Max MÉREAUX, Complainte pour contrebasse et piano, 1er cycle, Lafitan, P.L.3176

Cette jolie pièce fait penser à une mélodie celtique, à la fois pleine de charme et de mélancolie. Contrebasse et piano dialoguent et s’entrelacent. Le pianiste a sa part dans cette complainte. Le ré mineur confère à ce morceau un caractère grave mais plein de poésie. Il n’est pas si facile d’écrire avec légèreté pour la contrebasse, et l’auteur y réussit pleinement. Bien sûr, la partie de piano sera avantageusement tenue par un élève : tout en étant relativement simple, elle est, elle aussi pleine de charme. Interprètes et auditeurs devraient y trouver beaucoup de plaisir.
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

HERTL : Quatre pièces pour contrebasse et piano. Bärenreiter : BA 11556.

František Hertl (1906-1973) fut un contrebassiste tchèque, compositeur, chef d’orchestre et professeur de renommée internationale. L’écriture de ces quatre pièces, dont la première publication date de 1969, (avec un accord des cordes particulier : la, mi, si, fa #,) révèle une très grande connaissance de son instrument et une volonté de montrer ses différentes possibilités. Sans doute Hertl s’inspire-t-il de Glière qui avait déjà composé Intermezzo et Tarantella pour contrebasse et piano, op. 9 et Praeludium et Scherzo pour contrebasse et piano, op. 32. Le Prélude garde sa fonction d’introduction, Burlesque souligne le côté comique, pataud de l’instrument, Nocturne décrit une ambiance sombre et rêveuse, Tarentelle virtuose et endiablée rappelle celle, célèbre, de Bottesini. Pleines de défis techniques, avec beaucoup de qualités musicales, caractère et expression, ces pièces, de niveau très difficile, maintenant données en concert ou imposées en concours gagnent en popularité.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Partition d’accès difficile : préparation de l’instrument, lecture en notation contemporaine, doigtés, interprétation. S’adresse aux élèves de troisième cycle et de cycle spécialisé.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Voici la bien joyeuse histoire d’un homard appelé Zig et d’une améouicaine (admirez son accent…). Ce brave Zig..homard (peutêtre les élèves ne savent-ils plus ce qu’est un « zigomar » : ce sera l’occasion d’enrichir leur culture) est amoureux fou de son améouicaine. Après bien des péripéties dont l’une donnera au professeur l’occasion de faire connaître les sonneries militaires, tout cela se termine par un mariage… avec carottes, oignons, échalotes, ail, tomates, huile d’olive, fines herbes et cognac ! Ajoutons que l’auteur nous fait passer par la grille du blues et différentes danses aux rythmes caractéristiques. Bref, comme à l’habitude avec Claude- Henry Joubert, on ne s’ennuie pas. Il s’agit, bien sûr, de musique à programme. Chacun verra comment utiliser le texte : déclamé, proclamé, mis en scène… tout est possible !
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Ce petit recueil est destiné aux élèves du premier cycle des conservatoires et écoles de musique. Un certain nombre de motifs, d’harmonies et de rythmes contribuent à l’unité de ce recueil conçu comme un cycle. Les six courtes pièces, dont chacune porte en titre un prénom russe, abordent les différents modes de jeu de la contrebasse : col legno, glissando, les harmoniques naturels, le pizzicato, le pizzicato Bartok, le pizzicato de la main gauche, la quatrième position. Un petit lexique explique brièvement ces différentes techniques. Notons que l’accompagnement pianistique, essentiellement écrit dans le registre grave, comporte beaucoup d’octaves et d’accords fournis.
Sophie Jouve-Ganvert

ien sûr, certains éléments de cette pièce ne sont pas sans rappeler ou évoquer un célèbre roi compagnon de ce non moins célèbre évêque. Trois parties dans cette œuvre : un andantino à 6/8 sur un rythme qui rappelle de très près le bon roi Dagobert. Suit un andante cantabile à 4/4. Le tout se termine par un allegretto leggiero à 2/4 qui reprend de façon un peu ironique le thème de la première partie Le tout se conclut par une citation quasi textuelle de la fin de la chanson. Le tout est à la fois plein d’humour et de musique. On ne s’ennuie pas un instant dans cette pièce qui devrait séduire nos jeunes instrumentistes.

Claude-Henry JOUBERT : Quatre fables pour contrebasse avec accompagnement de piano. 3 – La Truite et la Meunière. 1er cycle, 3ème année. Lafitan : P.L.3175

On retrouve bien entendu dans cette fable tout l’humour mais aussi tout l’immense savoir-faire de Claude-Henry Joubert. Précisons tout de suite que l’entente entre le contrebassiste et son accompagnateur ou plutôt son partenaire devra être parfaite. Après une présentation de la meunière survient la truite effrontée sur un thème qui n’est pas sans évoquer quelques souvenirs. Après quelques péripéties survient Franz le pêcheur… Hélas pauvre poisson, comme on chantait jadis en français ! Bien sûr, l’histoire se termine par quatre mesures qui posent la bonne question : « Au fait, quel est le nom de famille de Franz le pêcheur ? ». L’ensemble est, comme à l’habitude, plein de clins d’œil que le professeur pourra faire ressortir. Ce pourra être aussi l’occasion de faire découvrir à l’élève le cycle de lieder Die schöne Müllerin, le lied Die Forelle, le quintette du même nom et, pourquoi pas, de Francis Blanche, Le complexe de la truite (sur un air d'un obscur compositeur autrichien)…

Serge OLLIVE Caprice Op. 36 pour contrebasse et piano. Assez difficile. Waldhorn Editions (auto-label) : WH-4514165 www.sergeollive.com

Le titre ne rend pas pleinement justice à cette oeuvre attachante. Elle est courte, certes (environ quatre minutes), mais pleine de lyrisme et d’intériorité. Après une première partie méditative et mélancolique, un passage plus vif et passionné débouche sur un retour au thème pour se terminer lentement pianissimo comme si la musique se fondait dans le silence. En écoutant cette pièce, on ne peut s’empêcher de penser à Paul Bazelaire et à la musique française, ce qui ne veut pas dire que Serge Ollive n’ait pas un langage personnel ! Mais on le sent aussi héritier d’une longue tradition souvent trop oubliée. L’ensemble fait appel à toutes les possibilités de la contrebasse, notamment les harmoniques : la richesse et l’expressivité de l’oeuvre sont à ce prix !

Georg-Friedrich HAENDEL : Sonate opus 1 n° 8 – HWV 366 pour 2 contrebasses. Transcription et édition : Daniel Massard et Véronique Lafargue. 2ème – 3ème cycle. Sempre più : SP0242.

C’est une excellente idée de transcrire ainsi une pièce qui, dès l’origine, pouvait être interprétée par divers instruments. Le respect de l’œuvre est total, la deuxième contrebasse jouant la basse continue. On pourrait d’ailleurs facilement adjoindre un clavecin. Le professeur devra faire lire aux élèves la très judicieuse présentation de Véronique Lafargue qui donne des conseils très précis pour l’interprétation et l’ornementation de cette œuvre. Elle indique aussi comment l’édition est à la fois fidèle au texte original et lisible pour un instrumentiste d’aujourd’hui.

Gioachino ROSSINI : Cinque duetti pour 2 contrebasses. Assez facile. Delatour : DLT2711.

Bien que ces pièces aient été composées primitivement pour le cor, il a semblé légitime à Régis Prudhomme de les transcrire pour contrebasse. En effet, Rossini a été le premier compositeur à écrire pour la contrebasse. Ces œuvres de jeunesse (Rossini a quatorze ans) sont déjà bien dans le style du compositeur : c’est dire qu’on ne s’ennuiera pas à les jouer. On trouve successivement Marcia, Menuetto, Adagio, Menuetto et Allegro. Ces courtes pièces devraient faire le bonheur des jeunes (et moins jeunes) contrebassistes !