© Émilie Mille Centré sur la nuit, comme toute la série de concerts offert au Musée, en parallèle à l’exposition « La Nuit, le Cosmos » (une des plus visitées de toutes celles organisées par Orsay), l’équipe de l’Auditorium a invité ce jeune pianiste qui a organisé son récital en enchaînant des pièces très courtes de compositeurs s'étant penchés sur le mystère de la nuit comme lieu d’exploitation des sentiments intérieurs, et d’introspection. Federico Mompou et ses compositions minimalistes, à la limite du silence, était au cœur de ce récital. Disons-le tout net, une musique ennuyeuse face, à Ravel « Prélude pour piano op.65 » , Satie «  Gymnopédie n°1- Gnossienne n°5 », Chopin « Musica callada n°15 », Takemitsu « Pause ininterrompue n°3 », Debussy « Clair de Lune FL 82 n°3, Feux d’artifice FL 131, n°12 », Granados « Danza españolas : Oriental op. 37 ». Ce compositeur (1893-1987) devient très à la mode parmi les jeunes pianistes en mal de musiciens renouvelant le répertoire. Ce récital était intelligemment composé, bien présenté au public et superbement interprété.

Les états d’âmes de ces compositeurs étaient parfaitement révélés. Guillaume Coppola partage son temps entre musiques du répertoire et compositions d’aujourd’hui. Il se

DR A l’auditorium du magnifique Musée Dapper d’art africain, Gabriel Urgell Reyes, jeune quarantenaire cubain a interprété un programme très original, de compositions d’origine ibérique. Né à La Havane, de formation musicale russe, il a ensuite étudié au CNMDP de Paris. Bardé de prix, à 25 ans professeur à l’Instituto Superior de Arte à La Havane, il aime jouer, faire découvrir ces compositeurs latino-américains du XXème siècle peu interprétés dans les récitals. Avec verve et douceur, et un doigté sûr, il a donc joué d’Alberto Ginastera (1916-1983), « 12 Préludes américains op.12 » et « Trois danses argentines op.2 ». Cet Argentin, compositeur d’opéras, de symphonies, de cantates s’est réfugié en Suisse dans les années 70 pour fuir la dictature de la révolution de son pays.

Les œuvres entendues passent de rythmiques ahurissantes à des moments d’une infinie tendresse ou contemplative. Sous les doigts de Urgell Reyes, elles paraissent d’une évidence à jouer ! « Les 12 Chansons et Danses » du catalan Federico Mompou (1893-1987), avec une écriture parcimonieuse, sont en total décalage avec les compositions de Ginastera. Mais Urgell Reyes est aussi à l’aise avec ces écriture minimalistes qui frôlent l’hermétisme. Il proposa ensuite des extraits sympathiques de

Yeol Eum Son / DR Le soir du 12 mai, la foule des grands jours se massait dans l’auditorium de la Maison de la Radio pour communier au Concerto pour piano et orchestre en fa de George Gershwin, au Prélude à l’après-midi d’un faune et à La Mer de Claude Debussy, œuvres interprétées par le Philar de Radio France, dirigé par Mikko Franck, et la pianiste sud-coréenne Yeol Eum Son.

Le Concerto en fa date de 1925, se situant entre deux opus bien plus connus : Rhapsody in blue, de 1924, et Un Américain à Paris, de 1928. D’ailleurs, cet ouvrage de commande constitua un véritable défi pour le compositeur, qui, alors qu’une large partie du public doutait encore de ses possibilités, allait s’aventurer pleinement dans le domaine classique en écrivant une musique absolue (sans programme) et en en réalisant lui-même l’orchestration. « So American ! so Gershwin ! » aurait pu s’écrier en chœur l’heureux public de cette soirée, car, dès les premières mesures, les timbales endiablées donnaient le ton d’une écriture maîtrisée qui respecte la grande forme tout en étant innervée ou malmenée par l’esprit jeune et jazz. Cette musique nous sort de nous-mêmes, nous rappelant qu’il est toujours bon de prendre l’air.

DR Nicolas Bacri oblige à prendre parti. Son portrait en quatre œuvres, brossé en sa présence le 27 avril à la Maison ronde par l’orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Elena Schwarz, en était la démonstration, avec, dans l'ordre (c'est important) : la Symphonie n°1 (1988), Deux visages de l'amour (2012-2015), la Symphonie concertante pour deux pianos et orchestre à cordes (1995-1996, révisée en 2006) et la Symphonie n°5 (1996-1997). À une pièce de jeunesse succédait donc une autre très récente – comme son image inversée, puisque son écriture diffère totalement – pour laisser place, après un entracte, aux deux dernières, intermédiaires dans un catalogue abondant. Disons-le d'emblée : cette abondance trahit la facilité de celui qui cultive une esthétique de l'éponge, laquelle consiste à absorber les styles précédents pour, aux dires du musicien, n'en garder que ce qu'ils ont d’éternel.

Jean-Philippe Collard / DR « Bacchanale », sous-titre du concert donné à la Philharmonie de Paris, s’articule donc autour de l’orient. La tendance, comme pour les expositions de peinture, consiste à traiter plus un thème qu’un peintre ou un musicien, ce soir celui des influences orientales subies par les compositeurs de la seconde moitié du XIX ème siècle. Sur des instruments de cette époque, les musiciens de l’orchestre Les Siècles, vont jouer Dukas, Ravel, Saint-Saëns et Lalo.
Pour Ravel, l’orchestre peut dévoiler ses fastes : plus de cinquante musiciens. Schéhérazade, Ouverture de féerie ouvre le bal. Œuvre de jeunesse jamais publiée du vivant de Ravel, elle est prévue pour ouvrir un opéra oriental qui ne verra jamais le jour. Influencé par la suite symphonique de Rimski-Korsakov, Ravel se laisse aller aux facilités de la gamme orientale, la fameuse gamme par tons et malgré une orchestration très riche où le hautbois se taille la part belle, et même si l’œuvre ne manque pas d’un charme un peu convenu, ce pauvre Ravel se fit assassiner par Willy qui le traita de « Rimsky tripatouillé par un debussyste jaloux d’égaler Satie. » Un Willy tripatouilleur et voleur de l’œuvre de Colette qui aurait mieux fait de se taire.

Cette belle prestation du 17 mai, à l’église des Blancs Manteaux, de l'Ensemble vocal Saint-Séverin et orchestre sous la direction de Joël Sibille, a rappelé la difficulté de se prononcer sur la position mystique de Franz Schubert, faiblement dévot, sincèrement croyant, auteur par ailleurs de six messes, la dernière (Grande Messe en mi bémol) datant de 1828, année de son décès. Composée de 1819 à 1822, la Messe n°5 est sans doute la plus lyrique qu’il ait jamais écrite, mais aussi, assez paradoxalement, l’une des plus pénétrées par le sentiment religieux. En rupture esthétique complète avec les quatre numéros précédents, elle se signale par une dramatisation constante, sans jamais tomber dans le travers théâtral si fréquent dans la production pieuse du XIXe siècle. Trait d’autant plus remarquable que le compositeur n’est alors âgé que de 25 ans ; il est vrai que l’extraordinaire Inachevée date de la même année et témoigne de la même maîtrise orchestrale.

Orchestre National de France, dir. John Storgårds. Fanny Clamagirand, violon. Auditorium de Radio-France. 23mars 2017.

John Storgårds © Heikki Tuuli Un public bien clairsemé dans le grand Auditorium de la maison ronde pour cet intéressant concert de musique franco-nordique dirigé par un éminent spécialiste du genre, le chef finlandais John Storgårds. Dommage que le public n’ait pas répondu à l’appel, dommage de constater, avec frayeur et inquiétude, que seules les oeuvres célèbres puissent encore bénéficier d’une large audience, dommage pour ces compositeurs venus du grand Nord qui méritent assurément une écoute attentive (La Fille de Pohjola de Sibelius, la Symphonie n° 2 dite « Les quatre tempéraments » de Carl Nielsen), dommage pour la création contemporaine avec, ce soir, la création mondiale de Missing, concerto pour violon et orchestre d’Edith Canat de Chizy. Dommage enfin pour les absents qui auront manqué là un beau concert…

 

Yuja Wang © Hiroyuki Ito / Getty images On a pu se gausser pendant un temps de ses tenues excentriques et de son exceptionnelle virtuosité que certains pouvaient trouver un peu vide, mais il faut bien reconnaitre qu’aujourd’hui, la trentenaire chinoise est assurément un phénomène du piano alliant une rare vélocité digitale et un sens musical hors du commun. Son dernier récital à la Philharmonie de Paris en étant la plus éclatante preuve. Un programme exigeant dans lequel elle excelle : les Préludes op. 28 de Frédéric Chopin et les Variations et fugue sur un thème de Haendel op. 24 de Johannes Brahms. Deux monuments éprouvants du répertoire pianistique, deux

Orchestre National de France, dir. Juraj Valčuha. Frank Peter Zimmermann, violon. Auditorium de Radio-France (30 mars 2017).

Frank Peter Zimmermann © Harald Hoffmann Chacune des apparitions du jeune chef slovaque, Juraj Valčuha sur les scènes parisiennes (Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris en 2016) est un gage de qualité, sa dernière apparition récente, avec le National et le violoniste Frank Peter Zimmermann, à l’auditorium de Radio-France, en est une preuve de plus. Un orchestre qu’il connait bien puisqu’il l’a dirigé pour la première fois en 2005 et avec lequel existe une complicité évidente. Un programme riche convoquant Richard Strauss, Prokofiev et Haydn. Don Juan de Richard Strauss (1889) ouvre la soirée, Juraj Valčuha nous en propose une lecture sensuelle, hédoniste, dynamique, assez narrative et volontiers jouisseuse où se distinguent tout particulièrement le cor solo de d’Hervé Joulain, ainsi que le hautbois de Nora Cismondi, interprétation très convaincante et virtuose qui se termine dans le drame, en totale adéquation avec le personnage de Lenau qui choisit délibérément sa fin et se consume dans

Choeur & Orchestre National de France, dir. Christoph Eschenbach. Genia Kühmeier. Charlotte Hellekant. Nikolai Schukoff. Mikhail Petrenko. Auditorium de Radio- France.

Choeur de Radio-France © C. Abramowitz Rarement le Choeur de Radio-France fut à pareille fête, irradiant l’auditorium de Radio-France de tout son talent, lors de ce concert ambitieux du « National » conduit par le chef allemand Christoph Eschenbach, associant le Te Deum d’Anton Bruckner et la Symphonie n° 9 de Beethoven. Un programme d’exception pour un choeur d’exception ! Deux oeuvres emblématiques faisant date dans l’histoire de la musique classique. Le Te Deum de Bruckner, hymne religieuse liturgique (1886) où le compositeur autrichien offre ses louanges à Dieu dans un appel fervent qui ne saurait masquer en filigrane la déploration consécutive à la mort de Richard Wagner, véritable idole du maitre de Saint Florian, d’où ce mélange caractéristique de joie et de pleurs se côtoyant dans un ciel peuplé d’anges porteurs

 


Photo empruntée à une blogueuse inconnue.../ DR
Il est déjà réconfortant de voir la grande salle de la Philharmonie de Paris pleine au beau milieu des vacances de Pâques pour écouter Sir András Schiff, si longtemps dédaigné ici par la critique et le public. Mais de voir le public déborder d'enthousiasme à l'issue d'un concert somme toute ardu, l'est encore plus. András Schiff n'est pas homme de l'effet, encore moins de la facilité : ses programmes, en soliste comme avec orchestre, sont toujours soigneusement construits et le fil conducteur mûrement réfléchi, Bach, Bartók et Brahms, cette fois. Deux Ricercar de Bach ouvraient la soirée, extrait de l'Offrande musicale BWV 1079. Le Ricercar a 3, joué au piano - ce qui, passé la surprise de voir l'orchestre déjà installé sur l'estrade, en vient vite à imposer le silence à une poignée

Gabriel Fauré / DR Dans le cadre de la série « Romantique – Authentique », les musiciennes des Pléiades, Laetitia Ringeval et Caroline Florenville, violons, Carole Dauphin, alto, Jennifer Hardy et Amaryllis Jarcyk, violoncelles, toutes solistes de l'Orchestre Les Siècles, et le pianiste François Dumont ont fait entendre des compositions de Dancla, Vieuxtemps, Gouvy et Fauré. Charles Dancla (1807-1917) est surtout connu pour ses oeuvres pédagogiques. La petite symphonie concertante pour deux violons et piano op.109 n°3 » (1872) est un cours morceau de 6 minutes, de forme héritée de la fin du XVIIème siècle. C’est une oeuvre charmante que les deux violonistes de l’orchestre des Siècles, accompagnées par François Dumont, ont interprété ensemble la plupart du temps, très simplement.

Ophélie Gaillard et l'Orchestre national de Lorraine

Erich Wolfgang Korngold / DR A l'occasion de la sortie de son nouvel album « Exiles », chez Aparté, la violoncelliste Ophélie Gaillard était la soliste du concert de l'Orchestre National de Lorraine sous la direction de Jacques Mercier. Le concert débuta avec l’oeuvre la plus populaire d'Ernest Bloch, sa rhapsodie hébraïque « Schelomo » pour Violoncelle et Orchestre. OEuvre puissante, très descriptive, au premier degré. Ophélie Gaillard s’y lança avec énergie et une profonde émotion. Le problème est que lorsque l’on joue dans cette église, le son se perd, va se répercuter on se sait où et vient en retour brouiller la musique. Seuls les auditeurs des premiers rangs, les

The Myrthen Ensemble célèbre “ La Nuit et le Cosmos”

DR Ce groupe - Mart Bevan, soprano, Clara Mouriz, mezzo soprano, Robert Murray, ténor, Stephan Loges, baryton et Joseph Middleton, piano - tire son nom de la composition de Robert Schumann offerte à Clara en guise de cadeau de mariage. Les myrtes étaient pendant des siècles le symbole allemand du mariage. Cet ensemble explore tous les domaines de l’art et de la chanson. Il a été fondé par le pianiste Joseph Middleton. Les oeuvres chantées sont bien sûr en rapport avec l’exposition « La Nuit le Cosmos ». A quatre, à deux ou seul, les interprètes nous ont séduits par leur qualité vocale et leur diction parfaite en français, en espagnol, en allemand, pour chanter Brahms, Schumann, Chausson, Duparc, Massenet, Fauré, Mompou et De Falla.

DR Un tout nouveau festival de musique de chambre vient de naître en Savoie : nouveau quant aux dates, puisque sa première saison vient de se clore le 9 avril dernier, mais nouveau également quant à son approche. Constatant qu’un festival, même s’il s’appuie sur un site ou une salle éponyme, fait généralement peu de place au patrimoine régional de l’endroit où il se déroule, Romain Louveau, son concepteur et organisateur, a voulu créer une “brèche” dans ce monde réglé des festivals dans lesquels, quel que soit le lieu, on entend les mêmes artistes, pour le même public et dans les mêmes programmes. Car c’est bien la variété qui caractérisait cette série de 9 concerts; une variété comprise dans le sens des concerts au XIXe siècle, lorsque se succédaient sur scène différentes formations,

Thomas Ospital © Mirko Cvjetko Le samedi 8 avril, le concert annoncé dans la programmation de Radio France sous le titre « Orgue avec orchestre » était placé sous le signe de l'Amérique, et, partant, sous celui d'un optimisme indéfectible, tout comme l'avait été la journée, quasi estivale. En était la vedette un jeune homme à l'allure encore pouponne : Thomas Ospital, né en 1990, qui, tel un athlète de très haut niveau, sut exploiter toutes les ressources de la console du tout nouvel orgue Gerhard Grenzing, installée sur le devant de la scène de l'auditorium de la Maison ronde, face au « Philhar ». Coup d'envoi avec une Improvisation de et par Thomas Ospital sur I got rythm (1934) de George Gershwin (lui-même auteur de Variations sur cet air), l'occasion, pour le titulaire du grand-orgue de l'église Saint- Eustache, de

Chaya Czernowin / DR Le 30 mars, soirée de clôture de la célébration des quarante ans de l’Ensemble Intercontemporain, fut donné Genesis à la Cité de la Musique. Le titre le dit clairement : cette oeuvre renvoie au thème de la Genèse et plus largement à celui de la création. Sept jours et sept compositeurs pour sept morceaux commandés par Matthias Pintscher. Tous avaient en commun d’avoir été écrits peu ou prou pour le même instrumentarium – cordes, vents, percussions, harpe, piano et célesta –, de durer entre huit et dix minutes et d’être centrés sur mi bémol. Ce dernier est à la fois, pour le chef de l’Ensemble, « la » note du milieu entre haut et bas, entre ciel et terre, et un hommage à Pierre Boulez, « le » créateur (de l’Intercontemporain en 1976), dont la pièce Mémoriale est axée sur le même degré. Genesis est donc une oeuvre à programme, chaque journée développant des images. On the Face of the Deep de Chaya Czernowin illustre le

© Jean-Baptiste Millot Après l’avoir entendu à Bagatelle en juin puis à Gaveau en janvier, François Dumont revient ce 19 avril à la salle Gaveau, mais cette fois en tant que chef et soliste. Programme exclusivement consacré à Mozart : concertos pour piano et chant avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne. Les concertos annoncés, nous les avons entendus maintes fois, on sait déjà qu’on va se retrouver comme en famille, d’autant que le n° 17 en sol majeur et le n° 23 en la majeur demeurent parmi les plus connus. D’emblée, la disposition de l’orchestre autour du piano perpendiculaire à la scène et découvert, nous surprend. François Dumont dirige de son piano, soit debout, soit devant son clavier. Après le prélude orchestral tout en battements d’ailes des flûtes et des hautbois, arrive le

Un retour bien pâlichon à la Philharmonie de Paris !

Janine Jansen & Paavo Järvi © DR Curiosité et nostalgie mêlées expliquaient sans doute la grande affluence du public dans la salle Pierre Boulez de la Philharmonie pour ce premier passage, dans le grand temple parisien de la musique classique, de l’Orchestre symphonique de la NHK Tokyo (tournée européenne) dirigé par Paavo Järvi, ancien directeur de l’Orchestre de Paris, actuellement chef principal de la phalange japonaise. Une nostalgie probablement renforcée par la prestation assez moyenne de la NHK ce soir...Un programme associant le Concerto pour violon de Sibelius (1905) avec Janine Jansen en soliste et la rarement jouée, Symphonie n° 10 de Chostakovitch (1953). Le concerto de Sibelius bénéficie d’emblée de la grande complicité existant entre le chef et la soliste qui ont souvent joué ensemble, et c’est sur un nuage de cordes pianissimo que le violon entame sa déploration crépusculaire qui peu à peu va s’étoffer pour lui donner une place largement prédominante où la virtuosité tient une place de choix. Le jeu de la violoniste est très tendu, avec beaucoup d’engagement sonore (Stradivarius Rivaz-Baron Gutmann 1707)

Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. Andrey Boreyko. Lukas Geniušas, pianoy

Lukas Geniušas © Zeneka Levin Soirée intégralement russe à l’Auditorium de la maison ronde où le chef russe Andrey Boreyko dirigeait le « Philhar » dans un programme totalement dédié à la musique russe (Concerto pour piano n° 3 de Prokofiev, La Belle au bois dormant de Tchaïkovski et la Symphonie n° 7 de Silvestrov) avec, cerise sur le gâteau, la présence en soliste du jeune et prometteur pianiste russe Lukas Geniušas. Soirée découverte donc, avec tout d’abord Lukas Geniušas, âgé de 27 ans, lauréat des concours internationaux Chopin (2010) et Tchaïkovski (2015) exécutant le Concerto pour piano n° 3 de Prokofiev (1921). Le concerto probablement le plus connu du compositeur russe où l’on retrouve ses caractéristiques comme virtuosité, accords martelés, sauts abruptes du grave à l’aigu, courses d’arpèges, rudesse et lyrisme mêlés. On est d’emblée frappé par la souplesse, la fluidité et la facilité technique du pianiste russe dont le toucher très naturel sait se faire tantôt

 

Nelson Freire © E. Dahan / DG. Inutile de présenter le pianiste brésilien dont le passage à Paris est vécu chaque année comme un évènement musical incontournable. Son charisme, son toucher unique reconnu de tous, sa science exceptionnelle du piano et sa conception musicale hors du commun qui en font un musicien de l’âme, expliquant sans aucun doute l’affluence du public dans la grande salle de la Philharmonie de Paris pour ce superbe récital convoquant Bach, Brahms, Villa-Lobos et Chopin. Compositeurs pour lesquels Nelson Freire entretient, depuis longtemps déjà, un vibrant amour et dont il reste, encore aujourd’hui, le champion incontesté par son jeu envoûtant. Bach tout d’abord dans des transcriptions de Busoni « Ich ruf’ zu Dir, Herr Jesu Christ », de Siloti, Prélude pour orgue BWV 535 et de Dame Myra Hess