Imprimer
Catégorie : Concerts

Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. Andrey Boreyko. Lukas Geniušas, pianoy

Lukas Geniušas © Zeneka Levin Soirée intégralement russe à l’Auditorium de la maison ronde où le chef russe Andrey Boreyko dirigeait le « Philhar » dans un programme totalement dédié à la musique russe (Concerto pour piano n° 3 de Prokofiev, La Belle au bois dormant de Tchaïkovski et la Symphonie n° 7 de Silvestrov) avec, cerise sur le gâteau, la présence en soliste du jeune et prometteur pianiste russe Lukas Geniušas. Soirée découverte donc, avec tout d’abord Lukas Geniušas, âgé de 27 ans, lauréat des concours internationaux Chopin (2010) et Tchaïkovski (2015) exécutant le Concerto pour piano n° 3 de Prokofiev (1921). Le concerto probablement le plus connu du compositeur russe où l’on retrouve ses caractéristiques comme virtuosité, accords martelés, sauts abruptes du grave à l’aigu, courses d’arpèges, rudesse et lyrisme mêlés. On est d’emblée frappé par la souplesse, la fluidité et la facilité technique du pianiste russe dont le toucher très naturel sait se faire tantôt

percussif, mais sans excès, tantôt d’une douceur extrême où le temps se perd dans une formidable interprétation alternant violence, désolation et lyrisme enflammé, parfaitement soutenu par l’orchestre (clarinette, trompette, flûte, cor et timbales) guidé par la direction précise et lumineuse d’Andrey Boreyko. Les extraits tirés du ballet La Belle au bois dormant confirmeront l’impression d’un orchestre superbe, tous pupitres confondus, avec une attention toute particulière pour Virginie Buscail, nouveau violon solo du « Phihar ». Peu connu du grand public, Valentin Sivestrov (° 1937) est un compositeur dont Andrey Boreyko s’est fait le champion depuis quelques années. Avant gardiste dans les années 1960, habitué de Darmstadt, Silvestrov ressent rapidement l’impasse que peut représenter la musique sérielle, avant d’effectuer un retour vers la musique des siècles antérieurs dans laquelle il puise sa vitalité et son inspiration, en rendant à la mélodie l’incandescence de ses pouvoirs, musique ondoyante s’avançant vers le silence comme vers le but ultime… La Symphonie n° 7 (2003) en un seul mouvement, est toute empreinte d’attente et de mystère, élégiaque, cosmique, aléatoire, elle nous ouvre les horizons lointains et se termine dans un souffle…laissant le public suspendu entre méditation et envoutement. Un grand moment de poésie et un très beau concert.