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Catégorie : Concerts

 

Nelson Freire © E. Dahan / DG. Inutile de présenter le pianiste brésilien dont le passage à Paris est vécu chaque année comme un évènement musical incontournable. Son charisme, son toucher unique reconnu de tous, sa science exceptionnelle du piano et sa conception musicale hors du commun qui en font un musicien de l’âme, expliquant sans aucun doute l’affluence du public dans la grande salle de la Philharmonie de Paris pour ce superbe récital convoquant Bach, Brahms, Villa-Lobos et Chopin. Compositeurs pour lesquels Nelson Freire entretient, depuis longtemps déjà, un vibrant amour et dont il reste, encore aujourd’hui, le champion incontesté par son jeu envoûtant. Bach tout d’abord dans des transcriptions de Busoni « Ich ruf’ zu Dir, Herr Jesu Christ », de Siloti, Prélude pour orgue BWV 535 et de Dame Myra Hess

« Jesu, Joy of Man’s Desiring». Trois moments musicaux d’une rare intensité, offerts au public comme autant de joyaux pleins de ferveur, de solennité, d’humilité, de délicatesse et d’élégance où la sonorité très particulière du piano parvient à se rapprocher de celle de l’orgue par son ampleur et le jeu des résonances. La Sonate n° 3 de Brahms (1853) est ensuite l’occasion de quitter la transcendance pour replonger dans l’immanence humaine pleine de contrastes, de couleurs et de poésie où le jeu du pianiste brésilien fait merveille par sa précision, sa souplesse et son engagement. Les extraits de Prolo do Bebe n° 1 d’Heitor Villa-Lobos se déploient, ensuite, avec une facilité désarmante où la facétie le dispute à la virtuosité, tandis que la Sonate n° 3 de Chopin (1844) est jouée sans mièvrerie, le jeu restant toujours économe pour une interprétation pure et intense restant au plus près du texte. Un concert d’exception ! Une véritable leçon de piano !