DR Dans sa chasse aux jeunes pianistes de talent, Olivier Bouley a déniché un jeune homme de 19 ans qui dès sa naissance a baigné dans la musique. Alexandre Kantorow n’est autre que le fils du célèbre violoniste Jean-Jacques Kantorow. Dès 16 ans il a joué avec des orchestres et quatuors prestigieux. Comme beaucoup de jeunes de sa génération il a une technique infaillible et nous l’a prouvé dans la transcription pour piano de « l’Oiseau de Feu » de Stravinsky. Comme aussi de nombreux pianistes il utilise à tort et à travers la pédale et ne laisse pas le son, déjà important dans cette oeuvre, s’envoler dans cette salle. Pour nous auditeurs, c’était une sorte de bouillie sonore qui arrivait à nos oreilles délicates ! Dans la « Méditation op.72 n°5 » de Tchaïkovski, ce travers se fit moins sentir et son interprétation était loin de tout pathos. Avec Aurélien Pascal, son ami violoncelliste du conservatoire, il nous a par contre enthousiasmé. Ces deux jeunes artistes

ont débuté le concert avec la Sonate pour violoncelle & piano N°2 d’un compositeur peu joué en Europe, Nikolaï Miaskovski. Ami de Prokofiev, c’est un compositeur prolixe (27 symphonies, des quatuors, sonates, un concerto pour violon, un pour violoncelle qu’appréciait Rostropovitch…). Aram Khatchatourian fut son élève au conservatoire de Moscou où il enseigna jusqu’à sa mort en 1950. Cette sonate offre des difficultés au violoncelliste que surmonta allégrement Aurélien Pascal. Lui aussi est tombé très jeune dans la musique car ses parents sont pianiste et violoncelliste. A peine 22 ans il est déjà reconnu comme un futur grand musicien. Il l’a prouvé avec la « Sonate pour violoncelle & piano en ré mineur » de Chostakovitch, célèbre pièce dont tous les violoncellistes raffolent. Ce duo a enflammé les nombreux et fidèles auditeurs qui suivent depuis plus de cinq ans les propositions souvent judicieuses d’Olivier Bouley.