Ensemble Pygmalion, dir. Raphaël Pichon. Stéphane Degout, Julia Kleiter, Anaïk Morel, Judith Fa, Robin Tritschler.

Malgré une distribution vocale chamboulée au dernier moment (absences de Sabine Devieilhe, de Marianne Crebassa et de Maïlys de Villoutreys) l’excellence vocale et instrumentale étaient bien au rendez vous pour cet oratorio de Felix Mendelssohn (1809-1847) composé en 1846. Une œuvre monumentale où le maitre de l’oratorio, inspiré de Bach, Haendel et Haydn, témoigne de la qualité de sa narration musicale et de son sens du drame. Véritable opéra sacré Elias brille par l’ampleur de ses vagues chorales ainsi que par la beauté de ses airs solistes et ensembles. Initialement prévu pour faire partie d’un triptyque comprenant Paulus, Elias et Christus, Elias fut crée en 1846 à Birmingham en anglais et en 1847 à Hambourg en langue allemande. Sur un livret du pasteur Julius Schubring, cette partition nous dresse le portrait du prophète Elie depuis son défi lancé aux prêtres de Baal, en passant par ses exploits miraculeux avant son ascension finale auprès de son Dieu dans un chariot de feu. Défenseur ardent du monothéisme, Elie, figure majeure de l’Ancien Testament (Livre des Rois) incarne à la fois la lutte pour la foi et l’amour de Dieu, à l’instar de Jean-Baptiste. Comme au festival de la Chaise-Dieu en 2012, Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion nous en donnèrent une interprétation tout à fait remarquable grâce à la beauté sublime de la musique bien sûr mais également par la qualité du Chœur et de l’Orchestre, tous pupitres confondus, menés par la main ardente, claire, très dynamique et inspirée de Raphaël Pichon. Stéphane Degout, à la fois puissant et fragile, sut donner à son Elias toute l’humanité nécessaire, dans la colère comme dans le renoncement (« Es ist genug ! » d’anthologie avec accompagnement de violoncelle). Le reste de la distribution vocale fut particulièrement homogène et ne souffrit aucun reproche, Julia Kleiter, vocalité facile et très belle diction, Anaïk Morel dont on regrettera, malgré la belle prestation, le timbre un peu nasillard, Robin Tritschler au sublime legato, enfin Judith Fa, Marie-Frédérique Girod et Lucie Richardot, issues du Chœur. En bref, une œuvre magnifique et une interprétation qui ne l’est pas moins ! Un triomphe !