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Catégorie : Concerts

Le jeune chef américain, Robert Trevino, lauréat du concours Svetlanov 2010, remplaçait au pied levé Daniele Gatti, souffrant, à la tête de l'Orchestre National de France dans un programme viennois, on ne peut plus romantique, associant Schubert et Bruckner. Lourde tache, difficile entrée en matière dans le grand Auditorium de Radio France, même si la colossale Huitième de Bruckner avait été remplacée, pour l'occasion, par la non moins célèbre Quatrième symphonie dite « romantique » du maître de Saint Florian.

 


© Lisa Hancock

Un concert un peu décevant  du fait du manque probable de préparation où chacun peinera à trouver ses marques… En première partie, la Symphonie n° 8 « Inachevée » de Schubert. Une symphonie composée en 1822, à titre de remerciement à Joseph Hüttenbrenner qui reçut Schubert à la Société musicale de Styrie, mais une œuvre laissée inachevée comme souvent chez Schubert qui composa semble-t-il, suivant les données récentes, une quinzaine d'esquisses symphoniques. Une œuvre comportant deux mouvements assez semblables, Allegro et Andante, qui ne sera créée qu'en 1865, longtemps après la mort du compositeur, où le propos n'est pas  tant d'éblouir que de captiver, d'enchanter l'auditeur par ce mélange de sérénité et d'angoisse où cordes et vents se répondent. Robert Trevino en donna une interprétation très contrastée dans un climat plutôt chambriste, entachée par un discours un peu haché avec une accentuation exagérée des rythmes et un tempo trop lent dans le second mouvement. On retiendra toutefois un très beau solo de clarinette  (Bruno Bonansea) et un « National » vaillant et engagé. Après la pause, la Symphonie n° 4 dite « Romantique » de Bruckner  constituait le moment très attendu de cette soirée. Une œuvre composée en 1874, maintes fois remaniée, difficile d'interprétation où solennité n'est pas synonyme de grandiloquence, nécessitant un grand effectif orchestral très cuivré, assez emblématique de Bruckner, abstraite dans son contenu, traditionnelle dans sa forme en quatre mouvements. Une partition qui commence dans le mystère puis se développe dans une affirmation péremptoire des cuivres. Un second mouvement qui rappelle Schubert par son caractère funèbre. Un Scherzo aux allures de chasse et un Finale comme une révélation par son caractère grandiose. Force est de reconnaitre que la lecture du chef américain ne put jamais nous convaincre tout à fait. Si la gestique est claire, voire parfois brutale, si les équilibres sont respectés, le discours manque, ici encore, de continuité et de tension notamment par l'installation de longs silences dans le phrasé et par des tempi trop lents. Une lecture assez contestable et quelques dérapages des cuivres (cors notamment) qui gâcheront quelque peu cette première rencontre. On attend un  prochain rendez-vous programmé cette fois….