Pour cette 16e édition de la Semaine du Son à Paris, Christian Hugonnet, son président, nous donnait à entendre le 23 janvier dernier, dans l’auditorium de l’UNESCO, le Concert des Nations, dirigé par son chef éminent Jordi Savall, lui-même parrain de cette manifestation d’envergure nationale.

Le son, nous dit Jordi Savall, en introduisant son programme « Hommage à la Terre », permet ce voyage dans le temps: en effet, le son de l’instrumentarium, ou de la vocalité, au temps des Troubadours, diffère de celui de la Renaissance, qui se distingue lui-même de l’époque baroque, et ainsi de suite jusqu’à nos jours, ou les compositeurs n’ont de cesse d’ailleurs, de rechercher de nouvelles textures sonores pour nourrir leur création.

Ce soir là, notre voyage s’effectue, au gré des « Tempêtes, Orages et Fêtes Marines » (sous titre du concert, situant le caractère de ces oeuvres, toutes composées entre 1674 et 1764), en Angleterre, tout d’abord, avec des musiques de scène de Matthew Locke (1621-1677) composées pour l’oeuvre théâtrale « The Tempest »: traversées de l’âme humaine et ses méandres, de ses éclaircies, de ses orages…

Le Concerto en Fa pour flûte à bec et cordes d’Antonio Vivaldi (1678-1741) - remarquablement interprété par Pierre Hamon à la flûte solo, dans des mouvements de vagues ininterrompus, hautement virtuoses - nous ramène dans la lumière éblouissante et dorée de l’Italie.

La troisième oeuvre de ce concert, de Jean-Féry Rebel (1666-1747), « Les Eléments » , époustouflante de modernité dans ses premiers accords, anormalement dissonants pour cette évocation du chaos très figurative, nous transporte presque jusqu’à aujourd’hui. Et pourtant, nous sommes en plein coeur du 18e siècle (1737), ou le compositeur se plaît à « peindre les éléments » et n’hésite pas, pour ce faire, à introduire quelques bêtes sauvages, indomptables au sein de l’orchestre telles le cor naturel (Thomas Müller) ainsi que la trompette naturelle (Guy Ferber).

Après une courte pause, nous voilà plongés dans l’élégance et la grandeur versaillaise du Roi Soleil, dans des extraits tout à fait superbes de la Tragédie en Musique, Alcione, de Marin Marais , (1656-1728), moment inoubliable et phare de ce concert.

Le périple européen se poursuit en Allemagne avec la célèbre suite Wassermusik Hamburger de Georg Philipp Telemann pour flûtes et hautbois, oeuvre plus convenue mais cependant de superbe facture.

Le concert s’achevait en France, avec orages, tonnerres, tremblements de terre et contredanses composés par Jean-Philippe Rameau pour les opéras « Les Indes Galantes », « Hippolyte et Aricie » et « Zoroastre ».

Tout au long de cette soirée, nous aurons goûté avec délice toutes les humeurs du Cosmos et de la Terre, à travers la diversité des sons et des mouvements que ceux-ci induisent.

Car, notons, comme nous le dit Jordi Savall très justement, que du son émane le sens, et donc la communication au sein de toute société humaine.

Par extension, on ne peut s’empêcher de souligner le rapport intense à la danse, donc au mouvement, présent dans ces oeuvres, toutes parsemées de sarabandes, bourrées, gavottes, menuets, gaillardes et autres réjouissances qui animent depuis la naissance du son, l’humanité toute entière.

Pour cette 16e édition de la Semaine du Son à Paris, son président, Christian Hugonnet nous donnait à entendre le 23 janvier dernier, dans l’auditorium de l’UNESCO, le Concert des Nations, dirigé par son éminent chef Jordi Savall, lui-même parrain de cette manifestation d’envergure nationale.

Le son, nous dit Jordi Savall, en introduisant son programme « Hommage à la Terre », permet ce voyage dans le temps: en effet, le son de l’instrumentarium, ou de la vocalité, au temps des Troubadours, diffère de celui de la Renaissance, qui se distingue lui-même de l’époque baroque, et ainsi de suite jusqu’à nos jours, ou les compositeurs n’ont de cesse d’ailleurs, de rechercher de nouvelles textures sonores pour nourrir leur création.

Ce soir là, notre voyage s’effectue, au gré des « Tempêtes, Orages et Fêtes Marines » (sous titre du concert, situant le caractère de ces oeuvres, toutes composées entre 1674 et 1764), en Angleterre, tout d’abord, avec des musiques de scène de Matthew Locke (1621-1677) composées pour l’oeuvre théâtrale « The Tempest »: traversées de l’âme humaine et ses méandres, de ses éclaircies, de ses orages…

Le Concerto en Fa pour flûte à bec et cordes d’Antonio Vivaldi (1678-1741), remarquablement interprété par Pierre Hamon à la flûte solo, dans des mouvements de vagues ininterrompus, hautement virtuoses, nous ramène dans la lumière éblouissante et dorée de l’Italie.

La troisième oeuvre de ce concert, de Jean-Féry Rebel (1666-1747), « Les Eléments » , époustouflante de modernité dans ses premiers accords, anormalement dissonants pour cette évocation du chaos très figurative, nous transporte presque jusqu’à aujourd’hui.
Et pourtant, nous sommes en plein coeur du 18e siècle (1737), ou le compositeur se plaît à « peindre les éléments » et n’hésite pas, pour ce faire, à introduire quelques bêtes sauvages, indomptables au sein de l’orchestre telles le cor naturel (Thomas Müller) ainsi que la trompette naturelle (Guy Ferber).

Après une courte pause, nous voilà plongés dans l’élégance et la grandeur versaillaise du Roi Soleil, dans des extraits tout à fait superbes de la Tragédie en Musique, Alcione, de Marin Marais , (1656-1728), moment inoubliable et phare de ce concert.

Le périple européen se poursuit en Allemagne avec la célèbre suite Wassermusik Hamburger de Georg Philipp Telemann pour flûtes et hautbois, oeuvre plus convenue mais de superbe facture, cependant.

Le concert s’achevait en France, avec orages, tonnerres, tremblements de terre et contredanses composés par Jean-Philippe Rameau pour les opéras « Les Indes Galantes », « Hippolyte et Aricie » et « Zoroastre ».

Tout au long de cette soirée, nous aurons goûté avec délice toutes les humeurs du Cosmos et de la Terre, à travers la diversité des sons et des mouvements que ceux-ci induisent.

Car, notons, comme nous le dit Jordi Savall très justement, que du son, émane le sens, donc la communication au sein de toute société humaine.

Par extension, on ne peut s’empêcher de souligner le rapport intense à la danse, donc au mouvement, présent dans ces oeuvres, toutes parsemées de sarabandes, bourrées, gavottes, menuets, gaillardes et autres réjouissances qui animent depuis la naissance du son, l’humanité toute entière.

 

Caroline Tarrit

 

© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019