Un moment de pure grâce que ce Tristan et Isolde, donné par le « Philhar », en version de concert, Salle Pleyel, sous la direction de Mikko Franck, avec une distribution vocale de haute volée.

Salle comble pour un grand moment de musique et une interprétation exceptionnelle, à la hauteur des plus hautes espérances. Dès les premiers frémissements de cordes, dans le prélude, on comprit combien cette interprétation resterait dans nos mémoires… Un orchestre magnifique, tous pupitres confondus, avec une mention particulière pour les cordes graves, les hautbois et les cors, une direction favorisant à tout moment l’expressivité, un équilibre constamment maintenu entre l’orchestre et les chanteurs, des nuances subtiles, un phrasé pertinent d’une parfaite lisibilité, une distribution vocale d’une qualité et homogénéité rares, qui sut garder les spectateurs en haleine de bout en bout. Un prélude porté par de grandes vagues orchestrales, un premier acte plein de hargne, un deuxième marqué par un sentiment d’urgence dans l’hymne à la nuit et un duo d’amour d’une sublime beauté, un troisième ancré dans la désolation de l’attente d’Isolde et de l’agonie de Tristan, une mort d’Isolde pathétique. Nina Stemme confirme être, sans nul doute, une des grandes Isolde du moment, à la fois par sa projection vocale et sa présence scénique, Christian Franz fut un Tristan très honorable montrant parfois quelques signes de faiblesse (chant fragmenté, manque de legato), bien compensés par ses talents d’acteur, Peter Rose fut un roi Mark bouleversant, Sarah Connoly (Brangäne), Detlef Roth (Kurwenal) et Richard Berkeley-Steele (Melot) tous sans reproches. En bref, un Tristan que nous n’oublierons pas, conclu par des applaudissements fournis et une « standing ovation » de la salle, bien méritée.

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