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Catégorie : Opéras

Opéra bouffe en trois actes K.196 (1775) sur un livret attribué à Giuseppe Petroselli.  Academy of Ancient Music, dir. Richard Egarr. Andrew Kennedy (Don Achise), Rosemary Joshua (Sandrina/Violante), James Gilchrist (Belfiore), Klara Ek (Arminda), Daniela Lehner (Ramiro), Elisabeth Watts (Serpetta), Andrew Foster-Williams (Roberto/Nardo).Commande du Théâtre de la cour de Munich pour la saison du Carnaval 1774-1775, créé au Salvartortheater de Munich le 13 janvier 1775, Mozart avait alors 19 ans, La Finta giardiniera est un opéra de jeunesse où il est plus facile de retrouver les leçons des anciens maîtres que d’entendre d’hypothétiques accents prémonitoires des futurs opéras. 

L’œuvre pêche surtout par la faiblesse de son livret, une dramaturgie inexistante, une histoire, où « il y a de quoi mourir » comme le dit Don Achise au IIe acte, sauvée toutefois par la musique, ici, parfaitement exécutée, tant vocalement, qu’instrumentalement.  Un opéra, comme une farce, fait d’une succession d’airs, « trop d’airs » diraient certains, si l’on ne sentait, en filigrane, une constante ironie rendant cette partition si attachante.  Remercions Michel Franck d’avoir programmé cette œuvre peu connue et encore moins interprétée, dans cette version de concert remarquable, bien chantée, bien jouée avec une vraie implication des chanteurs, parfaitement équilibrée entre musique et chant.  Richard Egarr, successeur de Christopher Hogwood à la tête de l’Academy of Ancient Music depuis 2006, sut rendre le côté festif de la farce, en étroite complicité avec les chanteurs.  Une distribution vocale de tout premier ordre, où il convient de signaler l’excellence d’Andrew Kennedy pour la diction, Andrew Foster-Williams pour le timbre, Elisabeth Watts pour le jeu, Daniela Lehmer et Klara Ek pour la technique vocale.  Une petite réserve pour le timbre un peu métallique de Rosemary Joshua et celui, un brin nasillard, de James Gilchrist.  Une belle soirée.