Opéra d’Umberto Giordano sur un livret de Luigi Illica.  Orchestre & chœur du Deutsch Oper Berlin, dir. James Allen Gähres.  John Dew (mise en scène).  Robert Dean Smith (Andrea Chénier), Seng Hyoun Ko (Gérard), Maria Guleghina (Madeleine), Liane Keegan (Madelon).

Reprise au Deutsch Oper Berlin du drame historique d’Umberto Giordano (1867-1948) créé à La Scala, le 28 mars 1896.  Opéra de style vériste, sur toile de fond révolutionnaire, retraçant le destin tragique du jeune poète André Chénier et ses amours passionnées pour Madeleine.  Une reprise marquée par le peu d’homogénéité de la distribution vocale.  Si Robert Dean Smith, parfaitement à l’aise vocalement, confirmait tout le bien que l’on pense de lui (on se souvient de ses remarquables prestations à l’Opéra de Paris : Paul dans La Ville morte de Korngold, en 2009, et Siegmund dans la Walkyrie de Wagner, en 2010) campait un poète tout à fait crédible par sa présence scénique et la beauté de son timbre, auquel répondait un excellent Seng Hyoun Ko, peut-être moins connu sur les scènes françaises, mais

non moins convaincant dans le rôle de Gérard, par sa puissance et son charisme, en revanche Maria Guleghina, malgré une présence scénique imposante, semblait totalement absente vocalement, avec des aigus difficiles qui lui valurent quelques sévères huées lors de son grand air du troisième acte.  Une mise en scène efficace, pertinente et intelligente se jouant sur deux niveaux dont un plan incliné supérieur qui, en se relevant, saura faire table rase de l’ancien régime, se situant dans un contexte révolutionnaire adapté au livret, ce qui nous change de certaines transpositions historiques, parfois douteuses, une scénographie réaliste et colorée, une direction musicale attentive aux chanteurs.  Enfin, une mention particulière pour la magnifique voix de Liane Keegan dans le rôle de l’émouvante Madelon.  Une reprise (presque) réussie !