La Folle journée de Nantes célèbre la Nature

La Folle journée de Nantes célèbre la Nature

 

 

 

La grande fête musicale nantaise aura encore battu tous ses records. La thématique retenue pour cette 22 ème édition était large puisqu'intitulée « La nature ». Un thème qui ressortit à un concept hautement fédérateur, comme il en était l'an passé (« La passion ») et en sera l'année prochaine (« La danse »). Et n'est donc plus centrée sur un compositeur ou un groupe de musiciens, ou encore un mouvement musical. Choix permettant de couvrir indéniablement un champ très vaste, qui autorise à parcourir allégrement plusieurs siècles de musique et conduit à abolir les frontières entre musiques ''ancienne'' et ''moderne''. On passe de Purcell à Schoenberg, de Haendel à Chostakovitch, de Beethoven à Takemitsu en un clin d'œil, de même qu'on déambule de salle en salle, d'un style à un autre en un tournemain : orchestre, musique de chambre, instrument soliste, etc... Le public répond favorablement. Parce que le phénomène Folle journée joue à plein. Le fait d'assister au concert sans contrainte, le format extrêmement souple de celui-ci, le mélange des genres précisément, le coût peu élevé de chaque manifestation, ces

La Folle journée : Passion Musiques

La XXI ème édition de La Folle journée de Nantes aura affirmé son succès public et artistique. Le concept avait pourtant quelque peu changé avec un thème plus large et fédérateur, dédié à « Passions de l'âme et du cœur ». Qui se voulait très rassembleur et visant autant à intéresser un plus large auditoire qu'à introduire des œuvres plus difficiles d'accès ou délicates à insérer dans un programme de thématique  concentrée. Le taux de fréquentation, de l'ordre de 90 %, pour 154 000 billets vendus sur les 170 000 proposés, des 350 concerts payants, 31 gratuits, outre les 47 conférences, toutes à guichet fermé, autorise l'optimisme. Aussi les prochaines saisons seront-elles bâties sur le même mode : « la Nature » en 2016, « la Danse » en 2017 et « l'Exil » en 2018. Le thème de cette année permettait de couvrir le plus large spectre, de la Renaissance à la période moderne !Pourquoi, quant à notre propre aventure musicale, ne pas remonter le temps ! En commençant par Olivier Messiaen. Son Quatuor pour la fin du temps en appelle au fond à une certaine passion, celle de la vie spirituelle. Les circonstances de sa composition et de sa première exécution, en 1941, dans l'enfer d'un camp de prisonniers, sur des instruments de fortune, fournissent une clé de lecture essentielle.

Il était une fois l'Amérique ou les 20 ans de la Folle journée

La grande manifestation nantaise, que d'aucuns ont qualifié de « Woodstock de la musique classique », a donc atteint ses vingt printemps ! Sans effort, frappé désormais au coin du gigantisme, pour le plus grand bonheur de tous, interprètes et  public. La présente édition aura battu tous les records, avec un taux de remplissage de quelque 97 %, et plus de 144.800 billets vendus, pour près de 300 concerts. Dans la bonne humeur, le plaisir partagé, et un « brassage généreux et énergisant », souligne Anne Queffélec, qui fut de la première heure et se souvient avoir découvert « une nouvelle manière, festive et partagée, d'aller vers la musique ». Certes, les thématiques se sont, au fil des ans, faites de plus en plus globales, sans doute pour attirer un public encore plus nombreux, et la jeune génération. Peut-être pas autant qu'on le croit. Mais on vient à la Cité des congrès souvent en famille et on croise beaucoup de jeunes, autant parmi les interprètes que chez ceux qui les écoutent. Le thème de cette année charnière était « Un siècle de musique américaine », sous la bannière « Des canyons aux étoiles », titre de l'œuvre fameuse qu'Olivier Messiaen composa, de 1971 à 1974, pour le bicentenaire de la fondation des États-Unis.

Une exquise Folle Journée !

L'édition 2013 de la grande fête musicale nantaise se conjuguait à « L'heure exquise ». Le projet de ce parcours de musique française, longtemps chéri par René Martin, a été soigneusement mis au point, en y mêlant une guirlande de pièces espagnoles. Tant ces deux nations se sont influencées mutuellement à partir de la fin du XIX ème. Encore une fois, la fréquentation aura été nombreuse, même si plusieurs concerts n'affichaient pas salle pleine : crise oblige, ou abondance de propositions ? En tout cas, la qualité d'écoute était au rendez-vous, et même des titres quasi inconnus auront su capter l'auditoire. Souvent, l'interprète livrait quelques clés de compréhension sur telle œuvre, ou la manière de la jouer, rendant ainsi l'assistance partie prenante d'une aventure, qui est tout sauf quelque chose de passif.

Magies russes à la Folle Journée

La manifestation incontournable de l'hiver s'est parée pour sa dix-huitième édition des couleurs russes.  Le public nantais, et d'ailleurs, aura été fidèle puisqu'on enregistre quelque 152 000 billets vendus pour plus de 300 concerts. Un record ! Combien est fascinante sa qualité d'écoute. Elle rejoint l'investissement des nombreux artistes présents, venus des quatre coins de l'Europe, de Russie bien sûr, pour un festival de chant choral.  Parmi une offre plus que généreuse, opérant un choix, on a privilégié la musique de chambre et le piano, panaché les compositeurs, emblématiques et méconnus.Tchaïkovski est, certes, moins admiré dans le domaine chambriste que dans ses œuvres conçues pour l'orchestre.  Mais la veine est tout autant enthousiasmante. Ainsi en est-il du Premier Quatuor op.11, dont l'andante cantabile offre la plus pure mélodie nostalgique. Le Quatuor Prazák, de son jeu racé, en fait un morceau de choix.  Le Trio Wanderer prête au Trio pour piano « À la mémoire d'un grand artiste » un mélange alchimique d'élégiaque et de passionné.  Le Sextuor pour deux violons, deux altos & deux violoncelles, « Souvenir de Florence », dont le musicien dira à sa bienfaitrice, Mme von Meck, l'avoir « écrit avec le plus grand entrain », est joué énergiquement par le Quatuor Modigliani et deux membres du Quatuor Pavel Hass, qui se souviennent aussi que Tchaïkovski voulait que le scherzo

Le marathon musical nantais

La Folle Journée de Nantes tient du marathon musical et sa vitalité ne se dément pas - à en juger par le nombre faramineux de concerts offerts au choix du public durant un long week-end dans les diverses salles de la Cité des Congrès.  Pour sa 17e édition, elle n'aura cessé d'attirer une foule réceptive n'hésitant pas à se presser en rangs serrés dès 9 heures du matin pour glaner une belle manne sonore, sans trop succomber au barnum médiatique ambiant - gigantisme oblige.  On y a vu aussi beaucoup de jeunes publics tout au long de la journée du vendredi, voire de très jeunes, venus avec leurs professeurs, témoignant ainsi du formidable effort consenti en direction de cet auditoire.  Le thème de l'année, « Les Titans, de Brahms à Strauss », couvrait certes, un vaste territoire, quelque cent ans de musique.  Mais, une fois encore, quantité aura rimé avec qualité.  On reste frappé par le vent de jeunesse qui souffle aussi parmi les interprètes.  Aux côtés des habitués, dépositaires d'une certaine pérennité de la manifestation, les Brigitte Engerer ou autres Trio Wanderer, que de talents plus que prometteurs, tels les quatuors à cordes Modigliani ou Diotima ou cette pléiade de pianistes aussi brillants que racés, les Pérez, Laloum ou Neuburger, annonçant une sûre relève.

Chopin dans tous ses états à la Folle Journée de Nantes.

Anniversaire oblige, la Folle Journée consacrait cette année son programme à « L'univers de Chopin ». Le succès de la manifestation musicale nantaise ne se dément pas. Au conteaire : cette édition a affiché un taux de remplissage de 98 %, un record.  Mais le compositeur polonais, si cher au cœur des mélomanes, pouvait-il faire moins ! Son instigateur, René Martin, aime les défis et les gagne, notamment celui de concilier deux paramètres a priori peu conciliables : la dimension populaire et la qualité artistique.  Il avait réuni, cette fois encore, un beau panel d'interprètes dont une impressionnante cohorte de pianistes. Ce qui frappe chez tous : la rigueur de l'expression, marquée par le souci du phrasé et l'évitement du sentimentalisme.  Toute une jeune génération émergente est là, dont la sûre musicalité rejoint la parfaite, et souvent phénoménale, technique.  Plusieurs thématiques étaient proposées telles que « Les concerts de Chopin à Varsovie, Vienne et Paris », « Chopin et l'opéra » ou encore cette gigantesque « Intégrale de l'œuvre pour piano » qui, en quatorze épisodes, réunissait six pianistes de trois générations différentes.