Don Carlo ou le poids de l'Histoire

Giuseppe VERDI : Don Carlo. Opéra en cinq actes. Livret de Joseph Méry et  Camille Du Locle, d'après la pièce « Don Karlos, Infant von Spanien » de Friedrich Schiller. Matti Salminen, Jonas Kaufmann, Anja Harteros, Thomas Hampson, Ekaterina Semenchuk, Eric Halfvarson, Robert Llyod, Maria Celeng, Sen Guo, Benjamin Bernheim, Antonio Di Matteo, Peter Kellner, Domen Krizaj, Roberto Lorenzi, Luriin Samoilov, Christoph Seidl, Oleg Savran, Anna-Eva Köck. Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor. Wiener Philharmoniker, dir. Antonio Pappano. Mise en scène : Peter Stein.

 

La version jouée se veut intégrale. On a en effet choisi de donner le premier acte, dit de Fontainebleau, ce qui a pour avantage de clarifier l'action en plaçant au centre de celle-ci l'idylle entre l'Infant d'Espagne et la jeune princesse française Élisabeth. Leur première rencontre dans une clairière de la forêt bellifontaine, alors que le peuple se lamente du sort que lui fait subir le conflit avec le royaume ibérique, justifie le drame qui va suivre :

Une Messe de Requiem de Verdi comme il en est peu

Giuseppe VERDI : Messa da Requiem pour soli, chœur et orchestre. Krassimira Stoyanova, Elī na Garanča, Piotr Beczała, Dmitry Belosselskiy. Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor. Wiener Philharmoniker, dir. Riccardo Muti.
 

Cette aisance verdienne, on la retrouve, à un degré peut-être encore plus abouti, dans la vision que Riccardo Muti livre du Requiem. Il est des exécutions où tout semble tomber sous le sens. Celle de Muti est de cette veine. La symbiose entre le chef italien et les Viennois est légendaire. On se souvient de leur prestation dans un Macbeth d'anthologie, lors du festival 2011, au demeurant mis en scène par Peter Stein.

Norma fait de la résistance

Vincenzo BELLINI : Norma. Opéra en deux actes. Livret  de Felice Romani d'après la tragédie « Norma ou l'Infanticide » d'Alexandre Soumet. Cecilia Bartoli, Rebeca Olvera, John Osborn, Michele Pertusi, Liliana Nikiteanu, Reinaldo Macias. Coro della radiotelevisione svizzera, Lugano. Orchestra La Scintilla, dir. Giovanni Antonini. Mise en scène : Moshe Leiser / Patrice Caurier.

  La représentation de Norma s'écarte résolument des clichés qu'on a coutume d'associer à cette œuvre. Et présente une toute autre vision, tant dramaturgique que musicale. Déjà, le CD récemment paru (cf. NL de 7/2013) avait signalé un changement notable d'optique, signifiant un retour aux sources, à travers une nouvelle édition critique. La vision scénique donnée à Salzbourg achève la métamorphose.

Un oratorio de Haydn révélé : Le retour de Tobie

Joseph HAYDN : Il ritorno di Tobia. Oratorio en deux parties. Texte de Giovanni Gastone Boccherini, d'après le « Livre de Tobit » de l'Ancien Testament. Valentina Farcas, Sen Guo, Ann Hallenberg, Mauro Peter, Ruben Drole.  Arnold Schoenberg Chor. Orchestra La Scintilla, dir. Nikolaus Harnoncourt.

 

C'est chose précieuse que de pouvoir découvrir une œuvre dont on ne soupçonnait pas même l'existence, encore moins les beautés, grâce à une interprétation superlative. Le premier oratorio de Joseph Haydn, créé à Vienne, en 1775, reste peu connu, sûrement la moins jouée des œuvres majeures de son auteur. Il offre une structure bien différente des deux pièces subséquentes, La Création et Les Saisons.

La Vivandière ou une Fille du régiment bien française...

Benjamin GODARD : La Vivandière. Opéra comique en trois actes. Livret d'Henri Cain. Nora Gubisch, Omo Bello, Florian Laconi, Étienne Dupuis, Alexandre Duhamel, Sébastien Droy, Franck Ferrari, Yves Saelens, Ivan Thirion. Chœur de Radio France. Orchestre national de Montpellier Languedoc- Rousillon, dir. Patrick Davin.

 

Benjamin Godard (1849-1895) a à son actif un corpus intéressant, dans à peu près  tous les genres musicaux. C'est que ce violoniste de talent, formé chez Henri Vieuxtemps, mais aussi virtuose du piano, est chef d'orchestre et chambriste par passion. Parmi ses opéras, La Vivandière, commande de l'Opéra Comique, y sera créé en 1895, tout juste après la mort du compositeur. Inachevée, la partition avait été complétée par Paul Vidal. La musique en est de style traditionnel, comme on produisait dans les années 1830, d'un romantisme qui ne s'embarrasse pas d'envolées ravageuses, mais au contraire favorise la mélodie attachante dans sa simplicité, pour ne pas dire un banal assumé. Les airs, tel « Viens avec nous, petit », ont la grâce d'une bluette, les duos sont bien pensés, et les ensembles, si pas des plus distingués, atteignent, du moins, leur fonction de point d'orgue, voire même affirment une force théâtrale certaine, telle la rage de la violence dans le quatuor dit de la malédiction. Si la pièce est musicalement inégale, le premier acte, en particulier, souffrant d'intermittence dans l'inspiration, on admire ensuite de beaux morceaux, tels que l'entracte introduisant le 2ème acte, ou l'intermezzo du troisième, sorte de mélodrame muet, sans parler d'un ballet militaire aussi amusant, dans son vrai faux martial, qu'à la limite de l'agréable caricature. L'écriture vocale est naturelle, la partie de Marion, la Vivandière, en particulier, pensée pour un timbre de mezzo, selon les canons de l'époque, comme le sont Carmen, Dalila et Charlotte. Henri Cain, un des librettistes attitrés de Massenet, a conçu un texte vif, même si pas toujours des mieux léchés du strict point de vue littéraire. L'action se passe durant les derniers feux de l'insurrection vendéenne, qui trace un fond militaire pittoresque pour un drame amoureux, apportant même un suspense inattendu. La fière cantinière saura se démener pour réunir un couple dont chacun des membres appartient aux clans rivaux. Un mélange de comique et de pathétique, qui faisait les belles soirées de l'Opéra Comique du milieu du XIX ème, avec des relents à peine déguisés de mélodies populaires à la mode et de chants patriotiques, sur le ton du refrain, compose des tableaux hauts en couleurs jusqu'au coup de théâtre final : un décret portant amnistie et effaçant le forfait militaire de la Vivandière. Une sorte de Fille du régiment à la française, en somme.

 


© Marc Ginot

 

L'interprétation de ce qui passe pour une « re création », fidèle à l'esprit du festival montpelliérain, doit beaucoup à l'engagement de Patrick Davin. Un chef qui ne laisse jamais rien au hasard et ne ménage pas ses forces pour trouver une unité à ce qui peut passer pour un patchwork. L'Orchestre de Montpellier répond avec brillance, notamment durant les intermèdes purement symphoniques. Nora Gubisch, dans le rôle titre, domine une distribution bien construite. Même privée de la scène, son sens théâtral y fait merveille. Le timbre très italianisant du ténor Florian Laconi, qui projette haut et fort, sonne de manière presque détonante, affichant crânement le personnage de l'amoureux, mais avec une indéniable sincérité. Omo Bello, Jeanne, la soupirante, pâtit de ce voisinage claironnant, alors que la composition est attachante et la vocalité choisie. Parmi les voix graves, la palme revient à Étienne Dupuis, Bernard, le capitaine au grand cœur, partie des plus gratifiantes : sa belle voix de baryton, sa diction consommée, offrent des moments de grande intensité. Le duo avec Marion, au dernier acte, par exemple, est une page valeureuse. La contribution chorale est remarquable. Une découverte, pas aussi mémorable qu'espérée, mais non dénuée d'intérêt.     

 

Une vision iconoclaste de La Juive

Jacques Fromental HALEVY : La Juive. Opéra en cinq actes. Livret d'Eugène Scribe. Gilles Ragon, Tatiana Pechnikova, Najda Mchantaf, Dmitry Trunov, Ethan Herschenfeld, Matthias Henneberg, Allen Boxen, Friedrich Darge. Sächsischer Staatsopernchor Dresden. Sächsische Staatskapelle Dresden, dir. Tomáš Netopil. Mise en scène : Jossi Wieler & Sergio Morabito.

  Créé en 1835, à Paris, l'opéra La Juive reste un morceau de choix parmi ces pièces historiques, à déploiement fastueux, tel qu'en connut un XIX siècle friand de grand spectacle, comme ce fut le cas de Robert le diable ou des Huguenots de Meyerbeer.  Le thème de la persécution des juifs de la ville de Constance, au temps du concile de cette ville, est la toile de fond d'une intrigue humaine qui voit Rachel, fille supposée de l'orfèvre juif Eléazar, refuser de trahir son amant Léopold, un prince chrétien, et d'abjurer sa foi.

Imbroglio amoureux aux Jeux Olympiques

Josef MYSLIVECEK : L'Olimpiade. Opera seria en trois actes. Livret de Pietro Metastasio. Précédé de La Passion de Jésus-Christ de Myslicvcek, et et conclu par un extrait d'Ezio de Christoph Wilibald Gluck. Johannes Chum, Katerina Knezikova, Tehila Nini Goldstein, Sophie Harmsen, Raffaella Milanesi, Krystian Adam, Helena Kaupova, Alena Hellerova, Jan Mikusek, Vaclav Cizek, Tomas Kral. Collegium 1704, dir. Vaclav Luks. Mise en cène : Ursel Herrmann.

 

Peu connu, Josef Myslivecek (1737-1781) est pourtant l'auteur d'un corpus phénoménal. Le praguois se rendit très tôt en Italie pour rencontrer la fortune musicale. Elle fut telle qu'il y gagnera le surnom de « Il divino boemo », et y restera le restant de sa vie. Il rencontre les Mozart, père et fils, en 1770, à Bologne, et se lie d'amitié avec eux. Wolfgang considèrera toujours ce collègue comme un excellent maître, au point qu'il en subira l'influence dans ses jeunes compositions, et des œuvres telles qu'Ascanio in Alba K. 111 ou Il Sogno di Scipione K. 126 lui doivent certainement.

Un monde de fantaisie : Mârouf à l'Opéra Comique

Henri RABAUD : Mârouf, Savetier du Caire. Opéra-comique en cinq actes. Livret de Lucien Népoty. Jean-Sébastien Bou, Nathalie Manfrino, Nicolas Courjal, Franck Leguérinel, Frédéric Goncalvès, Doris Lamprecht, Luc Bertin-Hugault, Christophe Mortagne. Chanteurs de l'Académie de l'Opéra Comique. Accentus. Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. Alain Altinoglu. Mise en scène : Jérôme Deschamps.

 

 

  « J'espère ne pas avoir fait un ouvrage qui ne ressemble à rien, car je me suis au contraire appliqué à ce qu'il ressemble à quelque chose », confie Henti Rabaud (1873-1949) à son librettiste Lucien Népoty, plus de quinze ans après la création triomphale de son Mârouf, en 1914, à l'Opéra Comique. Certes, car ce second ouvrage lyrique cèle une mine d'inventions musicales et dramatiques. Lucien Népoty, fine plume, procure une trame originale où l'amusant le cède à l'insolite :

Le regard lucide et tendre d'un cinéaste sur Così fan tutte

Wolfgang Amadée MOZART : Così fan tutte. Dramma giocoso en deux actes. Livret de Lorenzo da Ponte. Anett Fritsch, Paola Gardina, Andreas Wolf, Juan Francisco Gatell, Kerstin Avemo, William Shimell. Orchestre symphonique et chœurs de La Monnaie, dir. Ludovic Morlot. Mise en scène : Michael  Haneke.

 

  Aux circonstances quelque peu floues de sa composition, fait écho dans Così fan tutte de Mozart, la signification d'un sujet, l'inconstance féminine, largement tributaire de la morale ambiante. Rejeté par ses contemporains qui le perçurent comme scandaleux, voire sulfureux, méprisé ensuite par ceux qui ne crurent y voir que mécanique ridicule, cet opéra effectue un spectaculaire retour en grâce au XX ème siècle, marqué par les avancées de l'analyse psychologique. Par une salutaire prise de conscience, on se rend à l'évidence qu'il s'agit de la plus belle inspiration du compositeur.

Où Valery Gergiev se fait le champion de Berlioz

Hector BERLIOZ : Benvenuto Cellini. Opéra en trois actes. Livret de Léon de Wailly et Henri Auguste Barbier. Sergei Semishkur, Ekaterina Semenschuk, Anastasia Kalagina, Yuri Vorobiev, Mikhail Petrenko, Andrei Popov, Oleg Sychov, Andrei Zorin, Dimitry Koleushko, Sergei Romanov. Chœur et Orchestre du Théâtre Mariinski, dir. Velery Gergiev.

  Benvenuto Cellini demeure une œuvre incomprise. On incrimine son livret, certes bien curieusement ficelé, et un style qui, plus qu'ailleurs chez Berlioz, cultive l'incessant changement, à l'aune d'une trame dramatique flirtant avec  l'invraisemblance. Tout sauf cartésien donc. Mais à y regarder de près, on tient là une des musiques les plus originales du musicien, qui fait oublier les approximations du livret. Berlioz lui-même, dans ses Mémoires, ne constatera-t-il pas « une variété d'idées, une verve impétueuse, et un éclat des coloris musical, que je ne retrouverais peut-être jamais ».

Splendide Pénélope : Une si longue attente…

Gabriel FAURÉ : Pénélope. Opéra en trois actes. Livret de René Fauchois, d’après l’Odyssée d’Homère. Anna Caterina Antonacci, Roberto Alagna, Vincent Le Texier, Edwin Crossley-Mercer, Marina de Liso, Julien Behr, Sophie Pondjiclis, Jérémy Duffau, Khatouna Gadelia, Marc Labonnette. Orchestre & chœur Lamoureux, dir. Fayçal Karoui.

 

 

Une si longue attente… Mais une patience justement récompensée par la beauté de cette Pénélope de Gabriel Fauré (1845-1924), donnée en version de concert au Théâtre des Champs-Elysées dans le cadre de la célébration de son centenaire. Le seul  et unique (si l’on excepte  le colossal Prométhée) opéra de Fauré, dédié à Camille Saint-Saëns, créé à l’Opéra de Monte Carlo le 4 mars 1913 avec un accueil mitigé, qui dut attendre le 10 mai de la même année pour connaitre le succès lors de sa création parisienne, au TCE.

Rinaldo

Rinaldo revisité à l'aune de la guerre en Irak

 

 

 

Georg Friedrich HAENDEL : Rinaldo. Dramma per musica en trois actes.Livret de Giacomo Rossi, d'après la chronique « La Gerusalemme liberata ovvero Il Goffredo »  de Torquato Tasso. Sonia Prina, Malin Hartelius, Lawrence Zazzo, Jane Archibald, Anna Goryachova, Ruben Drole, Olivia Vote, Herdis Anna Jonasdottir, Susanne Grossteiner, Chloé Chavanon, Roberto Ortiz. Orchestra La Scintilla Zürich, dir. Ivor Bolton. Mise en scène : Jens-Daniel Herzog, d'après un concept de Claus Guth.

 

 
L'épisode de la Jerusalem libérée du Tasse (1581) contant, entre autres, les amours de la magicienne Armida et du chevalier croisé Rinaldo, forme la thématique du premier opéra offert par Haendel à la scène londonienne, en 1711. Une thématique héroïque et mythologique très utilisée à l'opéra chez les baroques, tels Lully (1786), Traëtta (1761), Jomelli ( 1771), Salieri (1777), Gluck (1887), Cherubini (1782), ou Josef Haydn (1784). Et même après, puisque Rossini (Tancredi ) et Verdi (Jerusalem) s'y essaieront.

Lady Macbeth of Mzensk

Un spectacle incandescent : Lady Macbeh of Mzensk

 

 

 

Dimitri CHOSTAKOVITCH : Lady Macbeth of Mzensk. Opéra en quatre actes et neuf tableaux. Livret du compositeur et d'Alexander G.Preis, d'après la nouvelle de Nikolai Leskow. Gun-Brit Barkmin, Kurt Rydl, Brandon Jovanovich, Benjamin Bernheim, Julia Riley, Kismara Pessati, Lidiya Filevych, Michael Laurenz, Valery Murga, Pavel Daniluk, Tomasz Slawinski, Christoph Seidl, Ilker Arcayürek, Roberto Ortiz, Benjamin Russell, Robert Weybora. Chor der Oper Zürich. Philharmonia Zürich, dir. Teodor Currentzis. Mise en scène : Andreas Homoki.  

 

 

« J'ai conçu Lady Macbeth comme un opéra tragico-satirique ». Ainsi s'exprime Chostakovitch à propos de son second opéra. Mais, pour lui, le terme satirique ne signifie pas ridicule, ou même drôle. Il s'agit d'une « satire dénonciatrice, qui inspire la haine ».

Les trois Sœurs ou la fantaisie visuelle

Peter EÖTVÖS : Les trois Sœurs. Opéra en trois séquences d'après Anton Tchekhov. Livret de Claus Henneberg et Peter Eötvös.  Ivana Rusko, Anna Goryachova, Irène Friedli, Rebecca Olvera, Kresimir Stražanac, Cheyne Davidson, Eliot Madore, Erik Anstine, Martin Zysset, Daniel Eggert, Dimitri Pkhaladze, Andreas Winkler, Dmitry Ivanchey. Philharmonia Zürich, dir. Michael Boder et Peter Sommerer. Mise en scène : Herbert Fritsch.             

 

Premier opéra de Peter Eötvös, Les trois Sœurs, créé à l'Opéra de Lyon en 1998, sera suivi de quatre autres, un cinquième étant attendu à Vienne, cette année. A partir de la pièce d'Anton Tchekhov, le compositeur dit avoir voulu écrire « un théâtre en musique ». Parmi ses divers épisodes, Eötvös a choisi trois séquences, structurant l'œuvre autour des personnages d'Irina, d'Andrei et de Mascha.

Hänsel et Gretel entre conte et expressionnisme

Engelbert HUMPERDINCK : Hänsel et Gretel. Märchenoper (Conte opéra) en trois actes. Livret d'Adelheid Wette, d'arprès le conte des Frères Grimm. Daniel Sindram, Anne-Catherine Gillet, Jochen Schmeckenbecher, Irmgard Vilsmaier, Anja Silja, Elodie Hache, Olga Seliverstova. Maîtrise des Hauts-de-Seine/Chœur d'enfants de l'Opéra national de Paris. Orchestre de l'Opéra national de Paris, dir. Claus Peter Flor. Mise en scène : Mariame Clément

 

 

Comment faire vivre un conte sur une scène d'opéra ? Engelbert Humperdinck s'attaque à un genre prisé dans la littérature allemande, plus encore européenne.

La Gioconda entre au répertoire de l'Opéra Bastille

Amilcare PONCHIELLI : La Gioconda. Dramma en quatre actes. Livret d'Arrigo Boito d'après Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo. Violeta Urmana, Marcelo Alvarez, Luciana D'Intino, Claudio Sgura, Maria José Montiel, Orlin Anastassov, Damien Pass, Julien Joguet, Kevin Amiel, Yves Cochois, Olivier Ayrault, Nicolas Marie, Jian-Hong Zhao. Letizia Giuliano, Angel Corella, danseurs. Orchestre et Chœur de l'Opéra national de Paris, Maîtrise des Hauts-de-Seine/Chœur d'enfants de l'Opéra national de Paris, dir. Daniel Oren. Mise  en scène, décors et costumes : Pier Luigi Pizzi.

  La Giocondaest un opéra atypique. Créé en 1876, à La Scala, et plusieurs fois remanié, il sera le grand œuvre de son auteur, Amilcare Ponchielli (1834-1886), et sans doute la seule de sa production lyrique à passer à la postérité. Si elle s'inspire de la pièce de Victor Hugo, Angelo, tyran de Padoue, la trame en est très librement adaptée par Arrigo Boito.

Les Pêcheurs de perles à l'Opéra du Rhin

Georges  BIZET : Les Pêcheurs de perles. Opéra en trois actes. Livret de Michel Carré et Eugène Cormon. Annick Massis, Sébastien Guèze, Étienne Dupuis, Jean Teitgen. Chœurs de l'Opéra National du Rhin. Orchestre symphonique de Mulhouse, dir. Patrick Davin.

 

Et si Les Pêcheurs de perles étaient autre chose qu'une simple bluette orientaliste ? Le jeune Bizet, encouragé par son maître Gounod - « Sois très toi... Crois à ton émotion » - fera contre mauvaise fortune bon cœur avec le texte que lui soumettent ses librettistes, préférant le remanier au gré de l'inspiration musicale. Celle-ci le révèle grand mélodiste, et ce premier essai, s'il n'est pas un coup de maître, est déjà pour beaucoup dans une réputation que couronnera Carmen.

Don Giovanni au Théâtre des Champs-Elysées : Tout pour la musique !

Wolfgang Amadée MOAZRT : Don Giovanni. Dramma giocoso en deux actes. Livret de Lorenzo Da Ponte. Markus Werba, Miah Persson, Daniel Behle, Sophie Marin-Degor, Robert Gleadow, Serena Malfi, Nahuel Di Pierro, Steven Humes.  Chœur du Théâtre des Champs-Elysées. Le Cercle de l’Harmonie, dir. Jérémie Rohrer. Mise en scène : Stéphane Braunschweig. La mise en scène d’opéra est, sans aucun doute, un exercice bien périlleux, et celle de Don Giovanni plus que toute autre, tant est étendu le domaine des possibles dans la vision que l’on peut avoir du célèbre mythe. Voir Don Giovanni au travers du regard de son valet, Leporello, voilà qui, à défaut d’originalité (vision maintes fois rabâchée), est toutefois défendable, voire intéressant…

Un Don Carlo furioso !

Guiseppe VERDI : Don Carlo. Opéra en quatre actes (1884). Livret de Joseph Méry et Camille de Locle. Version de concert au Théâtre des Champs-Elysées. Stephano Secco, Barbara Frittoli, Ildar Abdrazakov, Ludovic Tézier, Daniela Barcellona, Marco Spotti, Roberto Tagliavini. Orchestre & Chœur du Theatro Regio Torino, dir. Gianandrea Noseda.

 

  Cette version de concert faisait suite au Don Carlo donné quelques jours auparavant, en version scénique à Turin, mais avec une distribution vocale bien affaiblie par les sournoises attaques virales printanières…

Falstaff à l'Opéra Bastille

Giuseppe VERDI : Falstaff, comédie lyrique en trois actes. Livret d'Arrigo Boito, d'après The merry Wives of Windsor et des scènes de Henry IV de William Shakespeare.  Ambroglio Maestri, Artur Rocinski, Svetla Vassileva, Elena Tsallagova, Marie-Nicole Lemieux, Gaëlle Arquez, Paolo Fanale, Raúl Giménez, Bruno Lazzaretti, Mario Luperi. Orchestre et Chœur de l'Opéra National de Paris, dir. Daniel Oren. Mise en scène : Dominique Pitoiset. 

 

Comédie lyrique, Falstaff est une œuvre toute en finesse, pas si comique qu'il n'y paraît,  même si l'on sourit aux frasques du vieux Sir John. Verdi et Boito se sont inspirés de Shakespeare, et le mélange tragique et comique est, là, plus présent qu'on le croit. C'est le triomphe des femme sur l'illusion des hommes, selon Gille de Van (« Verdi , un théâtre en musique », Fayard), la sagesse féminine tirant sa revanche sur la folie masculine.

Une création bien intéressante de John Adams !

John ADAMS : The Gospel According to the Other Mary.Oratorio en deux actes. Livret de Peter Sellars, adapté de la Passion. Kelley O'Connor, Tamara Mumford, Russell Thomas, Daniel Bubeck, Brian Cummings, Nathan Medley. Los Angeles Master Chorale. Los Angeles Philharmonic, dir. Gustavo Dudamel. Mise en scène : Peter Sellars. 

 

Faisant suite à l'opéra El Nino, The Gospel According to the Other Mary en est conçu comme le pendant. Après la Nativité, John Adams et Peter Sellars se confrontent à la Passion du Christ.

Un curieux « double bill » à l'Opéra Comique

Ermano WOLF-FERRARI : Il Segreto di Susanna, Intermezzo en un acte. Livret d'Enrico Golisciani. Francis POULENC : La Voix humaine, tragédie   lyrique en un acte. Livret de Jean Cocteau. Anna Caterina Antonacci, Vittorio Pratro, Bruno Danjoux. Orchestre Philharmonique du Luxembourg, dir. Pascal Rophé. Mise en scène : Ludovic Lagarde.

 

Que rapproche les pièces de Ermano Wolf-Ferrari et de Poulenc, si ce n'est leur commune coupe en un acte ? Rien ne prédestinait l'« intermezzo » du premier de jouxter, en un même spectacle, la tragédie lyrique du second, le vaudeville dans cas, le drame dans l'autre.