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Catégorie : Articles

LES GENS DES NUAGES / O POVO DAS NUVENS
par Katy’taya CATITU TAYASSU

 

À la pochette du CD je propose un premier récit sonore issue d’une relation plus lointaine et personnelle entre moi et les peuples du ciel: les nuages. Voici une brève considération à propos des compositions proposées dans cette album.

KUTE MYNA HAKE – Signifie la rescapée ou la femme sans peuple, autrement dit, la survivante. Cette première composition s’inspire de l’histoire que m’a été raconté en 1986, durant mon déplacement dans la partie oueste de la forêt amazonienne. A ce moment là, je n’étais pas assez mûre pour compreendre l’enseignement que m’a été transmis à cette époque. Toutefois, je me souviens des amérindiens rencontrés entre la frontière oueste-brésilienne avec le sud de la Colombie et le nord-est du Pérou. KUTE MYNA HAKE fait alors référence a une poignée de gens que autrefois communiquèrent tout naturellement avec la “genia”, c’est à dire, les gens des nuages. KUTE MYNA HAKE appartenait à ce tout petit groupe des nomades qui parleaient aux peuples du ciel. Cette survivante nommée KUTE MYNA HAKE indiqua avec ses petits doigts amérindiens les noms des nuages et pourquoi ils ont été ainsi désignés. Elle déclina un certain nombre de récits à propos de son peuple et, plus particulièrement les variations de la lumière bleue... Une lumière absolument singulière entre 4 et 5 heures du matin, selon les saisons sèches et les saisons des pluies. Ainsi, à chaque jour, durant une minute ou deux avant le lever du soleil les oiseaux si taisent juste avant cette lumière légèrement bleutée. Pour les Gens des Nuages la lumière bleue jallit constamment une sorte de fluidification cosmique apperçue et absorbée tantôt par les oiseaux et les arbres et les autres plantes sauvages. Cet titre est un hommage à ma mère amérindienne.


©Photo de l'auteur

 

VOIX DES NUAGES - Autrefois, les “Sons des Cieux“ ou les “Voix des Aïeux” se confondaient aux “Voix des Nuages”. Ce titre combine differéntes sonorités en lien aux dynamiques célestes entre les nuages, les pluies, les tempêtes et, au début du monde, les sons océaniques, selon les récits de amérindiens du nord-ouest amazoniens. Pour les chamanes des étoiles, les animistes archaïques et les sorcieres d’antan les nuages sont les arbres du ciel. Autrefois, chaque arbre était une plante sans fin. Ainsi, l’arbre du commencement n’avait pas vraiment un début et non plus leur fin. Les dernières feuilles des branches grandissaient très loin des feuillages et bien plus loin de la canopée (le cime des arbres). Les feuillages verts s’unissaient à la vaste cime bleue des arbres-nuages. Cela dit il n’a jamais eu de séparation entre le ciel de la terre (composé par la plus haute canopée) et la terre du ciel (débutée par les premiers nuages).


©Photo de l'auteur

HA’NO MA’YO - Cette composition sonore est un Appel aux Nuages, c’est-à dire, au monde des HA’NO MA’YO. Dans les temps anciens dès que les champs pourraient être touchés par la sechèresse, les riverains faisaient appel à ceux qui savaient “en-chanter” les nuages, afin de faire tomber la pluie et assurer les cueillettes, mais aussi la santé des cours d’eau, des rivières et des fleuves.


©Photo de l'auteur

 

KA'Y'HOWA TI'KI'HE: LA PLUIE BLEUE - En souvenir de ma toute première fois avec la pluie bleue - KA'Y'HOWA TI'KI'HE - il y a environ une treintene d’années. C’est la pluie bleue qui démarre le printemps, puis, elle viendra avec la première pluie d’été. KA'Y'HOWA berce également les rêveurs d’aujourd’hui, comme elle a aussi assisté les sorciers d’antan. Dans cette composition j’annonce dans un premier temps TI’KI’HE – la rivière des rêves - responsable par la lumière de la nuit, puis, dans la deuxième partie de ce titre, sont les rêves qui naîtront afin de permettre l’accès au monde au-delà des sons, au-delà des couleurs et des formes.


©Photo de l'auteur

 

9 SOLEILS - Certains parmi nous sont liés à la planète Mars. D’autres sont plutôt liés à Vénus. Il y a cependant les êtres issus de la galaxie des Neuf Soleils. Une fois sur Terre ils procurent tantôt la lumière natale, quand aussi les éclats lunaires que précèdent la belle lumière bleue, avant l’arrivée du soleil. Ce morceau a été composé aussi en hommage à Bernard Salhi – un veilleur de la nuit – une sorte d’émisseur et d’éclaireur des consciences.


©Photo de l'auteur

KI’OMA’HA - Dans ce paysage sonore il est question de célébrer la rencontre des Esprits de la Forêt réunis autour de la grande fête, lors du passage de la Lune Rouge. En ce moment alors, l’appel est adréssée aux esprits des eaux, des végétaux, des minéraux et des animaux, afin de co-créer une autre ordre vers l’unité entre humains et non-humains. Cette unité mérite d’être fêter à chaque solstice et equinoxe. Les Esprits de la Forêt - KI’OMA’HA – assurent l’équilibre entre les forces visibles et les invisibles entre le monde du haut (la terre du ciel) et le monde d’en bas (le ciel de la terre), mais aussi ce monde-ci (ati – yepá) et l’autre monde (apé – yepá).


©Photo de l'auteur

PYAROBA – Parmi les arbres sacrés, les frênes sont liés aux noces des solstices et celles des équinoxes. Autrefois, les frênes ont été célébrés par de celtes, dans l’Oracle des Arbres, mais aussi par les Pyaroba – une ethnie particulière que autrefois vivait aux fonds des forêts, des montagnes et des grottes entre les premières Amazonies. Par les “Amazonies” je fais référence aux mondes verts et sans les frontières, plus tard délimitées, par l’arrivée coloniale espagnole et portugaise, principalement. Les PY ’HA HO BA ou Pya’roba métrisèrent autrefois le monde des eaux, les évaporations et les nuages. Les Pyaroba ont été connus par leurs connaissances auprès des éméraudes et leurs secrets d’invisibilité. Cette composition évoque les frênes et l’appel en convergence auprès des autres arbres pour célébrer la symbiose fondamentale, c’est à dire, l’équilibre entre le monde matériel et immatériel, les forces féminines et masculines et l’harmonie entre les mondes aquatiques et les mondes terrestres.


©Photo de l'auteur

 

SOBIKOU - Cette composition fait appel aux nuages et aux arbres, puisqu’ils sont la continuité de l’un et de l’autre. En tant qu’humains nous sommes les arbres à deux jambes et “Sobikou” est l’Esprit que communique avec les racines profondes de la Terre. Les sons de l’Aubépine (l’Amour) et des Chênes (la Sagesse) sont ainsi évoqués au long de cette composition puisque la vie terrestre dépend de l’union entre les arbres du ciel (les nuages) et les arbres des forêts. La Sagesse de cet Amour assure l’harmonie entre les autres éléments. Ce morceau est un hommage à mon père d’Afrique: Jean Pierre N’Diaye.


©Photo de l'auteur

 

9ème. SENS – Les deux coeurs battent ensemble, mais sans aucun combat. À propos du 9ème sens cette composition a été proposée avec les différents sons issus de mon coeur et aussi les sons enregistrés pendant le passage de différents nuages, au long de différents nuits. Le 9ème sens a une correspondance avec la traversée des nuages orageuses. Le monde du 9ème SENS a une forte liaison avec les 9 Cieux, aussi décrits par les mayas, les toltèques et les femmes-enchantatrices, mais aussi avec les sorciers d’antan, tels que: les Kalawayaha (en Bolivie), les Yaquis (en Mexique), les Dogons (en Afrique) et les Kawesqar, les Selk’yam, les Aoniken, les Hausch et les Yamanas (en Patagonie). Dans mon coeur a un autre coeur qui bat: ce de ma fille – querido amor querido – Stéphanie L. Sturzeneker à qui j’ai dédié cette composition.


©Photo de l'auteur

 

HA’TO MA TE’YA: LES PIERRES PARLENT – Lorsque j’ai été un enfant les explositions minières m’ont beaucoup éfrayeint. Un jour une vielle amérindienne m’a raconté que l’autrefois les pierres parlèrent à propos des passages entre les cieux et les étoiles et les mauvais pressages quand aux errances terrestres entre les humains et non-humains. Cette composition porte un hommage à Bruno & Virginie dans le Jura Météorites, à Tassenières.


©Photo de l'auteur

 

LE 11ème. CIEL – Entre janvier et février 2017 j’étais sensé d’écouter et d’enregistrer les sons issus des couleurs, dans les tableaux de Viviane José Restieu. Voici un passage quand au paysage sonore présent entre crayons de couleurs, gestes et formes associés, premièrement, à son tableau “Catédral Cosmique”, puis, à une deuxième création - “Bruissement des Ailes”.


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ADANSOWIA BU'HIBAB: L'ARBRE DES RÊVES - En souvenir de ce dernier ancêtre-arbre, dont les sons gardent les rêves des immigrés, des réfugiés et des voyageurs sans frontières entre le monde du haut et le monde d’en bas. En hommage aux arbres qui crient en silence sous le vacarme du monde et la violence des Hommes.


Katy’taya CATITU TAYASSU