Une interprétation magnifique, poignante, sous tendue par un équilibre parfait se terminant par une cavalcade effrénée où la composante rythmique semble l’élément prédominant. Une lecture très convaincante qui fit à juste titre lever la salle pour un triomphe mérité. En seconde partie, le Sacre du printemps de Stravinski, une œuvre demeurée célèbre depuis sa création dans ce même théâtre le 29 mai 1913, sur une chorégraphie de Nijinski pour les Ballets russes, où elle fit scandale…Les choses ont bien changé depuis puisque c’est dans le silence absolu que le public écouta cette partition enivrante empreinte de couleur et de rythmes, véritable exercice d’orchestre et de direction. Yuri Temirkanov nous en proposa une vision somme toute assez policée, parfaitement mise en place, plus apollinienne que dionysiaque, que d’aucuns auraient préférée plus barbare, plus primitive et plus abrupte...Reste à souligner surtout la qualité superlative de l’Orchestre de Saint-Pétersbourg, tous pupitres confondus et l’efficacité de la direction de Yuri Temirkanov pour cette soirée totalement réussie nous donnant à entendre deux visages bien différents de la virtuosité.