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Catégorie : Opéras

Il semble bien que Danièle Gatti ait enfin trouvé le ton juste dans cette intégrale des symphonies de Beethoven, donnée au TCE. Une Symphonie n° 3, « héroïque », composée en 1803, initialement dédiée à Bonaparte d’après la légende, pleine d’éclat, prométhéenne, ample et conquérante. Gatti sut en donner une vision à la fois claire et juste avec un orchestre qui « sonne », qui va de l’avant, comme libéré, sans rupture excessive dans les tempos.

La marche funèbre prend, ici, toute son allure de drame effrayant, dans un climat lugubre chargé de tension et d’émotion. Une impression favorable confirmée, lors du concert suivant, par la magnifique interprétation de la Symphonie n° 9, composée en 1822-1824, toute en tension et musicalité, un vrai Beethoven, que Gatti sut tenir à bout de bras, du début à la fin, par une direction engagée et précise. Un premier mouvement où l’urgence devient palpable, un scherzo superbe, empreint de joie et de sérénité, un adagio d’une douceur angélique, au sublime legato des cordes, lyriques et poétiques, auquel répondent les longues cantilènes des vents (clarinette de Patrick Messina), d’une sublime beauté, un finale solennel où émerge progressivement, au milieu des cordes graves, le thème de l’Ode à la Joie, avec chœur et solistes, sur le texte de Schiller, hymne plein de ferveur et d’espoir en la nature humaine. Une interprétation d’anthologie justifiant les applaudissements fournis de la salle, et plusieurs rappels. Concernant les créations contemporaines associées, si l’œuvre, La Bataille de San Romano, de Pascal Zavaro (°1959) séduit par sa poésie et ses associations intéressantes de timbres (trompette, clarinette, contrebasse), en revanche la Cantate n° 3 de Bruno Mantovani (°1974), d’écriture complexe, surchargée de percussions et de ruptures rythmiques, parut bien éprouvante. En bref, une intégrale qui se termine mieux qu’elle n’avait commencé, un superbe orchestre avec un pupitre de vents d’une exceptionnelle qualité, et des jeunes compositeurs qu’il conviendra de ne pas oublier...