particulièrement pertinente de Wilhelm Stenhammar que le compositeur ne démentit pas tant il tenait à ce que sa musique revête, au-delà de toute considération nationaliste, un caractère essentiellement humain et universel, comme la suite de son œuvre le prouvera. Inutile de dire que le chef finlandais se trouvait, ici, dans son jardin…La deuxième symphonie est la plus longue des symphonies sibeliennes, voyant se succéder quatre mouvements, le premier constamment menacé de rupture par le caractère fragmentaire de courts thèmes sans développement, le second désolé et chaotique, un troisième en forme de scherzo incisif et impétueux conduisant sans interruption au final héroïque où se mêlent ivresse et angoisse sur un crescendo reprenant un motif obstinément répété. Mikko Franck nous en donna une interprétation lyrique, tendue, compacte, dynamique allant inexorablement de l’avant, claire respectant parfaitement les différents plans sonores, constamment animée d’un souci d’unité. Une lecture très convaincante à laquelle l’ensemble de l’orchestre adhéra avec brio. Après la pause, la Symphonie n° 6 dire « Pathétique » de Tchaïkovski (1893) une symphonie à la genèse un peu mystérieuse, composée quelques jours avant la mort du compositeur, une œuvre dont il ne proposa jamais aucun programme contrairement aux autres symphonies (n° 4 & 5) de la trilogie du fatum…Malgré la clarté de l’interprétation et la qualité de l’exécution Mikko Franck en donna, nous semble t il une vision moins convaincante avec un premier mouvement qui nous parut un peu trop lent et haché, un second un peu superficiel, avant de retrouver toute sa verve dans la direction et son allant orchestral dans le troisième à la manière d’un scherzo dionysiaque sans un instant de répit conduisant à une intensification du volume sonore et de la scansion rythmique avant le final empreint d’une désolation poignante se concluant sur un murmure de mort…Premier final lent concluant une symphonie depuis celui de la Symphonie des « Adieux » de Haydn…. Une magnifique soirée et un splendide « Philhar » qui augure d’un succès mérité lors de la tournée prochaine. Tous nos vœux vous accompagnent !