Fondée en 2010 par le pianiste Rémy Cardinale, cette formation (Girolamo Bottiglieri, Raya Raytcheva, violons, Caroline Cohen-Adad, alto, Rémy Cardinale, piano) tente de redécouvrir la musique du répertoire romantique sur instruments d’époque. Elle interprète cette musique de chambre en tenant compte du contexte socio-culturel de la fin du XIXème siècle. En jouant sur instruments historiques, elle s’interroge sur cet héritage. Il est évident qu’en les entendant, notre écoute en est bouleversée tant nous sommes habitués à l’interprétation de ces oeuvres sur des instruments modernes. Ici c’est un Gaveau de 1907 qui remplace le Steinway traditionnel. Alors comment jouer César Franck ? Rémy Cardinale nous rappelle le contexte de la création de « Danse Lente CFF 25 » écrite en 1885 et du « Quintette pour piano et cordes en fa mineur CFF 121 (1878- 1979) ». La bourgeoisie est ébranlée dans ses certitudes après les différents conflits qui secouent la France depuis 1870. Elle voit l’installation de la République d’un mauvais oeil. Pour Rémy Cardinale la tristesse de la Danse est un morceau d’une grande nostalgie d’un temps qui n’existera plus. Cette oeuvre, peu connue, donna tout le climat du

concert. Après une introduction tragique qui se développe dans un discours passionné, le deuxième mouvement du quintette est dans un mode plus élégiaque avec un discours cordes - piano assez complexe. Les thèmes du second mouvement sont repris d’une manière plus tourmentée dans le troisième. Mais l’Allegro final est moins sombre que le mouvement initial. Peut-être un espoir sur la société future ? Ce quintette demande une concentration importante à l’auditeur et on peut comprendre qu’il n’eut pas le succès escompté en son temps. L’Armée des Romantiques l’a attaqué avec intelligence et a apporté toute la puissance dramatique qu’exige cette oeuvre, qui a eu une grande importance dans la naissance de la musique de chambre dans une France du XIXème qui se cherchait !

Pour tout renseignements : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.