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Catégorie : Opéras

Trilogie Mozart-Da Ponte au Théâtre des Champs-Élysées : un Cosi fan tutte bien décevant.  Dramma giocoso en deux actes, K. 588.

Idée originale et économique que de redonner, à quelques années d’intervalle (la précédente prestation datant de 1995, au Théâtre municipal de Tourcoing), la célèbre trilogie de Mozart, fruit de sa collaboration avec le librettiste Da Ponte.  L’Atelier lyrique de Tourcoing et le Théâtre des Champs-Élysées (Jeanine Roze Production) redonnaient les trois opéras : Les Noces de Figaro (1786), Così fan tutte (1790) et Don Giovanni (1787) avec le même directeur musical (Jean-Claude Malgoire), le même orchestre (la Grande Écurie & la Chambre du Roy), le même metteur en scène (Pierre Constant), le même décorateur (Roberto Platé), les mêmes interprètes comme l’excellent et talentueux Nicolas Rivenq dans le rôle de Don Alfonso.

Così fut indéniablement la reprise la moins réussie de cette coproduction distillant plus l’ennui que l’amour : une direction musicale souvent absente, poussive, manquant de cantabile, un manque de précision des ensembles vocaux, un décalage fréquent entre orchestre et chanteurs, une distribution très hétérogène en qualité, une mise en scène morose et sans intérêt, une scénographie indigente, malgré les beaux éclairages de Jacques Rouveyrollis, en furent assurément la cause.  Dans cette ronde de couples qui se font et se séparent au gré des circonstances, les personnages féminins, Fiordiligi (Rachel Nicholls) et Dorabella (Lina Markeby), sont apparues bien décevantes, mal adaptées aux rôles, à l’exception de la remarquable Despina (Anne-Catherine Gillet) tout en finesse vocale et espièglerie scénique.  Les personnages masculins furent plus convaincants, le ténor Robert Getchell (Ferrando) et le baryton Joan Martin Royo (Guglielmo) tant dans la voix que dans le jeu.  Après des Noces en demi-teinte, souhaitons tout le bonheur possible à Don Giovanni qui s’annonce très prometteur avec une somptueuse distribution.  À suivre…