Imprimer

Les poèmes symphoniques de Strauss ayant été donnés, il y a quelques mois, dans leur intégralité, et avec quelle éloquence, par Riccardo Chailly et le Gewandhaus Leipzig. L’attente était donc assez forte, surtout liée à la personnalité du chef letton à qui l’on doit, force est de le reconnaitre, quelques grands moments de musique et quelques notoires émotions, ces dernières années. Si le Prélude de Lohengrin a pu faire illusion les premières minutes avec une entame diaphane des premiers violons rapidement suivie d’une belle plénitude sonore, conduite avec un art consommé des nuances  par un Andris Nelsons à la gestique atypique, arachnéenne et, semble-t-il, peu précise à en juger par les nombreux décalages et les difficultés de l’orchestre à suivre sa direction, les décalages devinrent particulièrement flagrants dans le Prélude de Parsifal et l’Enchantement de Vendredi Saint qui nous plongèrent assez rapidement dans un ennui tenace, entretenu par un tempo trop lent, par l’absence de chair et de ferveur, majorant d’autant le caractère extrêmement maniéré de la direction. Une lecture qui à force de se vouloir savante et de rechercher la transparence en arrive à paraitre totalement décharnée, réduite à une esthétique du vide. Assurément plus réussie, la deuxième partie nous donna à entendre Mort et transfiguration, dans un discours très narratif alliant puissance et clarté et un Till l’espiègle jubilatoire. Deux occasions de faire valoir les qualités instrumentales des musiciens du Concertgebouw qui nous sembla enfin retrouver un peu de son lustre légendaire, des cordes magnifiques, une petite harmonie toute en rondeur, des cuivres rutilants. En bis, Wagner toujours, avec le Prélude de l’acte III de Lohengrin, une belle façon de refermer le boucle et de conclure ce concert qui ne restera pas dans les mémoires.