Une soirée à la la Salle Cortot et ses divines surprises

Comme l'a expliqué Jérôme Pernoo dans son interview (cf. supra), à la salle Cortot avec le Centre de Musique de Chambre de Paris, c'est une manière de faire de la musique de chambre différemment et d'être plus près du public. Du 10 au 26 mars, le Quatuor Ardeo, jeune quatuor plein de talent, a interprété le Quintette avec clarinette K. 581 de Mozart. Le soliste était l'exceptionnel jeune musicien Raphaël Sévère.

David Kadouch dans Satie : le compte n'y est pas

Malgré tous ses prix, ses concerts avec des stars, le jeune pianiste David Kadouch n'a pas su nous réveiller de la torpeur dans laquelle il nous a plongé dès le début du concert en interprétant la célèbre Gnossienne n°3. Pendant tout le récital il a joué Satie avec mollesse, affectation, prétention même. Tous les morceaux avaient la même saveur c'est à dire sans ! En bis, il a joué un cake-walk sorte de morceau venu de la musique des afro-américains du sud, ancêtre du ragtime. David Kadouch n'a sûrement jamais écouté cette musique et ne sait pas ce que veut dire le stride. Oublions Satie par Kadouch. Ce pianiste doit bien avoir du talent ailleurs pour être autant invité dans les festivals ! Le public a été poli sans plus à la fin du concert.

 

''Dark Concert'' au Centre de Musique de Chambre

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''Dark concert''....Jérôme Pernoo nous a fait vivre une expérience passionnante. Car tout le concert s'est déroulé pratiquement dans le noir. Cette expérience unique s'est faite sur la base de l'histoire de cette salle à l'acoustique impressionnante, et qui a été « sublimée » par le système son de la firme Devialet, un des partenaires du Centre. Jérôme nous a fait voyager dans le temps dans cette salle qui n'avait pas encore le nom de Cortot, depuis les premières notes que jouèrent des interprètes mythiques jusqu'à celles que la troupe actuelle du Centre de Musique de chambre de Paris a fait résonner depuis cette saison.

Beethoven et un bœuf de chambre... chez Cortot

Au violoniste Radicati qui reprochait à Beethoven que le quatuor op 59 n°1 ne soit    pas de la musique, Beethoven avait répondu : « ce n'est pas pour vous, c'est pour les temps à venir ». Avec l'interprétation de cette œuvre par le Quatuor Hanson, salle Cortot, ces temps là sont venus. Il suffit que l'enthousiasme s'empare de la musique et des musiciens pour que la partie soit gagnée. L'œuvre renaît au centuple, elle revit. La virtuosité est tellement maîtrisée qu'on l'oublie aussi vite qu'on est subjugué par l'émotion et les subtilités du jeu (dans l'adagio par exemple), particulièrement celui du jeune violoniste Anton Hanson qui donne son nom à l'ensemble et lui insuffle une légèreté, presque un humour faisant pardonner à Beethoven certaines redites qui pourraient sembler fastidieuses et hissent l'œuvre au sommet de l'art du quatuor.  Après Beethoven, Mozart et le Quintette pour deux altos K. 516, joué par le même quatuor Hanson et un invité surprise. Selon le principe du "bœuf" cher aux jazzmen, ils n'ont jamais répété ensemble. Ce soir Jérôme Pernoo a invité Michel Michalakakos, professeur d'alto au Conservatoire, et l'ensemble a été bluffant. Comme au cinéma, la première prise est souvent  la meilleure parce que la plus spontanée et… la plus vivante.

 

Création française du Concerto n° 2 pour violon et orchestre de Magnus Lindberg

Un double évènement musical expliquait probablement la foule des grands soirs sur les bancs de la Philharmonie de Paris : la création française du Concerto n° 2 pour violon et orchestre de Magnus Lindberg, compositeur finlandais actuellement en résidence auprès du « Philhar », et la venue à Paris, pour cette création, du chef américain Alan Gilbert qui quittera prochainement la direction musicale du Philharmonique de New York.

La Folle journée de Nantes célèbre la Nature

La grande fête musicale nantaise aura encore battu tous ses records. La thématique retenue pour cette 22 ème édition était large puisqu'intitulée « La nature ». Un thème qui ressortit à un concept hautement fédérateur, comme il en était l'an passé (« La passion ») et en sera l'année prochaine (« La danse »). Et n'est donc plus centrée sur un compositeur ou un groupe de musiciens, ou encore un mouvement musical.

Valery Gergiev, les Viennois et Yuja Wang

Pour leur concert de résidence parisienne, les Wiener Philharmoniker étaient dirigés par Valery Gergiev : des retrouvailles, car le chef ossète ne les avaient pas conduits depuis un certain temps. Mais elles sont l'occasion d'une mini tournée européenne, suivie d'un long voyage aux USA et en Amérique du sud. Autre événement marquant de ce concert : la première collaboration de la pianiste Yuja Wang avec l'orchestre. Elle s'effectua avec un concerto de Mozart, ce qui a priori relève de l'improbable tant pour elle que pour le chef.

Gianandrea Noseda embrase la Philharmonie de Paris

C'est assurément le feu de l'enfer qui anima tout du long ce Requiem de Verdi, terrifiant et tendu, mené de main de maitre par le fougueux chef italien Gianandrea Noseda. Un Requiem comme rarement entendu ce dont témoigna le silence prolongé du public subjugué après les dernières notes du Libera me, ensuite suivi de nombreux rappels et ovations.

Semyon Bychkov & le Royal Concertgebouw Orchestra : Héroïques !

Le Royal Concergebouw Orchestra et Semyon Bychkov étaient de passage à la Philharmonie de Paris dans le cadre d'une tournée européenne. Un programme on ne peut plus classique mais alléchant compte tenu de la notoriété mondiale des intervenants, associant le Concerto n° 5 dit « Empereur » de Beethoven avec le pianiste brésilien Nelson Freire en soliste, et Une Vie de héros de Richard Strauss.

Gil Shaham, le violon dans la joie

Ce concert de l'Orchestre de Paris avait un double intérêt, d'une part la venue sur la scène de la Philharmonie de Paris d'un des plus grands violonistes du moment, le violoniste israélo américain Gil Shaham, dans un monument du répertoire, le Concerto pour violon et orchestre de Brahms et, d'autre part, une merveilleuse pièce orchestrale de Bartók, Le Prince de bois, exceptionnellement donnée dans sa version intégrale, conduite par le fameux chef américain David Zinman.

Mendelssohn par Yannick Nézet-Séguin à la Philharmonie de Paris

Un cocktail assez détonant que cette rencontre entre deux personnalités bien typées, Felix Mendelssohn d'une part, en qui Debussy voyait l'image d'un notaire élégant et facile, et d'autre part le fougueux et parfois atypique chef d'orchestre canadien, Yannick Nézet-Séguin, à la tête pour l'occasion d'une de plus belles phalanges européennes, le Chamber Oorchestra of Europe. Un corpus symphonique de cinq œuvres, si l'on excepte les symphonies de jeunesse, donné en deux concerts consécutifs.

Pour le 150ème anniversaire de la naissance d'Erik Satie

Dans le cadre de l'intégrale pour piano seul de Satie, à l'Auditorium du Musée d'Orsay, et au cours des trois premiers concerts, on a entendu les tubes mais aussi des œuvres moins jouées, moins connues, des pièces plus attachantes et d'autres ennuyeuses. Il existe diverses manières d'interprétation de cette musique : avec une certaine ironie, avec légèreté ou avec beaucoup de sérieux, peut-être trop, ou encore avec un certain romantisme mal venu.

Tout Ravel par Bertrand Chamayou : un moment de bonheur

Il est rare qu'on commente à la fois un concert et un disque du même programme. L'actualité l'impose avec l'intégrale pour piano de Ravel donnée simultanément au Théâtre des Champs-Elysées et au disque, par Bertrand Chamayou. Voilà un musicien de l'eau la plus pure et un homme que le chalenge n'est pas de nature à effrayer ! On se souvient de son intégrale des Années de pèlerinage de Lizst (CD Naive) qui fusa comme un coup de tonnerre. Interpréter Ravel ? C'est « trouver un ton personnel, et donc une certaine liberté au sein d'un texte d'une extrême précision », remarque-t-il. Ses tempos sont plutôt allants ; et on pense à l'assertion de Manuel Rosenthal pour qui les indications de tempos de Ravel sont des garde-fous plus que des exigences strictes. On sait à cet égard les échanges vifs entre l'auteur et son interprète favorite Marguerite Long. Chamayou d'ajouter : « on ne peut avoir prise que sur les détails, il faut peaufiner, ciseler, trouver des changements d'éclairage, mais ne rien surligner. Tout se joue entre les lignes ».

« Mon Rossini », selon Olga Peretyatko

La belle Olga Peretyatko avait convié le public au Théâtre des Champs-Elysées, dans le cadre du cycle ''Les grandes voix '', à un voyage en terres rossiniennes, son Rossini, dit-elle en un mot d'introduction. Un bouquet d'arias connues et moins connues. Elle ouvre le bal par le délicat « Partir, o ciel! Desio... (Hélas je dois partir), du Voyage à Reims où la comtesse de Folville exprime son chagrin de la perte de ses beaux atours lors du renversement de la calèche empruntée pour se rendre au sacre de Charles X...

Alexander Paley à la rencontre de ses racines

Le moldave Alexander Paley est un grand artiste et il l'a prouvé encore à la salle Gaveau dans un programme original et intelligent. Il est allé à la rencontre de ses racines. Rachmaninov est considéré comme un moldave.

Deux jeunes talents aux Pianissimes

Olivier Bouley aime rien tant que nous faire découvrir de jeunes talents. Il a ce désir de nous faire partager ses coups de cœurs. Lorsqu'il présente ses concerts au Couvent des Récollets, dans la série Les Pianissimes, il nous donne envie de le suivre dans ses choix. Ce 11 janvier, pour commencer l'année, c'est un duo de jeunes artistes qu'il nous a proposé.

Henri Dutilleux aurait eu 100 ans !

 

 

L'orchestre Philharmonique de Radio France, avant de débuter son festival annuel « Présences » consacré à la musique contemporaine, donnait au public parisien un concert d'exception consacré au compositeur français Henri Dutilleux. Disparu à l'âge de 97 ans en 2013, il aurait eu 100 ans aujourd'hui. Un programme totalement centré sur ses œuvres, musique symphonique et musique de chambre, permettant d'apprécier, sur ce court échantillon,  la qualité et l'originalité de sa musique reconnue dans le monde entier. Entre cristal et nuée, entre ordre et chaos, une œuvre, comme une dialectique du temps entre humain et cosmique, entre forme et matière.

A la mémoire de Kurt Mazur

L'Orchestre National de France souhaitait rendre un vibrant hommage au grand chef d'orchestre allemand récemment disparu qui fut son directeur musical entre 2002 et 2008. Ce concert lui était donc tout particulièrement dédié comme un témoignage de respect et de reconnaissance envers ce musicien hors du commun, sur la scène comme à la ville. A sa mémoire, L'Aria de la Suite n° 3 de Bach ouvrait donc ce concert devant un public et des musiciens recueillis…

Le « National » au mieux de sa forme avant sa tournée américaine

Pour un des ses derniers concerts avant son départ en tournée en Amérique du Nord, l'Orchestre National nous est apparu au mieux de sa forme, dirigé par le chef américain James Conlon, ancien premier chef de l'Opéra de Paris entre 1995 et 2004. Des retrouvailles au sein du Grand Auditorium de Radio France expliquant la présence de nombreuses personnalités ayant appartenu un temps à la grande Maison durant la période particulièrement troublée du mandat de Huges Gall…

Le « National » rend hommage à Henri Dutilleux

Ce concert de début d'année était le premier d'une série que l'Orchestre National de France a choisi de consacrer, comme un hommage, au compositeur français Henri Dutilleux (1916-2013) dont on célèbre, en cette année 2016, le centenaire de la naissance. En effet, au fil de six décennies, l'ONF et Henri Dutilleux ont tissé une longue histoire émaillée de nombre de créations marquantes, commencée en 1951 par la création mondiale de la Symphonie n° 1.

Martha Argerich illumine le concert pour la paix

Par son charisme et son magnétisme pianistique, chacune des apparitions de Martha Argerich sur scène est déjà un événement en soi, aussi ne s'étonnera-t- on pas de retrouver la Philharmonie de Paris archi comble pour ce concert de gala se déroulant devant nombre de personnalités médiatiques et politiques. Il faut bien avouer que ce concert pour la paix, donné par l'Alma Chamber Orchestra, dirigé par le surdoué français de la direction d'orchestre Lionel Bringuier avait de quoi attirer le chaland par la notoriété de la soliste et le programme romantique proposé associant Mendelssohn, Beethoven et Schumann.