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Le concert de 21h30 intitulé « Le Bal Masqué » était de tout ordre, le surréalisme était à l’honneur et Jérôme Pernoo qui a mis en scène ce « Bal Masqué » s’est amusé, comme il aime le faire, à casser les codes. Avant de commencer le bal, Antoine Préat joua « Brouillard » de Claude Debussy, un prélude du deuxième livre, mais cette musique avait l’air d’agacer le trio Bertrand Laude, clarinette, Ariane Bacquet, hautbois, Lomie Lamouroux, basson, qui coupèrent la chique au pianiste pour interpréter une œuvre moins sérieuse de George Auric, un trio intitulé « Décidé » ; à peine terminée, Antoine Préat repris la parole, plutôt le piano pour nous offrir une œuvre « Embryons Desséchés » d’Eric Satie qui n’avait ni queue ni tête, même pour le compositeur ! Les instrumentistes s’amusaient pendant ce temps à jouer au cadavre exquis, à savoir, chacun met une phrase sur un papier sans que le suivant sache ce qu’il a écrit et le résultat est souvent surprenant et d’une poésie qui plaisait aux surréalistes ; sur cet entrefaite, c’est « Caramel Mou » de Darius Milhaud qui s’en est suivi avec l’apport de Julia Boucat à la trompette, Nadia Bendjaballad, aux percussions, Jérémie Billet au violoncelle et surtout Jérôme Boutillier le baryton qui chanta le texte de Jean Cocteau, un grand moment de folie :
Prenez une jeune fille,
Remplissez-la de glace et de gin
Secouez le tout pour en faire une androgyne
Et rendez la à sa famille.

Suivi une folle impro avant d’entendre « Disco-Toccata » de Guillaume Connesson, puis au piano le « premier intermezzo pour piano seul » de Stéphane Delplace et un « Hommage à K » de Pascal Zavaro, joué au xylophone par Nadia Bendjaballah, œuvre un peu faible ; « Mouvement perpétuel » de Charly Mandon était interprété par Ryo Kojima au violon et Antoine Préat, juste un numéro de cirque. Toute la troupe réapparu déguisée, masquée pour attaquer  l’œuvre informelle, décadente, drôle de Francis Poulenc : « Le Bal Masqué ». Jérôme Pernoo s’en est donné à cœur joie dans la mise en place des musiciens, il a su faire ressortir l’irrévérence de cette pièce musicale avec le texte de Max Jacob. Tous les interprètes ont joué le jeu et le baryton a chanté ce texte abscons avec beaucoup d’humour et d’intelligence sans forcer le trait. “Mon gilet quadrillé a, dit-on, l’air étrusque et mon chapeau marron va mal avec mes frusques.“ On est dans le bon délire et musical et poétique. Le public lui aussi était en plein délire et ne voulait pas lâcher la troupe ! Espérons qu’elle ira faire un tour en France, danser, jouer, ce « Bal Masqué » d’anthologie !

Prochainement, au mois de Janvier :
du 5 au 14, à 20h Guillaume Bellom et Ismaël Margain, un duo de piano, interpréteront « Suites » de Rachmaninov
du 5 au 21 à 21h30 un quintette jouera « La Mort du Poète » d’après Schumann.
Du 19 au 28 à 20h Le trio Zadig jouera le « Trio » de Ravel
Du 26 au 28 à 21h30 « L’histoire du Soldat » de Stravinsky avec la Troupe du Centre
Pour toutes informations www.centredemusiquedechambre.paris
Stéphane Loison