Suit une brève symphonie qui fut pour beaucoup une révélation. Elle est de Marie-Alexandre Guénin. Composée en 1777,  en ré mineur elle porte le numéro d'opus 4 n°3. L'énergie qu'insuffle à son orchestre Julien Chauvin y est totalement justifiée : un premier mouvement plein de couleurs, un deuxième où la musique avance avec détermination et un troisième particulièrement brillant. Marie-Alexandre Guénin (1744-1835) mérite d'être sorti de l'ombre. Il fut conseillé sans doute par Gossec à qui il dédicace ses premiers trios. Violoniste parmi les plus doués de sa génération, il a reçu l'influence de l'École de Mannheim de Johann Stamitz et a pu du reste jouer avec les deux fils de ce dernier, Karl et Anton. Sa notoriété était telle que le premier mouvement de sa symphonie opus 4 a été donné à l'occasion de la réception de Voltaire en maçonnerie, en présence de Benjamin Franklin.

 

 

 

Le plaisir de jouer des musiciens du Concert de la Loge se confirme dans l'accompagnement qu'ils font de l'extrait de la sérénade en deux actes L'Endimione de Jean Chrétien Bach chanté en musicienne virtuose par Sandrine Piau. Cet air « Semplicetto, ancor non sai »(jeune simple d'esprit) est aussi l'occasion d'entendre la merveilleuse flûte de Tami Krausz qui s'entrelace avec la voix aérienne de la cantatrice. Ce fut un moment qu'il faut bien qualifier de magique. Le concert se terminait par les deux derniers mouvements de la symphonie de Haydn dont le troisième mouvement très rythmé donne de nouveau à la flûte l'occasion de se distinguer. Le quatrième mouvement est rendu avec une énergie irrésistible qui peut-être aurait pu être plus nuancée. C'est sans doute le seul reproche que l'on peut faire à cet ensemble : une couleur vive qui laisse sans repos. Mais on admirera la mise au point parfaite de toutes les œuvres présentées, le concert se terminant en apothéose par le bis qui réunit tous les protagonistes dans l'air de Suzanne du quatrième acte des Noces de Figaro « Deh vieni, non tardar ». Une belle soirée toute en lumière.