C'est au cours du premier concert, en mai dernier, salle Cortot, du jeune Orchestre de Chambre de l'École Normale de Musique de Paris, dirigé par Philippe Entremont, avec en soliste le magnifique pianiste Remi Geniet dans le concerto n°12, K 414 de Mozart, que j'ai rencontré la nouvelle directrice de l'ENMP, Françoise Noël-Marquis. Elle m'a reçu quelques jours plus tard pour un entretien dans cet hôtel particulier du XVIIème arrondissement de Paris. Il est de style « Belle Époque », construit en 1881 par l'architecte Louis Cochet pour la famille Rozars. C'est dans ce bâtiment que réside l'École Normale de Musique de Paris.

C'est une école mythique qu'ont fréquenté les plus grands pianistes, compositeurs, soit comme professeur soit pour donner des masterclass. Les noms de Marguerite Long, Wanda Landowska, Jacques Thibaud, Pablo Casals, Igor Stravinski, Reynaldo Hahn, Arthur Honegger, Charles Munch, Henri Dutilleux résonnent encore dans cet Hôtel chargé d'histoire de la musique.

Comment devient-on la directrice d'un tel établissement ?

Par un concours de circonstance, ou le destin, les deux sûrement. Je ne suis pas musicienne professionnelle, mais j'ai toujours baigné dans ce monde là. J'ai commencé par la danse classique et le piano, puis je suis passée au violoncelle, au chant. Parmi mes amis j'ai des musiciens, des professeurs de musique. La musique a toujours été ma deuxième vie. Ceci étant je n'en ai pas fait mon métier. J'ai fait des études de management et j'ai eu une carrière dans un univers assez éloigné du monde de la musique ; c'était le monde des affaires, de la finance. Dans ma dernière vie, j'étais dans le conseil aux entreprises, aux organisations notamment autour des sujets de financements. J'ai donc accompagné un certain nombre d'entreprises, bien sûr, mais aussi des grandes écoles, des universités, des institutions culturelles comme des musées ou des orchestres, sur des réflexions autour de comment élargir la solution de financement. Je pense que l'origine, le point de départ de mon arrivée dans cette École est là ! Le principal enjeu de l'École Normale c'est çà. Comme c'est une école qui est entièrement privée, nous n'avons aucun euro de subvention, à l'exception de ce qui est versé au titre des Monuments historiques, pour ce qui est du bâtiment. Mais pour l'École, rien. Le grand sujet c'est le financement.

Il y a eu une petite annonce et vous y avez répondu ?

Non pas du tout, c'est de la cooptation, mon nom est arrivé à un moment donné.

Il y a un conseil d'administration ?

Oui, il y a là le fils d'Alfred Cortot, Jean, et puis un certains nombres de personnalités extérieures, du monde de la banque, des avocats, des notaires, tous amoureux de la musique et très attachés à l'École.

Et votre nom traînait quelque part ?

Non, je pense que mon prédécesseur m'avait identifiée. C'est lui qui a suggéré mon nom et le conseil d'administration a dû délibérer autour de çà.

Et vous avez tout de suite accepté ?

Oh ce n'est pas aussi simple. Vous croyez d'abord que c'est une lubie. J'aime beaucoup mon prédécesseur, je me suis dit : c'est sympathique. Mais je ne pensais pas que l'idée prospèrerait. C'est tellement loin de mon univers. Et contre toute attente le conseil d'administration a persévéré dans cette direction là. Et à un moment donné j'ai dû me poser la question car c'était devenu quelque chose de concret. C'était incroyable : mes deux vies se rejoignaient !


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Vous connaissiez cette maison ?

Oui de deux façons différentes. Mon premier professeur de violoncelle était élève d'André Navarra qui avait été professeur ici. Contrairement à bien des parisiens et des mélomanes, j'en avais entendu parler depuis très longtemps. Ensuite je l'ai un petit peu mieux connue au moment où je me suis occupée de monter une fondation culturelle pour une institution du monde de la musique. Il fallait un collège de personnalités et quelqu'un a proposé le nom de mon prédécesseur que j'ai rencontré à cette occasion là. J'ai alors un peu mieux compris ce qu'était l'École Normale, mais pas plus que cela.

Vous n'aviez jamais assisté à un concert dans la salle Cortot ?

Le plus incroyable c'est que je connaissais le nom de la salle mais que je n'avais jamais eue l'occasion d'y venir !

Cela fait combien d'années que vous êtes ici ?

Cela va faire deux ans et demi ! Je suis arrivée en janvier 2013.

Et lorsque l'on arrive, vient-on avec un programme précis ?

Je suis arrivée à l'École Normale à un moment charnière. Pendant très longtemps dans le monde de l'enseignement de la musique, il y a eu deux institutions très distinctes avec des objectifs très différents : le Conservatoire Nationale et l'École Normale, cette dernière étant presque le négatif de l'autre, comme en photo. L'une recrute sur concours, avec limite d'âge, est très sélective, et à une certaine époque avec des quotas pour les étrangers. A l'École Normale, c'était l'inverse : pas de limite d'âge, pas de numerus clausus à l'entrée, et très ouverte sur l'étranger. Cortot l'avait créée pour cela. Ce fut ainsi pendant des années. Et puis il y a eu la création des conservatoires régionaux, avec des classes de perfectionnement, qui ont commencé à s'adresser à des étudiants de haut niveau. Les choses ont alors vraiment beaucoup changé. Depuis quelques années il y a un alignement des cursus artistiques, surtout le cursus universitaire. Moi je suis arrivée à un moment où l'École Normale, qui a son mode de fonctionnement propre, se trouvait dans un monde qui avait beaucoup évolué en très peu de temps, avec beaucoup de questions qui surgissent, des constats et une vraie question quant à l'avenir de l'Ecole Normale de Musique de Paris dans un monde bien différent d'il y a dix ans, trente ans et plus. Mon prédécesseur m'avait dit très gentiment : Françoise je n'ai pas de doute sur le fait que vous veniez, j'espère que vous n'allez pas vous ennuyer intellectuellement ! Dans le consulting ce n'était pas le cas. Je n'avais pas compris pourquoi il me disait cela, mais en fait, compte tenu de la situation à mon arrivée, il y avait beaucoup de réflexions à avoir sur le positionnement de cette École, sur les priorités. Être dans la musique c'est passionnant intellectuellement.

Dans ce type de structure la priorité n'est-ce pas le financement ?

C'est le nerf de la guerre, oui ! C'est pour cela que je suis là ! Nous sommes aujourd'hui probablement, en tout cas à ce niveau là et dans ce système diplômant et de cursus complet, un des tous derniers établissements totalement privés en Europe. Cela vous donne l'idée de la situation : c'est compliqué parce qu'en France, privé veut dire payant et que public veut dire gratuit. Ce n'est pas le cas dans d'autres pays. Non seulement nous sommes privé, mais en France nous sommes les seuls à être payant ; toute l'offre de l'enseignement supérieure est quasi gratuite, donc c'est compliqué. Nous sommes obligés de faire payer aux élèves les frais de scolarité ; nous sommes en concurrence, comme on dit dans le monde des affaires. Ils ont la possibilité de trouver des cursus, de suivre des études, dans des établissements de plus en plus nombreux, gratuitement. Il y a pas mal de conservatoires régionaux et diplômant avec des conditions financières qui n'ont rien à voir,

Il y a énormément d'écoles de cinéma, de théâtre, de dessin, de design qui sont payantes !

Oui, mais pas dans le secteur de la musique. C'est un cas tout à fait à part. Les personnes ayant des enfants qui font des études d'ingénieur, de gestion, payent pour les écoles. Dans la musique, en France, c'est un vrai sujet. Ainsi pour nous, la complexité de l'exercice est d'arriver à faire en sorte que les tarifs de la scolarité couvrent en grande partie nos coups de fonctionnement qui sont très réduits. Nous sommes une toute petite équipe pour un si gros paquebot. On fait très attention car étant dans un monde en crise économique, lorsqu'un étudiant a la possibilité de suivre son parcours de formation dans des conditions quasi gratuites ailleurs, pour qu'il vienne à l'École Normale, il faut vraiment qu'il ait des bonnes raisons d'accepter de payer. Le public n'est pas gratuit aux États-Unis ou en Grande Bretagne. Cela a toujours été la politique de rayonnement culturel de la France : on accueille et on forme, et il n'y a rien à dire quant à cette attitude. Je ne suis pas sûre que la France ait encore les moyens de cette politique.

Quelles sont les motivations alors pour que les élèves viennent chez vous ?

Alfred Cortot a créé cette École avec son associé Auguste Mangeot à partir de la prise de conscience qu'on n'entendait pas beaucoup la musique française dans le monde. Il voyageait beaucoup, surtout en Asie, et cela l'avait interpellé. Il est allé trouver le ministre des Affaires étrangères pour lui dire qu'il avait une idée pour travailler sur le rayonnement de la musique française en créant une école, en faisant venir les étrangers qui se formeront en France, découvriront la culture française, repartiront chez eux et la diffuseront. C'est le point départ de l'École Normale et c'est pourquoi on a toujours eu beaucoup d'étrangers. Aujourd'hui on est sur trois quart un quart de la population étudiante. C'est ainsi que se sont créées des habitudes de musiciens qui se sont formés ici, qui ont dit du bien de l'École et qui en ont envoyé d'autres, et voilà. Ainsi les élèves viennent-ils parce que leur professeur a été élève ici ou parce qu'ils ont envie de travailler avec un certain professeur qui enseigne chez nous. Nous avons un atout qui peut être un inconvénient : c'est que nous sommes à Paris. C'est un facteur d'attraction considérable, mais c'est un inconvénient car la vie y est très chère. Quand il faut payer les frais de scolarité et le quotidien cela devient compliqué.

Vous avez quand même des moyens de les aider pour qu'ils ne soient pas perdus ?

Puisque nous sommes une école payante, il faut aussi que nous offrions des services d'accueil. Contrairement à une idée répandue, il y a quand même un niveau pour entrer dans l'École, il y a une audition. Il n'y a pas de nombre limitatif. Il y a des filières par pays où les anciens conseillent les nouveaux. Mais l'École aide beaucoup au niveau du conseil pour les démarches administratives, ou comment trouver une chambre. Nous avons  les adresses de tous les foyers. On s'occupe d'eux mais ce n'est pas simple, car Paris est une ville sous équipée en équipements à destination des étudiants. Aussi sollicite-t-on beaucoup de monde à titre privé pour nous aider


©ENMP

Ils doivent posséder la langue française, je suppose ?

En théorie. Dans certains pays pour obtenir son visa, il faut témoigner de certaines heures de leçons de Français. C'est toujours difficile pour eux lorsqu'ils arrivent. Mais après ils s'y mettent.

D'où viennent-ils pour la plupart ?

On a cinquante et une nationalités ! Il y a des poids lourds : il y a une tradition avec le Japon. La première nationalité représentée ce sont donc les Japonais. On a aussi depuis quelques années des étudiants chinois, des coréens, et aussi des étudiants d'Amérique latine et d'Amérique Centrale. Il y a de plus en plus de Brésiliens. Ensuite on peut avoir des Islandais…

Et au niveau des professeurs ? Il faut avoir une vocation pour venir enseigner ici ?

Il y a un corps enseignant très fidèle depuis un certain nombre d'années. Mais lorsqu'un poste est à pourvoir, c'est une vraie réflexion : à l'École Normale il faut deux choses. Il faut d'abord être un excellent pédagogue : nous sommes assez traditionnels là-dessus, les programmes sont assez lourds, les élèves travaillent beaucoup, et à l'étranger nous sommes  réputés pour être une école difficile ; les diplômes s'obtiennent par des concours et c'est plus facile d'y entrer que d'en sortir diplômé, et le jury est extérieur à l'École. Il faut aussi pour être professeur avoir une certaine forme de rayonnement pour que les étudiants aient envie de travailler avec vous. Du fait que nous sommes partie d'un système où il y a des plus en plus d'établissements susceptibles de délivrer des diplômes d'enseignement supérieur en musique, nous avons de plus en plus d'étudiants qui ont un cursus bien avancé, qui ont des masters, des choses comme cela. Ils viennent à l'École Normale après et très souvent ils savent avec quels professeurs ils veulent travailler.

Vous parliez en début de notre entretien d'André Navarra qui a été un très grand violoncelliste. Avez-vous des professeurs de ce niveau ?

Oui, parce que l'École Normale, à cause de sa réputation, attire certains professeurs de grande qualité. Oui, heureusement.

Ils ne sont pas tous Français, je suppose ?

Une grande partie du corps enseignant est français, mais nous avons des professeurs de plusieurs nationalités actuellement.

Comme c'est un pianiste qui l'a fondée je suppose que c'est le piano qui est le plus enseigné à l'École ?

Nous avons 350 pianistes sur un peu moins de mille étudiants. On a une quarantaine de professeur pour le piano.

Avez-vous des élèves qui ont gagné des concours importants ?

Oui, régulièrement, heureusement. Le piano, à l'École Normale, est réputé pour son niveau et un certains nombres d'étudiants ont été primés. Sur les trois dernières années, il y a eu Rémi Geniet qui a remporté le deuxième prix au concours de Reine Elisabeth. On a eu un étudiant qui a eu le prix Hamamatsu. L'année dernière, un de nos étudiants a eu le premier prix au concours Nathan Milstein. Souvent nos étudiants ont été récompensés. Samson François a été élève ici, Dinu Lipati aussi. Il y a toujours eu de grands interprètes qui sont passés par l'École, et il y a une image très fortement pianistique. Mais il y a d'autres disciplines qui sont très appréciées.


L'escalier d'honneur ©Roland Dreyfus

En deux ans et demi, avez-vous eu le temps de faire évoluer certaines choses ?

Je l'espère ! Il faut tout faire en même temps. Je viens d'un monde qui est celui des affaires et je me suis beaucoup occupée de lever des fonds. Or , pour lever des fonds il faut des projets. Trouver de l'argent sur ce que l'on est ou sur ce que l'on a été ce n'est pas la meilleure façon d'y arriver. Montrer que cette école garde sa spécificité, sa tradition, c'est bien, mais il faut travailler sur d'autres domaines, la communication par exemple qui n'était pas la priorité jusqu'alors. Mais comme nous sommes dans un monde « concurrentiel », il faut s'en occuper : on a travaillé sur certains projets pédagogiques pour renforcer l'activité de l'École

En ce moment quel est le projet auquel vous tenez le plus ?

Nous travaillons depuis un certain temps sur la musique de chambre. On a oublié qu'Alfred Cortot faisait beaucoup de musique de chambre : le Trio Cortot -Thibaud -Casals était mythique et ils ont joué ici. Je suis aussi très préoccupée de l'insertion professionnelle de nos étudiants. Nous sommes un lieu destiné à préparer nos étudiants à une vie professionnelle et je pense que la musique de chambre permet de vivre de son art. Nos 350 pianistes ne vont pas tous jouer le Troisième Concerto de Rachmaninov à la Grande Philharmonie, mais il faut veiller à ce qu'ils aient toutes les cordes à leur arc pour réussir, et la musique de chambre, on s'en occupe beaucoup. Ce secteur de la musique de chambre est obligatoire à l'École Normale, mais une fois que les étudiants ont terminé ces cours, nous faisons en sorte qu'ils continuent. A des fins d'insertion professionnelle bien sûr. Ce qui est extraordinaire aussi, et nos politiques feraient bien de venir voir ce qui se passe ici, c'est que des Iraniens  jouent avec des Israéliens, des Ukrainiens jouent avec des Russes, des Chinois avec des Japonais... Tous font de la musique ensemble, s'apprécient et s'estiment. On a presque une vocation pacifiste, c'est une expérience incroyable. La musique de chambre a beaucoup de vertus !

Dernièrement, grâce à vous, nous a confié Philippe Entremont, un orchestre de chambre a été créé...

En fait je me posais la question depuis un certains nombres de mois. Je pense que c'est une évidence, une nécessité. Contrairement à ce qu'il en est pour les pianistes, lorsque vous avez des disciplines telles que les instrumentistes à cordes et les musiciens à vent, vous disposez d'un débouché naturel qui est l'orchestre. Si vous n'avez aucune pratique d'orchestre alors que vous êtes instrumentistes à cordes, c'est frustrant. En discutant avec certains professeurs, le grand problème s'est avéré qu'ici il n'y avait pas d'orchestre. Je ne sais pas si le projet avait été évoqué avec mes prédécesseurs, car tout est compliqué en termes de place à l'École. Nous recevons près de mille étudiants, nous disposons de vingt quatre salles de cours, la logistique est vraiment compliquée. On a sélectionné les priorités et il se trouve que je suis arrivée à un moment donné où elles ont pu être résolues. En outre, j'aime les cordes et j'ai pratiqué en ayant joué très modestement du violoncelle. Aussi depuis plusieurs mois est apparue à toute l'équipe cette évidence qu'il fallait créer un orchestre. Or, un jour, Philippe Entremont a fait irruption dans mon bureau et m'a dit : comment se fait-il qu'il n'y ait pas d'orchestre dans cette École !  Et les choses se sont construites : comme nous avions quelqu'un de cette qualité qui pensait que c'était possible, c'est devenu encore plus évident.

Est-ce très compliqué en France de jouer dans un orchestre lorsqu'on est étudiant ?

Le musicien d'aujourd'hui est un polyvalent. Peut-être qu'autrefois le musicien se destinait à être concertiste, récitaliste, plus que musicien de chambre ou enseignant. Aujourd'hui il faut qu'il ait toutes ces cordes là s'il veut vivre de son métier. Il y a de plus en plus de musiciens dans tous ces pays qui s'ouvrent à la musique classique. Mais comme on n'a pas tellement plus d'orchestres, à chaque poste mis en concours de recrutement, se présentent un nombre phénoménal de musiciens du monde entier ; et même si ce n'est pas un orchestre national. Cela devient terrible. On a eu la grande chance de trouver un chef qui s'est jeté dans la bataille avec une conviction profonde et qui a entraîné un groupe de jeunes derrière lui. C'était un pari parce que les programmes sont très lourds, et que les étudiants pour préparer leurs examens ont peu de temps libre, et ce même si leurs professeurs sont extrêmement dévoués. Alors une pratique d'orchestre avec quelqu'un du niveau et de l'exigence de Philippe Entremont c'est un formidable chalenge. Et le concert donné à la salle Cortot est un pari gagné, je pense.


Répétition du premier concert de l'orchestre de chambre Salle Cortot
avec Philippe Entremont et Rémi Geniet ©ENMP

Il a l'air d'être très investi ?

C'est vrai, on a déjà le programme pour l'année prochaine !

Et que faites-vous pour faire connaître cet orchestre ?

On dispose des réseaux sociaux, et de la communication de l'École, mais on n'a pas de budget particulier pour cela. Des personnes des médias, qui nous aiment bien et sont attentives à ce que nous faisons, en parlent. Ainsi nous avons eu de bons retours du concert. On va mettre des extraits sur You Tube.

Vous fermez la salle pour restauration ?

L'école a été créée en 1919. Je pense qu'elle s'est installée dans cet hôtel particulier en 1924-25. Alfred Cortot a tout de suite souhaité une salle de concert pour la mise en situation des élèves. Elle devait servir, comme il l'a écrit, de vitrine. C'est Auguste Perret, l'architecte du Théâtre des Champs-Elysées, qui l'a construite en 1929, avec cette acoustique extraordinaire. Elle est beaucoup utilisée par l'École parce que nous avons des cours qui s'y déroulent, des concerts de 12h30 ouverts au public, les mardi et jeudi avec les élèves des niveaux les plus élevés. Et tous les soirs elle est louée pour des concerts divers et variés. Il fallait vraiment faire des travaux de restauration car elle commence à s'abimer. On ferme du 4 juillet après les concours jusqu'à mi septembre.

Qu'allez vous faire pour les chaises ! (rires)

Vous êtes la deuxième personne qui me fait une remarque sur ces chaises ! On va les huiler ! On refait l'éclairage, la peinture, le dessous de la scène. Mais comme elle est classée, on ne peut pas toucher à tout.

Et le programme d'ouverture ?

On ne l'a pas encore dévoilé au sein de l'École. Alors joker ! (rires)