Jean-François FOURMAUX : Tour d’Ivoire pour timbales et piano. 1er cycle. Lafitan : P.L.3437.

Il faut, pour ce morceau, quatre timbales accordées la, ré, mi, fa. Les modifications sont indiquées tout au long de la partition. Cette tour semble bien mystérieuse et le la mineur persistant ajoute au caractère envoutant de cette pièce. On pourrait apercevoir, du haut de cette tour une mystérieuse caravane ou tout simplement s’enfermer dans une méditation profonde. Quel que soit l’imaginaire qu’elle suscite, cette pièce est en tout cas fort plaisante à entendre et certainement à jouer. On notera en particulier les changements de timbres indiqués dans la cadence, qui permettent une grande expressivité.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Jean-Louis DELBARRE : La puce à l’ouïe pour xylophone et piano. 1ère année, 1er cycle. Lafitan : P.L.3506.

Cette charmante pièce pour instrumentistes débutants ne manquera pas de séduire ses interprètes. Un do Majeur placide et joyeux leur permettra de faire leurs débuts d’une manière bien agréable. Piano et xylophone s’accompagnent ou s’enchainent au gré de gammes et d’arpèges fort bien venus. La partie de piano est facile et permettra d’initier très tôt de jeunes élèves à la musique de chambre. Comme y invite le titre de l’oeuvre, il faudra bien s’écouter !
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Wieslaw JANECZEC : Expansion pour deux timbales et piano. 1er cycle. Lafitan : P.L.3325.

L’œuvre mérite bien son titre : partie de timbale et partie de piano se complexifient tout au long de la, pièce, un peu comme les « doubles » de la musique ancienne ou tout simplement comme le premier mouvement de la Symphonie La surprise de Joseph Haydn, repris par Maurice Yvain dans le final du deuxième acte de Là-haut, dans la partition originale, malheureusement jamais donné en entier au théâtre ou dans les enregistrements existants…
Mais revenons à notre œuvre pleine de fougue puisque nous sommes dans un Allegro entre 116 et 126 à la noire… Si techniquement l’ensemble n’est pas très difficile, on notera que le pianiste, pour la fin, devra être un bon rythmicien. En tout cas, les variations rythmiques soutiennent jusqu’au bout l’intérêt.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Bernard ZIELINSKI – Michel NIERENBERGER : Le Petit Galibot pour 2 timbales avec accompagnement de piano. 1er cycle. Lafitan : P.L.3596.

Et d’abord, qu’est-ce qu’un « galibot » ? Le dictionnaire écrit : Jeune manœuvre employé au service des voies dans les houillères. « J’ai tout fait là-dedans, galibot d'abord, puis herscheur, quand j'ai eu la force de rouler, puis haveur pendant dix-huit ans » Zola : Germinal.
Bernard Zielinski nous éclaire lorsqu’il écrit : A la mémoire de mon père, galibot à la fosse d’Haillicourt, Pas de Calais, à l’âge de 14 ans.
On sent, à travers cette pièce, que le père de l’auteur n’a pas forcément gardé que de mauvais souvenirs de ce travail, au demeurant fort pénible. Les indications de caractère sont en effet : « Joyeux et dansant, telle une polka » et « Léger et heureux ». Même la partie médiane, « legato e cantabile », garde un caractère heureux. Les trois instruments sont bien mis en valeur et le tout donne une œuvre fort plaisante et agréable par l’optimisme qui en ressort. Terminons en citant encore les auteurs : « C’est un mineur » : ces trois mots constituent un éloge, une sorte d’hommage rendu aux qualités professionnelles et humaines de la personne désignée. C’est la valeur de l’homme reconnue par ses pairs. Puisse cette pièce contribuer à faire dire de vous, un jour : « c’est un musicien ». Tel est notre souhait ».
Daniel Blackstone
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Florentin MOREL : Un après-midi au cirque pièce en trois mouvements pour percussion et piano. Fin de 1er cycle. Lafitan : P.L.3434.

Que voici une pièce bien plaisante ! D’entrée de jeu, ce sont les timbales qui font leur entrée avec la Marche des éléphants. La plupart du temps, le piano marque la mesure dans un tempo moderato, comme il se doit. La deuxième pièce, Le numéro de trapèze, est destinée au xylophone. Le numéro se déroule sur un 6/8 à la fois léger et volubile où piano et xylophone dialoguent avec la grâce qui convient puis se rejoignent dans des figures synchronisées. Et bien sûr, on ne saurait passer un après-midi au cirque sans voir Les clowns. C’est maintenant à la caisse claire d’entrer en scène pour évoquer ces joyeux compagnons. En effet, si les deux premières pièces gardent un petit air nostalgique, c’est cette fois un joyeux allegro qui nous entraine, avec des airs qui évoquent les musiques traditionnelles du cirque. On sera libre d’imaginer les facéties des clowns en se laissant entrainer par les rythmes pétillants qui se succèdent. Interprètes et auditeurs devraient être séduits par cette représentation.
Daniel Blackstone

Wieslaw JANECZEK : Rag Train pour batterie et piano. Fin de 1er cycle. Lafitan : P.L.3324.

Cette pièce très entrainante met en œuvre l’ensemble de la batterie. Rag ou boogie ou les deux ? N’oublions pas que le mot «  boogie-woogie  » vient du rythme des roues des trains passant sur les jointures des rails ! Et que si dans ce morceau on retrouve bien une grille de blues ce n’est pas non plus par hasard. Avec les rails soudés, adieu le «  boogie-woogie  » naturel des chemins de fer… La partie de piano, rythmiquement pas si facile pour les pianistes non-initiés au jazz, assure donc la grille et la mélodie. Et le tout, disons-le, est très réussi et devrait avoir beaucoup de succès. Petit codicille : pour ceux qui auraient oublié – ou n’auraient pas connu – le bruit des roues sur les rails, allez voir le «  Tirebouchon  », train d’Auray à Quiberon. https://www.youtube.com/watch?v=EykvaLPMS24
Daniel Blackstone

Jean-François FOURMAUX : Au trot pour xylophone avec accompagnement de piano. Fin de 1er cycle. Lafitan : P.L.3439.

On voit bien le petit cheval, tirant une carriole, faisant faire à son conducteur une joyeuse promenade par monts et par vaux… L’ensemble, assez cout, comporte une mini-cadence qui rompt un petit peu l’ostinato rythmique. Les modulations mettent de la variété dans la promenade, suggérant divers paysages. La partie de piano, sans grande difficulté, peut être tenue par un élève. L’ensemble est plein de fraicheur un peu naïve, ce qui est très loin d’être déplaisant ! Gageons que les deux interprètes y trouveront beaucoup de plaisir.
Daniel Blackstone

Jean-Louis DELBARRE : Au pays du matin calme. Pièce en 4 mouvements pour percussions et piano. Fin de 1er cycle. Lafitan : P.L.3507.

Cette suite en quatre mouvements peut évidemment être interprétée par plusieurs élèves. Le premier mouvement, intitulé Couleur du ciel est écrit pour timbales et piano. Un vrai dialogue s’instaure entre les deux instruments, dialogue qui demandera de part et d’autre une bonne précision rythmique. Le deuxième, Promenade est écrit pour vibraphone ou marimba solo. Il permet de mettre en valeur un large ambitus sur un rythme de 6/8 trois croches/noire pointée. Le 3ème mouvement, nommé Rien de nouveau à l’est met en œuvre, sur un rythme décidé, caisse claire, tom bass, wood block et cymbale avec le piano. Quant au dernier mouvement, il est dédié au vibraphone et au piano. Ce qui fait l’unité de l’œuvre est l’ambiance générale qui, on s’en doutera, privilégie l’utilisation du mode pentatonique. L’ensemble est varié et très plaisant.
Daniel Blackstone

Cette œuvre est donc la dernière présentée dans cette collection, puisque son directeur, Régis Famelart, comme nous l’avons dit ci-dessus, est disparu prématurément le 30 octobre dernier.
Reditum Regis, ou « Le retour du Roi », pour ceux qui auraient oublié leur latin (« nobody’s perfect… ») se compose donc de trois parties intitulées (en français) : « Tristesse au Royaume », réservée aux timbales, « Une bonne nouvelle » pour le xylophone et enfin « Le Roi revient » pour multi-percussion et bande son. Précisons que la bande son est à télécharger sur le site de l’éditeur et qu’elle a été écrite par un élève d’électro-acoustique du CRR (de Nice). L’ensemble est plein de charme et de rebondissements. Classée facile à moyen pour les percussionnistes, cette pièce demandera en revanche un pianiste chevronné. Précisons enfin que le titre et l’aspect moyenâgeux du conte tiennent peut-être à ce que l’auteur, avant de se consacrer entièrement à la musique, a fait une classe préparatoire à l’École des Chartes. Quoi qu’il en soit, l’ensemble est très plaisant et devrait rencontrer un franc succès.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

 

Nous n’aurons malheureusement plus à recenser des pièces présentées par Régis Famelart, disparu prématurément à l’âge de 55 ans le 30 octobre 2018 après une brillante carrière de percussionniste, de professeur dans des postes où il était apprécié de tous. Il était également un compositeur reconnu. Just two est en fait un recueil de quatre pièces qui mettent en relief toutes les possibilités expressives des moyens mis en œuvre. Seulement deux, nous dit le titre. Deux instruments, deux instrumentistes… et beaucoup de musique dans ces quatre pièces courtes, mais denses.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019