Avec sa cheffe Claire Gibault, le Paris Mozart Orchestra s'engage

En 2011, la cheffe d'orchestre Claire Gibault fonde le Paris Mozart Orchestra (PMO) à l'image de son grand frère italien le Bologna Mozart Orchestra qu'elle a mis sur pied en Italie avec Claudio Abbado. Cet ensemble de 40 musiciens s'est donné, entre autres activités, la mission d'intervenir en milieu scolaire. Il s'agit pour l'orchestre d'aller jouer dans les écoles (primaires, collèges et lycées) et d'inviter le jeune public à ses concerts parisiens. C'est ainsi qu'est né Un orchestre dans mon bahut, une formidable initiative qui reçoit cette année le soutien financier de « La France s'engage » dont le PMO est lauréat. Nous avons demandé à Claire Gibault de nous en révéler l'originalité et toutes les modalités

 

Quel est le profil de votre orchestre Paris Mozart Orchestra ?

 

Nous ne sommes pas institutionnels. C'est un ensemble à géométrie variable qui n'a que cinq ans d'existence. C'est encore jeune pour une formation. Il s'adapte idéalement aux formats de la musique contemporaine, aux projets pédagogiques et à l'économie d'une telle entreprise. Ses contraintes nous rendent d'autant plus inventifs.

Une journée particulière dans Les Siècles

Ce 3 septembre 2016, en face de la magnifique cathédrale XII ème siècle Notre Dame de Laon, on pouvait entendre venant des fenêtres de La Maison de la Culture et des Loisirs, un orchestre, La Symphonie des Siècles, qui répétait « Les Danses Symphoniques Opus 45 » de Rachmaninov. Cette œuvre est la dernière composition symphonique qu'a écrite ce compositeur, en 1940. C'est le chef assistant Mathieu Romano qui dirige cette répétition. Mais cet orchestre n'est pas comme tous les autres, il est unique ! Il est composé de jeunes musiciens, même très jeunes - certains ont 11, 12 ans - de professeurs de musique des conservatoires de l'Aisne et de musiciens professionnels qui viennent de l'orchestre fameux, Les Siècles, créé en 2003 par François-Xavier Roth. Le 4 septembre 2016 La Symphonie des Siècles devait donner un concert dans la cathédrale réunissant ces Danses Symphoniques et le Concerto n°4 de Beethoven avec au piano Vanessa Wagner.

Bertrand Chamayou, un pianiste dans son temps !

C'est dans un café bruyant à deux pas de chez lui dans le Paris du Faubourg Montmartre qu'il m'a donné rendez-vous deux jours à peine après lui avoir adressé un courriel ! Chaleureux, décontracté, un habitué du café ; mais où personne ne sait exactement qu'il est un artiste demandé dans le monde entier, qu'il a gagné des victoires de la musique à la télévision et qu'il est « booké » jusqu'en 2021 !Vous acceptez beaucoup d'interviews, pourquoi encore une nouvelle : rien de nouveau dans votre actualité ?La vérité c'est que je refuse très rarement une interview sauf si ce sont des hurluberlus qui en demandent. Mais, j'ai lu votre mail, l'Éducation Musicale, c'est très bien, et je me suis dit trouvons un moment, c'est tout ! Je ne suis pas du genre à rechigner à faire des interviews, ou qu'on me filme, qu'on m'enregistre. Autant pour les concerts je suis très sélectif, autant là j'ai plaisir à échanger. En général, je commence à m'entretenir avec la personne pour savoir à qui j'ai affaire : si vous ne m'étiez pas sympathique peut-être vous auriez une interview plus succincte ; mais apparemment nous avons pas mal de choses en commun. Elle s'annonce donc de bonne augure…

Maurice Emmanuel (1862-1938)

« Un maître, dans tous les sens du mot. Un maître écrivain et un maître penseur, un maître critique et un maître érudit, qui distribuait autour de lui l'enseignement le plus fécond, et aussi un "créateur" qui laisse des œuvres remarquables, mais on ne s'en aperçut pas de son vivant. Des dons qui s'allient rarement : une intelligence lumineuse, un esprit d'analyse prodigieux, une extraordinaire puissance de réflexion qui dissocie les éléments de la réalité ou des créations de l'art, et en même temps ce mystérieux fonds de sensibilité et cet esprit de synthèse qui produisent les chefs-d'œuvre. »

 

[Paul Landormy, sur Maurice Emmanuel, in La musique française après Debussy. NRF Gallimard, 1943, p. 205-209]

 

 

 

Aussi chaleureuse que passionnée par son sujet, c'est à Antony, siège de l'Association des amis de Maurice Emmanuel dont elle est la cheville ouvrière, que m'a longuement reçu Madame Anne Eichner Emmanuel. Pour me parler du grand compositeur, son grand-père, dont elle possède un fonds considérable de partitions, lettres et autres documents. C'est donc à elle qu'est dû l'essentiel des lignes qui suivent.

Jacques Lenot, un musicien en quête de secret

Jacques Lenot est né en 1945 à Saint-Jean d'Angély, une charmante bourgade de la Charente-Maritime, à quelques encablures de Royan et son festival international d'art contemporain (1964-1977). Cette proximité a été une formidable opportunité pour cet angérien au tempérament d'artiste, qui, dans son adolescence, a peint et dit avoir écrit de la musique en secret depuis l'âge de huit ans... car c'est au Festival de Royan, en 1967, que tout a commencé.

 

 

 

Avec un catalogue qui compte aujourd'hui plus de 250 opus où tous les genres musicaux sont abordés, la trajectoire accomplie est impressionnante, celle d'un compositeur qui poursuit en solitaire un travail d'écriture aussi prolifique que radical, porté par un imaginaire foisonnant où les images, la littérature et la poésie nourrissent sa pensée du sonore.

Bon anniversaire, maestro Inbal !

Cet entretien a été réalisé le 1er mars dernier, à côté de la Maison de la radio où Eliahu Inbal répétait la Symphonie N°9 de Bruckner avec le Philharmonique de Radio France.

 

 

 

 

 

La IX ème Symphonie de Bruckner que vous allez diriger à la Philharmonie de Paris dans le cadre de votre 80ème anniversaire, vous l'avez enregistrée récemment avec un orchestre japonais. Ces orchestres sont très appréciés aujourd'hui, mais en France on les connait très mal. Qu'en pensez-vous ?

 

Ils ne font pas assez de tournées ! Le disque dont vous parlez est surtout distribué au Japon, et le marketing pour l'étranger n'a pas été fait. Cet orchestre, The Tokyo Metropolitan Symphony Orchestra, avec lequel je travaille depuis 25 ans, j'ai pu le modeler, en faire quelque chose et aujourd'hui il est formidable ! Quelle discipline, quelle virtuosité, quelle musicalité, je suis toujours très satisfait quand je vais là-bas. Les orchestres dans l'Orient, je parle de Shanghai, Taipeh, Singapour, sont des orchestres très sérieux. Je ne savais pas lorsque je suis allé à Séoul - ils disent « Sol » comme do ré mi fa sol ! - que j'allais être étonné par la qualité musicale de leur orchestre. J'ai découvert ainsi de nombreux orchestres et je continue à en découvrir.

Elzbieta Sikora, une compositrice polonaise engagée

D'origine polonaise et installée en France depuis 1981, Elzbieta Sikora mène aujourd'hui sa carrière de compositrice dans l'un et l'autre pays. Son premier séjour en France remonte aux années 60. Un diplôme d'ingénieur du son en poche, elle décide de venir travailler dans les studios du GRM (Groupe de Recherche Musicale). La rencontre décisive avec Pierre Schaeffer, personnalité hors norme qui la fascine, scelle son attachement vital à la musique électroacoustique. Pour autant, revenue en Pologne, elle reprend ses études, dans le domaine de la composition instrumentale où elle estime avoir des lacunes. En 1981, elle obtient une bourse d'étude, pour la France toujours. Le séjour était de neuf mois... Les circonstances en décideront autrement. Le coup d'état du 13 décembre réinstaurant le régime totalitaire communiste en Pologne la dissuadera de revenir dans son pays. Elle n'y retournera que sept ans plus tard! Le triple album (« Secret Poems ») qui vient de sortir sous le label polonais Bôłt témoigne du début de carrière de la compositrice, années où elle fonde avec Krzysztof Knittel et Wojciech Michniewski le groupe KEW. La photo de couverture où Elzbieta, cheveux courts à la garçonne, est épaulée par ses deux confrères, en dit long sur la détermination de cette artiste hors norme qui n'a cessé de composer, à sa table comme dans les studios.

Jérôme Pernoo, l'homme protée du violoncelle

La belle quarantaine, Jérôme Pernoo est un violoncelliste comblé. Il a fait le tour du monde avec son instrument pour jouer le répertoire, donner des cours, des master classes, un peu partout, inciter des compositeurs à écrire pour lui. Il a initié des festivals, mais cela ne lui suffisait pas ! Il avait un projet encore plus fou dans ses rêves de jeune violoncelliste de 25 ans ! Il vient de le réaliser ! Et pour parler de musique autrement et de ce projet, il nous a reçu entre deux répétitions dans l'ancien conservatoire du XVIIème arrondissement de Paris, à deux pas de la salle Cortot ! L'enthousiasme et les rires étaient au rendez-vous 

Helga Rabl-Stadler, Présidente  du Festival de Salzbourg

Madame Helga Rabl-Stadler est Présidente du Festival de Salzbourg depuis 1995. La carrière éclectique de cette salzbourgeoise la prédestinait-elle à occuper ce poste ? Sans doute, elle qui fut journaliste, femme politique, puis a fréquenté le monde économique jusqu'à devenir Présidente de la chambre de commerce de sa ville, et bien sûr le monde culturel. Quelle est la fonction du Président d'un festival de musique tel que celui de Salzbourg ? Assurer l'interface entre le secteur artistique – du ressort de l'Intendant - et les financeurs, institutionnels et sponsors. Mais bien plus que cela lorsqu'on connait l'engagement et l'enthousiasme de son actuelle détentrice. Elle a connu six directeurs artistiques et depuis le départ prématuré d'Alexander Pereira, assure également cette mission avec Sven-Eric Bechtolf. Mémoire du festival, pas un détail ne lui échappe. Sa position est essentielle quant à la pérennité d'une des plus grandes institutions musicales au monde, visitée par un public venu des quatre coins de la planète. Elle nous a reçu avec sa cordialité habituelle, et en français, dans son bureau du Grosses Festspielhaus, un matin de janvier : hors du stress de la période estivale, alors que la ville privée de ses hordes de touristes, connait un délicieux ralenti et écoute avec bonheur les effluves d'un autre festival, celui de la Semaine Mozart.

L'Académie de l'Opéra de Paris  Sa directrice en dévoile les grands axes

En ce précoce mois de juillet qui voit Paris battre tous ses records de canicule, c'est dans son bureau, en dépit d'un emploi du temps surchargé, que Myriam Mazouzi reçoit avec la plus parfaite cordialité l'auteur de ces lignes. Lequel, de surcroît, s'est trompé d'heure ! Mais la passion se moque heureusement de ces petits aléas de la vie, une passion qui transparaît dans chaque mot, chaque expression, chaque geste de la jeune directrice de l'Académie de l'Opéra Bastille, l'un des piliers de la nouvelle politique mise en œuvre par son directeur Stéphane Lissner. En quelques minutes, d'innombrables sujets sont ainsi abordés, qui vont de l'indifférence grandissante du monde politique à l'endroit de la sphère artistique jusqu'à la place de l'art dans la civilisation contemporaine, en passant par ce constat nuancé d'inquiétude, mais aussi d'un vigoureux optimisme, qu'à chaque recul de l'art, c'est la liberté qui subit une défaite.

Vous avez fait de nombreux concerts lecture dans votre carrière ?

En fait c'est arrivé progressivement. Il y a des moments où je trouve que la vie est un rêve. J'avais eu deux expériences importantes avec la musique, grâce à Guy Ramona, président du Festival de Musique de la Chaise-Dieu. Il était venu me voir il y a une trentaine d'année pour me demander de dire Pierre et le Loup  de Prokofiev, avec l'Orchestre Philharmonique de Moscou dirigé par Dmitri Kitaenko ; c'était trop sympathique. Les musiciens avaient sûrement connu le compositeur, j'étais très impressionnée. J'avais fait neuf ans de piano et entrer dans le monde de la musique de cette manière, c'était fabuleux. Ensuite je l'ai refait l'année d'après, toujours à la Chaise-Dieu.

Rencontre avec le violoniste Augustin Dumay

Cet artiste est un des plus grands violonistes du XXI ème siècle, un grand styliste, dont les enregistrements sont le fruit de longs mûrissements sur l'œuvre et le compositeur qu'il a choisis. Entre deux avions et un repas sur le pouce, il nous a offert ses réflexions sur la musique qu'il tente de comprendre et d'interpréter en toute humilité.

Lorsqu'on parle de vous dans les critiques, lorsque vous accordez des interviews, lorsque vous faites des disques, on cite Grumiaux, Milstein, ou d'autres grands violonistes. N'est-ce pas agaçant à la longue ? Dumay c'est Dumay, non ?

Ce n'est pas comme cela que je le prends. Je pense que les gens qui écoutent mes disques, les journalistes, ont besoin de partir de quelque chose qui existe, une culture. Regardez par exemple quand on parle d'un écrivain, très souvent on l'apparente à un certain nombre de ses prédécesseurs.

Jean Rondeau, claveciniste et aussi pianiste de jazz

Jean Rondeau est né en 1991. Il complète sa formation initiale au CRR de Paris où il travaille la composition et le contrepoint, puis au CNSM où il remporte les prix de clavecin et de basse continue en 2013. Déjà Premier prix du concours de Bruges en 2012, il est Premier prix du concours Jeunes Solistes de Radio France en 2014. Parallèlement il suit des cours à la Guildhall School de Londres, à l'Académie Chigiana de Sienne et à Florence avec Christophe Rousset. Depuis, il se produit régulièrement en soliste ou en musique de chambre avec ses amis anciens élèves du CRR dans le groupe Nevermind. Il a fondé le groupe de jazz Note forget en 2011.

Françoise Noël-Marquis, directrice de l'École  Normale de Musique de Paris

C'est au cours du premier concert, en mai dernier, salle Cortot, du jeune Orchestre de Chambre de l'École Normale de Musique de Paris, dirigé par Philippe Entremont, avec en soliste le magnifique pianiste Remi Geniet dans le concerto n°12, K 414 de Mozart, que j'ai rencontré la nouvelle directrice de l'ENMP, Françoise Noël-Marquis. Elle m'a reçu quelques jours plus tard pour un entretien dans cet hôtel particulier du XVIIème arrondissement de Paris. Il est de style « Belle Époque », construit en 1881 par l'architecte Louis Cochet pour la famille Rozars. C'est dans ce bâtiment que réside l'École Normale de Musique de Paris.

L'Académie de l'Opéra de Paris

Sa directrice en dévoile les grands axes

 

 En ce précoce mois de juillet qui voit Paris battre tous ses records de canicule, c'est dans son bureau, en dépit d'un emploi du temps surchargé, que Myriam Mazouzi reçoit avec la plus parfaite cordialité l'auteur de ces lignes. Lequel, de surcroît, s'est trompé d'heure ! Mais la passion se moque heureusement de ces petits aléas de la vie, une passion qui transparaît dans chaque mot, chaque expression, chaque geste de la jeune directrice de l'Académie de l'Opéra Bastille, l'un des piliers de la nouvelle politique mise en œuvre par son directeur Stéphane Lissner. En quelques minutes, d'innombrables sujets sont ainsi abordés, qui vont de l'indifférence grandissante du monde politique à l'endroit de la sphère artistique jusqu'à la place de l'art dans la civilisation contemporaine, en passant par ce constat nuancé d'inquiétude, mais aussi d'un vigoureux optimisme, qu'à chaque recul de l'art, c'est la liberté qui subit une défaite. Puis l'entretien s'organise, Myriam Mazouzi ayant à cœur de présenter sous le jour le plus explicite les grands axes de l'action qu'elle entend mener à la tête de l'Académie, dès la rentrée de septembre 2015. Un maître-mot en la matière, la transmission. Par l'éducation artistique, par la formation professionnelle des jeunes artistes, par la prise en compte de toutes les facettes de l'activité lyrique : mise en scène, chorégraphie, direction d'orchestre, etc. Avec, latente, cette conviction que l'art n'est pas (seulement) divertissement ! Et qu'en conséquence, il devrait exister, dans tout état qui se respecte, un "droit à l'art" comme il existe déjà un "droit à l'éducation".

Geoffroy Jourdain va conduire la Péniche Opéra… sans permis !

Sous un soleil printanier, en ce vendredi 13 mars, jour de chance, j'ai remonté le Quai de Loire jusqu'au numéro 46. La Péniche Opéra était à quai mais c'est dans le café d'en face que Geoffroy Jourdain m'a offert un petit noir sans sucre pour parler de sa toute nouvelle nomination à la tête de ce bateau qu'il n'a pas encore le droit de piloter. Qu'importe, il a désormais la casquette de capitaine après avoir présenté avec son acolyte Olivier Michel un projet qui tient la route, disons plutôt …le canal ! Geoffroy Jourdain c'est Les Cris de Paris qu'il dirige depuis 1999 et cet ensemble, à géométrie variable, a chanté la musique de tous les siècles avec talent.

Dominique Visse, entre baroque et musique contemporaine

Dominique Visse, contre ténor, fondateur de l'Ensemble Clément Janequin chante sur les scènes internationales depuis 40 ans. C'est une personne hors norme, plus près de la pop culture que de l'opéra tel qu'on se l'imagine. Il a remis au goût du jour tout un pan de notre patrimoine de la chanson de la Renaissance. Les compositeurs contemporains écrivent pour lui et ses spectacles sont toujours surprenants. Ainsi du dernier qu'a joué et chanté l'Ensemble à la Péniche Opéra, intitulé « Musiques et Mathématiques ». C'était une pure merveille de drôlerie, de sensibilité (Cf. NL de juin 2015). Le théâtre musical prime avant tout pour cet Ensemble. C'est sur fond de Billie Holiday qu'il m'a payé un café au Châtelet et parlé de son actualité et des Janequin bien sûr.

Philippe Entremont, pianiste et chef d'orchestre

Six mille concerts ! Pianiste d'exception ! Chef d'orchestre pendant 29 ans de l'Orchestre de Chambre de Vienne, Philippe Entremont comptait parmi les 10 pianistes de renommée internationale choisis pour jouer au « Piano Extravaganza of the Century » lors des jeux olympiques de Pékin en 2008.

 

En tant que chef, il a été directeur musical de l'Orchestre Philharmonique de la Nouvelle Orléans entre 1981 et 1986, puis de l'Orchestre Symphonique du Colorado à Denver. Il a également été chef permanent de l'Orchestre de Chambre d'Amsterdam jusqu'en 2002 après avoir été directeur musical et chef permanent, (il est devenu le chef lauréat à vie, « auf Lebenszeit ») de l'Orchestre de Chambre de Vienne.

PROPOS PARTAGES  Haut  Avec Françoise Levéchin-Gangloff,  organiste titulaire à l'église Saint-Roch

Laurence Renault Lescure : L'église Saint-Roch a une belle histoire…

 

 

 

Françoise Levéchain-Gangloff : C'est Louis XIV qui, avec sa mère Anne d'Autriche, pose la première pierre de l'église à l'emplacement d'une ancienne chapelle. L'idée était d'avoir non loin du Louvre un lieu voué à la fois à la vie spirituelle et artistique. L'église va être construite en plusieurs étapes et ne sera terminée qu'en 1755 donc bien après la mort de Louis XIV. Sur les bases de l'ancienne chapelle on a jeté les plans d'une petite église, cette petite église a brulé, on l'a reconstruite puis elle s'est vu attribuer des adjonctions à plusieurs reprises au fur et à mesure que le quartier prenait de l'ampleur. Elle changera même de sens !

A PROPOS DE LA PSYCHOPHONIE

« Pour moi, la psychophonie c'est savoir écouter, savoir observer, prendre en compte la globalité de l'être pour ensuite avoir un regard plus fin. Mes moyens d'action sont la voix chantée, le travail du souffle et de la posture, la voix parlée. J'étais musicienne : apprentissage de  la trompette puis du piano au conservatoire de Lille, bac musical. Je ne savais où aller ensuite. Je me suis inscrite en  psychologie à la faculté. Juste en face se trouvait le C F M I (Centre de formation aux intervenants en milieu scolaire). Comme j'avais l'habitude d'animer des colonies de vacances, que j'aimais les enfants et que j'avais le niveau requis, je suis entrée au C F M I . Durant ces deux années on a travaillé l'histoire de la musique, la culture musicale, l'analyse, l'instrument, l'improvisation,  toutes sortes de répertoires et le chant.  C'est là que j'ai découvert la psychophonie. »

 

(Brigitte Delzenne)

Directrice musicale d'Insula orchestra et Accentus, phalanges respectivement orchestrale et vocale de réputation mondiale, Laurence Equilbey s'est imposée à l'échelon international par son exigence musicale, son ouverture esthétique, autant que par son perfectionnisme artistique. Appelée à diriger sur les scènes françaises (Lyon, Rouen, Orchestre de chambre de Paris) et étrangères (Akademie für alte Musik Berlin, Bucarest, Brussels Philharmonie, Francfort, Leipzig, Liège, Concerto Köln, Camerata Salzburg, etc.), elle est également artiste associée au Grand Théâtre de Provence et en compagnonnage avec la nouvelle Philharmonie de Paris. Tout en poursuivant son étonnante aventure dans le grand répertoire de la musique vocale avec Accentus, elle soutient la création contemporaine et assure la direction artistique et pédagogique du département supérieur pour jeunes chanteurs du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, rue de Madrid. C'est cependant à sa seule activité de chef d'orchestre que L'Éducation musicale a choisi de consacrer cet entretien.

Une Histoire de Lutherie...

Une histoire de lutherie rare, originale, audacieuse, en même temps qu'une belle aventure humaine que l'histoire de « Raphaël », le violoncelle de Giverny. C'est en effet lors du dernier festival de Musique de Chambre de Giverny (2014) que fut initiée, puis réalisée la construction d'un violoncelle dont la particularité fut d'être construit de façon collégiale par une équipe de neuf luthiers confirmés, réunis et dirigés par Frank Ravatin, un des grands noms de la lutherie mondiale actuelle, qui releva le défi de fabriquer en deux semaines de résidence à Giverny, un violoncelle présenté et joué lors du dernier concert du festival par Michel Strauss. Une expérience unique en matière de lutherie mais surtout un moment de solidarité, de partage et d'amitié. Cet Entretien avec Frank Ravatin, luthier réputé, diplômé de Crémone, lauréat de plusieurs concours internationaux, nous en dit plus.