Yves CASTAGNET, Messe brève pour chœur mixte et orgue, Symétrie, ISBN 978-2-36485-113-9

Il s’agit là de la première œuvre liturgique de ce remarquable organiste nommé en 1988 titulaire de l’orgue de chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Laissons-lui la parole un instant : « J’ai composé cette messe dans les premières années de ma présence à Notre-Dame, avant la création de l’association Musique sacrée à Notre-Dame de Paris et la restructuration de la maîtrise sous sa forme actuelle. La maîtrise existait déjà, bien sûr ; on enseigne en effet le chant en ce lieu depuis le Moyen-Âge, à l’époque où la cathédrale était encore en construction, il y a plus de 850 ans. À la fin des années 1980, la maîtrise était bien différente de ce qu’elle est devenue maintenant. Elle était alors dirigée par le chanoine Jehan Revert, maître de chapelle, qui fut pour moi un véritable guide, et dont la mémoire restera toujours dans le cœur des musiciens de Notre-Dame. »
On peut donc penser que cette Messe a été composée vers 1990, peut-être même en 1980 si l’on en croit la couverture de la partition. L’œuvre n’est pas facile, mais à la portée d’un chœur exercé. Profondément écrite dans l’esprit liturgique, cette Messe comporte kyrie, gloria, sanctus et agnus. Le texte (grec et latin : n’oublions pas que le Kyrie est en grec dans la liturgie latine…) est admirablement servi et mis en valeur dans l’esprit des directives pontificales et du Concile. On ne peut malheureusement l’entendre en entier sur YouTube, mais on pourra écouter au moins le Kyrie et l’Agnus. Souhaitons qu’elle soit bientôt au programme de nombreuses chorales.
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Jules MASSENET, C’était dans la saison des roses, Symétrie, ISBN 978-2-36485-120-7

Jean-Christophe Branger, agrégé et docteur en musicologie, est professeur à l’Université Lyon 2. Ses travaux sont principalement consacrés à l’œuvre de Jules Massenet. Si on connait Massenet essentiellement par ses opéras, il ne faut pas oublier que ce fut aussi l’auteur de plus de trois cents mélodies, la plupart éditées, mais dont certaines, destinées à des périodiques ou à des albums musicaux de personnes qui recevaient le compositeur dans leur salon sont restées inédites. Celle qui est publiée aujourd’hui est effectivement inédite et c’est un plaisir de la découvrir. On pourra lire dans la passionnante préface de l’éditeur l’histoire de cette mélodie et du poème écrit par Augustine-Malvina Blanchecotte, poétesse soutenue Béranger, Sainte-Beuve et George Sand et qui est loin d’être sans intérêt. On retrouve toute la délicatesse de Massenet dans cette mélodie exempte de toute mièvrerie. C’est une œuvre à découvrir et à faire connaître.
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

BEETHOVEN : An die ferne Geliebte für Singstimme und Klavier op. 98 édité par Barry Cooper. Urtext Bärenreiter : BA 7862.

Après examen des différentes sources (autographe, première édition, corrections de la première édition, ce travail méticuleux présente le texte musical tel que Beethoven l’a voulu, et prend en compte des questions d’exécution non abordées ou négligées dans les éditions précédentes.
L’identité de cette bien-aimée n’a jamais été identifiée. Redevable au prince Lobkowitz, qui venait justement de perdre son épouse, Beethoven lui dédit cette « bien-aimée lointaine ».
Composé dans une période peu féconde pour Beethoven (1816), ce cycle de six lieder sur des poèmes d’Alois Jeitteles, poète inconnu, étudiant en médecine, passe pour être le premier du genre dans l’histoire de la musique : symétrie tonale, thème du premier lied rappelé dans le dernier, liaison pianistique entre les lieder, forme strophique…
Mélangeant les styles, passant du folklore au raffinement, de l’émotion à la poésie, Beethoven s’attache à mettre le texte en valeur : mélodie, harmonie, accompagnement sont « à l’écoute » du poème.
A lire pour compléter l’étude de ces lieder, les précieux commentaires critiques spécifiques à chacun d’eux.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Eric PENICAUD : Pater noster ’après Rimsky-Korsakov. Arrangement pour voix et guitare. Productions d’Oz : DZ 3253.

Là encore Eric Pénicaud repousse les frontières de la guitare en offrant cette pièce liturgique de musique de chambre. Il s’agit d’un arrangement d’après le Pater Noster de Rimsky-Korsakov. La partie de guitare, comme le chant, ne comporte pas de difficulté particulière et pourra être abordée dès le 2ème cycle confortablement. La guitare accompagne et le chant à la voix exprime la mélodie. Il y a une scordature où la corde de mi grave est remplacée par un la. Les paroles sont transcrites en 10 langues et la musique adaptée aux principaux registres de voix. On notera le style dépouillé de cette œuvre ainsi que son caractère méditatif. Cette pièce en 10 versions symbolise une sorte d’unité à l’heure actuelle où mixité et individualisme convergent et divergent au gré de la vie.
Lionel Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Jules MASSENET : Quatre Mélodies oubliées, édition Jean-Christophe Branger Symétrie : ISMN 979-0-2318-0888-9

Célèbre auteur d’opéras, Massenet est aussi auteur de trois cents mélodies. Les quatre proposées dans ce recueil sont des découvertes qui devraient attirer les voix graves féminines. La première est écrite sur un poème de Thérèse Marquet intitulé l’Idéal qui exalte l’amour mystique. L’accompagnement qu’en donne Massenet, du fait de son caractère orchestral, est difficile d’exécution. Fleurs sacrées paraît dans un numéro spécial des Annales politiques et littéraires sur un poème de D. B. de Laflotte, et dont le caractère sombre et lugubre est accentué par la tessiture grave de la voix. Dernier sommeil, sur un court poème de A. Chagneau, paru dans un numéro spécial de Nos loisirs, est dédicacé à Lucy Arbell de l’Opéra. Le Figaro publie l’année suivante, en 1907, Mélancolie, (sur un poème de R. Jubert), que Massenet reprendra plus tard dans ses Expressions lyriques. L’écriture montre une attention particulière du compositeur envers son interprète préférée, à la voix de contralto. On lira avec intérêt les notes, annexes et sources de cette édition musicologique.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Guy SACRE : Deux Poèmes de Jules Romains pour baryton et piano. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0790-5

Guy Sacre a écrit beaucoup de mélodies, et c’est un peu par hasard qu’il a découvert ces poèmes de Jules Romains qui font partie d’un recueil intitulé Odes et Prières. Ce « lyrisme poignant, si lentement soutenu » a fasciné l’auteur. Plutôt que de mettre en musique l’ensemble du recueil, il a choisi deux pièces : Voici qu’un jour tranquille et Je me sens pauvre aujourd’hui pour en faire ces œuvres délicates dont il a le secret. Voici ce qu’il en dit : « Dans les Prières, je suis un hôte à demeure, entouré de miroirs familiers, qui me renvoient invinciblement à mes ombres les plus secrètes, à mes peurs les plus inavouées. » Ces mélodies datent de 1980. L’ensemble est remarquablement publié. On est notamment heureux de trouver dans la partition, outre le texte de présentation de Guy Sacre, le texte des poèmes.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Richard WAGNER : Fünf Gedichte von Mathilde Wesendonck. Transcription pour voix et orgue de Pieter-Jelle de Boer. Delatour : DLT2700.

On connait la version avec piano de ces chants ainsi que leur version pour orchestre. Il était donc naturel de les adapter aussi à l’orgue. En effet, il est possible, pour le transcripteur, de rester proche de l’écriture pianistique tout en faisant bénéficier cette écriture des timbres et des couleurs propres à l’orgue. C’est ce qu’a tenté de faire Pieter-Jelle de Boer. Pour ce faire, il a transformé la partition de piano en fonction des possibilités particulières offertes par l’orgue et ne s’est pas contenté de retranscrire les parties de piano en ajoutant simplement un peu de pédale. L’ensemble s’avère donc fort intéressant.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Le volume 9 de la nouvelle édition Urtext des lieder de Schubert contient ceux composés au printemps et à l'été de 1816, dont certains font suite à des séries commencées en 1815. Disponible pour voix haute, moyenne et basse, ce volume a pu être achevé par l’éminent spécialiste de Schubert, Walter Dürr, malheureusement disparu au début de l’année dernière. Pour le contenu détaillé de ce volume, on pourra se reporter au site de l’éditeur https://www.baerenreiter.com/en/shop/product/details/BA9129/ car il serait trop long d’en énumérer ici tout le contenu. La préface est également passionnante autant que détaillée.
D. Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

L’auteur, elle-même organiste dans le Michigan, a arrangé cet Ave Maria, mélodie anonyme, pour son instrument et soprano. Après l’énoncé du thème en dix mesures d’introduction à l’orgue, la voix entonne l’Ave Maria. Le chant est soutenu par l’orgue au moyen de doublures à la partie supérieure, pendant qu’une autre déroule des volutes de triolets puis de doubles croches. Le pédalier ponctue les temps. Le début du thème apparaît à plusieurs reprises, sans que le texte, lui, soit répété, ce qui donne un côté répétitif et lancinant à cette prière, à l’harmonie moderne, dont la nuance générale va crescendo jusqu’ à l’amen final.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Il est indispensable de citer ici ce qu’écrit Guy Sacre à propos de cette œuvre : « On ne sait pas toujours que Rilke, au soir de sa vie, a écrit quelques poèmes en français. Il en donne un motif admirable au milieu même de son recueil Vergers :

Peut-être que si j’ai osé t’écrire,
langue prêtée, c’était pour employer
ce nom rustique dont l’unique empire
me tourmentait depuis toujours : verger.