Wolfgang LINDNER, Dance Sketches pour orgue, Three valses pour orgue ou piano, Schola Cantorum, SC 8791

Né en 1956 et aujourd’hui en retraite de ses fonctions d’organiste d’église, Wolfgang Lindner nous offre ici deux échantillons de son œuvre de compositeur. On pourra être un peu surpris du caractère de ces œuvres qui risquent de ne pas convenir aux offices religieux (encore que ce n’est pas sûr, par les temps qui courent) mais qui sont fort agréables à entendre et certainement à jouer. Les titres en donnent un aperçu : après la Pavane des prélats et la Polonaise des Acolytes nous avons le Cakewalk des douces nonnes, le Quick-step du vicaire, le Tango de l’archevêque et la Samba du Conseil presbytéral… Bref, on ne s’ennuie pas avec cet auteur. Les trois valses ne manquent pas non plus de piquant… On pourra juger du résultat en écoutant sur YouTube Dance Sketches https://www.youtube.com/watch?v=BW5oa0iDO8g
Daniel BLACKSTONE
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Joseph HAYDN : Introduction des « Sept dernières paroles du Christ en croix ». Adaptation pour orgue de Jean-Paul Imbert. Delatour : DLT2340.

On sait qu’Haydn lui-même écrivit plusieurs versions de cette oeuvre magistrale. C’en est l’introduction que Jean-Paul Imbert a adaptée pour orgue. Il est inutile de souligner les difficultés inhérentes à une telle adaptation, qui est plus qu’une transcription. On imagine aussi la difficulté à rendre les intentions de l’adaptateur. Celui-ci l’a bien senti : plutôt qu’une registration, il utilise des plans sonores au nombre de quatre et indique les couleurs de chaque plan en précisant bien qu’il faudra les adapter à chaque instrument… Une bonne connaissance des différentes versions de l’oeuvre originale aidera chacun à utiliser cette adaptation tout en restant fidèle à Haydn, mais le jeu en vaut la chandelle !
Daniel Blackstone
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Wolfgang-Amadeus MOZART : Fantaisie en ré mineur KV 397. Transcription pour orgue de Jean-Paul IMBERT : Delatour : DLT2338.

Cette fois, Jean-Paul Imbert nous propose une transcription d’une pièce composite aux multiples facettes et à l’histoire compliquée… Tous les pianistes la connaissent. Sans doute moins les organistes. C’était une véritable gageure que de réussir cette transcription et J.P. Imbert y réussit pleinement. On peut d’ailleurs l’écouter sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=-yHfqs8Clfw et on peut être sûr que cela rendra bien service aux organistes pour adapter la registration à leur propre instrument. Mais le jeu en vaut la chandelle ! Bien sûr, il sera difficile d’utiliser cette pièce dans un cadre liturgique, mais l’orgue, fort heureusement, n’est pas cantonné à ce répertoire !
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Alexandre SCRIABINE : Étude opus 2 n° 1 Transcription pour orgue de Jean-Paul IMBERT. Delatour : DLT2341.

Contrairement à d’autres transcriptions de cette même oeuvre, celle de Jean-Paul Imbert respecte pleinement non seulement la lettre mais l’esprit de cette oeuvre très expressive et toute en subtilité et tendresse. Il faudra donc respecter aussi la registration conseillée par l’auteur qui est faite pour un orgue à trois claviers pédalier mais qui jouera entièrement sur les fonds de 8 (et 8 – 16 au pédalier, bien entendu). Une boite expressive s’avère nécessaire si on veut pouvoir faire ressentir les élans lyriques de l’oeuvre. La transcription est un art difficile qui peut vite devenir une trahison si elle n’est pas faite avec goût. Celle de Jean-Paul Imbert l’est pleinement : souhaitons qu’elle ne soit pas dénaturée par des organistes qui en manqueraient !
Daniel Blackstone
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Éric LEBRUN : Sept études pour le pédalier seul. Pour orgue. Chanteloup Musique : CMP 042.

Éric Lebrun a écrit ces études en pensant à ses élèves mais aussi pour lui-même. Il s’agit pour lui de transformer ce qui pourrait être un travail ingrat en un véritable travail musical. Chacune de ces études possède son caractère propre, non pas seulement pour des raisons de technique mais d’abord pour en faire de la vraie musique. Ce n’est pas pour rien que chacune est dotée d’un titre qui en détermine le caractère. L’auteur précise : « A chaque pièce correspond un climat particulier et des éléments de langage parfois assez différents, ces sept études formant une suite cohérente et étant conçue pour être enchaînées si on le souhaite. » On peut écouter deux de ces pièces sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=YDvByiWwu_o
Daniel Blackstone
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Éric LEBRUN : Au jardin des poètes Douze petites pièces pour orgue. Chanteloup Musique : CMP 043.

Ces douze petites pièces sont mises en résonnance avec des allusions poétiques à Verlaine, Apollinaire, Coulmin, La Fontaine, Éluard, Desnos et Andersen. Chaque pièce crée un univers sonore en rapport avec la citation de l’œuvre du poète qui sert de titre. C’est dire la variété des ambiances. Courtes, ces pièces le sont, puisque l’ensemble ne dure qu’à peine 16 minutes. Mais chacune est un petit tableau en parfaite adéquation avec son objet. Elles n’offrent pas non plus de difficultés techniques insurmontables et peuvent être jouées sur un instrument de deux claviers pédalier. Les indications de registration sont facilement adaptables à des instruments d’esthétique assez différente. Mais surtout, on peut écouter sur YouTube l’ensemble du recueil interprété par le compositeur à l’adresse https://www.youtube.com/watch?v=mbBX_p_1wH8
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Gérard HILPIPRE : Fantasia Aureliana pour orgue. Delatour : DLT2792.

Écrite pour célébrer le 300ème anniversaire de l’orgue Andreas Silbermann de l’église Sainte-Aurélie de Strasbourg (1718), cette pièce assez courte a été composée strictement en fonction des possibilités de l’instrument et de ses particularités. Il faudra tenir compte de ce fait lors de l’adaptation de cette pièce à d’autres instruments. Mais c’est le lot habituel de tout organiste. L’auteur a été amené par choix et en hommage à l’écriture des compositeurs de l’époque à adopter à la fois un langage harmonique quasi strictement tonal, ce qui n’est pas dans ses habitudes, mais aussi à faire preuve d’une grande liberté d’écriture, dans l’esprit de l’improvisation. Il sera fort utile de consulter le site http://decouverte.orgue.free.fr/orgues/staureli.htm qui donne l’historique de l’instrument et sa composition actuelle. L'orgue a en effet été reconstruit en 2015 par la manufacture Quentin Blumenroeder. Cela correspond à une restauration dans l'état de 1768, avec le buffet dans l'état de 1790, en gardant la Voix humaine comme en 1718 (et non un Cromorne).
Daniel Blackstone

L’auteur était Maître de chapelle de Sainte-Clotilde à Paris de 1904 à 1907, Tournemire étant titulaire du grand orgue. Contrairement à l’usage, cette messe n’est pas destinée à un jour précis du calendrier liturgique. La liturgie romaine a donné une importance particulière au grand orgue, puisqu’il devient soliste et ne se contente plus d’alterner ses interventions avec l’orgue de choeur. Avec cette Messe pour grand orgue, Maurice Emmanuel ouvre la voix à Vierne, Tournemire, Messiaen, Langlais, Litaize… Quatre parties seulement composent cette pièce : Entrée (sous forme de Récit), Offertoire (en triptyque), Communion (en variations), Sortie (Prélude et fugue). Cette nouvelle édition, révisée, annotée et registrée comporte des commentaires. La registration proposée est celle qu’utilisait César Franck à Sainte-Clotilde. Si la lecture est claire, on déplorera malheureusement les nombreuses mauvaises tournes.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Renouant avec une tradition qui eut ses heures de gloire mais fut ensuite fort décriée, les transcriptions pour orgue de partitions symphoniques sont aujourd’hui très prisées. Cette transcription de Louis Robillard d’Orpheus, le 4e poème symphonique composé par Franz Liszt n’est pas la première : Jean Guillou, entre autres, en a fait une également. Celle que nous propose aujourd’hui Louis Robillard est à la hauteur de ce grand organiste si fin connaisseur de son instrument. L’orgue sonne effectivement comme un véritable orchestre, et la régistration de ce poème symphonique en fait une véritable recréation de l’oeuvre.
D. Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Pensé comme un hommage à l’orgue allemand et à ses plus grands compositeurs, ce recueil est inspiré par les grands chorals de la liturgie protestante mais comporte aussi des emprunts par l’auteur à ses propres oeuvres. L’ensemble est de difficulté très variable et possède donc un réel intérêt pédagogique. L’utilisation liturgique, aussi bien protestante que catholique, est également évidente. Et bien sûr, ces pièces peuvent être données en concert sur des orgues assez différents : l’écriture ne demande pas un instrument trop typé… Comme le dit l’auteur lui-même : « En conclusion, fidèle à ses convictions de toujours, le compositeur n’aspire qu’à un but : allier le plaisir de l’oreille à celui de l’esprit en communion avec l’interprète et l’auditeur ».
D. Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019