Pour le 150ème anniversaire de la naissance d'Erik Satie

Dans le cadre de l'intégrale pour piano seul de Satie, à l'Auditorium du Musée d'Orsay, et au cours des trois premiers concerts, on a entendu les tubes mais aussi des œuvres moins jouées, moins connues, des pièces plus attachantes et d'autres ennuyeuses. Il existe diverses manières d'interprétation de cette musique : avec une certaine ironie, avec légèreté ou avec beaucoup de sérieux, peut-être trop, ou encore avec un certain romantisme mal venu.

Tout Ravel par Bertrand Chamayou : un moment de bonheur

Il est rare qu'on commente à la fois un concert et un disque du même programme. L'actualité l'impose avec l'intégrale pour piano de Ravel donnée simultanément au Théâtre des Champs-Elysées et au disque, par Bertrand Chamayou. Voilà un musicien de l'eau la plus pure et un homme que le chalenge n'est pas de nature à effrayer ! On se souvient de son intégrale des Années de pèlerinage de Lizst (CD Naive) qui fusa comme un coup de tonnerre. Interpréter Ravel ? C'est « trouver un ton personnel, et donc une certaine liberté au sein d'un texte d'une extrême précision », remarque-t-il. Ses tempos sont plutôt allants ; et on pense à l'assertion de Manuel Rosenthal pour qui les indications de tempos de Ravel sont des garde-fous plus que des exigences strictes. On sait à cet égard les échanges vifs entre l'auteur et son interprète favorite Marguerite Long. Chamayou d'ajouter : « on ne peut avoir prise que sur les détails, il faut peaufiner, ciseler, trouver des changements d'éclairage, mais ne rien surligner. Tout se joue entre les lignes ».

« Mon Rossini », selon Olga Peretyatko

La belle Olga Peretyatko avait convié le public au Théâtre des Champs-Elysées, dans le cadre du cycle ''Les grandes voix '', à un voyage en terres rossiniennes, son Rossini, dit-elle en un mot d'introduction. Un bouquet d'arias connues et moins connues. Elle ouvre le bal par le délicat « Partir, o ciel! Desio... (Hélas je dois partir), du Voyage à Reims où la comtesse de Folville exprime son chagrin de la perte de ses beaux atours lors du renversement de la calèche empruntée pour se rendre au sacre de Charles X...

Alexander Paley à la rencontre de ses racines

Le moldave Alexander Paley est un grand artiste et il l'a prouvé encore à la salle Gaveau dans un programme original et intelligent. Il est allé à la rencontre de ses racines. Rachmaninov est considéré comme un moldave.

Deux jeunes talents aux Pianissimes

Olivier Bouley aime rien tant que nous faire découvrir de jeunes talents. Il a ce désir de nous faire partager ses coups de cœurs. Lorsqu'il présente ses concerts au Couvent des Récollets, dans la série Les Pianissimes, il nous donne envie de le suivre dans ses choix. Ce 11 janvier, pour commencer l'année, c'est un duo de jeunes artistes qu'il nous a proposé.

Henri Dutilleux aurait eu 100 ans !

 

 

L'orchestre Philharmonique de Radio France, avant de débuter son festival annuel « Présences » consacré à la musique contemporaine, donnait au public parisien un concert d'exception consacré au compositeur français Henri Dutilleux. Disparu à l'âge de 97 ans en 2013, il aurait eu 100 ans aujourd'hui. Un programme totalement centré sur ses œuvres, musique symphonique et musique de chambre, permettant d'apprécier, sur ce court échantillon,  la qualité et l'originalité de sa musique reconnue dans le monde entier. Entre cristal et nuée, entre ordre et chaos, une œuvre, comme une dialectique du temps entre humain et cosmique, entre forme et matière.

A la mémoire de Kurt Mazur

L'Orchestre National de France souhaitait rendre un vibrant hommage au grand chef d'orchestre allemand récemment disparu qui fut son directeur musical entre 2002 et 2008. Ce concert lui était donc tout particulièrement dédié comme un témoignage de respect et de reconnaissance envers ce musicien hors du commun, sur la scène comme à la ville. A sa mémoire, L'Aria de la Suite n° 3 de Bach ouvrait donc ce concert devant un public et des musiciens recueillis…

Le « National » au mieux de sa forme avant sa tournée américaine

Pour un des ses derniers concerts avant son départ en tournée en Amérique du Nord, l'Orchestre National nous est apparu au mieux de sa forme, dirigé par le chef américain James Conlon, ancien premier chef de l'Opéra de Paris entre 1995 et 2004. Des retrouvailles au sein du Grand Auditorium de Radio France expliquant la présence de nombreuses personnalités ayant appartenu un temps à la grande Maison durant la période particulièrement troublée du mandat de Huges Gall…

Le « National » rend hommage à Henri Dutilleux

Ce concert de début d'année était le premier d'une série que l'Orchestre National de France a choisi de consacrer, comme un hommage, au compositeur français Henri Dutilleux (1916-2013) dont on célèbre, en cette année 2016, le centenaire de la naissance. En effet, au fil de six décennies, l'ONF et Henri Dutilleux ont tissé une longue histoire émaillée de nombre de créations marquantes, commencée en 1951 par la création mondiale de la Symphonie n° 1.

Martha Argerich illumine le concert pour la paix

Par son charisme et son magnétisme pianistique, chacune des apparitions de Martha Argerich sur scène est déjà un événement en soi, aussi ne s'étonnera-t- on pas de retrouver la Philharmonie de Paris archi comble pour ce concert de gala se déroulant devant nombre de personnalités médiatiques et politiques. Il faut bien avouer que ce concert pour la paix, donné par l'Alma Chamber Orchestra, dirigé par le surdoué français de la direction d'orchestre Lionel Bringuier avait de quoi attirer le chaland par la notoriété de la soliste et le programme romantique proposé associant Mendelssohn, Beethoven et Schumann.

Robert Trevino & le « National » : Une première rencontre en demi teinte…

Le jeune chef américain, Robert Trevino, lauréat du concours Svetlanov 2010, remplaçait au pied levé Daniele Gatti, souffrant, à la tête de l'Orchestre National de France dans un programme viennois, on ne peut plus romantique, associant Schubert et Bruckner. Lourde tache, difficile entrée en matière dans le grand Auditorium de Radio France, même si la colossale Huitième de Bruckner avait été remplacée, pour l'occasion, par la non moins célèbre Quatrième symphonie dite « romantique » du maître de Saint Florian.

Jakub Hrusa et le « Philhar » : Une soirée « fantastique »!

Un programme rare et particulièrement alléchant, réunissant Joseph Suk, Bohuslav Martinu et Igor Stravinski, pour ce concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio France, au Grand Auditorium, dirigé par le jeune chef tchèque Jakub Hrusa, spécialiste de ce répertoire. Né en 1981, il fut, il y a une dizaine d'années, chef assistant du « Philhar » et devrait tout prochainement prendre la direction de l'Orchestre symphonique de Bamberg. Une soirée  se déroulant autour du fantastique… Scherzo fantastique de Joseph Suk (1874-1935) en ouverture.

Naissance d'un grand chef !

Pour leur passage à Paris dans le cadre d'une tournée européenne, les Wiener Symphoniker n'étaient pas dirigés par leur chef titulaire, Philippe Jordan, actuellement souffrant, mais par le jeune chef prodige israélien âgé de 26 ans, Lahav Shani. Également pianiste et contrebassiste, élève de Daniel Barenboïm, il fit vivre à la Philharmonie de Paris, en ce glacial soir de janvier, un de ses plus beaux moments par sa direction époustouflante et totalement décomplexée qui souleva le public !

Orchestre Français des Jeunes, David Zinman, Nelson Freire : que de talents réunis !

Que de talents réunis pour ce concert de l'Orchestre Français de Jeunes, dirigé par David Zinman avec Nelson Freire en soliste, dans un programme varié associant Berlioz, Rachmaninov et Brahms. Un orchestre créé en 1982 par le Ministère de la Culture visant à assurer aux jeunes musiciens d'orchestre une formation de haut niveau, dirigé par un chef de renommée internationale, comme aujourd'hui David Zinman qui en est le directeur musical depuis cette année.

Valery Gergiev : Docteur Jekyll et Mister Hyde !

Un concert bien étonnant que celui donné à la Philharmonie de Paris par l'emblématique chef russe, Valery Gergiev, à la tête de l'Orchestre de Paris. Une soirée musicale qui nous conduisit de l'apathie la plus morne et la plus ennuyeuse d'un Double Concerto pour violon et violoncelle de Brahms, réduit à une suite de notes sans intérêt, jusque sur les sommets rarement atteints d'une exceptionnelle et magistrale interprétation de la Symphonie fantastique de Berlioz. On savait le chef russe lunatique, capable du meilleur comme du pire, mais jamais la double facette de sa personnalité musicale ne fut mise à jour avec autant d'acuité !

L'émotion musicale à l'état pur : Julia Fischer & Igor Levit

La musique de chambre est sans doute le domaine le plus secret de la musique et la sonate en duo une de ses formes les plus abouties. Julia Fischer (*1983) et Igor Levit (*1987) l'ont démontré sans ambages l'autre soir au Théâtre des Champs-Elysées, lors de la séance médiane de leur trilogie beethovénienne dont on rapporte que la première fut tout aussi passionnante. Beethoven a composé ses premières sonates pour violon et piano au seuil des années 1800, dans un fécond élan créateur qu'avivait la passion amoureuse pour « l'immortelle Bien aimée », Joséphine de Brunswick.

Esa-Pekka Salonen au Théâtre des Champs-Elysées

Chacun des passages sur scène du chef finlandais, Esa-Pekka Salonen, laisse à l'auditeur français comme un immense regret…Regret de n'avoir pu attacher ce talentueux chef d'orchestre à une quelconque phalange française, pour constater son indéfectible fidélité au Philharmonia Orchestra, orchestre londonien dont il est le directeur artistique et chef principal depuis 2008.

Des clartés célestes aux brumes du Nord

Il est toujours intéressant d'entendre un chef bien connu du public parisien, Paavo Järvi, directeur musical de l'Orchestre de Paris, à la tête d'une autre phalange. Ce soir, The Deutsche Kammerphilharmonie Bremen. Une comparaison inévitable qui tourna bien vite en faveur de l'orchestre parisien tant la sonorité de la formation allemande nous parut lourde et pataude.

Carmina latina ou l'aventure de l'Amérique du sud

 Féru de recherches musicologiques, l'argentin Leonardo García Alarcón avait convié, salle Gaveau, à cheminer à travers la musique baroque d'Amérique du sud. Pour montrer les influences réciproques existant entre Europe et continent sud américain. Un mouvement actif des deux côtés de l'Atlantique, explique-t-il dans un mot d'introduction, le mouvement ne s'étant pas fait à sens unique, de l'est vers l'ouest, mais bien plus sûrement de l'un vers l'autre continent.

Myung-Whun Chung, le « Philhar » et Mahler : L'éternel retour !

 

Le public s'était déplacé en nombre au grand auditorium de Radio France pour écouter cette Symphonie n° 6  dite « Tragique » de Gustav Mahler. Une symphonie qui avait valeur d'évènement car dirigée par le chef coréen, ancien directeur musical du « Philhar » qu'il retrouvait pour l'occasion en tant que chef honoraire. Un concert très attendu qui aurait pu avoir comme sous titre « Myung-Whun Chung ou l'éternel retour ». Éternel retour du fait des retrouvailles avec son ancien orchestre, éternel retour du fait du programme car on se souvient d'une intégrale contestée des symphonies de Mahler donnée il y a une dizaine d'années au Théâtre des Champs Elysées, et éternel retour comme une réminiscence nietzschéenne. Chung dont on connait les affinités pour le compositeur de Bohême ne cessant, depuis des années, de remettre l'ouvrage mahlérien sur le métier. Ce soir, la difficile Symphonie n° 6 dite Tragique. Une œuvre composée entre 1903 et 1904, créée à Essen en 1906 sous la direction du compositeur, faisant partie de la trilogie instrumentale médiane des symphonies de Mahler (avec la 5e et 7e).

Cycle Beethoven & Bartók par Daniele Gatti et le « National »

Après son intégrale des symphonies réalisée avec ce même orchestre lors de la saison 2012-2013 et pour sa dernière année à la tête de l'Orchestre National - il rejoindra le Concertgebouw d'Amsterdam en 2016 - le chef milanais remettait une fois de plus son Beethoven sur le métier. Beethoven encore, comme une obsession commune à beaucoup de grands chefs (Rattle et les « Berliner » très récemment à la Philharmonie de Paris) en association, cette fois, avec des œuvres de Bela Bartók. Un rapprochement pour le seul plaisir de la confrontation musicale et de l'écoute, ne semblant pas justifié par d'autres raisons plus musicologiques, tant ces deux personnalités apparaissent comme différentes. Beethoven (1770-1827) Titan de l'histoire de la musique et Bartók (1881-1945) figure dominante de la musique du XXe siècle de par son originalité formelle et harmonique.