Célino BRATTI : Fiacre d’antan. Accordéon. Début du 2e cycle. Lafitan : P.L.3379.

Dès le début, on entend le cheval trotter sur la chaussée. Ce trottinement se poursuit tout au long de la première et de la troisième partie tandis que la partie médiane évoque plutôt une valse de la belle époque. On appréciera également le passage du majeur au mineur qui permet d’entendre la même phrase dans des couleurs différentes. L’ensemble est écrit avec beaucoup de goût, des harmonies soignées, bref, l’auteur nous prouve qu’on peut faire, avec des moyens relativement simples, de la très bonne musique, à la fois évocatrice et formatrice pour l’oreille et la sensibilité. Ce sera certainement un grand plaisir pour l’interprète.
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Célino BRATTI : J’essaie pour accordéon. Débutant. P.L.3508.

Le titre de la pièce est tout un programme… Souhaitons que la jeune débutante ou le jeune débutant qui s’essaiera à cette pièce transforme, pour son plaisir, cet essai fort sympathique. Les accords indiqués permettront à l’interprète de se forger un langage harmonique cohérent en se faisant l’oreille aux enchainements les plus classiques, certes, mais les plus sûrs ! La mélodie, dans sa simplicité, offre un charme certain. C’est vraiment une jolie pièce pour commencer l’instrument.
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Célino BRATTI : Sylva-suite pièce en 3 mouvements pour accordéon. Niveau Moyen. Lafitan : P.L.3509.

Le titre indique bien le côté agreste de cette très agréable pièce. Le premier mouvement s’intitule « En sautant les haies ». Son rythme évocateur décrit bien le batifolage à travers bois suggéré par le titre. Tandis que la mélodie évoque une course folle, la basse suggère bien les sauts par-dessus les haies, d’autant plus que la fin est à jouer « Avec swing ». « Près du vieux moulin » est une évocation plus nostalgique d’un paysage rustique mais n’engendre cependant pas la mélancolie. Le dernier mouvement, intitulé « la roue du moulin » est tout à fait évocateur de cette roue qui tourne sans cesse, mouvement perpétuel suggéré par la suite continue des triolets rythmés par la basse et cela jusqu’à la fin. Ajoutons que l’ensemble est délicieusement écrit et devrait enchanter interprète et auditeurs.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Il s’agit d’une pièce d’écriture contemporaine. Il est inutile de rappeler l’originalité du compositeur Gérard Grisey, disparu prématurément, mais qui a marqué les compositeurs de son temps. Régis Campo en a été l’élève au Conservatoire de Paris. Le compositeur met en exergue une citation de Baudelaire : « La musique creuse le ciel ». « Lumière ! » : pouvait-on rêver d’un plus beau titre pour une pièce aussi lumineuse, jouant sur les couleurs, les timbres, les rythmes créant ainsi une irisation de la lumière. L’œuvre a été créée le 14 janvier 2017 à la Musikhochschule de Trossingen (Allemagne), avec Fanny Vicens à l’accordéon.
Daniel Blackstone

Nous voici en quelques notes transportés au pays des cowboys… Les rythmes et les mélodies recréent une atmosphère typique. L’ensemble est bon enfant et évoque un peu le cinéma muet et les vieux films du far West… Il ne manque que les indiens ! Il s’agit donc d’une pièce fort plaisante qui comporte cependant quelques difficultés bien naturelles pour ce niveau.

Nul doute que ce titre, qui fait référence à une partie d'un groupe montagneux du centre de la Bosnie-Herzégovine, dans les Alpes dinariques, soit important pour comprendre cette œuvre. Faute de détails, disons que ces impressions sont contrastées. Les paysages sonores se succèdent rapidement. Le premier mouvement commence par une Cadenza – Furioso e energico, se poursuit par quelques mesures Lagrimoso e rubato et se poursuit par un decido. Après cette introduction, c’est un allegro qui prend le relai, qui se termine par un « con fuoco » haletant. Le deuxième mouvement, andante, est lyrique et plus apaisé. Le troisième mouvement, après une cadence vigoureuse, se déroule dans un caractère « giocoso e animato ». L’ensemble demande une véritable virtuosité à l’instrument et une grande maîtrise de tous les effets qu’on peut en tirer. Les indications de l’auteur permettent de maîtriser l’ensemble. Ces impressions permettront à l’instrumentiste de faire montre autant de sa technique que de son sens musical.

Rose-Marie JOUGLA : L’escalier de nacre 5 pièces pour accordéon (basses standard). 4 volumes (20 pièces en tout). Facile. Delatour : DLT0890, 0892, 0893, 0894.

Ces vingt pièces ont en commun l’art de l’écriture que possède leur auteur. Quel que soit le style, le bon goût et des enchainements harmoniques impeccables caractérisent ces différentes pièces. Le premier volume est consacré à une main gauche en basses standard dans les tonalités de Do, Sol et Fa Majeur avec essentiellement des accords Majeurs et peu de septièmes. Elles visent un bon placement des doigts et une acquisition de la rapidité, surtout à la main gauche. Le deuxième volume ajoute, dans les mêmes tonalités, les accords mineurs et davantage de septièmes. Le troisième volume emploie les tonalités Majeures et mineures et les accords avec renversements, mais sans trop d’altérations. Le quatrième fait jouer la main gauche en basses standard, en basses alternées et chants de basses et, bien sûr, avec les altérations accidentelles. L’ensemble est donc tout à fait progressif. Le tout est, comme nous l’avons dit, plein de charme et de variété, allant du Ping-pong à la Valse viennoise. Chaque pièce constitue ainsi un petit tableau évocateur qui permettra aux élèves d’exprimer leur sensibilité, et l’on sent que c’est ce qu’a voulu avant tout l’auteur : allier technique et musique indissolublement. Le pari est tenu !

Jean-Michel TROTOUX : Le Cubassiface. Pièce pour accordéon. Elémentaire. Lafitan : P.L.3170.

Notre absence de pratique de Cubase (pourtant incontournable pour les musiciens, parait-il) nous empêche de voir le lien entre le titre et l’oeuvre. Celle-ci est construite sur un rythme obsédant tandis que les modulations s’enchainent, créant ainsi une ambiance un peu inquiétante, envoûtante même. Le modal n’est jamais loin et la surprise consiste en une affirmation d’un accord de la mineur « forte » qui termine abruptement la pièce. L’ensemble est donc attachant et original.

Fabrice TOUCHARD : Yang-Tsé-Kiang (Fleuve bleu). Pièce pour accordéon. Préparatoire. Lafitan : P.L.3098.

Cette pièce nous est donnée en deux versions, l’une pour instrument avec basses chromatiques, l’autre pour basses standards. Basée essentiellement sur le pentatonique do, ré, fa, sol, la, do, l’ensemble crée une atmosphère qui, pour être celle de la Chine vue de France, n’en est pas moins fort agréable. Et cela constitue aussi une excellente manière de faire découvrir ce qu’est un mode et d’expliquer en acte qu’il en existe des milliers… Ecrite dans la tonalité de fa majeur, elle comporte une première partie construite sur les premier et quatrième degrés et une seconde partie construite sur une basse obstinée faisant penser à un bourdon. La reprise mène à une courte coda. L’ensemble joue sur les contrastes de nuances. Tout cela est fort agréable.

Aïn

Bruno GINER : Aïn pour accordéon. Difficile. Delatour : DLT2714.

Qu'on ne se laisse surtout pas prendre à la nomenclature : l'instrument est ici utilisé dans toutes ses possibilités avec une écriture résolument contemporaine. Voici comment l'auteur présente sa pièce : « Aïn signifie « source » en arabe. Dans l'immensité des dunes de sable, le désert, la source est synonyme de vie. En musique, ce mot peut évoquer l'inspiration, le jaillissement ou l'énergie vitale. Ici, l'accordéon se prête particulièrement bien à cette énergie. Source d'aigus scintillants, accords jaillissants, rythmes obstinés, souffles et petites percussions, la principale caractéristique de cette pièce est l'intensité physique qu'elle requiert : une source d'énergie. »