41e Festival Heinrich Schütz & Colloque (2008)

Pour son Festival, son Colloque, son Assemblée Générale, sa célébration du Centenaire de la naissance de Hugo DISTLER (1908-1942) - dont le destin tragique est bien connu -, la Société Internationale Heinrich SCHÜTZ a sélectionné la Ville de La Haye, centre actif de pratique chorale. Lors de l’ouverture, Cornelis van ZWOL, Vice-Président de la Société, a souhaité la bienvenue aux participants, et le Prof. Dr. Walter WERBECK, Président, a introduit ces manifestations.

Le Colloque a été inauguré par la communication du Prof. Dr. Stefan HANHEIDE sur « La composition dans les années particulièrement dangereuses », situant les deux musiciens Heinrich SCHÜTZ et Hugo DISTLER par rapport à l’histoire

mouvementée de l’Allemagne. Pieter DIRKSEN, musicologue australien, spécialiste, entre autres, de J. P. SWEELINCK, s’est tourné vers la musique spirituelle vocale de Nikolaus Adam STRUNCK. Rudolf RASCH, collaborateur de l’Institut de Musicologie d’Utrecht, a traité avec pertinence « La signification du Psautier genevois pour la musique hollandaise au XVIIe siècle ». Comme de juste, les théories compositionnelles de J. P. SWEELINCK et H. SCHÜTZ au XVIIe siècle ont été abordées par Ulf GRAPENTHIN, s’intéressant notamment aux organistes de Lubeck. La facture d’orgue selon l’esprit de Hugo DISTLER, annonçant de nouvelles exigences esthétiques, cultuelles et éthiques, a été présentée par Stephan A. REINKE, collaborateur scientifique d’un Centre de recherche liturgique de l’Église Évangélique d’Allemagne ; puis le Prof. Dr. Wolfgang HERBST a rappelé la naissance d’une légende autour de Hugo DISTLER.  Le sujet : « Diabolus in musica, textes non publiés d’Opéras et d’Oratorios de Hugo DISTLER » a été révélé par Winfried LÜDEMANN(Afrique du Sud). Par leur diversité et leur ouverture, ces communications ont été très enrichissantes.

Les Concerts ont eu lieu dans des Églises prestigieuses : le premier, spécialement dédié à Heinrich Schütz et Hugo DISTLER, à la Luthersee Kerk ; d’autres, à la Klosterkerk, à la Grotekerk, à la Paleiskerk ou encore à la Waalsekerk. Ils ont permis d’entendre une pléthore d’œuvres chorales et des récitals d’orgue, y compris un ensemble de cuivres et un concert de carillon. Ont prêté leur concours, avec ferveur, haute technicité et musicalité, les excellents Ensembles hollandais : Haags Kerkmuziek Ensemble ; le Vocaal Ensemble Quattro Stagioni ; le Haags Renaissance Kamerkoor ; le Kamerkoor Quod Libet, et le Gesualdo Consort Amsterdam... À noter en priorité le premier Concert qui a mis en parallèle de nombreuses œuvres de H. SCHÜTZ et de H. DISTLER, objet de cette manifestation, et notamment la comparaison entre leurs deux versions de Singet dem Herrn ein neues Lied, au début et à la fin du concert, a été très appréciée. Parmi les musiciens baroques allemands, figuraient : H. SCHÜTZ, H. SCHEIDEMANN, J. J. FROBERGER, J. P. SWEELINCK ; pour l’Italie et la France : Cl. MONTEVERDI, J.-B. LULLY, Cl. JANEQUIN, Cl. DEBUSSY… ; enfin, d’autres compositeurs du XXe siècle : Siegfried REDA, Paul HINDEMITH, Ernst PEPPING, Hans JANSEN, entre autres.

Cet événement scientifique et artistique d’un très haut niveau, placé sous le signe de la diversité, avec pour dénominateur commun la musique religieuse et la confrontation de deux grands musiciens luthériens, H. SCHÜTZ et Hugo DISTLER, était du plus haut intérêt (la place impartie ne nous permet pas de résumer les communications (les textes seront publiés) et de rendre compte de tous les concerts. Grâce au Président de la Société Schütz, le Prof. Dr. Walter WERBECK, au Vice-Président Cornelis van ZWOL et ses collaborateurs qui nous recevaient dans leur pays, et à l’infatigable Secrétaire Générale, Sieglinde FRÖHLICH, ce Festival Schütz hors d’Allemagne fut une réussite.