Création de Claude à l'Opéra de Lyon

Thierry Escaich : Claude. Opéra en un prologue, seize scènes, deux interscènes et un épilogue. Livret de Robert Badinter, d'après Claude Gueux de Victor Hugo. Jean-Sébastien Bou, Jean-Philippe Lafont, Rodrigo Ferreira, Laurent Alvaro, Rémy Mathieu, Philip Sheffield, Loleh Pottier, Anaël Chevallier, Yannick Berne, Paolo Stupenengo, Jean Vendassi. Laura Ruiz Tamayo, danseuse. Orchestre et Chœurs de l'Opéra de Lyon, dir. Jérémie Rhorer. Mise en scène : Olivier Py. Dans le cadre d'un festival adossé au thème « Justice Injustice », l'Opéra de  Lyon créait Claude de Thierry Escaich et Robert Badinter. Il est symptomatique qu'un texte écrit par l'ancien Garde des Sceaux soit à l'origine du projet.

Un double bill abouti : Le Prisonnier & Erwartung

Luigi DALLAPICCOLA : Il Prigioniero (Le Prisonnier ), opéra en un acte avec prologue. Livret du compositeur, d'après Viliers de l'Isle-Adam. Arnold SCHOENBERG : Erwartung,  monodrame en un acte. Livret de Marie Poppenheim. Lauri Vasar, Magdalena Anna Hofmann, Raymond Very, Christophe de Biase, Thierry Grobon. Orchestre et Chœurs de l'Opéra de Lyon, dir. : Kazushi Ono. Mise en scène :Àlex Ollé.Réunir en un même spectacle Le Prisonnier et Erwartung n'est pas illogique. Les deux textes s'inscrivent parfaitement dans le thème Justice/Injustice, initié par l'opéra Claude.

La Chute de FUKUYAMA : Un ambitieux pari !

Grégoire HETZEL : La chute de Fukuyama, opéra sur un livret et une vidéo de Camille de Toledo.  Jennifer Larmore, Kevin Greenlaw, Tom Randle, Isabelle Cals. Orchestre Philharmonique de Radio France & Ensemble vocal Aedes, dir. Daniel Harding. Commande de Radio France, en création mondiale salle Pleyel.

Le Staatsoper de Berlin conclut son Ring

Richard WAGNER :  Götterdämmerung (Le Crépuscule de dieux). Troisième journée du Festival scénique « Der Ring des Nibelungen ». Livret du compositeur. Ian Storey, Irène Theorin, Gerd Grochowski, Mikhail Petrenko, Johannes Martin Kränzle, Marina Poplavskaya, Marina Prudenskaja, Margarita Nekrasova, Aga Mikolaj, Maria Gortsevskaya, Anna Lapkovskaja. Staatskapelle Berlin, dir. Daniel Barenboim. Mise en scène : Guy Cassiers.  

 

L'aventure débutée à l'automne 2010, avec Das Rheingold (cf. NL 12/2010), poursuivie par Die Walküre (cf. NL 05/2012) et Siegfried (cf. NL 11/2012), s'achève donc avec Le Crépuscule des dieux, entre les mains de Daniel Barenboim et du régisseur belge Guy Cassiers. On a déjà relaté les idées défendues par ce dernier. Là où Wieland Wagner, dans les années 50/60, s'attachait à un minimalisme moderne, où Patrice Chéreau, pour le Ring du centenaire,

Une bien étrange Walkyrie à l'Opéra Bastille.

Richard WAGNER : Die Walküre. Première journée en trois actes du Festival scénique « Der Ring des Nibelungen ». Livret du compositeur. Martina Serafin, Stuart Kelton, Günther Groissböck, Thomas Johannes Mayer, Alwyn Mellor, Sophie Koch, Kelly God, Carola Höhn, Silvia Hablowetz, Wiebke Lehmkuhl, Barabra Morihien, Helene Ranada, Ann-Beth Solvang, Louise Callinan. Orchestre de l'Opéra National de Paris, dir. Philippe Jordan. Mise en scène : Günter Krämer.

Pour fêter l'année Wagner, l'opéra Bastille remet sur le métier le Ring durant le présent semestre, pièce par pièce, avec une exécution de l'entièreté de l'affaire en juin. La Walkyrie est sans doute la pièce la plus « détachable » du lot. Cette production, qui globalement ne satisfait pas, comme déjà constaté lors de sa première présentation en 2010, est sauvée par la direction de Philippe Jordan.

L'opéra au cinéma : le Parsifal du MET en HD

Contrairement à la sentence du présentateur vedette du JT de 20 H sur France 2, vous n'allez pas au cinéma « pour éviter de payer trop cher le prix du billet d'Opéra »... mais bien pour tenter une expérience singulière qui vous emmènera à l'Opéra ! Mais passons. La foule se pressait au MK2 du Carrefour de l'Odéon, entre autres, pour assister à la retransmission en direct de Parsifal du MET de New-York. Elle n'aura pas été déçue et aura sans doute vu une sorte d'idéal, si tant est que le mot ait encore un sens. Mais tout de même.

Un opéra chinois : Le Pavillon aux pivoines

Le pavillon aux pivoines. Opéra classique chinois Kunqu, d'après l'œuvre de Tang Xianzu. Mis en scène et interprété par Tamasaburo Bando et la troupe de l'Opéra-Théâtre de Kunqu de Suzhou-Jangsu.

Faisant une pause dans sa saga américaine, le Châtelet propose...un opéra chinois : Le Pavillon aux Pivoines, ou du moins des extraits. Car l'œuvre originale comporte 55 actes ! Elle est, ici, condensée en trois actes et six tableaux. Elle appartient au théâtre Kunqu et a été écrite en 1598, par Tang Xianzu, écrivain de l'époque Ming. Elle est donc contemporaine de l'Orfeo de Monteverdi.

Une création qui a de la réserve : La Dispute

Benoît MERNIER : La Dispute. Comédie en un acte, en prose et en musique. Livret de Ursel Herrmann et Joël Lauwers, d'après l'Œuvre de Marivaux. Stéphane Degout, Stéphanie d'Oustrac, Julie Mathevet, Albane Carrère, Cyrille Dubois, Guillaume Andrieux, Katelijne Verbeke, Dominique Visse. Orchestre symphonique de la Monnaie, dir. Patrick Davin. Mise en scène : Karl-Ernst & Ursel Herrmann.Il est agréable et réconfortant de constater qu'on peut encore écrire un opéra doté d'une belle langue française, d'une musique ne sollicitant pas exagérément les percussions, et d'un chant ne flattant pas le registre extrême de la soprano colorature! C'est ce à quoi s'est attelé Benoît Mernier. Pour ce faire, et comme l'avait fait son maître Philippe Boesmans, avec Luc Bondy, il a fait appel à Ursel Herrmann et Joël Lauwers, à partir d'un sujet en or, La Dispute de Marivaux.

Un très bel Opéra de quat’ sous au Théâtre des Champs-Elysées

Kurt WEILL : Die Dreigroschenoper (L'Opéra de quat'sous). Pièce de théâtre musicale en trois actes, un prologue et huit tableaux (1928). Livret de Bertolt Brecht, d’après The Beggar’s Opera (1728). Sir John Tomlinson. Dame Felicity Palmer, Mark Padmore, Allison Bell, Nicholas Folwell. Gabriela Istoc, Meow Meow, Max Hopp. London Philharmonic Orchestra & London Philharmonic Choir, dir. Vladimir Jurowski. Version de concert mise en espace par Ted Huffman.En composant l’Opéra de quat’ sous, Kurt Weill semblait répondre à l’injonction de Hans Eisler, selon laquelle les œuvres d’art devaient être porteuses de vérité humaine, engageant les compositeurs à ouvrir leurs fenêtres pour écouter la rumeur de la rue qui n’est pas un simple bruit, mais le bruit des hommes… Kurt Weill (1900-1950) fils d’un cantor synagogal de Dessau, rêvait de Vienne, mais se rendit

Radamisto au Theater an der Wien

Georg Friedrich HAENDEL : Radamisto. Opera seria en trois actes. Livret de Nicola Francesco Haym. David Daniels, Florian Boesch, Sophie Karthäuser, Patricia Bardon, Jeremy Owenden, Fulvio Bettini. Freiburger Barockorchester, dir. René Jacobs. Mise en scène : Vincent Boussard. 

 

Radamisto, tiré des Annnales de Tacite, est le premier opéra anglais de Haendel. Il sera créé en 1720, au King's Theater de Londres. Pour René Jacobs, « c'est l'opéra des superlatifs », garni de grandioses arias da capo, qui, ici, dominent plus encore que dans d'autres compositions. Elles contrastent aussi avec des formes vocales différentes, dont plusieurs cavatines, sans parler d'un quatuor à la scène finale. L'histoire est familiale, et politique, où l'on voit l'arménien Tridate convoiter la belle Zénobie, épouse de Radamisto, enfant de Thrace, son ennemi juré.

La Dame de Pique au Staatsoper de Vienne

Peter Ilych TCHAIKOVSKI : La Dame de Pique. Opéra en trois actes. Livret de Modest I.Tchaikovski, d'après la nouvelle d'Alexandre Pouchkine. .Neil Shicoff, Hasmik Papian, Grace Bumbry, Tómas Tómasson, Eijiro Kai, Sorin Coliban, Nadia Krasteva, Juliette Mars, Herwing Pecoraro, Benedikt Kobel. Chor und Orchester der Wiener Staatsoper, dir. Marko Letonja. Mise en scène : Vera Nemirova. Le chef d'œuvre de Tchaikovski qu'est La Dame de Pique renferme un fort potentiel dramatique, puisant à des grands thèmes, dans lesquels le compositeur frôle le génie théâtral. Il existe bien des façons de le représenter. Parmi les mises en scènes récentes, celle de Lev Dodin, à l'Opéra Bastille est proche de l'envoûtement.

Reprise de La Khovantchina à l'Opéra Bastille

Modest MOUSSORGSKY : La Khovantchina. Drame musical en cinq actes. Livret du compositeur et de Vladimir Stassov. Orchestration de Dimitri Chostakovitch. Orlin Anastassov, Larissa Diadkova, Gleb Nikolsky, Vladimir Galouzine, Vsevolod Grivnov, Sergey Murzaev, Marina Lapina, Nataliya Tymchenko, Vadim Zaplechny, Yuri Kissin, Vasily Efimov, Vladimir Kapshuk. Maîtrise des Hauts-de-Seine, Chœur d'enfants de l'Opéra National de Paris. Orchestre et Chœur de l'Opéra National de Paris, dir. Michail Jurowski. Mise en scène : Andrei Serban. Plus encore que Boris Godounov, La Khovantchina est la grande œuvre lyrique de Moussorgsky. Elle scrute l'âme du peuple russe en ce qu'elle a de plus profond. Son austérité, sa manière quelque peu patchwork, peuvent dérouter, tout comme l'ascétisme du sujet. Mais il y a là un flot musical puissant, qui s'abreuve aussi bien de mélodies grandioses que de traits volontairement plus abrupts, sans parler des thématiques orientalisantes, au IV ème acte.

Street Scene au Châtelet ou l'occasion manquée

Kurt WEILL : Street Scene.  Opéra américain en deux actes. Livret de Elmer Rice, d'après la pièce éponyme. Lyrics de Langston Hugues et Elmer Rice. Geof Dolton, Sarah Redwick, Susanna Hurrell, Pablo Cano Carfioca, Paul Featherstone, Kate Nelson, Paul Curievici, Robert Burt, Simone Sauphanor. Chœur du Châtelet. Orchestre Pasdeloup, dir. : Tim Murray. Mise en scène : John Fulljames.Enfin une version scénique de Street Scene à Paris ! Kurt Weill portait en haute estime cette œuvre, qui sera créé en 1947, à New-York. En tout cas, c'est celle dans laquelle il a le mieux assimilé le style de Broadway, en l'adaptant à la manière de l'opéra européen. Si la trame ne recèle pas d'action dramatique haletante, du moins autorise-t-elle

Une ravigotante Ciboulette à l'Opéra Comique

Reynaldo HAHN : Ciboulette. Opérette en trois actes. Livret de Robert de Flers et Francis de Croisset.  Julie Fuchs, Jean-François Lapointe, Julien Behr, Eva Ganizate, Romain Debois, Cécile Achille, Jean-Claude Saragosse, Guillemette Laurens, Patrick Kabongo Mubenga, François Rougier, Safir Behloul. Bernadette Lafont, Michel Fau, Jérôme Deschamps. Chœur Accentus. Orchestre symphonique de l'Opéra de Toulon, dir. Laurence Equilbey. Mise en scène : Michel Fau.Reynaldo Hahn est venu à l'opérette sur le tard. Avec une sûre expérience de la scène.

 

Après une première partie de carrière consacrée plutôt à l'opéra, le compositeur d'origine espagnole, né à Caracas, se tourne vers le genre léger. Ciboulette voit le jour, en 1923, grâce à la proposition de livret de l'ami de Flers, avec d'éminents chanteurs, Edmée Favart et Jean Périer, le créateur de Pelléas ! Le succès, immédiat, ne se démentira pas. C'est que Hahn, pour qui littérature et musique sont à placer sur le même plan, retrouve la veine lyrique de l'opérette

Pourtant attendue, La Favorite déçoit.

Gaetano DONIZETTI : La Favorite (version originale en français). Opéra en quatre actes. Livret d’Alphonse Royer et de Gustave Vaëz. Alice Coote, Marc Laho, Ludovic Tézier, Carlo Colombara, Loïc Félix, Judith Gauthier. Chœur de Radio France. Orchestre National de France, dir. Paolo Arrivabeni. Mise en scène : Valérie Nègre. Scénographie: Andrea Blum.La reprise de La Favorite, de Donizetti (1797-1848), tant attendue, car absente des scènes parisiennes depuis si longtemps, devait constituer un des évènement phares de l'année du centenaire du Théâtre des Champs-Elysées. Or, cette nouvelle production a été marquée, dès le début, par des aléas dans la programmation (remplacement de Rita de Letteriis, metteur en scène initialement prévu, comme de Celso Albelo dans le rôle de Fernand, sans parler des viroses hivernales n’épargnant pas plus les chanteurs que le commun des mortels…). Bref, cela commençait mal. Mais, notre espoir ne faiblissait pas !

 Hänsel et Gretel

Engelbert HUMPERDINCK : Hänsel et Gretel. Opéra romantique en trois actes. Livret de Adelheid Wette, d'après le conte homonyme des frères Grimm. Eléonore Pancrazi, Charlotte Plasse, Paul-Alexandre Dubois, Anne Rodier, Christophe Crapez, Claire Lairy. Maîtrise des Hauts-de-seine. Ensemble Musica Nigella, dir. Akénori Némoto. Mise en scène : Mireille Larroche. Nouveau titre, nouvelle aventure, Hänsel et Gretel n'est-il pas un choix naturel pour La Péniche Opéra, qui aime tant faire voguer nos imaginations ? Un conte où une  ogresse gave les enfants de pain d'épice, comme la télé gave nos cerveaux addictifs, pour mieux les dévorer. Plus qu'un programme, une réalité !

Croquefer ou le dernier de paladins

Jacques OFFENBACH : Croquefer ou le dernier de paladins. Opérette bouffe en un acte. Livret de Adolphe Jaime et Étienne Tréfeu. L'île de Tulipatan. Opéra bouffe en un acte. Livret de Alfred Duru et Henri Chivot. Flannan Obé, Emmanuelle Goizé, Loïc Boissier, Lara Neumann, François Rouguier, Olivier Hernandez. Compagnie Les Brigands, dir. Christophe Grapperon. Mise en scène : Jean-Philippe Salério.Les Brigands ont encore frappé, et l'Athénée n'est qu'un immense éclat de rire. On donne un « double bill » effarant de drôlerie, puisé dans le vaste fond de l'auteur de La Belle Hélène. Celui-ci n'a pas son pareil pour trousser en un acte une intrigue déjantée, où l'anachronisme le cède à l'invraisemblable.

David et Jonathas

Marc-Antoine CHARPENTIER : David et Jonathas. Tragédie Biblique en cinq actes et un prologue. Livret du Père François de Paule Bretonneau. Pascal Charbonneau, Ana Quintans, Arnaud Richard, Frédéric Caton, Krešimir Špicer, Dominique Visse, Pierre Bessière. Les Arts Florissants, dir. William Christie. Mise en scène : Andreas Homoki. La reprise, à l'Opéra-Comique, de David et Jonathas confirme l'excellence de la production vue à Aix-en- Provence, l'été dernier (cf. NL de 09/2012), co produite par les deux maisons, et le Théâtre de Caen.

Quand Charpentier met en musique Molière

Dans le cadre du « festival » entourant la production de David et Jonathas, l'Opéra-Comique présentait une soirée intitulée « Musiques pour Molière », déjà offerte au Festival de La Chabotterie (cf. photo ci-dessus). Après la brouille intervenue avec Lully, mettant fin à une fructueuse collaboration, qui a donné naissance au genre de la comédie-ballet, tel Le Bourgeois gentilhomme, Molière se tourne vers Marc-Antoine Charpentier. Au sommet de son art, le grand dramaturge allait travailler avec un jeune musicien d'à peine trente, qui n'était alors connu que par sa musique sacrée.

Médée

Une sulfureuse et superbe Médée au Théâtre des Champs-Elysées.

 

Luigi Cherubini : Médée. Opéra en trois actes. Livret de François-Benoit Hoffman. Nadja Michael, John Tessier, Elodie Kimmel, Vincent Le Texier, Varduhi Abrahamyan, Ekaterina Isachenko, Anne-Fleur Inizan. Chœur de Radio France. Les Talens Lyriques, dir. Christophe Rousset. Mise en scène de Krzysztof Warlikowski.

                  « J’atteins au meurtre comme à une accalmie… » Marguerite Duras.Une sulfureuse et superbe Médée que celle de Luigi Cherubini (1760-1842), donnée au TCE, dans la mise en scène de Krysztof Warlikowski, pour conclure en beauté la trilogie lyrique consacrée, par le théâtre de l’avenue Montaigne, au célèbre mythe d’Euripide. Un opéra chargé des influences de Gluck, Mozart, et Rameau, qui endosse les habits romantiques, en une synthèse des styles passés, et anticipe aussi un art à venir, une admirable partition reconnue par Weber, Beethoven, Brahms, Wagner.

 Les enfants terribles

Cocteau transposé à la scène lyrique

 Philip GLASS : Les enfants terribles. Opéra en deux parties, d'après le roman éponyme de Jean Cocteau et le film de Jean-Pierre Melville. Adaptation de l'auteur et de Susan Marshall. Guillaume Andrieux, Chloé Briot, Amaya Dominguez, Olivier Dumait. Anne-Céline Barrère, Nicolaï Maslenko, Emmanuel Olivier, pianos. Mise en scène : Stéphane Vérité. Philip Glass (*1937) est un musicien prolixe. Pour ne citer que le domaine de l'opéra, sa production compte, à ce jour, quelques 20 titres. Une trilogie d'opéras de chambre a vu le jour, dans les années 1993-1996, sur des textes de Jean Cocteau, dont Les enfants terribles sont le dernier volet. Le musicien s'inspire autant du roman de ce dernier (1929) que du film tourné en 1949, par Melville, à la réalisation duquel le poète

 Les Contes d'Hoffmann

Jacques OFFENBACH : Les Contes d'Hoffmann. Opéra fantastique en cinq actes. Livret de Jules Barbier. John Osborne, Sonya Yoncheva, Laurent Naouri, Michèle Losier, Jean-Paul Fouchécourt, Eric Huchet, Laurent Alvaro, Sylvie Brunet, Marc Mauillon, Julien Behr. Ensemble vocal Aedes. Les Musiciens du Louvre Grenoble, dir. Marc Minkowski.

Ultime volet des festivités du trentenaire des Musiciens du Louvre Grenoble, et du Domaine privé Marc Minkowski, la version de concert des Contes d'Hoffmann, donnée Salle Pleyel, fera date. Marque-elle la fin du long feuilleton de la version définitive du grand œuvre d'Offenbach ? Rien n'est moins sûr. En tout cas, Marc Minkowski explique avoir tenté « de remonter aussi loin que possible jusqu'à la source, jusqu'à ce rêve en cinq actes qu'Offenbach avait en tête ». On ne compte pas, en effet, les versions de cet opéra, pas moins de quatre par l'éditeur d'origine, Choudens, puis les tentatives de Oeser, de Kaye, et plus récemment de Keck, sans compter les versions bâtardes, retenues par les scènes les plus prestigieuses.