Il Trionfo del Tempo e del Disinganno.

George Friedrich HAENDEL : Il Trionfo del Tempo e del Disinganno.  Oratorio en deux parties : livret de Benedetto Pamphili.  Sylvia Schwartz, Inga Kalna, Charles Workman, Delphine Galou.  Les Musiciens du Louvre-Grenoble, dir. Marc Minkowski.  Mise en scène : Jürgen Flimm.

 Peu après son arrivée à Rome, en 1707, le jeune Haendel, tout auréolé de la gloire d'interprète avisé au clavecin et à l'orgue, se voit commander un oratorio par le cardinal Benedetto Pamphili.  Un édit papal avait, en effet, interdit toute représentation d'opéra. Qu'à cela ne tienne : on fera dans l' « oratorio volgare », une forme à peine déguisée de théâtre lyrique.  Il Trionfo del Tempo e del Disinganno (Le triomphe du Temps et de la Désillusion), permet au prélat poète et au musicien audacieux de traiter l'allégorie de la vanité de la beauté. Quatre personnages, Beauté, Plaisir, Temps et

Montezuma.

Carl Heinrich GRAUN : Montezuma.  Opéra en trois actes. Livret de Giampietro Preussen, d'après un texte français en prose de Frédéric II, roi de Prusse. Vesselina Kasarova, Anna Prohaska, Ann Hallenberg, Michael Maniaci, Kenneth Tarver, Florian Hoffmann, Adriane Queiroz.  Klaus Schreiber, récitant. Staatsopernchor.  Staatskapelle Berlin, dir. : Michael Hofstetter.

 

 

Carl Heinrich Graun (1703-1759), maître de chapelle de Frédéric II, a composé pas moins de 27 opéras pour Berlin.  L'Opéra royal Unter den Linden a été inauguré par son Cléopâtre et César, en 1742.  Treize ans après, y sera créé Montezuma, peut-être son œuvre la plus étonnante.  D'abord par son livret : l'histoire tragique du dernier roi aztèque, vaincu par les espagnols de Ferdinand Cortes, malgré les efforts de son épouse, la reine de Tlascála, Eupaforice, a été écrite par le roi Frédéric lui-même, en parfaite prose française.  Dans une lettre à sa sœur aînée, la

Rigoletto.

Giuseppe VERDI : Rigoletto.  Opéra en trois actes.  Livret de Francesco Maria Piave, d'après Le Roi s'amuse de Victor Hugo.  Piotr Beczala, Zeljko Lucic, Nino Machaidze, Dimitry Ivashchenko, Laura Brioli, Simone Del Savio, Cornelia Onciou, Florian Sempey, Vincent Delhoume, Alexandre Duhamel, Ilona Krzywicka.  Orchestre et chœur de l'Opéra national de Paris, dir. Daniele Callegari.  Mise en scène : Jérôme Savary. 

 

Avec Rigoletto (1851), Verdi entre de plain-pied dans le drame lyrique, qu'il s'était attaché jusqu'alors à imposer par touches successives.  Dans ce premier volet d'une fameuse trilogie, qui verra éclore Le Trouvère et La Traviata, il y fait montre d'un sens aiguisé du drame, à travers des scènes empreintes d'un extrême souci de concision.  Le personnage du bouffon, dont le destin est si rapidement scellé par la malédiction, est assurément une des grandes figures de son théâtre.  Il est de ces individus qui se construisent dans une certaine marginalité par rapport à ceux qui les

La Cerisaie.

Philippe FÉNELON : La Cerisaie.  Opéra en douze scènes, un prologue et un épilogue. Livret d'Alexei Parine d'après la pièce d'Anton Tchekhov. Commande de l'Opéra national de Paris.  Elena Kelessidi, Marat Gali, Alexandra Kadurina, Ulyana Aleksyuk, Igor Golovatenko, Anna Krazinikova, Ksenia Vyaehikoya, Mischa Schelomianski, Svetlana Lifar, Ksedia Vyaznikoya.  Orchestre & Chœur de l'Opéra national de Paris, dir. Tito Ceccherini.  Mise en scène : Georges Lavaudant.

 

Pour son nouvel opéra, Philippe Fénelon (°1952) a choisi, non pas de se confronter à un mythe, comme naguère dans Le Chevalier imaginaireSalammbô, ou Faust, mais de traduire, à travers le prisme d'un texte littéraire, le vécu de personnages souvent insaisissables, comme en cèle le théâtre russe.  L'idée d'écrire à partir de la célèbre pièce de Tchekhov le fascinait depuis longtemps, car « le moindre mot, la plus légère intonation, le geste le plus discret de chacun des personnages révèle une profonde nostalgie ».  Et peut-être aussi parce que la langue russe, sa prosodie, son rythme,

Egisto à l'Opéra-Comique

Egisto à l'Opéra-Comique

Pier Francesco CAVALLI : Egisto.  « Favola drammatica musicale » en un prologue et trois actes. Livret de Giovanni Faustini. Marc Mauillon, Anders J. Dahlin, Claire Lefilliâtre, Isabelle Druet, Cyril Auvity, Ana Quintans, Serge Goubiaud, Luciana Mancini, Caroline Meng, Mariana Flores, Mélodie Ruvio, David Tricou. Le Poème Harmonique, dir. Vincent Dumestre. Mise en scène : Benjamin Lazar.

 

Cavalli est décidément à l'honneur.  Après La Didone, à Caen, et bientôt à Paris, voici que l'Opéra-Comique présente Egisto.  Cette fable dramatique et musicale fut créée à Venise en 1643, l'année de la mort de Monteverdi, son maître. Elle est écrite par un musicien dont Romain Rolland dira qu'« il était un génie populaire et fait pour inaugurer l'opéra ouvert au peuple ».  Cavalli imposa, en effet, de manière plus évidente que l'auteur du Couronnement de Poppée, le genre de l'opéra dit vénitien : une œuvre destinée à éduquer le public peu fortuné, tout comme à divertir les classes aisées. Il

Mais où est la belle Manon ?

Mais où est la belle Manon ?

Jules MASSENET : Manon. Opéra comique en cinq actes et six tableaux. Livret de Henri Meilhac et Philippe Gille, d'après le roman de l'Abbé Prévost.  Natalie Dessay, Guiseppe Filianoti, Franck Ferrari, Paul Gay, Luca Lombardo, André Heyboer, Olivia Doray, Carol Garcia, Alisa Kolosova, Christian Tréguier, Isabelle Escalier.  Orchestre & Chœur de l'Opéra national de Paris, dir. Evelino Pidò. Mise en scène : Coline Serreau.

 

 

Manon est-il bien un des chefs-d'œuvre de Massenet ?  La question n'est pas vaine au vu de la nouvelle production de l'Opéra Bastille : l'opéra-comique semble perdre son âme au sein de cette vaste salle, de ce plateau gigantesque. La régie de Coline Serreau se vit au premier degré.  Mais on s'interroge : est-ce voulu ou involontaire ?  Si l'option est délibérée, l'élément parodique va à l'encontre de l'esprit, même si l'on n'attache pas une importance déterminante à un rendu naturaliste à tout crin. Paradoxalement, la mise en scène ne pousse pas vraiment le raisonnement à son terme :

Don Pasquale au Théâtre des Champs-Élysées : drôle et touchant.

Don Pasquale au Théâtre des Champs-Élysées : drôle et touchant.  Opéra-bouffe en trois actes (1843) de Gaetano Donizetti sur un livret de Giovanni Ruffini.  Orchestre national de France, Chœur de Radio France, dir. Enrique Mazzola.  Mise en scène de Denis Podalydès. Alessandro Corbelli, Désirée Rancatore, Gabriele Viviani, Francesco Demuro.

 

Don Pasquale, un opéra anachronique composé en 1842-1843, un opéra marquant la fin de l’opéra-bouffe, un genre qui paraissait usé depuis plus de cent ans dont les débuts remontaient à La Serva Padrona (1733) de Pergolesi. Un opéra hybride, s’inspirant de la Commedia dell’arte, prenant des allures de comédie sentimentale, d’où cette ambivalence, cet  aspect terriblement humain fait d’amour,  de déception, de mélancolie, le situant à la limite du genre, préfigurant l’opéra romantique.  La mise en scène de Podalydès, situant l’action dans l’Italie des années 50, rend tout à fait

Une étonnante et parfois abusive vitalité…

Eva-Maria Westbroek triomphante, Salle Pleyel.  Orchestre national de Lille, dir. Evelino Pido.

Le public était venu nombreux, Salle Pleyel, malgré le froid et les Folles Journées de Nantes, pour assister à ce récital de la talentueuse soprano hollandaise Eva-Maria Westbroek, dans un programme tout italien, accompagnée par l’Orchestre national de Lille qui avait délaissé, pour un soir, son chef historique, Jean-Claude Casadesus, pour le chef italien Evelino Pido.  Un programme associant des œuvres du Verdi de la maturité, Les Vêpres siciliennes (1865), Don Carlo (1867), Aïda (1870), La Force du destin (1862) et des œuvres de Francesco Cilea : Adrienne Lecouvreur (1902), de

Dixième anniversaire du Chœur de chambre Agapanthe (2001-2011)

Dixième anniversaire du Chœur de chambre Agapanthe (2001-2011).

Présidé par Hervé Berbié et dirigé par sa fondatrice, Isabelle Retailleau, le Chœur de chambre Agapanthe a dignement fêté ses dix ans d’activité au service de la musique sacrée, lors de son concert du 20 novembre  2011 (repris le 26) en la basilique Sainte Clotilde (Paris), avec le concours de l’ensemble instrumental hollandais Concerto Barocco, des solistes triés sur le volet : Sophie Landy et Sophie Pattey (sopranos), Rodrigo Ferreira (alto), Sébastien Obrecht (ténor) et Nicolas Rouault (basse) ; à l’orgue : Hélène Dufour.  Cette belle phalange d’une quarantaine de chanteurs amateurs expérimentés a préparé intensément la Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach, très appréciée par les mélomanes qui remplissaient la basilique jusqu’à la dernière

Un opéra bien divertissant : L'Egisto à l'Athénée

Marco MARAZZOLI & Virgilio MAZZOCCHI : L'Egisto.  Opéra en un prologue et trois actes.  Livret de Giulio Rospigliosi.  Les Paladins, dir. Jerôme Corréas.  Mise en scène : Jean-Denis Monory.Que voilà une pièce bien singulière ! On découvre chaque jour que les origines de l'opéra remontent bien en amont de Monteverdi.  Hier on se pâmait devant La Didone de Cavalli.  Voilà qu'une autre pièce revoit le jour, de Marazzoli et Mazzocchi.  L'Egisto est un imbroglio musico-dramatique des plus fous, conçu par des gens qui voulaient avant tout divertir le public.

Œdipe, le grand œuvre de George Enesco à La Monnaie

George Enesco : Œdipe. Tragédie lyrique en quatre actes et six tableaux.  Livret d’Edmond Fleg.  Dietrich Henschel, Jan-Hendrik Rootering, Robert Bork, John Graham-Hall, Frédéric Caton, Jean Teitgen, Yves Saelens, Marie-Nicole Lemieux, Natascha Petrinsky, Ilse Eerens, Catherine Keen.  Orchestre symponique, chœurs et chœurs de jeunes de la Monnaie, dir.  Léo Hussain.  Mise en scène : Alex Ollé / La Fura dels Baus.Les productions d’Œdipe ne sont pas légion. La dernière remonte à quelques années, au Capitole. Voici que La Monnaie, qui le donna dès 1956, s'attaque de nouveau à cet authentique chef-d'œuvre de l'opéra du XXe siècle. Car George Enesco a écrit là son grand œuvre, clé de voûte de toute sa production.  La gestation en fut longue, quelque 20 ans, de 1912 à 1931, et il faudra attendre 1936 pour le voir représenter.  Ce sera à Paris, au Palais Garnier.  Enesco, violoniste virtuose,

Une leçon de « bel canto » au Théâtre des Champs-Élysées.

  Vincenzo BELLINI : Les Capulet et les Montaigu.  Opéra en deux actes (1830) sur un livret de Felice Romani, d’après Roméo et Juliette de Shakespeare.  Orchestre et chœurs de l’Opéra de Lyon, dir. Evelino Pido.  Anna Caterina Antonacci (Roméo), Olga Peretyatko (Juliette), Juan Francisco Gatell (Thibault), Carlo Cigni (Frère Laurent), Giovanni Battista Parodi (Capello).  Version de concert.L’opéra Les Capulet et les Montaigu, de Vincenzo Bellini, assurait la réouverture de la saison lyrique au TCE, après plusieurs mois de travaux pour restauration.  Une véritable leçon de « bel canto »

Théâtre des Champs-Élysées.  Un Verdi… plein de promesses

Oberto.  Opéra de Giuseppe Verdi en deux actes (1839), sur un livret d’Antonio Piazza & Temistocle Solera.  Orchestre national de France, Chœur de Radio France, dir. Carlo Rizzi.  Michele Pertusi (Oberto), Maria Guleghina (Leonora), Ekaterina Gubanova (Cuniza), Valter Borin (Riccardo), Sophie Pondjiclis (Imelda).Premier opéra véritable  de Giuseppe Verdi, créé au Théâtre de La Scala, à Milan, le 17 novembre 1839, établi à partir de plusieurs ébauches (Rocester et Lord Hamilton), Oberto, conte di San Bonifacio est un opéra intéressant car contenant en germe tout le génie verdien.  Une musique en devenir  qui s’éloigne des ornementations du « Bel Canto » sans parvenir, encore, à atteindre le dramatisme  de la maturité. Un opéra se présentant surtout comme une succession d’airs.  Compte tenu de l’indigence du livret, l’accent est mis sur le caractère transitionnel de la musique et la primauté des voix.

Une "nouvelle" Salomé

Richard STRAUSS : Salomé, drame lyrique en un acte.  Livret de l'auteur tiré de la pièce éponyme d'Oscar Wilde dans une traduction allemande d’Hedwig Lachmann.  Angela Denoke, Uha Uusitalo, Stig Andersen, Doris Soffel, Stanislas de Barbeyrac, Isabelle Druet, Dietmar Kerscbaum, Éric Huchet, François Piolino, Andreas Jäggi, Antoine Garcin, Scott Wild, Damien Pass.  Orchestre de l'Opéra national de Paris, dir. Pinchas Steinberg.  Mise en scène : André Engel.Nicolas Joel a choisi de reprendre Salomé dans la production confiée en 1994 à André Engel, la préférant à celle présentée en 2003 dans la régie de Lev Dodin.  Le choix est clair : ne pas se départir de l'atmosphère orientaliste décadente du drame d'Oscar Wilde qui a directement servi de trame à Richard Strauss.

Faust : retour au drame bourgeois ?

Charles GOUNOD : Faust.  Opéra en cinq actes.  Livret de Jules Barbier & Michel Carré.  Roberto Alagna, Paul Gay, Inva Mula, Tassis Christoyannis, Angélique Noldus, Marie-Ange Todorovitch, Alexandre Duhamel, Rémy Corrazza.  Orchestre et Chœur de l'Opéra national de Paris, dir. Alain Altinoglu.  Mise en scène : Jean-Louis Martinoty.Est-il opéra plus emblématique dans le répertoire français ! Dans leur  adaptation du mythe goethéen, Gounod et ses librettistes ont cherché à satisfaire le goût d'une époque plus préoccupée de divertissement que de profondeur psychologique. Comme le souligne un commentateur, « l'opéra se livre moins à un affadissement qu'à une acculturation du mythe » (Emmanuel Reibel) car ses auteurs français ont cherché à « modeler le personnage éponyme sur leurs propres valeurs ».

Formidable reprise de Tannhäuser

Richard WAGNER : Tannhäuser.  Opéra en trois actes.  Livret du compositeur.  Christopher Ventris, Nina Stemme, Sophie Koch, Stéphane Degout, Christof Fischesser, Stanislas Barbeyrac, Eric Huchet, Wojtek Smilek, Tomasz Konieczny.  Orchestre et Chœur de l'Opéra national de Paris, dir. Sir Mark Elder.  Mise en scène : Robert Carsen.Le bonheur de cette reprise de Tannhäuser, on le doit à l'exécution musicale et avant tout à une distribution dont peut s'enorgueillir l'Opéra de Paris.  À faire pâlir le prestigieux Festival de Bayreuth qui, au demeurant, n'a guère brillé dans sa nouvelle production de l'œuvre, l'été dernier (cf. NL d'octobre 2011).  Pas la moindre réserve ne vient troubler l'harmonie de l'ensemble.  Le Tannhäuser de Christopher Ventris ne cède pas au timbre barytonnant de bien des interprètes du rôle.

Lulu ou le chemin de déchéance d'une libertine

Alban BERG : Lulu.  Opéra en un prologue et trois actes. Livret  du compositeur d'après les drames de Frank Wedekind « Erdgeist » et « Die Büchse der Pandora ».  Orchestration du IIIacte complétée par Friedrich Cehra.  Laura Aikin, Jennifer Larmore, Andrea Hill, Wolfgang Schöne, Kurt Streit, Scott Wilde, Franz Grundheber, Robert Wörle, Victor von Halem, Marie-Thérèse Keller, Johannes Koegel-Dorfs, Marlin Miller.   Orchestre de l'Opéra national de  Paris, dir. Michael Schönwandt.  Mise en scène : Willy Decker.Cette production, initiée en 1998, du second opéra de Berg n'a rien perdu de sa puissance évocatrice. Elle réside dans son concept même : inscrire la carrière de  libertine qu'est Lulu dans une sorte d'arène dont le cœur figure cette même Boîte de Pandore, titre d'une des « pièces monstres » de Wedekind dont s'est inspiré Berg, et le pourtour de sombres gradins d'où la cohorte des mâles, redingote noire, chapeau Mossant, contrôle l'ascension et de la déchéance de celle-ci.

Lulu ou le chemin de déchéance d'une libertine

Alban BERG : Lulu.  Opéra en un prologue et trois actes. Livret  du compositeur d'après les drames de Frank Wedekind « Erdgeist » et « Die Büchse der Pandora ».  Orchestration du IIIacte complétée par Friedrich Cehra.  Laura Aikin, Jennifer Larmore, Andrea Hill, Wolfgang Schöne, Kurt Streit, Scott Wilde, Franz Grundheber, Robert Wörle, Victor von Halem, Marie-Thérèse Keller, Johannes Koegel-Dorfs, Marlin Miller.   Orchestre de l'Opéra national de  Paris, dir. Michael Schönwandt.  Mise en scène : Willy Decker.Cette production, initiée en 1998, du second opéra de Berg n'a rien perdu de sa puissance évocatrice. Elle réside dans son concept même : inscrire la carrière de  libertine qu'est Lulu dans une sorte d'arène dont le cœur figure cette même Boîte de Pandore, titre d'une des « pièces monstres » de Wedekind dont s'est inspiré Berg, et le pourtour de sombres gradins d'où la cohorte des mâles, redingote noire, chapeau Mossant, contrôle l'ascension et de la déchéance de celle-ci.

À l'Opéra de Lyon,  Le Nez  se dévergonde

Dimitri Chostakovitch : Le Nez.  Opéra en trois actes et un épilogue.  Livret du compositeur, d’Alexandre Preis, Gueorgui Ionine & Evgueni Zamiatine. Vladimir Samsonov, Alexandre Kravets, Andrey Popov, Vladimir Ognovenko, Claudia Waite, Vasily Efimov, Yuri Kissin, Gennady Bezzubenkov, Margarita Nekrasova, Tehmine Yeghiazaryan.  Orchestre et Chœurs de l'Opéra de Lyon, dir. Kazushi Ono.  Mise en scène : William Kentridge.Chostakovitch a puisé le sujet de son premier opéra chez Nicolas Gogol, dans Nos, nouvelle satirique tirée du recueil des Nouvelles pétersbourgeoises.  Il l'a enrichie d'autres textes du poète pour illustrer les aventures fantastiques et improbables du nez du major Platon Kouzmitch Kovaliov.

À Caen, William Christie exhume La Didone.

Francesco CAVALLI : La Didone.  Opéra en un prologue et trois actes.  Livret de Francesco Busenello.  Kresimir Spicer, Anna Bonitatibus, Claire Debono, Xavier Sabata, Maria Streijffert, Terry Wey, Katherine Watson, Victor Torres, Valerio Contaldo, Mathias Vidal.  Les Arts Florissants, dir. William Christie.  Mise en scène : Clément Hervieu-Léger.Si Monteverdi est considéré comme l'inventeur de l'opéra, c'est à Cavalli que l’on doit d'en avoir assuré la pérennité.  Fort prolixe, Cavalli (1602-1676), à partir de 1639, n’écrira pas moins de 42 opéras.  La Didone (1641) en est le deuxième.  Il doit pour beaucoup son succès au livret de Francesco Busenello qui prêta aussi sa plume à Monteverdi pour Le Couronnement de Poppée.

L'opéra chinois de Vivaldi à Versailles : Il Teuzzone.

Antonio Vivaldi : Il Teuzzone. Opéra en trois actes. Livret d'Apostolo Zeno. Paolo Lopez, Raffaella Milanesi, Delphine Galou, Furio Zanasi, Roberta Mameli, Antonio Giovannini, Makoto Sakurada.  Le Concert des Nations, dir. Jordi Savall.Dans le cadre de la série d'événements prestigieux destinés à célébrer un improbable parallèle entre « Venise Vivaldi Versailles », l'Opéra royal du Château a accueilli Il Teuzzone. Ce qu'on appelle « l'opéra chinois » de Vivaldi appartient à sa première période (1719). Basé sur un livret du poète Apostolo Zeno, le dramma per musica présente une intrigue politico-amoureuse à rebondissements : une succession au trône impérial de Chine libérant des appétits politiques antagonistes/ques avec falsification de testament pour écarter le prétendant normal, sombres manigances qui lui valent d'être jugé et incarcéré avant qu'il ne soit reconnu comme légitime et, magnanime,

Une Carmen iconoclaste au « Teatre del Liceu »

Georges  BIZET : Carmen. Opéra comique en quatre actes. Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halevy, d'après la nouvelle de Prosper Mérimée.  Béatrice Uria-Monzon, Fabio Armiliato, Maria Bayo, Kyle Ketelsen, Eliana Bayón, Itxaro Mentxaka, Miguel Ángel Zapater, Alex Sammartí, Marc Centurri, Francisco Vas.  Orquestra simfònica y Cor del Gran Teatre del Liceu, dir. Marc Piollet.  Mise en scène : Calixto Bieito.   C'est une vision iconoclaste de Carmen que le catalan Calixto Bieito propose au théâtre du Liceu de Barcelone. Si les principes affichés sont de bonne logique - une histoire anonyme de violence de genre entre un soldat et une femme au centre du premier opéra qui aborde ce thème - la réalisation est plus problématique.