James Brown, It's a Man's Man's Man's World par Jérôme Bloch

 

Naissance et débuts

James Brown, né le 3 mai 1933 à Barnwell (Caroline du Sud) et mort le 25 décembre 2006 à Augusta (Géorgie), est fréquemment surnommé The Godfather of Soul. Tout au long d'une carrière qui a couvert six décennies, Brown, chanteur, créateur, danseur, pionnier de la funk, l'une des figures les plus influentes de la musique populaire du XXe siècle, est également reconnu pour ses performances scéniques. En 2004, le magazine Rolling Stone le classe à la septième place dans sa « list of the 100 Greatest Artists of All Time ».

Il grandit dans le Sud des États-Unis, à Augusta (Géorgie) dans une famille pauvre et vit dans un quartier misérable. Il enchaîne les petits boulots. Il apprend alors divers instruments tout en pratiquant le sport. C’est en prison, en 1948, qu’il fonde son premier groupe avec d’autres détenus. Il est repéré comme chanteur et danseur par Bobby Byrd. Ensemble, ils forment le groupe de R&B The Flames et leur premier enregistrement Please, Please, Please, qui sort en 1956, se vend à plus d’un million d’exemplaires.



DR Le porte-parole et le militant : l’âge d’or

C’est dans les années soixante que James Brown, alias « Mister Dynamite », sort ses plus grands titres : I got You (I fell good), Papa’s got a brand new bag et It's a Man's Man's Man's World. Le discours est plus revendicateur dans le contexte du mouvement de lutte de la population noire américaine à conquérir ses droits civiques. Le message est clair dans “Money won’t change you” ou “Don’t be a drop out” cette même année 1966 (album “Raw soul”). L’artiste reste choqué par l’assassinat de Martin Luther King en 1968. Pour éviter un soulèvement, son concert de Boston est retransmis en direct à la télévision. Durant les émeutes de Los Angeles, Brown est convié sur les plateaux pour rétablir le calme. Il devient un porte-parole de la communauté noire avec son manifeste “Say it loud – I’m black and I’m proud”.

Dans les années soixante-dix, il s’entoure des meilleurs musiciens et enchaîne les albums novateurs (The big payback), avec Kenny Burrel, Jimmy Nolen, St. Clair Pincknay (guitare), J.C. Davis, Pee Wee Ellis, Maceo Parker (saxophones), Fred Wesley (trombone), Clyde Stubbefield, John Starks (batteurs), des choristes de premier plan comme Vicki Anderson ou l’arrangeur Nat Jones. Sex Machine en 1970 est le plus torride des gospels et fait la une dans les discothèques. Il a influencé Miles Davies, et plus près de nous, Mickael Jackson (mort en 2008) et Prince et David Bowie (disparus en 2016). Dans les années quatre-vingt, le disco supplante la funky-soul. C’est le début du déclin, après un bref passage par le hip-hop.

It's a Man's Man's Man's World

It's a Man's Man's Man's World est une chanson de James Brown et Betty Jean Newsome, enregistrée le 16 février 1966 à New York (King Records). Dans l’esprit du sermon protestant et du chant évangélique, ou gospel (enfant, Brown a chanté dans de tels chœurs, même si le mot « gospel song » date de 1968 ; « gospel » = évangile), la référence biblique (l’Arche de Noé) traverse cet hymne à la femme. Il existe une version filmée de dix minutes en noir et blanc et enregistrée en direct, sur scène, à l’Olympia de Paris en 1967 (vue 6 millions de fois sur YouTube), avec d’autres musiciens (l’orgue électrique est très présent, les violons sonnent un peu faux). James Brown s’interrompt plusieurs fois un certain nombre de secondes, dès la cinquième minute (au milieu exact du chant), sur les mots « he’s lost », anticipés en live par rapport à la fin de la chanson, enflammant la salle bondée essentiellement de jeunes de la future « génération 1968 » dont les derniers témoins, cinquante après, disparaissent les uns après les autres. Brown cite dans cette version « Please, please, please », le tube de cette même année 1966. Brown reviendra à l’Olympia de Paris pour la dernière fois en 1971.

«It's a Man's Man's Man's World» (traduction : Jérôme Bloch)

Musiciens (enregistrement de 1966) :

• Dud Bascomb - trompette
• Waymon Reed - trompette
• Lamarr Wright - trompette
• Haywood Henry - saxophone baryton
• Ernie Hayes - piano
• Billy Butler - guitare
• Bernard « Pretty »Purdie – batterie

This is a man's world
C'est un monde d'hommes,

This is a man's world
C'est un monde d'hommes,

But it wouldn't be nothing, nothing
Mais ce ne serait rien, rien

Without a woman or a girl
Sans une femme ou une fille

You see, men made the cars
Tu vois, les hommes ont fait les voitures

To take us over the road
Pour nous emmener sur les routes

Man made the train
L'homme a créé le train

To carry heavy load
Pour transporter de lourdes charges

Man made electric light
L'homme a inventé la lumière électrique

To take us out of the dark
Pour nous sortir de l’obscurité

Man made the boat for the water
L'homme a inventé le bateau pour naviguer sur l'eau

Like Noé made the ark
Comme Noé a créé l'arche

This is a man's, a man's, a man's world
C'est un monde d'hommes, d'hommes, d'hommes

But it wouldn't be nothing, nothing
Mais ce ne serait rien, rien

Without a woman or a girl
Sans une femme ou une fille

Man thinks about a little bit of baby girls
L'homme pense un peu aux bébés filles

And a baby boys
Et aux bébés garçons

Man makes them happy
L'homme les rend heureux

'Cause man makes them toys
Parce que l'homme leur fabrique des jouets

And after man made everything, everything he can
Et après que l'homme a tout fait, tout ce qu'il pouvait

You know that man makes money
Tu sais que l'homme fait de l'argent

To buy from other man
Pour acheter aux autres hommes

This is a man's world
C'est un monde d'hommes,

But it wouldn't be nothing, nothing, no one little thing
Mais ce ne serait rien, rien, pas une seule petite chose

Without a woman or a girl
Sans une femme ou une fille

He's lost in the wilderness
Il est perdu dans la nature

He's lost in bitterness
Il est perdu dans l'amertume

He's lost
Il est perdu