l’ensemble du cycle, le programme précise les grands champs de compétences travaillés. S’y ajoutent trois champs de questionnement déclinés en thématiques dont le choix est laissé au professeur en fonction des besoins des élèves comme des associations d’enseignements de spécialité suivis en cycle terminal. Le professeur veille en outre à la complémentarité des choix effectués l’autre année du cycle. Si certaines de ces thématiques invitent à un travail interdisciplinaire avec les enseignements scientifiques (mathématiques, physique, numérique, sciences de la vie et de la terre), d’autres se tournent plus spontanément vers les lettres, l’histoire, la géographie, les langues étrangères ou régionales, ou encore les sciences économiques et sociales sinon d’autres spécialités notamment artistiques.
Ces champs de questionnement engagent à la recherche, à l’exploration mais aussi au débat et à l’argumentation. Ils sont ainsi des leviers pour développer les compétences des élèves à la communication orale et offrent naturellement des perspectives diversifiées pour la réalisation d’un projet ambitieux, support du grand oral du baccalauréat.
La diversité des possibilités ainsi offertes par le programme permet par ailleurs de tirer parti des ressources de l’environnement artistique et culturel (scène de spectacle vivant, lieu de diffusion, conservatoire, festival, etc.) afin d’enrichir le travail mené en classe.

Enjeux et objectifs. Les élèves ayant fait le choix de l’enseignement de spécialité de musique pratiquent la musique selon une grande diversité de modalités (instrumentistes, chanteurs, adeptes du numérique, auditeurs critiques, etc.) et dans le cadre d’esthétiques multiples. Respectueux de leurs compétences acquises, l’enseignement dispensé en ouvre les perspectives, en affine les techniques et les enrichit de connaissances culturelles dépassant les références qu’ils privilégient a priori. La singularité des profils musicaux réunis en classe impose une attention à chacun. Cette diversité contribue à la richesse du travail mené collectivement. C’est notamment le cas dans les situations de pratique musicale, qui restent au centre de l’enseignement et sont au principe de ses mises en œuvre. Ces situations de pratique sont le lieu privilégié où toutes les compétences et tous les savoirs construits alimentent la sensibilité de chacun et participent d’un projet commun. Si le développement des compétences nécessaires à la pratique de la musique reste essentiel, celui d’une culture musicale et artistique ouverte et structurée est tout aussi important. La profusion d’informations musicales à laquelle les élèves peuvent aisément accéder sur les réseaux rend cet objectif d’autant plus nécessaire.
Connaître la musique aujourd’hui revient à appréhender cette abondance sans exclusive ni ostracisme particulier : toutes les musiques, passées, présentes et actuelles comme relevant de diverses cultures, font partie de l’expérience musicale contemporaine. C’est cet ensemble qui nourrit progressivement une capacité à réfléchir sur la musique et sur ses différents aspects dans le monde d’aujourd’hui, à porter un regard informé et critique sur la vie musicale contemporaine et à s’émanciper de la pression constante des industries culturelles comme des représentations sociales qui pèsent sur les goûts de chacun. Il permet enfin à chaque élève de préciser son projet de formation supérieure afin de l’inscrire dans un paysage réaliste d’études voire d’insertion professionnelle.

Champs des compétences travaillées
Que ce soit en classe de première ou en classe de terminale, l’enseignement développe des compétences en permanente interaction. Elles s’inscrivent dans la continuité des programmes pour l’éducation musicale au collège puis en classe de seconde et élèvent leur ambition. Définies plus précisément, elles s’appliquent à des situations et des objets d’étude graduellement plus exigeants. Selon des équilibres variables, chaque activité (réalisation de projets musicaux, écoute, etc.) fait converger ces compétences au bénéfice d’un résultat global associant chacune d’entre elles. En classe terminale s’ajoutent deux champs de compétences complémentaires, le premier relatif aux représentations écrites de la musique et à quelques éléments de théorie musicale, le second à la connaissance du contexte économique et social de la musique aujourd’hui et à la diversité des métiers qui en découlent.

Champs de compétence en classe de première et en classe terminale
Projets musicaux :
− maîtriser les techniques nécessaires à la conduite des projets musicaux d’interprétation collective ou de création, d’improvisation ou d’arrangement, qu’ils mobilisent la voix, l’instrument et/ou un instrumentarium numérique;
− développer son autonomie musicale par la maîtrise d’une méthodologie adaptée à la réalisation des projets.

Écoute/culture :
− développer une écoute comparée, analytique et critique des œuvres écoutées et jouées permettant d’élaborer un commentaire argumenté; construire une culture musicale et artistique diversifiée et organisée;
− identifier les relations qu’entretient la musique avec les autres domaines de la création et du savoir:sciences, sciences humaines, autres arts, etc.

Méthodologie :
− élaborer une problématique issue d’un champ de questionnement et conduire une recherche documentaire permettant de l’éclairer;
− construire et présenter oralement une argumentation sur une interprétation, une œuvre, une production, etc. et participer à un débat contradictoire;
− rédiger de façon claire et ordonnée les commentaires d’écoute; synthétiser à l’écrit les termes d’un argumentaire sur une problématique donnée.

Champs des compétences complémentaires en classe terminale:
− faire un usage approprié de partitions et représentations graphiques des œuvres étudiées pour approfondir la connaissance des organisations musicales perçues à l’écoute;
− situer sa pratique, ses goûts musicaux mais aussi ses projets de formation supérieure par rapport aux filières d’études et au contexte économique, social, professionnel de la musique dans la société contemporaine.

Champs de questionnement
Les champs de questionnement précisés ci-dessous ouvrent des thématiques de travail qui, de diverses façons, éclairent la portée et le sens de la musique, qu’il s’agisse de sa pratique ou de son écoute. Chaque situation d’apprentissage permet d’étudier une ou plusieurs thématiques, choisies par le professeur en tenant compte du profil des élèves, de leurs attentes et des enseignements de spécialité suivis par ailleurs au cours du cycle terminal. Les trois champs de questionnement sont présentés ci-dessous. Ils sont déclinés en thématiques plus précises pouvant permettre de circonscrire une problématique de travail.

Le son, la musique, l’espace et le temps
−La musique, un art du temps;
− La forme: principes et éléments du discours musical;
− Musique et texte;
− Musique et image;
− Musique et récit;
− Musique, théâtre, mouvement et scène;
− Musique et esthétique;
− Musique, son et acoustique;
− Musique, son et algorithme;
− Musique, proportions et modèles scientifiques;
− Musique et numérique;
− Musique, architecture, paysage.


La musique, l’homme et la société
− Musicien: créateur, interprète, arrangeur, auditeur, mélomane;
− Musique vivante vs musique enregistrée;
− Droit et économie de la musique;
− Pratiques musicales contemporaines;
− Transmettre la musique: médiations musicales;
− Musique et santé.


Culture musicale et artistique dans l’histoire et la géographie
−Variants et invariants du langage musical;
− Mondialisation culturelle: diversité, relativité et nouvelles esthéiques;
− Supports de la musique: mémoire, écriture, enregistrement, etc.;
− Authenticité vs recréation;
− Musique: témoin et acteur de l’histoire.


En classe de première, quatre thématiques au moins couvrant les trois champs de questionnement sont arrêtées par le professeur au cours de l’année scolaire. Chacune d’entre elles engage les élèves à élaborer progressivement une problématique de travail. Elles peuvent se recouper, s’enrichir les unes les autres, voire fusionner dans une interrogation nouvelle issue des travaux menés. Selon diverses formes, elles restent toujours la toile de fond des situations de travail mises en œuvre.

En classe terminale, trois thématiques au moins, couvrant les trois champs de questionnement, sont choisies par le professeur en concertation avec les élèves. Elles sont étudiées dans les mêmes conditions qu’en classe de première mais profitent d’une plus grande diversité de situations susceptibles de les éclairer. Une quatrième thématique, cette fois choisie par chaque élève en lien avec son autre spécialité, est l’objet d’un travail approfondi mené parfois en groupe et accompagné par le professeur. Elle est le support principal d’un projet qui peut être présenté à l’occasion du grand oral du baccalauréat. Ce projet particulier se nourrit des thématiques étudiées en classe de première.

Repères pour l’enseignement Les situations d’étude sont d’une grande diversité et largement modulables en fonction aussi bien des besoins avérés des élèves, du type de pratique menée, des thématiques privilégiées, que de la forme visée par la restitution du travail. Pour ce faire, l’enseignement se déroule dans une salle spécialisée dotée d’un équipement spécifique associant un instrumentarium fourni, des terminaux informatiques équipés de logiciels et applications adaptés, un système de diffusion de qualité et un système de vidéo projection. En outre, la salle spécialisée est reliée au réseau de l’établissement permettant la mise à disposition de ressources de toutes natures sur l’espace numérique de travail. Elle est suffisamment vaste pour accueillir aussi bien le travail collectif que par petits groupes. Les situations d’étude sont toujours élaborées autour des dispositions suivantes:

En classe de première et en classe terminale
− Réalisation de projets musicaux de création (arrangement, pastiche, improvisations, création, etc.) mobilisant toute la classe ou des petits groupes;
− Réalisation de projets musicaux d’interprétation mobilisant toute la classe ou des petits groupes
− Réalisation de projets de médiation issus de recherches documentaires et croisant d’autres domaines de connaissance;
− Écoute et analyse d’œuvres ou d’extraits d’œuvres:
en classe de première: analyse auditive des œuvres;
en classe terminale: approfondissement de l’analyse à l’aide des partitions et d’autres représentations graphiques; première approche des conceptions théoriques de la musique adossée conjointement à l’écoute et à la partition, et développement d’un vocabulaire spécifique;
−Recherches en ligne par l’écoute grâce aux sites de streaming au bénéfice du traitement d’une problématique.

En classe terminale
− Réalisation d’un projet musical documenté associant pratique musicale, recherche documentaire et ouvrant sur la place et les apports de la culture artistique et de la pratique musicale dans le projet d’étude supérieure envisagé;
− Étude de cas relevant de la sociologie et de l’économie de la musique; informations sur les métiers liés à l’économie de la musique, du spectacle vivant à la diffusion.
Pour mettre en œuvre cette multiplicité de situations de travail, d’autres lieux de l'établissement peuvent accueillir les pratiques musicales des élèves, notamment une salle de spectacle pour les répétitions et les prestations collectives ou bien de petits studios pour le travail individuel ou par petits groupes. Cette diversité des lieux de présence musicale contribue au rayonnement de la musique dans l’établissement et à la connaissance par tous les élèves de la formation musicale qui y est dispensée.

Programme limitatif En vue de l’épreuve terminale du baccalauréat, un programme national est publié au bulletin officiel de l’Éducation nationale. Il est renouvelable pour partie chaque année. Il est enrichi de l’écoute et de l’étude de nombreuses autres pièces, le choix de certaines d’entre elles tirant parti des programmations prévues dans les structures de diffusion de l’environnement proche. Allié aux compétences pratiques développées tout au long du cycle terminal, cet ensemble permet aux candidats de satisfaire les différents attendus de l’épreuve

Attendus de fin d’année et attendus de fin de cycle Au terme de chacune des années du cycle, les attendus sont de même nature. Cependant, l’année de terminale permet d’en élever l’exigence, de densifier le réseau de références culturelles, d’approfondir certaines pratiques par le développement de nouvelles techniques. Les attendus de fin d’année sont référés aux compétences qui structurent le programme.
Maîtriser les techniques nécessaires à la conduite des projets musicaux :
− tenir sa place, son rôle, sa fonction dans les divers projets musicaux menés durant l’année scolaire;
− traduire en gestes techniques adaptés les consignes et contraintes diverses nécessaires à la réalisation d’un projet.
Développer une écoute comparée, analytique et critique permettant d’élaborer un commentaire argumenté;
construire une culture musicale et artistique diversifiée et organisée

En classe de première et en classe terminale
− Décrire les musiques écoutées avec un vocabulaire précis en en soulignant les principales caractéristiques; comparer plusieurs œuvres afin d’en identifier les parentés et ressemblances comme les différences et les contrastes; les relier les unes aux autres dans la perspective d'une compréhension fine de l'évolution de la musique;
− En partant des impressions éprouvées, argumenter la critique d’une œuvre ou d’une interprétation en identifiant les éléments de toutes natures qui y contribuent et en tirant parti de sa connaissance des contextes artistiques, esthétiques, historiques de l’époque correspondante;
− Situer des œuvres inconnues en référence à celles qui ont été étudiées durant l’année scolaire. En classe terminale
− Situer des œuvres inconnues dans le temps et l’espace en référence aux grands courants esthétiques de l’histoire occidentale depuis le Moyen- ge ou des aires culturelles d’origine pour la musique extra-occidentale;
−Utiliser une partition simple pour confirmer, approfondir et interroger une caractéristique musicale identifiée à l’écoute.
Mobiliser ses savoirs techniques et culturels sur la musique pour une approche critique de la musique écoutée et jouée
En classe de première et en classe terminale,
Développer le commentaire d’une œuvre écoutée ou jouée sur la base de l’analyse des éléments qui la constituent et, dans certaines situations pratiques, des choix effectués pour faire aboutir le projet musical.
Développer son autonomie musicale par la maîtrise d’une méthodologie adaptée à la réalisation des projets mis en œuvre comme à la poursuite d’une recherche ou d’une étude particulière
− Respecter les consignes et contraintes nécessaires à la réalisation d’un projet;
− Approfondir un geste technique en autonomie;
− Mener une recherche audio ciblée sur Internet et en synthétiser les résultats.
Respecter ses propres capacités auditives comme celles de son entourage
− En utilisant à bon escient une diffusion audio de qualité à un niveau d’intensité acceptable;
− En prenant la mesure du rôle de chacun dans la construction et la gestion de l’environnement sonore commun.
En classe terminale, situer sa pratique et ses goûts musicaux dans le contexte économique, social, professionnel de la musique dans la société occidentale contemporaine.
− Connaître les grandes catégories de métiers qui organisent la vie musicale et culturelle aujourd’hui et les filières d’études qui y conduisent;
− Connaître les grandes lignes des logiques économiques qui y président;
− Connaître les principes du droit d’auteur et du respect des œuvres, des artistes et de la création;−Identifier les apports de ses pratiques et de sa culture musicalesdans la perspective de son projet d’études supérieures.

Évaluation L’évaluation continue des apprentissages relève de la responsabilité du professeur d’éducation musicale. Elle tire parti de l’autoévaluation et de la coévaluation entre élèves, et s’appuie sur une explicitation systématique des objectifs poursuivis et des critères qui permettent d’apprécier les apprentissages. Elle identifie la progression de chaque élève sur chacune des compétences travaillées.

Chorale et orchestre En classe de première comme en classe terminale, les élèves sont vivement incités à participer à la chorale et/ou à l’orchestre du lycée pour mener un projet artistique annuel destiné à être produit en concert, notamment en fin d’année. C’est pour eux l’occasion de développer leur pratique dans une perspective ambitieuse, d’enrichir leur expérience du spectacle vivant, de faire de la musique avec des élèves aux profils divers, de découvrir les vertus d’un projet commun associant des compétences hétérogènes. Ainsi, la chorale et/ou l’orchestre du lycée rayonne sur tout l’établissement et contribue à ce qu’il soit considéré par tous comme un lieu de vie musicale au sein d’un espace de formation.

Enfin voyons en quoi consiste désormais l’option facultative du lycée :

L’option musique au lycée

L’enseignement optionnel de musique au cycle terminal est aussi une éducation musicale. Il accueille les élèves ayant ou non suivi l’enseignement optionnel en seconde et quel que soit leur parcours musical personnel. En s’appuyant sur la réalisation de projets musicaux diversifiés menés collectivement ou par petits groupes, cet enseignement développe leurs connaissances et leurs compétences de praticiens de la musique en s’appuyant sur le plaisir qu’ils éprouvent à en faire. Guidés par leur professeur, les élèves peuvent par ailleurs mener des recherches et explorations documentaires concernant l’histoire et l’esthétique musicales, un ou plusieurs courants de la création aujourd’hui, certaines pratiques musicales contemporaines mais également l’économie du spectacle vivant et celle de la culture et les professions qui en découlent.
L’organisation par projets successifs garantit la cohérence des contenus travaillés aussi bien durant chaque année scolaire que durant l’ensemble du cycle terminal. Le suivi de cet enseignement sur deux ou trois années permet d’élaborer des projets toujours plus complexes et artistiquement plus ambitieux comme d’approfondir sa maîtrise technique et ses connaissances culturelles. L’enseignement optionnel de musique offre également un complément de formation aux élèves qui, en classe de première puis en classe terminale, suivent un enseignement de spécialité dans le même domaine. Les projets menés mobilisent en effet les compétences et savoirs acquis dans une diversité de situations pratiques, développent la coopération entre élèves de niveaux différents, éclairent enfin dans le cadre d’une recherche documentaire auditive un questionnement abordé en enseignement de spécialité. S’inscrivant dans la continuité de l’enseignement optionnel en classe de seconde, le programme du cycle terminal en reprend la structuration. Les souplesses offertes permettent à chaque professeur, dans le respect des grands objectifs de formation présentés ci-dessous, de construire des parcours de formation annuels et pluriannuels progressifs et complémentaires répondant aux besoins des élèves et adaptés à leurs compétences techniques et connaissances culturelles. En outre, cette structure adaptable permet d’envisager aisément des parcours liés d’une part aux spécialités privilégiées par les élèves tout au long du cycle, d’autre part aux opportunités offertes par l’environnement culturel de proximité notamment les lieux de diffusion de la musique.

Enjeux et objectifs Quelles que soient les perspectives d’orientation de l’élève, l’enseignement optionnel de musique vise à compléter sa formation générale d’une dimension artistique. Il lui permet aussi de développer des compétences transposables au-delà de la musique et des arts, nécessaires à la poursuite d’études dans de nombreux domaines et à l’insertion professionnelle.
Sur un plan musical: la pratique permet de développer des qualités expressives dans une diversité de contextes esthétiques ainsi que les techniques concourant à l'aboutissement de chaque projet; l’écoute et la comparaison d’œuvres nombreuses issues d’horizons historiques et géographiques variés enrichissent la culture musicale et artistique et générale de chaque élève.
Sur un plan général: les exigences propres à l’expression musicale et la rigueur de son langage apprennent la maîtrise de soi, l’attention au détail, la mémorisation et la concentration; le développement de l’imaginaire, de la créativité et de la prise de risque incite à l’expérimentation, à l’exploration, à l’initiative et à la détermination des choix ; la conduite des projets et la collaboration entre pairs développent des savoir-faire méthodologiques transférables à un grand nombre de situations de travail. Les travaux liés aux projets conduits permettent d’aborder sous des angles originaux les domaines d’intérêt de chaque élève, domaines ayant présidé à son choix des enseignements de spécialité. Renforçant la cohérence du parcours général de formation et la complémentarité des enseignements choisis (optionnels et de spécialité), cette possibilité conduit l’élève à mesurer les liens que peuvent entretenir la pratique artistique et l’ensemble des compétences développées dans sa formation, en renforçant ainsi la cohésion du parcours qu’il a choisi et sa préparation aux études supérieures, voire à l’insertion professionnelle.

Champs des compétences travaillées Au cycle terminal, l’enseignement optionnel de musique renforce les quatre champs des compétences travaillées depuis la classe de seconde :
- Réaliser des projets musicaux d’interprétation et de création
- Explorer, imaginer, élaborer une stratégie: faire et créer
- Écouter, comparer, commenter: construire une culture musicale et artistique
- Échanger, partager, argumenter et débattre
auxquelles s’ajoutent, au cycle terminal, deux champs de compétences complémentaires liés, d’une part à l’activité de recherche sur la musique, d’autre part à la connaissance des divers aspects de la vie musicale, artistique et culturelle d’aujourd’hui :
- Organiser une recherche documentaire, fiabiliser ses sources, suivre une méthode rigoureuse et assurer la médiation orale de sa production.
Qu’il s’agisse d’une esthétique musicale, d’un artiste, d’un lieu de diffusion, d’une période historique ou d’une culture musicale particulière, les élèves sont amenés à explorer des sources d’information abondantes, notamment audio, aujourd’hui aisément accessibles. Guidés par leur professeur, ils apprennent à préciser les objectifs poursuivis, à interroger la qualité des ressources consultées, à construire et à suivre une méthode de travail permettant d’atteindre le résultat visé, enfin à partager le fruit de leurs recherches notamment à l’occasion d’un exposé oral.
- Mettre en lien les informations relatives à la vie musicale et culturelle contemporaine pour en comprendre le fonctionnement et connaître ses grandes catégories de métiers. Tous les projets menés, musicaux ou documentaires, donnent l’occasion aux élèves de découvrir les multiples rouages qui font vivre la musique dans leur quotidien. La réalisation d’un projet musical engage à interroger les conditions de sa diffusion ou la qualité de sa captation. Un projet visant l’élaboration d’un concert, d’un festival ou de tout autre événement culturel permet d’en analyser la cohérence artistique en regard du public visé, sa dimension économique, son cadre légal, dans tous les cas les contraintes avec lesquelles elle doit composer. Toutes ces questions conduisent à découvrir une palette très riche de métiers dans lesquels la musique tient une place particulière. L’élève est en outre amené à apprécier les compétences spécifiques qu’il lui faudra acquérir et les besoins de formation correspondant.

∙Deux champs de questionnement alimentent sans cesse la conception puis l’élaboration de chaque projet. Pour chacun d’entre eux, le professeur définit les perspectives de travail qui sont les mieux adaptées aux besoins, aux compétences et aux souhaits des élèves. Lorsque cela est possible, il veille à les choisir en lien avec les enseignements de spécialité suivis par les élèves. Il veille également à la complémentarité entre les projets réalisés à chaque niveau d’enseignement pour assurer la progressivité des apprentissages. En classe de première comme en classe terminale, chaque élève explore au moins quatre perspectives couvrant obligatoirement des deux champs de questionnement. C’est dans ce cadre que le professeur veille à un choix approprié d’œuvres écoutées et étudiées, chacune contribuant à éclairer les projets menés. En jaune les perspectives choisies pour le bac 2021

1. La place de la musique et de ses pratiques dans la société contemporaine
La musique et ses lieux;
Réceptions de la musique:-écoute individuelle vs écoute partagée;-musique enregistrée vs musique vivante;-écoute nomade vs concert;-écoute subie vs écoute choisie;

Le bulletin officiel ajoute pour cette année le commentaire suivant : « Il y a les lieux où l'on joue de la musique, ceux où on l'écoute par choix, ceux où on la subit par contrainte... Il y a des lieux où la musique est l'objet exclusif de la rencontre entre musiciens et public, il y en a d'autres ou elle n'est qu'un élément de l'environnement pour une finalité qui n'a rien à voir avec elle... Il y a des lieux privés où l'on écoute parce que l'on en a décidé... Il y a des lieux publics où l'on entend, car on ne peut faire autrement... Il y a des lieux d'écoute collective et partagée dont chacun est libre de profiter... Il y a des lieux où la musique est... musique, d'autres où elle n'est que son ou bruit...
Cette multiplicité des lieux où la musique s'écoute ou s'entend interroge sur ce qu'elle est. Est-elle une « œuvre de l'esprit », témoin d'une époque donnée, de la pensée d'un créateur et ainsi porteuse d'un sens s'imposant aux manipulations dont elle peut être l'objet ? Est-elle porteuse de « valeurs » artistiques bien au-delà de tous les usages et toutes les manipulations dont elle peut être l'objet ? Est-elle comme une « éponge » dont le sens n'est que la conséquence de ce qu'en font ceux qui l'entendent ou l'écoutent ? Est-elle indépendante des contextes esthétiques comme des modes qui passent ? Pour démêler ces questions - et beaucoup d'autres - il est nécessaire de s'interroger sur l'acception des concepts de son, de bruit et de musique. Ces trois dimensions ne sont-elles pas intimement dépendantes des contextes et lieux de la perception ? Et comment s'accordent-elles à ces deux verbes bien souvent mobilisés lorsqu'il s'agit d'en parler : écouter et entendre ? Musique: culture individuelle vs patrimoine collectif;
Musique et rituels sociaux;
Musique et finalités d’usages;
Musique: produit commercial vs œuvre musicale;
Musique et numérique: pratique, création, diffusion;
Musique et mondialisation: authenticité, identités, métissage, transformation;
Place et rôle du musicien: artiste, enseignant, médiateur;
Musique et sciences: lutherie, acoustique, neurosciences, intelligence artificielle, etc.;
Musique et autres arts: de nouveaux espaces et de nouvelles formes de création.


2. La diversité des esthétiques, des langages et des techniques de la création musicale dans le temps et l’espace
Musique et texte;
Musique et image;
Musique et mouvement;
Musique et modèles: littéraires, visuels, scientifiques, naturels, etc.;
Musique: son, bruit, langage;
Musique écrite vs musique orale;
Musique savante vs musique populaire;
Musique: ancrage historique vs présence contemporaine.
Chacune de ces perspectives circonscrit un champ de réflexion et d’interrogation couvrant un aspect des enjeux de la musique, qu’il s’agisse de ses techniques, de ses pratiques et de ses usages aujourd’hui mais également dans l’histoire. Elles ne peuvent être abordées comme un ensemble de connaissances à transmettre mais engagent l’élève à interroger ses propres connaissances tout comme ses pratiques musicales afin de les enrichir, les développer et les faire évoluer. C’est dans cet objectif que le professeur apporte opportunément des éléments de différentes natures au fil de chaque projet afin d’en enrichir la réalisation.

∙ Programme complémentaire national. Un programme complémentaire est publié chaque année au bulletin officiel de l’Éducation nationale. Il est constitué d’un corpus d’œuvres de référence et de perspectives de travail relevant des deux champs de questionnement présentés ci-dessus. Dans ce cadre, les élèves, aidés de leurs professeurs, définissent les objectifs d’un projet dont la forme finale pourra être partagée, que ce soit avec d’autres élèves de l’établissement, d’autres lycées mais aussi avec des étudiants de l’enseignement supérieur.
Chaque année du cycle, les élèves réalisent un projet relevant de ce programme complémentaire. Dans des conditions adaptées, il gagne à être partagé avec d’autres classes d’autres établissements suscitant des échanges argumentés.

∙ Repères pour l’enseignement La réalisation des projets induit une diversité de situations pédagogiques qui se succèdent, se conjuguent parfois, et contribuent à atteindre les objectifs fixés initialement.
Exploration, manipulation, expérimentation, interprétation, création mais aussi recherche, documentation, découverte, écoute sont autant de situations fréquentes qui s’agrègent volontiers en des architectures variables au sein de chaque projet. Ceux-ci gagnent à être partagés avec d’autres publics –dans la classe, dans l’établissement ou à l’extérieur. Il s’agit alors, non seulement d’en assurer la présentation selon des formes adaptées à la situation de diffusion, mais aussi de pouvoir soutenir un débat argumenté visant à défendre le travail mené. Ces situations, essentielles à la formation des élèves, concluent chaque projet mené et contribuent au développement de leurs compétences d’expression orale. Tout au long du cycle terminal, en lien avec les projets menés en classe, les professeurs peuvent solliciter des professionnels du spectacle vivant et de la culture qui, non seulement éclairent les travaux en cours, mais témoignent aussi bien de leur métier, de ses traits essentiels que des parcours de formation qui peuvent y conduire.

∙ Attendus de fin d’année Chaque projet permet aux élèves de faire preuve de curiosité face à des œuvres, des styles, des pratiques musicales jusqu’alors inconnus, de les mettre en lien les uns avec les autres, enfin de développer une réflexion argumentée sur la problématique travaillée. Dans tous les cas, ils l’amènent à maîtriser les compétences techniques nécessaires à la réalisation de projets musicaux collectifs ou par petits groupes .En classe de première comme en classe terminale, les élèves sont amenés à consigner cette réflexion dans autant de notes de synthèse que de projets menés. Ils sont également engagés à développer ces notes au moyen d’informations complémentaires issues de leurs recherches, de points de vue personnels, ou encore de références à d’autres domaines de la création et de la connaissance. Ces notes de synthèse, le carnet de bord de chaque élève, constituent progressivement la mémoire du travail mené chaque année et ont également vocation à être diffusées, a minima au sein de la classe mais aussi, lorsque cela est possible, plus largement par l’intermédiaire de l’espace numérique de travail de l’établissement. C’est le cas, en particulier, du projet mené au titre du programme complémentaire annuel quel que soit le cadre dans lequel il est mené –petit groupe ou ensemble de la classe. Les principales œuvres étudiées sont aisément identifiées à l’écoute et resituées les unes par rapport aux autres comme dans leur contexte historique et géographique. Particulièrement en classe terminale, les élèves sont en mesure de présenter les apports de leur pratique musicale personnelle notamment en relation avec leur projet d’études voire d’insertion professionnelle. Ils identifient les compétences transversales développées à l’occasion des projets qu’ils ont réalisés. Ils savent présenter quelques domaines professionnels liés à la musique et à la culture témoignant de leurs aspirations personnelles. Enfin, l’ensemble des projets réalisés engage l’élève à prendre soin de ses capacités auditives et à maîtriser l’impact de ses propres pratiques musicales sur l’environnement partagé.

∙ Évaluation des apprentissages Relevant de la responsabilité du professeur, l’évaluation des apprentissages s’appuie pour une large part sur l’autoévaluation et la coévaluation entre élèves. Celle-ci suppose une explicitation rigoureuse des objectifs poursuivis par chaque projet comme une formulation contextualisée des compétences principales qui y sont travaillées et qui seront l’objet d’une évaluation précise et exigeante. Les notes de synthèse relatives à chaque projet contribuent à cette évaluation et peuvent porter en annexe un avis argumenté des participants permettant au professeur de forger son regard sur les apprentissages.

∙ Chorale et orchestre En complément de l’enseignement optionnel de musique en cycle terminal, les élèves sont engagés à participer à la chorale et/ou l’orchestre pour mener un projet artistique annuel destiné à être produit en concert, notamment en fin d’année. La chorale et/ou l’orchestre accueillant tous les élèves du lycée qui le souhaitent, elle réunit des élèves de tous les niveaux suivant ou non un enseignement de musique. Au-delà de l’hétérogénéité des compétences ainsi réunies, les élèves apprennent alors que la musique vivante est le fruit d’une mise en commun où chacun joue un rôle déterminant.

Philippe MORANT