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pardon et purification. Une œuvre tendue, désespérée, véhémente, passionnée, très contrastée, parfois abrupte,  dynamique, d’un dramatisme croissant où la baguette de Chailly, précise, fougueuse fit merveille. Venait ensuite  le Concerto pour piano et orchestre (1845) du même Schumann, interprétée par la grande dame du piano, Martha Argerich, personnalité emblématique du monde musical par son charisme. Chacune de ses apparitions étant un évènement en soi allant bien au-delà de l’interprétation ponctuelle d’un soir. Un concerto pour piano qui compte assurément parmi les plus belles œuvres du génie schumannien laissant une large place à la mélodie toute imprégnée de l’esprit romantique. L’interprétation qui en fut donnée nous parut, ce soir, un peu inégale. Dès l’entame du premier mouvement la sonorité légèrement terne et rêche du piano, parfois couvert, contrasta avec le brio de l’orchestre,  la soliste nous gratifiant toutefois d’une belle cadence. Le deuxième parut quant à lui assez plat, avant que le troisième particulièrement réussi ne renoue le dialogue avec l’orchestre, le clavier se faisant alors plus orchestral dans sa projection. En bis, les Scènes d’enfant portèrent l’émotion à son paroxysme par la poésie et la délicatesse du jeu de la pianiste argentine. Après la pause, place à Verdi avec la musique de ballet des Vêpres siciliennes (1855). Une Sinfonia qui reprend plusieurs thèmes de l’opéra, déroulant devant l’auditeur autant de scènes différentes au climat tour à tour angoissant, funèbre, violent, lyrique, véritable exercice d’orchestre (tous les pupitres sont sollicités) et de direction où Riccardo Chailly nous donna à entendre par la force et le lyrisme de son interprétation, un véritable opéra sans paroles…Un magnifique concert d’un lyrisme exacerbé, du grand art !