Pour terminer sa cinquième saison des "Pianissimes", Olivier Bouley a offert un très beau spectacle dans la salle du Conservatoire Supérieur d'Art Dramatique de Paris, où planent les ombres de Liszt, Chopin, Marguerite Long…et celle de Berlioz.
Sur des oeuvres de François Couperin, jouées au piano par Iddo Bar-Shai, Philippe Beau a raconté en ombres chinoises ce qu'inspiraient ces courtes piéces. Cette mise en espace de la musique, réalisée par Chine Curchod, est
un spectacle qui a été créé à l'Abbaye de Noirlac en septembre 2015 et au Centre Culturel de Rencontres des Dominicains de Haute-Alsace le mois suivant.  Poèsie, magie, mystère ont transporté les spectateurs auditeurs à des années lumières, dans ces temps anciens où la musique accompagnait ces formes archaïques mouvantes, ancêtres de ce qu'on appelera plus tard le cinématographe. Ombres / lumières, barricades mystérieuses / symphonies fantasques, clavecin / piano, mains qui jouent / mains qui dessinent, combien de chemins se sont croisés ce soir-là pour n'être que féerie. Qu'importe de savoir si les interprétations de Couperin par Iddo Bar-Shai avaient des allures baroques, qu'importe de savoir que derrière la magie, il y a des trucs, le ravissement enfantin a submergé l'auditoire. C'est un projet magique qui, on l'espère, pourra être présenté "Tout autour de la Terre, Tout autour de la mer, Tout autour du soleil, De la lune et des étoiles, A pied à cheval en voiture, Et en bateau à voile."