L'anniversaire de la mort de William Shakespeare (1564-1616) suscite de nombreuses manifestations, concerts, expositions. Il réanime aussi le débat très ancien sur la paternité des œuvres. Quoi qu'il en soit, ce fut l'occasion d'assister à une soirée fort intéressante sinon émouvante. La première partie était consacrée à l'évocation du grand acteur et imprésario David Garrick (1717-1779) et sa collaboration avec le compositeur Thomas Augustine Arne (1710-1778) plus particulièrement connu pour son extraordinaire et enthousiasmant Rule Britannia (1740). En 1769, Garrick

avait organisé à Stratford-upon-Avon un Jubilé au cours duquel de jeunes hommes avaient chanté dans une ambiance de véritable folklore. La Shakespeare Ode était née. Il s'agissait de la restaurer à l'occasion de ce 400e anniversaire. Ex Cathedra & Academy of Vocal Music, The City Musick de William Lyons, dirigés par le pontifiant Jeffrey Skidmore ont œuvré en ce sens. Mais pourquoi faut-il le faire avec cette pédanterie qui caractérise le manque de naturel des musiciens soucieux de « musique ancienne » ? Cela semblait d'ailleurs quelque peu gêner le grand acteur Samuel West qui incarnait David Garrick pour The Garrick Ode mise en musique par Arne. La seconde partie faisait entendre une partition actuelle de la Londonienne Sally Beamish accompagnée du texte de la Poet Laureate, Carol Ann Duffy. Cette création faisait participer les enfants avec une spontanéité rafraîchissante. L'exercice pédagogique est excellent. Au fond, c'est une façon très positive de célébrer un tel anniversaire. Si les musiciens « anciens » l'étaient moins, ce serait presque parfait !