Opera seria en trois actes K. 366 (1781) sur un livret de Giambattista Varesco, d’après Danchet.  Le Cercle de l’Harmonie, Chœur Les Éléments, dir. Jérémie Rohrer. Mise en scène : Stéphane Braunschweig. Richard Croft (Idomeneo), Sophie Karhäuser (Ilia), Kate Lindsey (Idamante), Alexandra Coku (Elettra), Paolo Fanale (Arbace), Nigel Robson (Le Grand Prêtre), Nahuel di Piero (Neptune).Opéra préféré de Mozart, opéra du début de la maturité contenant en germe les productions ultérieures, de la dernière décennie, dont on peut retrouver ici certains accents, synthèse des différentes influences  allemandes, italiennes et françaises, notamment gluckistes, collectées par Mozart lors de ses voyages en Europe, en particulier à Paris,

Idomeneo constitue, cette année, la pièce maîtresse du Festival Mozart au TCE.  Très rarement donné en version scénique, créé le 29 janvier 1781 à Munich, sous la direction de Christian Cannabich à la tête de nombreux musiciens de Mannheim, sa première représentation à Paris date de 1887.  Opéra particulier du fait de l’importance capitale des chœurs dans le déroulement dramatique de l’ouvrage et de la richesse des thèmes qu’il est possible d’aborder dans la mise en scène - guerre, paix, amour, engagement, respect de la parole donnée, passation de pouvoir…  Cette production du TCE fut une indiscutable réussite musicale.  Jérémie Rohrer confirma, à la tête de son orchestre, ses dons de chef mozartien, sachant faire valoir la très belle sonorité du Cercle de l’Harmonie, parfaitement en phase avec les chanteurs, menant l’orchestre avec allant, du cantabile le plus enjoué, au désespoir le plus sombre.  La distribution vocale fut, également sans faille, avec un excellent Richard Croft, parfaitement à l’aise vocalement  dans le rôle titre, malgré les difficultés de la partition.  L’angélique Ilia de Sophie Karhäuser fut totalement convaincante, de même que Kate Lindsey, dominatrice ou éplorée et Alexandra Coku, furieuse, qui firent avec bonheur leurs débuts sur la scène du TCE.  Une restriction, toutefois, concernant la mise en scène de Stéphane Braunschweig, peu dérangeante mais n’apportant pas grand-chose à la lecture de l’opéra.  Il en restera une superbe musique, magnifiquement servie par musiciens et chanteurs, n’est ce pas, en définitive, le plus important ?...