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Catégorie : Opéras

Les Contes d’Hoffmann, à l’Opéra Bastille : une reprise réussie.  Opéra fantastique en un prologue, trois actes et un épilogue (1881) de Jacques OFFENBACH (1819-1880) sur un livret de Jules Barbier d’après le drame de Jules Barbier et Michel Carré. Orchestre et chœur de l’Opéra National de Paris, dir. Jésus Lopez-Cobos. Mise en scène : Robert Carsen. Laura Aikin (Olympia), Inva Mula (Antonia), Béatrice Uria-Monzon (Giulietta), Ekatarina Gubanova (La Muse /Nicklausse), Giuseppe Filianoti, Franck Ferrari (Lindorf/Coppelius/Dr Miracle/Dapertutto), Alain Vernhes (Luther, Crespel).

Les Contes d’Hoffmann occupent une place particulière dans l’œuvre d’Offenbach.

  Œuvre inachevée (les deux derniers actes, Giulietta et Stella, n’auraient pas été achevés à la mort du compositeur), ambiguë, oscillant entre gaîté et désespoir, incertaine dans sa forme puisque chaque nouvelle représentation doit choisir entre les différentes versions, dans le but de maintenir la cohérence dramatique et musicale de l’opéra, considérée par certains comme une réhabilitation du compositeur dont la vie apparaît en filigrane dans le livret, considérée par d’autres comme un aboutissement par la présence de nombreux passages musicaux empruntés à d’autres œuvres d’Offenbach, Les Contes d’Hoffmann ont pour sujet trois époques de la vie amoureuse d’un homme (amour juvénile pour Olympia, amour adulte et tragique pour Antonia, amour vénal pour Giulietta), amours contrariées par le diable dans ses incarnations fantastiques.

 Si le prologue s’inspire de Faust, les autres actes pastichent l’opéra-bouffe, l’opéra fantastique et l’opéra romantique, et le génie d’Offenbach consiste à triompher sur tous les tableaux, celui de l’ironie, comme celui de la passion sincère.  Cette production, reprise de celle de 2000, affichait une superbe distribution dominée par Giuseppe Filianoti, Hoffmann parfaitement crédible tant vocalement que scéniquement, avec un très beau timbre, une bonne diction, des aigus sans dureté, auquel s’associaient la magnifique et irrésistible Olympia de Laura Aikin, ainsi que la superbe et émouvante Antonia d’Inva Mula.  Béatrice Uria-Monzon au vibrato très marqué, à la diction déplorable et incompréhensible, semblait une erreur de casting.  Franck Ferrari, inconstant, donnait le meilleur dans le second acte mais le scintillement de ses diamants du troisième acte manquait particulièrement d’éclat.  La mise en scène de Carsen se révélait toujours aussi efficace et ingénieuse, en utilisant intelligemment toutes les possibilités scéniques de la mise en situation du théâtre dans le théâtre avec des effets originaux et une belle scénographie.  Une reprise réussie.