Auditorium du Musée d’Orsay
Mardi 6 décembre 2016 12h30
Chiara Skerath, soprano
Antoine Palloc, piano

La soprano belgo-suisse Chiara Skerath est la chanteuse montante et nous l’avons découverte en France en 2015 dans plusieurs opéras. L’auditorium du Musée d’Orsay a eu la belle idée de l’inviter à faire un récital d’airs que l’on pouvait entendre dans les salons napoléoniens et dans les salles d’opérette de l’époque. Malgré un refroidissement mais grâce à son professionnalisme elle a pu mener à bien son récital. Il faut dire que Antoine Palloc, superbe accompagnateur, l’a épaulée avec une belle énergie. Ce que l’on peut dire en l’écoutant est qu’elle a une voix avec beaucoup de finesse, un beau timbre et une manière de dire les textes avec beaucoup d’intelligence. Elle a débuté avec trois airs de Charles Gounod évoquant toute une époque, « Le soir » d’Ambroise Thomas peint la réunion des amants à la tombée de la nuit et « Psyché » d’Emile Paladilhe décrit un amoureux jaloux ! Les textes ont souvent des doubles sens comme « jouir sans entrave de ses beaux jours !», Bizet a mis en musique un texte de Victor Hugo extrait des Orientales « Les adieux de l’hôtesse arabe » où se mélange allusions érotiques et images exotiques de l’Arabie lointaine. Les grivoiseries se mêlent à loisir et les extraits d’opérettes font leurs apparitions dans les salons… Chiara Skerath, la voix bien en place, et chauffée chanta avec virtuosité « La femme dont le cœur rêve » d’Orphée aux Enfers, « Au Chapeau je porte une croix d’or » des Brigands et « En attirant du fond de sa cachette » l’air de cupidon d’Orphée aux Enfers ; Offenbach était là bien représenté. Le second empire tourne la page à Orsay et c’est « Romantique-Authentique » qui prendra place fin février et au mois de mars « la Nuit, le Cosmos ». Pour toutes les informations Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Une enivrante soirée de fado... à Bruxelles !

Le Fado est consubstantiel à l'âme portugaise, mélancolique, qui aime tant chanter. Il se chante aujourd'hui dans les bars de Lisbonne ou à Coimbra, plutôt pour les touristes, mais pas seulement, à en juger par l'ambiance qui s'empare du public local lorsque le ton s'enivre. Il se livre aussi en concert par le truchement de voix flamboyantes comme celle de la grande Amalia Rogrigues. Joana Amendoeira est de cette lignée. Elle se produisait, pour la première fois au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, dans la salle de musique de chambre du Bozar. Devant un public de connaisseurs, et sans doute de la communauté portugaise de la ville européenne.

Mémoires d'un Amnésique, petit opéra comique sans lyrics...

Agathe Mélinand a adapté des opéras, mis en scène des spectacles musicaux, a beaucoup travaillé avec Laurent Pelly. Cette fois, avec deux pianistes et quatre comédiens, elle a écrit et réalisé, donc inventé un spectacle, « Mémoire d'un Amnésique », en prenant des textes de Satie et certaines musiques qu'elle a illustrés. Tout est de Satie assure-t-on. Une initiative intéressante mais qui ne tient pas la route par l'aspect répétitif de la mise en place et un manque certain d'imagination et d'humour. Les textes choisis dignes de Ionesco, d'Allais, de Vian, étaient hurlés par les comédiens.

Les ombres errantes aux Pianissimes

Pour terminer sa cinquième saison des "Pianissimes", Olivier Bouley a offert un très beau spectacle dans la salle du Conservatoire Supérieur d'Art Dramatique de Paris, où planent les ombres de Liszt, Chopin, Marguerite Long…et celle de Berlioz.
Sur des oeuvres de François Couperin, jouées au piano par Iddo Bar-Shai, Philippe Beau a raconté en ombres chinoises ce qu'inspiraient ces courtes piéces. Cette mise en espace de la musique, réalisée par Chine Curchod, est
un spectacle qui a été créé à l'Abbaye de Noirlac en septembre 2015 et au Centre Culturel de Rencontres des Dominicains de Haute-Alsace le mois suivant.  Poèsie, magie, mystère ont transporté les spectateurs auditeurs à des années lumières, dans ces temps anciens où la musique accompagnait ces formes archaïques mouvantes, ancêtres de ce qu'on appelera plus tard le cinématographe. Ombres / lumières, barricades mystérieuses / symphonies fantasques, clavecin / piano, mains qui jouent / mains qui dessinent, combien de chemins se sont croisés ce soir-là pour n'être que féerie. Qu'importe de savoir si les interprétations de Couperin par Iddo Bar-Shai avaient des allures baroques, qu'importe de savoir que derrière la magie, il y a des trucs, le ravissement enfantin a submergé l'auditoire. C'est un projet magique qui, on l'espère, pourra être présenté "Tout autour de la Terre, Tout autour de la mer, Tout autour du soleil, De la lune et des étoiles, A pied à cheval en voiture, Et en bateau à voile."

Une journée avec le Roi-Soleil

Reprise de la production créée au château de Versailles en juin dernier dans le cadre des festivités commémoratives du tricentenaire de la mort de Louis XIV, ce concert des Arts Florissants, mis en espace à la Philharmonie de Paris, est un petit chef d'œuvre de goût et une fière réussite artistique.

Singin' in the Rain fait le show au Châtelet

Nacio HERB BROWN & Arthur FREED, chansons. Betty COMDEN & Adolph GREEN, scenario : Singin' in the Rain. D'après le film de la Metro-Goldwyn-Mayer et la chorégraphie originale de Gene Kelly et Stanley Donen. Dan Burton, Daniel Crossley, Clare Halse, Emma Kate Nelson, Robert Dauney, Emma Lindars, Matthew Gonder, Matthew McKenna, Karen Aspinall. Lambert Wilson. Ensemble. Orchestre Pasdeloup, dir. Stephen Betteridge. Mise en scène : Robert Carsen. Théâtre du Châtelet.

La comédie musicale a désormais sa salle à Paris : le Châtelet. Après On the town, de George & Ira Gershwin, My fair Lady, d'après le film de George Cukor, ou encore Un américain à Paris, voici Singin' in the Rain. Une comédie musicale basée sur l'adaptation d'un film culte : celui réalisé en 1952 par la MGM sur un sujet bien mince, mais combien porteur, le passage du muet au parlant, et à partir d'un tube, la chanson « Singin' in the rain » exécutée par Genn Kelly.

Un bout de masterclass avec Waltraud Meier

Pour clôturer la masterclass sur Wagner et Mahler organisée à l'abbaye de Royaumont, la Médiathèque musicale Mahler à Paris - dont on fête les 30 ans d'existence - avait convié quelques privilégiés à une ultime séance dirigée par Waltraud Meier.Sous le motto « De la partition à l'incarnation ». ''De l'interprétation'', corrige d'emblée la chanteuse, ''à l'incarnation'' ; car il ne s'est pas agi, selon elle, lors de cette session, d'enseigner le mot à mot – d'autres sont là pour y pourvoir -  mais bien de se situer au niveau interprétatif. Dans une perspicace introduction, Waltraud Meier donne quelques clés de lecture. Ainsi de l'absolue sincérité par rapport au texte et de la nécessité d'être authentique, d'être  soi-même. Elle souligne que cette session d'une semaine à Royaumont a d'abord été un temps de réflexion sur la manière d'interpréter Wagner, en l'occurrence Tannhäuser et ses différents rôles, mais aussi Mahler à travers une poignée de ses Lieder.

Anne Boleyn's Songbook : Music and Passions of a Tudor Queen au Shakespeare's Globe

Le Théâtre du Globe, à Londres, reconstitué d'après l'original de l'époque shakespearienne, situé sur les bords de la Tamise face à la Cathédrale St Paul, s'est récemment vu doté d'une salle supplémentaire : le Sam Wanamaker Playhouse, en hommage à l'acteur qui a contribué à la renaissance de ce lieu mythique à la fin du siècle dernier.

L'ensemble Café Zimmermann réunit des solistes de haut niveau s'attachant à faire revivre l'émulation artistique portée par l'établissement de Gottfried Zimmermann dans le Leipzig du XVIIIème siècle.

LE « SACRE » DANS TOUS SES ÉTATS AU THEÂTRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES…

En cette fin de journée du 29 mai 1913, la température avoisinait les 30 degrés, expliquant, peut-être, cette fièvre qui semblait s’être emparée de la foule massée devant le Théâtre des Champs-Élysées où les Ballets russes de Serge Diaghilev se préparaient à donner leur gala de printemps. Un climat électrique dont Jean Cocteau fut le témoin, retrouvant, ici réunis avenue Montaigne, tous les ingrédients d’un scandale retentissant qui fera date dans l’histoire artistique du XXè siècle : tenues emplumées, faux esthètes, amateurs avertis n’ignorant rien du style provocateur de Diaghilev, pour la création d’une nouvelle œuvre du jeune compositeur Igor Stravinski, Le Sacre du printemps, dans une chorégraphie d’une rare modernité de Nijinski ! Frisson assuré, annoncé à grand renfort de communiqués de presse par Diaghilev lui-même.

Valery Gergiev : Retour aux sources.

Igor STRAVINSKY : le Sacre du printemps. Ballet en deux tableaux. Argument d'Igor Stravinsky et Nicolas Roerich. Ballet & Orchestre du Théâtre Mariinsky, dir. Valery Gergiev. Chorégraphies de Vaslav Nijinsky (1913) et Sacha Waltz (2013, création).

 

  

 

Retour aux sources pour cette version inaugurale proposée par Valery Gergiev, à la tête de ses troupes du Mariinsky. Une vision, musicalement, somme toute assez sage, bien policée où Gergiev a à cœur d’arrondir les angles et de ne pas choquer…Sans fautes de goût et sans reproches, mais sans génie non plus, bien menée de bout en bout, quasiment « classique » dans son interprétation. L’orchestre parvient à servir admirablement, à la fois dans les rythmes et les sonorités, la partition complexe de Stravinsky, où plusieurs chefs, dont Leonard Bernstein, se sont, par le passé, cassés les dents !

La production du Nez de Chostakovitch présenté cet été au Grand Théâtre de Provence a été possible grâce à la réunion de trois partenaires : le Metropolitan Opera de New York, le Festival d’Aix et l’Opéra de Lyon. Le projet demandait des forces de cette envergure et le résultat est à la hauteur de l’ambition soutenue. Le Nez a connu, dès son origine littéraire, de nombreux remaniements liés à des censures plus ou moins exprimées. Chostakovitch a considérablement retravaillé le texte de Gogol pour les besoins de son opéra, réintroduisant des épisodes qui en avaient disparu. Il avait 22 ans en 1928 lorsqu’il s’est attelé à ce qui apparaît encore aujourd’hui comme une gageure. Créé deux ans plus tard, ce qui constitue une sorte de préfiguration de théâtre musical a reçu un accueil public favorable mais s’est attiré les réserves d’une critique prudente et déjà convaincue des effets néfastes d’une création par trop originale et audacieuse.

Soit une pièce de théâtre, Grâce à mes yeux, de Joël Pommerat, créée en 2002.  Soit un compositeur, Oscar Bianchi, séduit par cette écriture, par cette histoire située on ne sait où, on ne sait quand. Soit Thanks to my eyes, opéra de chambre commandé par le festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence 2011 et Théâtre & Musique.  Pourquoi le passage d’un texte en français à un livret en anglais ? Pour une musicalité de la langue souhaitée par le compositeur et comprise par l’auteur ; seul un personnage, dans un rôle parlé, conserve le français.  Est-ce à cause de cette traduction, est-ce à cause du rétrécissement du texte original qui devient livret ? Toujours est-il que quelque chose semble s’être perdu en route.  La lecture des intentions sur le papier est très séduisante. 

Georg Friedrich HAENDEL : BelshazzarOratorio en trois parties.  Livret de Charles Jennens.  Kenneth Tarver, Rosemary Joshua, Bejun Metha, Kritina Hammarström, Jonathan Lemalu.  RIAS Kammerchor.  Akademie für Alte Musik Berlin, dir. René Jacobs.  Mise en scène : Christof Nel.

 

Si dans sa dernière période créatrice Haendel se tourne vers la spiritualité et se consacre à l'oratorio plus qu'à l'opéra, il n'en délaisse pas pour autant les sujets à fort potentiel dramatique.  Belshazzar (1745) est sans doute son oratorio le plus habité de théâtralité.  Le livret dont René Jacobs souligne la densité, est tiré du Livre de Daniel dans l'Ancien Testament.  Mais le thème de la fin de l'empire babylonien puise à d'autres sources, tels qu'Hérodote, Xénophon et les Psaumes.  Oratorio biblique ou opéra caché, on y croise des événements majeurs : la prédiction de la chute de Babylone, le festin de Balthazar, l'écrasement d'une dynastie, la libération du peuple hébreu.  Du fait que l'œuvre n'était pas destinée à être mise en scène, la musique pourvoit à l'imagination et prend une dimension essentielle.  Elle est en soi descriptive : «  c'est la musique qui donne une force, une âme et une grande présence dramatique à un théâtre invisible », dit encore René Jacobs.  Haendel se libère du carcan de l'aria da capo pour privilégier un récitatif accompagné d'une éloquente force expressive.

Festival « Outre-Mer Veille »

Au « Tarmac » de la Villette, jusqu’au 11 juin 2011.  Renseignements : www.2011-annee-des-outre-mer.gouv.fr ou : www.letarmac.fr

Journées Carmen.

Du 7 au 20 juin 2011 : Festival de Bougival & des Coteaux de Seine [Villa Viardot / Péniche-Adélaïde / Château du domaine Saint-François d’Assise à La Celle Saint-Cloud].  Avec Tereza Berganza (master-classes & concert), Alexander Drozdov, Léa Sarfati, Christophe Giovaninetti, Quatuor Élysée, Etsuko Hirosé, Éric-Maria Couturier, Jorge Chaminé, Compagnie « La Lupi », Quintette Moraguès, Quatuor Parisii & Hervé Moreau.  Renseignements : 01 39 69 55 12.  www.lesamisdebizet.com

 

 

Théâtre du Rond-Point

En ouverture de la saison 2011-2012, sera donné, du 7 septembre au 29 octobre 2011, à 21h00 : René l’énervé, « opéra bouffe et tumultueux ».  Auteur, metteur en scène : Jean-Michel Ribes.  Compositeur : Reinhardt Wagner.  « Caramela, ne te mets pas dans cet état, nous allons devenir chef de l’État ».  Renseignements : 2bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris VIIIe.  Tél. : 01 44 95 98 21.  www.theatredurondpoint.fr

Un virtuose du rasoir bien sympathique...

Stephen SONDHEIM : Sweeney Todd.  Musical thriller en deux actes.  Livret de Hugh Wheeler, d'après la pièce de Christopher Bond.  Orchestrations de Jonathan Tunick.  Rod Gilfry, Caroline O'Connor, Rebecca Bottone, Nicholas Garrett, Jonathan Best, John Graham-Hall, Rebecca De Pont Davies, David Curry, Pascal Charbonneau.  Ensemble orchestral de Paris, dir. David Charles Abell.  Mise en scène : Lee Blakeley.Décidément le Châtelet devient le lieu incontournable du musical américain.  La production de Sweeney Todd est, en tous points, une franche réussite.  De quoi s'agit-il ?  D'un fait divers grand-guignolesque tourné en fable morale : la légende du barbier de Fleet Street qui égorge ses clients dont les cadavres sont ensuite récupérés par la tenancière de la gargote voisine pour en faire de la chair à pâté.  Mais ce barbier a une histoire qui sinon explique son geste, du moins le rend plausible : n'a-t-il pas juré de se venger du juge qui l'envoya sans raison naguère au bagne, alors que celui-ci a cherché à séduire sa propre fille Johanna.

La Monnaie de Bruxelles réunit les deux Iphigénie de Gluck

C'est une idée intéressante d'avoir réuni, l'espace d'un même spectacle, les deux drames que Gluck a consacré à Iphigénie ; même si les tragédies d'Euripide, Iphigénie en Aulide et Iphigénie en Tauride, n'ont pas été conçues pour être juxtaposées.  Le fil conducteur en est le personnage-titre dont le destin est bien différent d'une pièce à l'autre : la jeune fille prête au sacrifice, que son père veut immoler pour s'assurer la faveur des dieux, sauvée in extremis par Diane ; la prêtresse désormais dévouée au service de celle-ci avec pour mission de sacrifier tout étranger qui se présente sur le sol de Crimée.  On admire dans les deux cas ce qui fait le prix de la réforme instaurée par Gluck ; la recherche, contre la vocalité envahissante de l'opera seria, de la simplicité déclamatoire, héritée du drame grec et de la tragédie française ; la sécrétion d'une indicible émotion par une étonnante économie de moyens.  Déterminant est encore le rôle assigné au chœur qui, à la manière de son modèle antique, se mêle à l'action, qu'il commente aussi, et en vient même parfois à amplifier les voix solistes.

 

Fortunio ouvre la saison de l'Opéra-Comique

Fortunio ouvre la saison de l'Opéra-Comique

L'inspiration élégante, d'une finesse typiquement française, d’André Messager se vit comme une bouffée d'air frais.  Fortunio est un exemple parfait de comédie lyrique bien troussée. D'après la pièce Le Chandelier d’Alfred de Musset, adaptée par les fameux duettistes de la scène lyrique au tournant du XXe siècle, de Flers et Caillavet, Messager assimile, pour mieux les asservir, les conventions d'un vaudeville en forme de piquants jeux de l'amour.  Derniers feux du marivaudage d'une Belle Époque qui sut en faire étalage, la veine musicale est douce-amère, d'un subtil raffinement mélodique, non sans un zeste d'humour.  Belle idée de reprendre ce joyau si peu joué pour inaugurer la saison de l'Opéra-Comique, là même où il vit le jour, en 1907. 

Platée de retour à Garnier

Platée de retour à Garnier « Un spectacle nouveau » pour corriger les défauts des humains en se servant du mauvais exemple des dieux, voilà le propos au cœur de Platée.  Pour reconquérir le cœur de la jalouse Junon, Jupiter ourdit le risible stratagème de s'amouracher d'une laide ridicule, une grenouille en mal de reconnaissance sociale.  Laurent Pelly ose, dans sa mise en scène onirique, avec les moyens d'aujourd'hui, ce que Rameau avait imaginé non sans audace : la satire de mœurs sur la scène de la tragédie lyrique. Il en fait une fête de tous les instants, ponctuée d'intermèdes dansés, à la chorégraphie hilarante, entraînant son monde d'insolites situations en rebondissements cocasses.  Marc Minkowski pour qui le Baroque n'a pas

Un chef-d'œuvre du vérisme à l'Opéra Bastille : Andrea Chénier

Un chef-d'œuvre du vérisme à l'Opéra Bastille : Andrea Chénier Moins célébré que Mascagni ou Leoncavallo, Umberto Giordano a donné au répertoire vériste quelques chefs-d'œuvre. Son « dramma istorico » Andrea Chénier est de ceux-là : une action cursive qui, avant et pendant la Révolution française, trace un vibrant portrait du poète et de ses amours pour une aristocrate, Madeleine de Coigny.  D'un lyrisme passionné, exalté souvent, la musique exploite les situations extrêmes (l'atmosphère étouffante du tribunal révolutionnaire au temps de la Terreur) aussi bien que le drame humain d'une prégnante intensité (la scène de la prison Saint-Lazare qui voit Chénier et Madeleine - sous l'habit d'une autre prisonnière - s'unir dans