Eric Hoeprich /DR En parallèle d’expositions temporaires, l’auditorium d’Orsay, avec son directeur Luc Bouniol-Laffont et sa programmatrice Sandra Bernhard, propose toujours des concerts originaux par le biais d’artistes pas toujours entendus et d’œuvres peu ou pas connus. « Le Romantique Authentique » du 21 février au 13 juin 2017 tel est le programme. Un cycle de quatre concerts permet de découvrir ou redécouvrir, à la manière des baroqueux, un répertoire romantique interprété sur instruments d’époque. Cette recherche « d’authenticité » qu’avaient commencé à entreprendre Harnoncourt, Van Immerseel, Gardiner, avec Beethoven, Berlioz, Schubert et d’autres grands compositeurs romantiques, toute une jeune génération l'a continuée dans ce sens. Ursula Dütscler, pianiste bardée de prix internationaux et Eric Hoeprich, clarinettiste hollandais, ont interprété avec des copies d’instruments d’époque un programme d’œuvres peu jouées.

La Grande Sonate pour piano et clarinette op. 52 a été écrite en 1808 par Charles Bochsa. Ce compositeur de plus 350 œuvres était très apprécié par Napoléon 1er en tant qu’harpiste. Cette sonate se caractérise par des thèmes extrêmement vocaux, dignes d’airs d’opéra. Pour la petite histoire Bochsa (1789-1856), accusé de plagiat et d’être bigame , a terminé sa vie en Australie ! Le duo a ensuite interprété une très joie œuvre d’un contemporain Carl Maria von Weber, Sept variations sur une thème de Silvana, un opéra écrit par ce compositeur. Deux variations ont permis d’entendre le pianoforte seul (copie d’un pianoforte qu’avait acquis Ludwig van Beethoven !). Le concert s’est terminé avec une Fantaisie pour piano forte et clarinette de Schumann écrite en 1849. Cette œuvre a été composée pour les solistes de l’orchestre de Dresde avec qui Clara donnait des concerts. Entendre ce duo où le pianoforte est à l’unisson avec la clarinette offre des nuances que l’on ne peut guère apprécier avec des instruments modernes. Les compositeurs, n’en déplaise aux interprètes actuels, avaient composé pour ces instruments et donc avaient écrit par rapport aux sonorités qu’ils entendaient. Avec un Steinway et une clarinette moderne on n’arrive pas à cette beauté lumineuse et diaphane ; tout est trop fort, et avec la manie des pianistes de jouer avec les pédales, on perd tout ce romantisme élégant et subtil que possèdent ces écritures. Dütscher et Hoeprich ne savent pas si ce qu’ils jouent est « authentique », mais ils ont pendant ce concert essayé d’approcher au plus près de ce que pouvait être cette musique au XIXème siècle. Grâce à leur talent ce voyage dans le temps à l’auditorium d’Orsay était délicieusement envoûtant.

Les prochains concerts de « Romantique Authentique »: 
- le 28 mars : François Dumont et Les Pléiades
- le 13 juin : Jean-François Heisser et le Quatuor Cambini
Par ailleurs, dans la série «  La Nuit, le Cosmos », du 14 mars au 16 mai, en parallèle avec l’exposition « Paysages mystiques », on pourra entendre :
- le 14 mars : le Quatuor Zaïde
- le 21 mars : Jonas Vitaud
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