Tanguy de Williencourt © DR Le jeune pianiste français Tanguy de Williencourt mène décidément une carrière particulièrement active. Lauréat de la Fondation Blüthner en 2014, déjà remarqué à l’occasion de son premier enregistrement discographique en 2015 (Brahms/Schumann. Label Evidence Classics) avec le violoncelliste Bruno Philippe, le voici en solo sur la scène de l’Institut Goethe de Paris pour nous présenter de larges extraits de son prochain disque, à paraitre chez Mirare, consacré aux transcriptions et paraphrases de Liszt à partir des opéras de Wagner (Choeur des pèlerins de Tannhäuser, Choeur des fileuses et Ballade de Senta du Vaisseau Fantôme, Prélude et Mort d’Isolde extrait de Tristan et Isolde). Un programme alléchant, particulièrement adapté à l’ample sonorité du grand piano de concert de la firme Blüthner de

Leipzig, complété par la dernière Sonate n° 32, op. 111 de Beethoven. Un programme varié qui permit au public venu nombreux d’apprécier la richesse, la virtuosité et la sincérité du jeu de Tanguy de Willencourt. Le Choeur des pèlerins ouvre avec une certaine solennité ce récital tandis que le Choeur des fileuses et la Ballade de Senta mettent en avant la digitalité impressionnante du jeune pianiste, le Prélude (transcription du pianiste) et la Mort d’Isolde portent l’émotion à son comble par le choix judicieux du tempo, par une intériorité mesurée sans pathos excessif. Le jeu est clair et naturel, coloré, la sonorité ample, généreuse mais sans lourdeur, parfois plus retenue, nous invitant à la confidence et au recueillement. La dernière sonate de Beethoven, n° 32 op. 111 (1820-1822), est un monument pianistique, très difficile techniquement, constituant d’après Thomas Mann, une sorte d’adieu à la sonate…Elle comprend deux mouvements, le premier très terrien, tendu, associant sévérité de la ligne et rudesse de l’harmonie forme un étonnant contraste avec le second, céleste, empreint d’un sentiment de paix surnaturelle, magique par sa simplicité (Arietta) avant le développement des variations d’abord dansantes, parfois presque jazzy, puis plus spiritualisées abordant à des régions où le temps s’abolit, dans un adieu…Une épreuve pianistique que Tanguy de Williencourt négocia avec un brio et une assurance rares. Un magnifique récital et une confirmation, un jeune pianiste à suivre…