Christian PEZZA, Premier chagrin pour piano, Lemoine, 29 428 H.L

Ce « premier chagrin » qui, pour les pianistes, évoque évidemment celui de l’Album pour la Jeunesse de Schumann, est une suite de « 6 larmes » de niveau débutant. Est-ce à dire que les débuts au piano sont un supplice si terrible ? Quoi qu’il en soit, ces six pièces sont pleines de charme. Chacune explore en quelques lignes les possibilités de l’accompagnement d’une mélodie énoncée par la main droite. Chaque larme est plutôt gracieuse et joyeuse et devrait charmer et non rebuter le jeune élève débutant.
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Mike CORNICK, 4 more Afro-Caribbean pieces pour 6 mains sur 1 piano, Universal, UE 21747

Après un autre recueil publié précédemment, Mike Cornick nous offre quatre pièces de plus avec cette même formation de trois pianistes sur un seul piano. On sait tout le bénéfice que peuvent trouver les jeunes pianistes à faire ainsi de la musique d’ensemble. Si le niveau est techniquement très facile, on sait que la mise en place donnera lieu à un exercice de synchronisation très profitable et… générateur de nombreux fous-rires ! Les airs afro caribéens sélectionnés ont été choisis, nous dit l’auteur, pour leurs rythmes animés et leurs harmonies robustes. Il précise également que les doigtés indiqués l’ont été pour éviter des carambolages fréquents quand on est à trois sur le même piano. Nous passons successivement de Trinidad & Tobago aux Bahamas et à la Jamaïque pour terminer par une Carribean Escapade entièrement de Mac Cornick. L’ensemble est particulièrement plaisant et sera certainement très apprécié des interprètes !
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Mike CORNICK, Blues in two and more pour interprètes de niveau intermédiaire, Universal, UE 21 777

L’auteur reprend en tête du volume l’une de ses pièces déjà publiées (Easy Jazzy Piano UE 16 550) mais qui a connu beaucoup de succès. Les onze autres pièces parcourent les différents rythmes et styles du jazz, valse tango, mesure à cinq temps, samba, calypso… L’ensemble, bien que de niveau relativement facile, est d’une grande qualité musicale et devrait plaire aux jeunes interprètes. On peut écouter sur YouTube le Blues in two dans différentes versions. Nous nous garderons ici de choisir…
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Keith JARRETT (arrangements), The Melody At Night, With You, Schott, ED 20927

On trouvera dans cet album onze morceaux de différents auteurs ainsi que des « traditionnels » arrangés par Keith Jarrett. L’ensemble n’est pas facile : il s’agit d’arrangements destinés au concert. Keith Jarrett n’est pas directement l’arrangeur de tous, mais tous ont reçu son approbation pour la publication. Quoi qu’il en soit, il s’agit de belle et bonne musique : l’ensemble, composé de ballades jazz et d’airs du folklore, est plein de poésie. L’édition fait droit aux « tournes » des pianistes, ce qui est bien appréciable.
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Régis CAMPO, Galaxies 1 pour jeunes pianistes, Lemoine, HL 29448

Ces neuf pièces créent, pour nos jeunes pianistes, un environnement d’autant plus interstellaire que l’invitation à laisser la pédale toujours enfoncée si possible crée une ambiance réverbérante propice au rêve et à l’évasion hors de notre monde terrestre. Citons quelques titres : Galaxie des cinq soleils, Espaces infinis, Galaxie en expansion… L’ensemble est très simple et bien écrit pour débutants. Mais l’auteur, avec ces moyens très simples, parvient à créer des paysages sonores qui devraient séduire les jeunes interprètes.
Daniel BLACKSTONE

David IANNI, Adieu pour piano, Universal, UE 38070

Laissons la parole à l’auteur : « Le 23 avril 2019 mourait, à l’âge de 98 ans, le Grand-Duc Jean de Luxembourg. Touché par cette nouvelle, j’ai composé le jour même Adieu, hommage musical au souverain bien-aimé de mon pays natal. La pièce, qui compte 98 mesures, s’ouvre sur l’hymne de la famille grand-ducale, le Wilhelmus, d’abord à une seule voix, puis repris en canon par la main gauche. Ce prologue est suivi du thème principal, une mélodie très large exprimant des sentiments de respect et de gratitude envers le disparu. Après la reprise du thème, un crescendo solennel donne à nouveau à entendre le Wilhelmus, le morceau s’achève sur une combinaison des deux mélodies ». Que dire de plus ? On peut écouter l’œuvre sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=2MPP-mjRWnE
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Hans-Günter HEUMANN, Best of Mozart, Schott, ED 23214

Comme dans le recueil précédent, nous trouvons deux parties, l’une d’œuvres originales, l’autre de transcriptions d’œuvres orchestrales ou vocales. Là encore, nous retrouvons tout le savoir-faire de l’auteur et toutes ses qualités de transcripteur. Nous avouons – mais c’est un avis tout à fait personnel – ne pas être ébloui par les petits menuets composés par Mozart dans son jeune âge (qui m’ont dégouté de Mozart de l’âge de 6 ans jusqu’à ce que je découvre le concerto en ré mineur K 466…) Mais ce ne sont que quelques pièces dans ce recueil dont le contenu ne pourra que séduire les jeunes et moins jeunes pianistes. Et on ne peut ici que redire tout le bienfait de cette pénétration de l’intérieur des œuvres transcrites, qui ne peut que conduire à une écoute plus attentive, plus profonde des originaux. C’est une incitation à découvrir les grandes œuvres symphoniques, lyriques et religieuses de Mozart.
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

Hans-Günter HEUMANN, Best of Bach, Schott, ED 23398

Il y a deux parties bien séparées dans ce recueil. Dans la première, Hans-Günter Heumann propose d’authentiques œuvres de Bach éditées avec soin, allant des plus simples à de plus difficiles (des préludes et fugues extraits de Das Wohltemperierte Klavier notamment). Puis, dans une deuxième partie, il nous propose des arrangements de pièces pour orgue ou pour orchestre. On y trouve notamment le célèbre choral de la cantate 147 Jésus, que ma joie demeure, la Toccata et fugue en ré mineur, et bien d’autres pièces célèbres et de grand intérêt. Nous savons les réticences de certains vis-à-vis de ces transcriptions mais il nous semble important que les pianistes puissent se frotter à ces œuvres par une autre voie que les enregistrements sonores, aussi bons soient-ils. Ajoutons qu’il ne s’agit pas vraiment d’arrangements mais de transcriptions totales ou partielles des œuvres faites avec la maîtrise que l’auteur possède dans ce domaine. Ne boudons donc pas notre plaisir ni le plaisir que ce recueil pourra procurer aux pianistes en contribuant à leur faire découvrir des œuvres célèbres, certes, mais qu’ils ne connaissent pas forcément intimement…
Daniel BLACKSTONE
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2021

 

KOŽELUCH : Six sonates faciles pour clavier édité par Christopher Hogwood. Urtext Bärenreiter : BA 11565.

Succédant à Mozart en 1792, Léopold Koželuch (1747-1818) est une figure musicale parmi les plus importantes de Vienne. Excellent pianiste, professeur, il est le compositeur « le plus aimé des jeunes » dont la musique « pure » et « agréable » aurait inspiré la « vogue du piano-forte ». Ses cinquante sonates pour clavier sont considérées comme des « modèles de perfection classique dans la forme, la ligne et la fluidité ».
Les sonates 37 en Sol M (1807), 47 en Mib M, 7 en Ré M (vers 1781), 46 en Do M (Arietta con variazioni )10 en Fa M, 14 en Sol M ont été sélectionnées spécialement pour les jeunes pianistes.
Aucun manuscrit autographe de ces Six sonates faciles n’est connu à ce jour. Les sources sont composites et les propositions de l’éditeur sont notées entre crochets ou par des liaisons en pointillé. L’écriture de ces sonates composées « pour clavecin ou piano » (sauf la sonate 37 attribuée au piano), montre une manière de jouer encore bien « 18ème » et « clavecin » : aucune indication de pédale, différentes sortes de staccato, arpègements, appoggiatures, préparations et terminaisons de trilles ; mais le peu de signes de dynamique conduit l’interprète à une certaine liberté d’expression.
Ces sonates faciles, charmantes et agréables à jouer sont à mettre au répertoire des jeunes pianistes à partir de la fin du premier cycle.

Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Alexandre FLENGHI : Rorschach pour piano. Delatour : DLT2814.

Laissons l’auteur présenter lui-même son œuvre : « Les taches de RORSCHACH constituent un test de type projectif composé de dix planches symétriques. Étant présentées une à une à un patient qui les interprétera librement sous l’écoute d’un psychologue : ce dernier pourra alors émettre un diagnostic de personnalité en explorant l’inconscient de l’individu. Les dix pièces de ce recueil livrent un regard inspiré de ces fascinantes et inquiétantes éclaboussures : leur brièveté ne laissera à l’auditeur qu’une simple impression, comparable à l’illusion d’un rêve qui s’évanouit au petit matin. Dénuées volontairement de titres afin de ne pas éveiller la moindre influence, à vous d’explorer les profondeurs de l’esprit en dévoilant votre exécution pianistique. »
Certes, ces dix pièces ne comportent pas de titre, mais à la place du titre se trouve précisément la tache évoquée par la musique. C’est donc à une mise en œuvre fascinante des taches qu’est invité l’interprète.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020