Sir Malcolm at his club. English music for strings by Malcolm Arnold and fellow Savile Club members

J'ai commencé mon séjour londonien avec le concert dédié à St. George, je l'ai terminé avec une soirée de musique anglaise dans cette église de St James, Piccadilly, là même où le poète, peintre et graveur William Blake a été baptisé le 11 décembre 1757. Le thème principal était centré autour de l'éminente figure du trompettiste et compositeur Sir Malcolm Henry Arnold (1921-2006) et ses amis du fameux Savile Club, traditionnel gentlemen's club fondé en 1868. Le Chamber Ensemble of London conduit par Peter Fisher nous ont fait entendre les musiques de Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Frederick Theodore Albert Delius (1862-1934), Sir Edward William Elgar (1857-1934), William Alwyn (1905-1985), Sir Charles Villiers Stanford (1852-1924), Sir William Turner Walton (1902-1983), Sir

Une chevauchée fantastique

D'abord le piano, on nous annonce que Boris Gilltburg jouera sur un tout nouveau piano de concert Stephen Paulello de 102 touches, 3 mètres de long et cordes parallèles. Boris Giltburg a constitué son programme "avec soin" de façon thématique autour de la mort et autour de compositeurs russes. La Chaconne de Bach fut écrite pour violon. Busoni l'a copieusement revisitée et transcrite pour le piano à la fin du XIX ème siècle. Boris Giltburg commence lento conformément à la partition de Bach puis, comme l'a voulu Busoni, celui-ci nous inonde d'un flot de notes qui permettent à l'interprète d'affirmer d'emblée une virtuosité époustouflante. Avoir un pied dans Bach et l'autre dans Busoni peut faire un peu boiter et l'œuvre ne parvient pas toujours à départager la rigueur de l'un et le post-romantisme de l'autre. Et le jeu du pianiste ne nous donne pas la solution qui s'envole dans ce déluge avec brio au point de nous faire oublier parfois l'émotion

Fin de partie à l'auditorium du Musée d'Orsay

C'est avec un feu d'artifice vocal que s'est terminée la saison de l'Auditorium du Musée d'Orsay. Dans le cadre du concept musical « Musiciens d'Apollinaire », en relation avec la superbe exposition « Apollinaire, le regard du poète » à l'Orangerie, le jeune baryton Jonathan McGovern, accompagné par James Baillieu, a interprété avec élégance, force de conviction, humour et diction parfaite un florilège de mélodies françaises : « Chanson d'Orkenise, FP 107, n°1, Hôtel, FP 107, n°2, Voyage à Paris, FP 107, n°4, Le bestiaire, FP 15a, Le travail du peintre » de Francis Poulenc, puis « Six poèmes d'Apollinaire, H 12 » mis en musique par Arthur Honegger, et de nouveau « Le Bestiaire » mais mis en musique par Louis Durey et

Un concert transversal de l'orchestre Pasdeloup

Il faut vraiment souligner l'intérêt de la démarche pédagogique que l'orchestre Pasdeloup adopte depuis 2010. Trouvant en la Philharmonie de Paris un écrin de choix, il nous a proposé un concert d'un grand mérite. Le programme « arc en ciel » concocté sous l'autorité bienveillante de Patrice Fontanarosa, son conseiller artistique, était captivant, puisqu'il proposait une transversalité entre musique populaire et musique savante : à l'hispanisme de la seconde suite du Tricorne de de Falla répondait une fantaisie de Sarasate sur Carmen ; et les airs bohémiens du même Sarasate répliquaient aux accents de l'Europe de l'est de La seconde Rhapsodie de Bartók. Nul besoin de trouver un « symétrique » à La Valse de Ravel : autant

Un expatrié reçoit les honneurs soviétiques au Théâtre des Champs-Elysées

Introduite par un message « personnel » de Vladimir Poutine - dont, je l'avoue, j'aurais pu me passer- la « journée de la Russie dans le monde » fut prétexte à ce magnifique concert de l'Orchestre philharmonique de l'Oural, sous la direction de Dmitri Liss, avec la participation du très grand Denis Matsuev. Le Concerto n°3 de Rachmaninov y fut donné avec le brio qu'on attendait d'un premier prix Tchaïkovski… Puissance, perfection technique, sensibilité : tout y était dans cette œuvre qu'on ne peut entendre sans songer au film de Scott Hicks, qui a déjà vingt ans !

L'ensemble Nouvelles Portées à l'Eglise du Liban

Ce n'est pas le Philharmonique de Vienne, de Berlin, de New York, ou de Londres, mais l'Ensemble Nouvelles Portées, fondé en 2014, est un orchestre en devenir avec des jeunes et brillants instrumentistes formés dans les meilleurs conservatoires français et européens. L'objectif, comme pour les deux chefs qui le dirigent, est de défendre un répertoire peu interprété. L'orchestre possède la fougue de la jeunesse et l'a montré tout au long de la soirée.

Matthias Goerne & Christoph Eschenbach : Une curieuse impression d'inachevé….

On sait le baryton allemand, Matthias Goerne, plus à l'aise dans l'exercice du lied que dans les grandes fresques opératiques, aussi ce concert de l'Orchestre de Paris qui retrouvait pour l'occasion son ancien directeur musical, le pianiste et chef allemand, Christoph Eschenbach, avait-il un parfum d'inattendu, expliquant l'affluence des grands soirs à la Philharmonie de Paris. Un programme totalement allemand, les Monologues célèbres de Wagner et la Symphonie n° 2 de Brahms. Formidable conteur dans le Lied où sa narration intimiste et son expression du « Je » font merveille, Matthias Goerne déçut dans ces monologues wagnériens,

Daniel Harding et l'Orchestre de Paris : Le début d'une nouvelle ère.

Le nouveau futur directeur musical de l'Orchestre de Paris retrouvait ses troupes quelques mois avant sa prise officielle de fonction en septembre prochain, date à laquelle il remplacera Paavo Järvi. Les choses changent et il faudra s'y habituer…Si la direction du chef estonien s'appuyait notamment sur un sens aigu de la dynamique et une gestique assez minimaliste, celle du chef britannique se caractérise, au contraire, par une certaine langueur, originale, tant dans le geste, ample, élégant et parfois quelque peu grandiloquent que dans la lecture de l'œuvre, s'attachant beaucoup aux détails et aux nuances, parfois aux dépens de la ligne conductrice qu'on peine quelque peu à suivre…Un concert à la Philharmonie de Paris qui avait donc valeur de test bien que Daniel Harding ait plusieurs fois dirigé la

Hélène TYSMAN à l'Institut Goethe : Un récital 100% Bach

La jeune pianiste française Hélène Tysman était en concert à l'Institut Goethe de Paris dans le cadre de la saison « Piano, mon amour » organisé par les pianos Blüthner pour un court récital entièrement dédié à Bach. Lauréate de plusieurs concours internationaux comme notamment le Concours International Chopin de Varsovie, Hélène Tysman a déjà gravé une discographie essentiellement consacrée au répertoire romantique (Schumann et Chopin). Aussi pouvait-on s'étonner et se réjouir du choix de ce programme 100% Bach, la curiosité ajoutant au plaisir de l'écoute, la jeune pianiste ayant déjà été plusieurs fois remarquée par la critique,

Daniele Gatti & le « National » : Résolument chambristes

Après le superbe Tristan qui en surprit beaucoup par son ambiance chambriste, Daniele Gatti confirme sa vision claire et épurée de l'univers wagnérien dans cet admirable concert donné à la tête du « National » au Théâtre des Champs-Elysées. Un programme cohérent s'organisant autour du maitre de Bayreuth comprenant l'Orphée de Liszt, les Wesendonck Lieder dans leur version pour voix d'homme, chantés par le célèbre ténor Jonas Kaufmann et la Symphonie n° 7 de Bruckner. Passons rapidement sur Orphée, quatrième poème symphonique de Franz Liszt, composé en 1853, œuvre d'une grande limpidité, sorte d'hymne à la mission civilisatrice de la musique où les harpes occupent évidemment le premier plan entretenant une atmosphère transparente d'ineffable et mystérieuse Harmonie…

Soixante dix bougies pour Jacques Lenot

Ils ont traversé l'atlantique pour l'occasion. Le pianiste Winston Choi et son épouse violoniste MingHuan Xu Choi, résidant à Chicago, étaient le 17 mai dernier, sur la scène de l'Auditorium Debussy-Ravel de la Sacem pour le concert anniversaire de Jacques Lenot. Ses soixante-dix bougies n'avaient pu être soufflées en 2015 en raison des attentats de novembre à Paris. Rappelons que Winston Choi, élève de Menahem Pressler à l'Indiana University, a été lauréat du Concours de piano d'Orléans en 2002. Il est également l'interprète de l'intégrale de l'œuvre pour piano de Jacques Lenot gravée en 2010 chez Intrada.  Si la seconde partie de la soirée lui est entièrement consacrée, le pianiste partage la scène avec son épouse en début de programme, affichant, aux côtés d'œuvres solistes, les Mythes de Karol Szymanowski et les Douze duos pour violon et piano de Lenot, dont l'intégrale est donnée ce soir en création mondiale.

"L'esprit Satie" par Jean Pierre Armengaud

Dans le cadre du cent cinquantième anniversaire de la naissance d'Erik Satie, l'affiche du Reid Hall annonçait un concert donné par Jean Pierre Armengaud. Mais la soirée fut bien plus qu'un concert, puisque, si on a entendu la musique de Satie, elle était illustrée de son contrepoint littéraire, les textes écrits par le compositeur. Jean Pierre Armengaud connaît son Satie sur le bout des doigts du cœur et de l'âme, il en est le spécialiste incontesté puisque, outre qu'il interprète sa musique de piano, il est aussi historien et musicologue (il a écrit une biographie de 700 pages éditée par Fayard ). Les pièces écrites par Satie sont toutes de courte durée. Jean Pierre Armengaud en a joué plus d'une quarantaine entrecoupées par la lecture de quelques « contes drôlatiques ».

Chants d'Amour !

La Fondation Franco-Japonaise Sasakawa a proposé une soirée exceptionnelle dans cet endroit mythique qu'est le théâtre des Bouffes du Nord. Deux grands créateurs, liés par une admiration et une amitié remarquables, Olivier Messiaen et Yoritsuné Matsudaïra ont été interprétés par Yumi Nara, soprano, accompagnée par le brillant Jay Gottlieb au piano. Yumi Nara chante ces œuvres depuis des années et ces deux compositeurs appréciaient sa musicalité, sa sensibilité, et l'émotion qu'elle apporte. On n'a pu en juger lors de concert. 

Les Musiciens d'Apollinaire à l'Auditorium du Musée d'Orsay

Du 19 au 24 mai a eu lieu l'exposition « Apollinaire, le regard du poète ». Ce fut l'occasion de rappeler l'influence du poète sur la musique. Après sa mort, plusieurs compositeurs ont mis ses mots en musique. Pour l'occasion, c'est Francis Poulenc qui était le fil rouge des concerts donnés à l'Auditorium. Après les Musiciens de l'Orchestre de la Garde Républicaine qui ont superbement interprété des œuvres de Debussy et le Sextuor pour piano et vents de Poulenc, c'est l'Ensemble Musicatreize sous la direction de Roland Hayrabedian qui a chanté Francis Poulenc, Maurice Ravel, Guy Reibel et Marius Constant.

Désirs de l'Orient

L'orientalisme traverse les collections du musée d'Orsay et la musique n'échappe pas à l'attrait pour cet Orient phantasmé. Dès les années 1830 apparaît un courant de mélodies françaises orientalisantes qu'illustreront Saint-Saëns, Ravel, Delage, Massenet. La chanteuse Amel Brahim-Djelloul nous l'avait fait entendre magnifiquement. Le Quatuor Küchl de Vienne, en interprétant Le Quatuor à Cordes de Debussy et l'arrangement pour quatuor par Ernst-Thilo Kalke des contes de

Prélude aux Flâneries musicales de Reims

Exigence, éclectisme, nouveauté, attractivité, voilà ce que propose depuis 1990 les équipes qui ont participé à l'élaboration de ce festival unique en France. Cette année, pour la 27 ème édition, 53 concerts seront offerts dans 35 lieux différents ! Aujourd'hui c'est Jean-Louis Henry qui en est le Président et Jean-Philippe Collard le directeur artistique. Mais derrière eux c'est toute une organisation qui travaille toute l'année pour apporter ce plaisir musical dans toute la ville.

Le « Philhar » et Lisa Batiashvili : lumineux!

Une salle Pleyel comble pour ce concert du « Philhar » sous la direction du chef allemand Markus Stenz, et l’étoile montante du violon, Lisa Batiashvili. Le programme regroupait le Concerto pour violon & orchestre de Brahms, et  la Symphonie n° 5 de Mahler. Dédié à Joaquim, créé par lui et le compositeur au pupitre, le concerto pour violon de Brahms, réputé alors injouable, du fait de ses difficultés techniques, est devenu un des monuments incontournables du répertoire violonistique. Lisa Batiashvili en donne une vision lumineuse, loin de la virtuosité vaine, toute en délicatesse du toucher :

Bruckner selon Sir Simon Rattle et le LSO

Pour son premier concert à Paris avec le LSO, son futur orchestre, Sir Simon Rattle donnait la Huitième Symphonie de Bruckner. Avec en lever de rideau Couleurs de la Cité céleste de Messiaen. Cette pièce, créée en 1964 par Pierre Boulez à Donaueschingen, requiert un effectif singulier puisque, outre un piano soliste, il ne comprend que des vents, bois (trois clarinettes) et cuivres (deux cors, quatre trompettes et quatre trombones), xylophone, xylorimba, marinba, cloche tubes,  cencerros, et un brelan de percussions.

Le Tonhalle de Zürich et Lionel Bringuier : du très beau travail

Unique étape française d'une tournée qui le menait en Autriche et en Allemagne, de Wien à Frankfurt, l'Orchestre du Tonhalle de Zürich s'arrêtait à la Philharmonie de Paris pour un bien beau concert. Un programme alléchant : le Concerto pour piano de Grieg et la Huitième Symphonie de Dvořák. Edvard Grieg a écrit son concerto op. 16 en 1868, qui sera créé l'année suivante à Copenhague. C'est une de ses œuvres phares, au même titre que Peer Gynt, peut-être plus encore. Car voilà un des grands concertos romantiques, à la manière de Liszt ou encore de Schumann, auquel on l'associe volontiers au disque, en un couplage sans doute plus antagonique que complémentaire. Car la patte de Grieg est bien différente, mêlant lyrisme et fougue de façon très personnelle.

La force intérieure de Mitsuko Uchida

Le programme du récital de la pianiste Mitsuko Uchida au Théâtre des Champs  -Elysées était ambitieux mais d'une parfaite  cohérence : Berg, Schubert, Mozart, Schumann. Un univers viennois semble-t-il. Cette Vienne dont elle aime la richesse. La Sonate op. 1 d'Alban Berg (1907-1908) ouvrait la soirée. Enfin une démarche osée et assumée : Le public suit sans barguigner. D'un seul tenant, sa brièveté (une dizaine de minutes) n'empêche pas une composition d'un foisonnement étonnant : un thème principal revenant en boucle dans ses diverses transformations, des transitions subtiles, un art du développement d'une extrême rigueur dans un strict respect de la forme sonate.

Les Ebène au sommet

Évènement au Théâtre des Champs-Elysées : le Quatuor Ebène avait invité le celliste Gautier Capuçon pour jouer le Quintette à deux violoncelles de Schubert. Ils donnaient en entrée de jeu des pièces de Haydn et de Debussy. Le quatuor op. 20 N°2 Hob. III.32 de Joseph Haydn appartient à une série de six publiés à Paris en 1764. Ce deuxième en ut majeur, les Ebène l'exécutent avec une rare finesse. On remarque en particulier le rôle dévolu au violoncelle qui ouvre le moderato initial, pare l'adagio d'un superbe chant lyrique et s'associe au second violon et à l'alto pour débuter, au menuet, une riche conversation, soudain libérée par rapport au mouvement précédent.