Le compositeur finlandais Sebastian Hilli est toujours à la recherche de musique enchanteresse. «Je veux toujours me mettre au défi, ma pensée et ma musique. Prendre des risques peut être difficile, mais cela peut générer des imprévus, faire surgir des choses que l’on pensait impossibles. Cela peut mener à quelque chose de vraiment intéressant et de beau.

Finnish composer Sebastian Hilli is always in search of enchanting music. “I always want to challenge myself, my thinking and my music. Taking risks can be a struggle but it can generate something unexpected, something that you thought wasn’t doable at first. It can lead to something really interesting and beautiful.”

Hilli a commencé la musique dès son plus jeune âge. «J'ai d'abord joué du piano classique et mon intérêt pour la composition a commencé par l'improvisation. J'aime improviser vraiment librement, à partir de rien. Sans règles ni styles, Sans ces choses qui restraignaient le jeu du piano classique.

From an early age Hilli started making music. “I first played classical piano and my interest in composition started with improvisation. I like to improvise really free, mostly from scratch. Without rules or styles, things that were restricting the classical piano playing.

C'est ainsi que je me suis intéressé à créer quelque chose en musique. Au lycée, j'avais un professeur de musique qui m’a conseillé d’écrire mes improvisations. C'est à ce moment que j'ai commencé à composer.

That is how I became interested in creating something in music. In high school I had a music theory teacher and she said that I should write down my improvisations. That’s when I started composing.”

 

Cela semble être un début paradoxal lors de l’écoute de la composition de Hilli. Sa musique est bien conçue, très précisément structurée et notée en détail. Comme l'indique son site Web, il se caractérise par des textures tissées complexes, des sonorités nuancées [et] des processus à longue échelle.

It seems a paradoxical start when listening to Hilli’s compositional output. His music is well crafted, very precisely structured and notated in detail. It is, as his website states, “characterized by complex woven textures and nuanced sonorities [and] long-span processes.”

Son concerto pour guitare et ensemble de chambre Confluence / divergence (2013-2015) est un bon exemple en ce sens. Il lui a fallu deux ans pour l’écrire, car il «travaillait avec des combinaisons complexes d'entités sonores et de techniques instrumentales qui exigeaient une étude et une exploration plus poussées des méthodes de notation raffinées».

His concerto for guitar and chamber ensemble Confluence/divergence (2013–2015) is a good example of these characteristics. It took two years to write, because he “worked with complex combinations of sound entities and instrumental techniques that demanded further studying and exploring of refined ways of notation.”

Il n’y a pas beaucoup de place pour l’improvisation des interprètes. Cependant, on peut encore perçevoir son intérêt pour l'improvisation dans sa musique. Plus particulièrement dans Paraphrase II (2016), (une série de trois pièces à ce jour), où il cite la musique du saxophoniste improvisateur de jazz John Coltrane. Dans la série Paraphrase, il utilise des pièces spécifiques d'autres compositeurs ou styles de musique qui font écho à son propre travail.

There’s not much room for performers to improvise. Yet, his interest in free improvisation can still be perceived in his music. Most notably in Paraphrase II (2016), from a series of three works to date, where he quotes the music of jazz saxophonist and improviser John Coltrane. In the Paraphrase series he uses specific pieces by other composers or styles of music that he reflects on in his own work.

La première Paraphrase (2015) utilise une chanson de Jean Sibelius basée sur le poème Verandan vid havet du poète suédois Viktor Rydberg. La troisième Paraphrase (2016) est basée sur le madrigal O dolorosa gioia de Carlo Gesualdo. Dans Paraphrase II, Hilli fait explicitement référence à la composition de John Coltrane, Giant Steps, ainsi qu’aux idées empruntées à la acid house. Mais ce n’est pas tout: en fait l’utilisation de musiques pré-éxistantes est une technique très utilisée dans ce cycle de pièces

The first Paraphrase (2015) makes use of a song by Jean Sibelius that is based on the poem Verandan vid havet by the Swedish Poet Viktor Rydberg. The third Paraphrase (2016) is based on Carlo Gesualdo’s madrigal O dolorosa gioia as a point of departure. In Paraphrase II Hilli makes explicit references to John Coltrane’s composition Giant Steps as well as ideas borrowed from the music genre acid house. But there’s more to it. In fact, using other music is an often-used technique in this set of pieces:

«C'est un moyen important de traiter les problèmes d'un style spécifique et de réfléchir à ma propre musique. Je commence par bien connaître le matériel. Les premières esquisses sont presque des transcriptions. Pas à pas, je me rapproche de mon propre style, mais une partie du matériel original reste. C'est une manière intéressante de découvrir différents éléments et de trouver quelque chose de nouveau. »

“It is an important way to deal with issues of a specific style and reflect on my own music. First I get to know the material really well. The first sketches are almost transcriptions. Step by step I get closer to my own style, but some of the original material remains. It is an interesting way to get to different elements and find something new.”

Pour Hilli, l'histoire de la musique est presque comme un coffre au trésor musical, dans lequel il puise des joyaux merveilleux. Il donne une nouvelle lecture du passé musical et, une fois terminée, elle apparaît comme étant sienne.

For Hilli, music history is almost like a musical treasure chest, from which he picks wonderful gems. He gives a new reading of the musical past and after he is finished it can only be described as his own.

En même temps, il s'inspire de sources extérieures au domaine strictement musical. Prenez le quatuor à cordes Hilli Elogio de la Sombra (2015), basé sur un cycle de poèmes de Jorge Luis Borges. «Il y a une sorte d'atmosphère onirique ou mystique dans ces poèmes, vraiment magnifiques. Je voulais transcrire cela de la même manière. J'ai donc utilisé le langage et la forme de ces poèmes et j'ai essayé d'entrer dans le texte en écrivant de la musique».

At the same time he is inspired by sources outside of the strictly musical domain. Take Hilli’s string quartet Elogio de la Sombra (2015), which is based on a cycle of poems by Jorge Luis Borges. “There is a kind of dreamlike or mystical atmosphere to these poems, really beautiful. I wanted to transcribe that in a similar way. So I used the language and the form of these poems and I tried to get into the text by writing music.”

Bien que sa musique soit très technique et virtuose, le résultat sonore n’est pas difficile en soi. C'est plutôt direct. Ou mieux, Hilli essaie de transmettre quelque chose de purement musical, quelque chose qui touche l'auditeur, sans être trop clair pour autant: «Quand j'ai commencé à composer, je m'intéressais surtout à la partie que je ne pouvais décrire. D'où vient cette musique, et ses idées? Ce sont des petites choses qui m'attirent en musique. Cela me fascine toujours, ces gestes musicaux qui créent une atmosphère avec un caractère mystique. »

While his music is very technical and virtuoso, the sounding result isn’t difficult per se. It is rather quite direct. Or better, Hilli tries to convey something purely musical, something that touches the listener, but isn’t quite clear: “When I started composing I was mostly interested in the part that I couldn’t describe. Where is this music coming from, and the ideas? These are little things that draw me towards music. That still fascinates me, those musical gestures that create an atmosphere with a character of mysticism.”

 

 
 

Alexandre Craman

 

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