Pelléas et Mélisande à Vienne.

Décidément le Theater an de Wien joue avec le succès.  Après un inoubliable De la Maison des morts de Janacek ( Boulez-Chéreau ) voici le chef-d’œuvre de Debussy. On attendait avec impatience la forme qu’allait lui donner Laurent Pelly, qui s’était jusqu’alors peu confronté aux sujets dramatiques.  Et on est conquis une nouvelle fois par son intuition théâtrale.  Le drame lyrique de Debussy n’est pas aisé à interprêter ; et pourtant quelle mine ! Le drame, intense, a pour centre de gravité le personnage de Golaud dont les autres ne sont peut-être que la projection.  Non pas un homme d'âge mûr, mais dans la force vitale, ce qui le rend à la fois plus vrai, plus vulnérable aussi dans son besoin de protéger.  La différence avec Pelléas est

Didon et Énée à l’Opéra-Comique

On sait peu de choses sur les circonstances de la création de Didon et Énée. La tradition rapporte que l’opéra de Purcell l’aurait été dans un pensionnat de jeunes filles de Chelsea, alors banlieue de Londres.  Peut-être. En tout cas, de ce trait d’histoire supposée, Deborah Warner se souvient, qui fait intervenir une nuée d'enfants, blouses blanches et jupes bleues.  L’ossature de sa mise en scène réside dans la convergence de trois univers, celui des protagonistes, vêtus de costumes d'époque, celui du chœur, en habits d'aujourd'hui - mais sans jeans ni tee-shirt ! - et le monde des enfants qui, de leurs pirouettes endiablées, croisent les deux autres strates en un savoureux mélange. Cela apporte à une pièce pourtant sombre ce climat de légèreté qui

Une Flûte Enchantée déjantée, à l'Opéra Bastille

Il est diverses manières d’aborder La Flûte Enchantée.  Pour le collectif de régisseurs catalans, « La Fura dels Baus », le caractère hybride de l’opéra de Mozart, voire l’ambiguïté de son message permettent de le relire autrement : une fable surréaliste, jouée dans «  un espace onirique totalement subjectif », liant la pièce de Mozart et de Schikaneder avec la suite imaginée par Goethe.  En tout cas, un concept de liberté autorisant la plus large fantaisie. L'imaginaire est ici roi. L'espace scénique créé par Jaume Plensa, « un espace cérébral, entre rêve et réalité, un lieu de rencontres et de confusions », devient à soi seul un protagoniste.  De fait, tout est ici en perpétuel mouvement et une animation constante envahit le plateau. Une nuée de