Orchestre National de France, dir. John Storgårds. Fanny Clamagirand, violon. Auditorium de Radio-France. 23mars 2017.

John Storgårds © Heikki Tuuli Un public bien clairsemé dans le grand Auditorium de la maison ronde pour cet intéressant concert de musique franco-nordique dirigé par un éminent spécialiste du genre, le chef finlandais John Storgårds. Dommage que le public n’ait pas répondu à l’appel, dommage de constater, avec frayeur et inquiétude, que seules les oeuvres célèbres puissent encore bénéficier d’une large audience, dommage pour ces compositeurs venus du grand Nord qui méritent assurément une écoute attentive (La Fille de Pohjola de Sibelius, la Symphonie n° 2 dite « Les quatre tempéraments » de Carl Nielsen), dommage pour la création contemporaine avec, ce soir, la création mondiale de Missing, concerto pour violon et orchestre d’Edith Canat de Chizy. Dommage enfin pour les absents qui auront manqué là un beau concert…

 

Yuja Wang © Hiroyuki Ito / Getty images On a pu se gausser pendant un temps de ses tenues excentriques et de son exceptionnelle virtuosité que certains pouvaient trouver un peu vide, mais il faut bien reconnaitre qu’aujourd’hui, la trentenaire chinoise est assurément un phénomène du piano alliant une rare vélocité digitale et un sens musical hors du commun. Son dernier récital à la Philharmonie de Paris en étant la plus éclatante preuve. Un programme exigeant dans lequel elle excelle : les Préludes op. 28 de Frédéric Chopin et les Variations et fugue sur un thème de Haendel op. 24 de Johannes Brahms. Deux monuments éprouvants du répertoire pianistique, deux

Orchestre National de France, dir. Juraj Valčuha. Frank Peter Zimmermann, violon. Auditorium de Radio-France (30 mars 2017).

Frank Peter Zimmermann © Harald Hoffmann Chacune des apparitions du jeune chef slovaque, Juraj Valčuha sur les scènes parisiennes (Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris en 2016) est un gage de qualité, sa dernière apparition récente, avec le National et le violoniste Frank Peter Zimmermann, à l’auditorium de Radio-France, en est une preuve de plus. Un orchestre qu’il connait bien puisqu’il l’a dirigé pour la première fois en 2005 et avec lequel existe une complicité évidente. Un programme riche convoquant Richard Strauss, Prokofiev et Haydn. Don Juan de Richard Strauss (1889) ouvre la soirée, Juraj Valčuha nous en propose une lecture sensuelle, hédoniste, dynamique, assez narrative et volontiers jouisseuse où se distinguent tout particulièrement le cor solo de d’Hervé Joulain, ainsi que le hautbois de Nora Cismondi, interprétation très convaincante et virtuose qui se termine dans le drame, en totale adéquation avec le personnage de Lenau qui choisit délibérément sa fin et se consume dans

Choeur & Orchestre National de France, dir. Christoph Eschenbach. Genia Kühmeier. Charlotte Hellekant. Nikolai Schukoff. Mikhail Petrenko. Auditorium de Radio- France.

Choeur de Radio-France © C. Abramowitz Rarement le Choeur de Radio-France fut à pareille fête, irradiant l’auditorium de Radio-France de tout son talent, lors de ce concert ambitieux du « National » conduit par le chef allemand Christoph Eschenbach, associant le Te Deum d’Anton Bruckner et la Symphonie n° 9 de Beethoven. Un programme d’exception pour un choeur d’exception ! Deux oeuvres emblématiques faisant date dans l’histoire de la musique classique. Le Te Deum de Bruckner, hymne religieuse liturgique (1886) où le compositeur autrichien offre ses louanges à Dieu dans un appel fervent qui ne saurait masquer en filigrane la déploration consécutive à la mort de Richard Wagner, véritable idole du maitre de Saint Florian, d’où ce mélange caractéristique de joie et de pleurs se côtoyant dans un ciel peuplé d’anges porteurs

 


Photo empruntée à une blogueuse inconnue.../ DR
Il est déjà réconfortant de voir la grande salle de la Philharmonie de Paris pleine au beau milieu des vacances de Pâques pour écouter Sir András Schiff, si longtemps dédaigné ici par la critique et le public. Mais de voir le public déborder d'enthousiasme à l'issue d'un concert somme toute ardu, l'est encore plus. András Schiff n'est pas homme de l'effet, encore moins de la facilité : ses programmes, en soliste comme avec orchestre, sont toujours soigneusement construits et le fil conducteur mûrement réfléchi, Bach, Bartók et Brahms, cette fois. Deux Ricercar de Bach ouvraient la soirée, extrait de l'Offrande musicale BWV 1079. Le Ricercar a 3, joué au piano - ce qui, passé la surprise de voir l'orchestre déjà installé sur l'estrade, en vient vite à imposer le silence à une poignée

Gabriel Fauré / DR Dans le cadre de la série « Romantique – Authentique », les musiciennes des Pléiades, Laetitia Ringeval et Caroline Florenville, violons, Carole Dauphin, alto, Jennifer Hardy et Amaryllis Jarcyk, violoncelles, toutes solistes de l'Orchestre Les Siècles, et le pianiste François Dumont ont fait entendre des compositions de Dancla, Vieuxtemps, Gouvy et Fauré. Charles Dancla (1807-1917) est surtout connu pour ses oeuvres pédagogiques. La petite symphonie concertante pour deux violons et piano op.109 n°3 » (1872) est un cours morceau de 6 minutes, de forme héritée de la fin du XVIIème siècle. C’est une oeuvre charmante que les deux violonistes de l’orchestre des Siècles, accompagnées par François Dumont, ont interprété ensemble la plupart du temps, très simplement.

Ophélie Gaillard et l'Orchestre national de Lorraine

Erich Wolfgang Korngold / DR A l'occasion de la sortie de son nouvel album « Exiles », chez Aparté, la violoncelliste Ophélie Gaillard était la soliste du concert de l'Orchestre National de Lorraine sous la direction de Jacques Mercier. Le concert débuta avec l’oeuvre la plus populaire d'Ernest Bloch, sa rhapsodie hébraïque « Schelomo » pour Violoncelle et Orchestre. OEuvre puissante, très descriptive, au premier degré. Ophélie Gaillard s’y lança avec énergie et une profonde émotion. Le problème est que lorsque l’on joue dans cette église, le son se perd, va se répercuter on se sait où et vient en retour brouiller la musique. Seuls les auditeurs des premiers rangs, les

The Myrthen Ensemble célèbre “ La Nuit et le Cosmos”

DR Ce groupe - Mart Bevan, soprano, Clara Mouriz, mezzo soprano, Robert Murray, ténor, Stephan Loges, baryton et Joseph Middleton, piano - tire son nom de la composition de Robert Schumann offerte à Clara en guise de cadeau de mariage. Les myrtes étaient pendant des siècles le symbole allemand du mariage. Cet ensemble explore tous les domaines de l’art et de la chanson. Il a été fondé par le pianiste Joseph Middleton. Les oeuvres chantées sont bien sûr en rapport avec l’exposition « La Nuit le Cosmos ». A quatre, à deux ou seul, les interprètes nous ont séduits par leur qualité vocale et leur diction parfaite en français, en espagnol, en allemand, pour chanter Brahms, Schumann, Chausson, Duparc, Massenet, Fauré, Mompou et De Falla.

DR Un tout nouveau festival de musique de chambre vient de naître en Savoie : nouveau quant aux dates, puisque sa première saison vient de se clore le 9 avril dernier, mais nouveau également quant à son approche. Constatant qu’un festival, même s’il s’appuie sur un site ou une salle éponyme, fait généralement peu de place au patrimoine régional de l’endroit où il se déroule, Romain Louveau, son concepteur et organisateur, a voulu créer une “brèche” dans ce monde réglé des festivals dans lesquels, quel que soit le lieu, on entend les mêmes artistes, pour le même public et dans les mêmes programmes. Car c’est bien la variété qui caractérisait cette série de 9 concerts; une variété comprise dans le sens des concerts au XIXe siècle, lorsque se succédaient sur scène différentes formations,

Thomas Ospital © Mirko Cvjetko Le samedi 8 avril, le concert annoncé dans la programmation de Radio France sous le titre « Orgue avec orchestre » était placé sous le signe de l'Amérique, et, partant, sous celui d'un optimisme indéfectible, tout comme l'avait été la journée, quasi estivale. En était la vedette un jeune homme à l'allure encore pouponne : Thomas Ospital, né en 1990, qui, tel un athlète de très haut niveau, sut exploiter toutes les ressources de la console du tout nouvel orgue Gerhard Grenzing, installée sur le devant de la scène de l'auditorium de la Maison ronde, face au « Philhar ». Coup d'envoi avec une Improvisation de et par Thomas Ospital sur I got rythm (1934) de George Gershwin (lui-même auteur de Variations sur cet air), l'occasion, pour le titulaire du grand-orgue de l'église Saint- Eustache, de

Chaya Czernowin / DR Le 30 mars, soirée de clôture de la célébration des quarante ans de l’Ensemble Intercontemporain, fut donné Genesis à la Cité de la Musique. Le titre le dit clairement : cette oeuvre renvoie au thème de la Genèse et plus largement à celui de la création. Sept jours et sept compositeurs pour sept morceaux commandés par Matthias Pintscher. Tous avaient en commun d’avoir été écrits peu ou prou pour le même instrumentarium – cordes, vents, percussions, harpe, piano et célesta –, de durer entre huit et dix minutes et d’être centrés sur mi bémol. Ce dernier est à la fois, pour le chef de l’Ensemble, « la » note du milieu entre haut et bas, entre ciel et terre, et un hommage à Pierre Boulez, « le » créateur (de l’Intercontemporain en 1976), dont la pièce Mémoriale est axée sur le même degré. Genesis est donc une oeuvre à programme, chaque journée développant des images. On the Face of the Deep de Chaya Czernowin illustre le

© Jean-Baptiste Millot Après l’avoir entendu à Bagatelle en juin puis à Gaveau en janvier, François Dumont revient ce 19 avril à la salle Gaveau, mais cette fois en tant que chef et soliste. Programme exclusivement consacré à Mozart : concertos pour piano et chant avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne. Les concertos annoncés, nous les avons entendus maintes fois, on sait déjà qu’on va se retrouver comme en famille, d’autant que le n° 17 en sol majeur et le n° 23 en la majeur demeurent parmi les plus connus. D’emblée, la disposition de l’orchestre autour du piano perpendiculaire à la scène et découvert, nous surprend. François Dumont dirige de son piano, soit debout, soit devant son clavier. Après le prélude orchestral tout en battements d’ailes des flûtes et des hautbois, arrive le

Un retour bien pâlichon à la Philharmonie de Paris !

Janine Jansen & Paavo Järvi © DR Curiosité et nostalgie mêlées expliquaient sans doute la grande affluence du public dans la salle Pierre Boulez de la Philharmonie pour ce premier passage, dans le grand temple parisien de la musique classique, de l’Orchestre symphonique de la NHK Tokyo (tournée européenne) dirigé par Paavo Järvi, ancien directeur de l’Orchestre de Paris, actuellement chef principal de la phalange japonaise. Une nostalgie probablement renforcée par la prestation assez moyenne de la NHK ce soir...Un programme associant le Concerto pour violon de Sibelius (1905) avec Janine Jansen en soliste et la rarement jouée, Symphonie n° 10 de Chostakovitch (1953). Le concerto de Sibelius bénéficie d’emblée de la grande complicité existant entre le chef et la soliste qui ont souvent joué ensemble, et c’est sur un nuage de cordes pianissimo que le violon entame sa déploration crépusculaire qui peu à peu va s’étoffer pour lui donner une place largement prédominante où la virtuosité tient une place de choix. Le jeu de la violoniste est très tendu, avec beaucoup d’engagement sonore (Stradivarius Rivaz-Baron Gutmann 1707)

Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. Andrey Boreyko. Lukas Geniušas, pianoy

Lukas Geniušas © Zeneka Levin Soirée intégralement russe à l’Auditorium de la maison ronde où le chef russe Andrey Boreyko dirigeait le « Philhar » dans un programme totalement dédié à la musique russe (Concerto pour piano n° 3 de Prokofiev, La Belle au bois dormant de Tchaïkovski et la Symphonie n° 7 de Silvestrov) avec, cerise sur le gâteau, la présence en soliste du jeune et prometteur pianiste russe Lukas Geniušas. Soirée découverte donc, avec tout d’abord Lukas Geniušas, âgé de 27 ans, lauréat des concours internationaux Chopin (2010) et Tchaïkovski (2015) exécutant le Concerto pour piano n° 3 de Prokofiev (1921). Le concerto probablement le plus connu du compositeur russe où l’on retrouve ses caractéristiques comme virtuosité, accords martelés, sauts abruptes du grave à l’aigu, courses d’arpèges, rudesse et lyrisme mêlés. On est d’emblée frappé par la souplesse, la fluidité et la facilité technique du pianiste russe dont le toucher très naturel sait se faire tantôt

 

Nelson Freire © E. Dahan / DG. Inutile de présenter le pianiste brésilien dont le passage à Paris est vécu chaque année comme un évènement musical incontournable. Son charisme, son toucher unique reconnu de tous, sa science exceptionnelle du piano et sa conception musicale hors du commun qui en font un musicien de l’âme, expliquant sans aucun doute l’affluence du public dans la grande salle de la Philharmonie de Paris pour ce superbe récital convoquant Bach, Brahms, Villa-Lobos et Chopin. Compositeurs pour lesquels Nelson Freire entretient, depuis longtemps déjà, un vibrant amour et dont il reste, encore aujourd’hui, le champion incontesté par son jeu envoûtant. Bach tout d’abord dans des transcriptions de Busoni « Ich ruf’ zu Dir, Herr Jesu Christ », de Siloti, Prélude pour orgue BWV 535 et de Dame Myra Hess

 

Tanguy de Williencourt © DR Le jeune pianiste français Tanguy de Williencourt mène décidément une carrière particulièrement active. Lauréat de la Fondation Blüthner en 2014, déjà remarqué à l’occasion de son premier enregistrement discographique en 2015 (Brahms/Schumann. Label Evidence Classics) avec le violoncelliste Bruno Philippe, le voici en solo sur la scène de l’Institut Goethe de Paris pour nous présenter de larges extraits de son prochain disque, à paraitre chez Mirare, consacré aux transcriptions et paraphrases de Liszt à partir des opéras de Wagner (Choeur des pèlerins de Tannhäuser, Choeur des fileuses et Ballade de Senta du Vaisseau Fantôme, Prélude et Mort d’Isolde extrait de Tristan et Isolde). Un programme alléchant, particulièrement adapté à l’ample sonorité du grand piano de concert de la firme Blüthner de

 

DR Dans sa chasse aux jeunes pianistes de talent, Olivier Bouley a déniché un jeune homme de 19 ans qui dès sa naissance a baigné dans la musique. Alexandre Kantorow n’est autre que le fils du célèbre violoniste Jean-Jacques Kantorow. Dès 16 ans il a joué avec des orchestres et quatuors prestigieux. Comme beaucoup de jeunes de sa génération il a une technique infaillible et nous l’a prouvé dans la transcription pour piano de « l’Oiseau de Feu » de Stravinsky. Comme aussi de nombreux pianistes il utilise à tort et à travers la pédale et ne laisse pas le son, déjà important dans cette oeuvre, s’envoler dans cette salle. Pour nous auditeurs, c’était une sorte de bouillie sonore qui arrivait à nos oreilles délicates ! Dans la « Méditation op.72 n°5 » de Tchaïkovski, ce travers se fit moins sentir et son interprétation était loin de tout pathos. Avec Aurélien Pascal, son ami violoncelliste du conservatoire, il nous a par contre enthousiasmé. Ces deux jeunes artistes

Ce lundi de mars, au Couvent des Récollets, c’est un pianiste américain qui est venu interpréter un programme peu original, mais joué de manière peu académique. Andrew Tyson, trente ans, a étudié au Curtis Institute de Philadelphie puis à la Julliard School de New York et a gagné de nombreux concours internationaux (Geza Anda, Leeds…). Le récital a débuté par deux « sonates de Scarlatti, la K9 et la K96. Avec une technique imparable, dès le départ, on a senti que ce pianiste avait une vision des oeuvres assez personnelle. C’est dans « Miroirs » de Maurice Ravel, et plus encore, dans les 24 Préludes op.28. de Frédéric Chopin qu’il l’a démontré. On peut ne pas être d’accord avec son interprétation mais il y a une cohérence dans son propos. Ici pas de pathos : Chopin a fait un tour vers les USA alliant l’exubérance américaine mais non sans absence de sensibilité. Un Chopin d’aujourd’hui. Les puristes faisaient la fine bouche on était loin de Samson François, de Claudio Arrau. Andrew Tyson est un pianiste hors des chemins battus et qui a de l’abattage à revendre. Espérons qu’il ne se perde pas en route.

Il a enregistré « Les Préludes » de Chopin, « Miroirs » de Ravel chez Alpha Classics.

Le prochain concert des Pianissimes aura lieu le 21 avril avec le pianiste G.Urgell Reyes Pour connaître et soutenir les Pianissimes : www.lespianissimes.com

Fondée en 2010 par le pianiste Rémy Cardinale, cette formation (Girolamo Bottiglieri, Raya Raytcheva, violons, Caroline Cohen-Adad, alto, Rémy Cardinale, piano) tente de redécouvrir la musique du répertoire romantique sur instruments d’époque. Elle interprète cette musique de chambre en tenant compte du contexte socio-culturel de la fin du XIXème siècle. En jouant sur instruments historiques, elle s’interroge sur cet héritage. Il est évident qu’en les entendant, notre écoute en est bouleversée tant nous sommes habitués à l’interprétation de ces oeuvres sur des instruments modernes. Ici c’est un Gaveau de 1907 qui remplace le Steinway traditionnel. Alors comment jouer César Franck ? Rémy Cardinale nous rappelle le contexte de la création de « Danse Lente CFF 25 » écrite en 1885 et du « Quintette pour piano et cordes en fa mineur CFF 121 (1878- 1979) ». La bourgeoisie est ébranlée dans ses certitudes après les différents conflits qui secouent la France depuis 1870. Elle voit l’installation de la République d’un mauvais oeil. Pour Rémy Cardinale la tristesse de la Danse est un morceau d’une grande nostalgie d’un temps qui n’existera plus. Cette oeuvre, peu connue, donna tout le climat du

 

DR Le quatuor Zaïde est un quatuor féminin avec Charlotte Juillard et Leslie Boulin Raulet au violon, Sarah Chenaf à l’alto et Juliette Salmona au violoncelle. Comme à son habitude l’auditorium de met au diapason de l’exposition picturale du moment au Musée. Ici c’est « La Nuit et le Cosmos » qui sont à l’honneur. Alors pourquoi le quatuor op 132 de Beethoven ? T.S.Eliot y voit une gaité céleste ! Beethoven évoque dans l’un de ses cahiers la présence d’une conscience morale qui permet de s’élever et d’entrer en contact avec un ordre situé au-delà des apparences ! Ce quatuor en la mineur écrit en 1825 invite à une telle expérience. Avec ses six mouvements c’est un voyage philosophique du début à la fin. Le troisième mouvement « Molto adagio » a comme sous-titre : Chant sacré de reconnaissance d’un convalescent à la divinité dans le mode lydien ! Le musicien dont la surdité se révèle, se met en scène, il devient sujet de sa propre création. A la fin de ce

 

Dans la même thématique, « La nuit, le Cosmos », à l'Auditorium d'Orsay, Jonas Vitaud proposait des oeuvres de Liszt, Dutilleux et Scriabine. A première vue, on a pu penser que, comme organisé dans le cadre des ''Concert Lunchtime'', on avait droit à un récital glouton. Car ce pianiste talentueux a avalé d’un trait, un extrait des Années de Pèlerinage de Liszt, un bout des Trois Préludes pour piano de Dutilleux, puis, sans prendre son souffle, le Klavierstück en fa dièse majeur du même Liszt, et sans prendre le temps de nous laisser digérer, 3'30 d’extraits des Trois préludes, de nouveau de Dutilleux. Ensuite, il avala la « Valse oubliée » et « Nuages gris » de Liszt. Là, il a fait une pause en coulisse, peut-être pour boire un coup ? Puis Jonas Vitaud est revenu et a pris tout son temps pour interpréter « Deux danses pour piano » op.73 et la Sonate « Messe Noire » op.68 n° 9 de Scriabine. Là, pour chaque oeuvre, il a joué du silence. Etait–il dans sa phase poste