Compositeur de premier plan qui régna à la fois sur l’Opéra,

 

l’Opéra Comique et le conservatoire, qui traversa le siècle romantique,

 

des tourmentes révolutionnaires à la Commune.

 

 

 

Une famille d’artistes aux relations privilégiées avec la royauté

 

Le grand père, Daniel Auber , Normand d’origine, vient s’établir à Paris, exerce la profession de maître sculpteur. Il décore les carrosses de Louis XVI. Il décède le 11 messidor an V (29 juin 1797) en laissant trois héritiers étant chacun pour un tiers dans la succession concernant notamment « un cabinet d’histoire naturelle »: Françoise Catherine Auber, fille d’un premier mariage avec Catherine Guillaumet, Jean Baptiste Daniel Auber, son fils d’un deuxième mariage avec Marguerite Louise Lebeau et Antoine Vincent Vigogne marié à Marie-Adelaïde Auber, issue d’un troisième mariage avec Marie Jeanne Vincent.

Le père,  Jean Baptiste  Daniel Auber (1740-1819), fut officier des chasses royales « capitaine des chasses du Prince de Condé ». Il logeait avec sa famille faubourg Saint-Denis. Il était aussi peintre et grand amateur de musique à la cour.

 

Daniel François-Esprit Auber nait le 29 janvier 1782 à Caen lors d’un voyage que ses parents firent dans cette ville. Ses parents étaient de situation aisée[1]. Né sous le règne de Louis XVI, sept ans avant la Révolution. Il maintiendra la tradition familiale  du goût pour la capitale des deux générations antérieures  en résidant 24 rue Saint-Georges à Paris. Il sera l’un des compositeurs des plus prolixes de son temps. Sa production musicale débuta en 1813 avec le « séjour militaire » et s’achèvera avec son dernier opéra-comique en trois actes Rêve d’amour en 1869. Pas moins de 10 opéras, 37 opéras comiques, une belle brochette de ballets, de la musique de chambre et une grande quantité d’œuvres religieuses dont la plupart composés pour la chapelle du Louvres en 1852 constitueront sa production.  Richard Wagner encensera Auber en tant que « le représentant principal du génie lyrique Français ».

 

 

Portrait peint par Hortense Haudebourt-Lescot (1785-1845)

 

 provenant de la famille de Maissin

 

 

 

La Révolution crée une rupture de vie pour le père et le fils

 

Le père se reconvertit dans le commerce des objets d’art et ouvre un commerce d’estampes comme éditeur de gravures, rue Saint Lazare. Il souhaite que son fils reprenne l’affaire et l’envoie en 1802, après la signature de la paix d’Amiens, à Londres, apprendre les règles du commerce et l’Anglais. La rupture du traité d’Amiens en 1804 le ramène à Paris et se lie avec un célèbre violoncelliste nommé Lamare, nom sous lequel Auber écrira un certain nombre de concertos pour violoncelle.

 

Auber, ayant grandi dans une atmosphère d’art et les dons qu’il tenait de son hérédité, ne pouvait que s’épanouir. Il est doué des plus heureuses dispositions pour la musique, étudie, grâce aux relations de son père, le piano sous la direction de Ignaz  Ladurner, le violon  et le violoncelle avec des professeurs de musique, et commence à composer de la musique de chambre et des romances. A peine sorti de l’enfance, il publie plusieurs romances, entre autres, « Le bonjour », qui eurent un succès et fit le tour des salons du Directoire. Il compose quelques romances et petits airs Italiens avec le professeur, baryton de l’Opéra Comique, Jean Blaise Martin.

 

Auber « court le cachet » et fin 1804, tous les quatuors qu’il avait composés en Angleterre furent joués au conservatoire et lui valurent des applaudissements. En 1805, il compose sa première œuvre de scène, Julie, pour une société d’amateurs qui se retrouve à la salle Doyen de Paris. Il rencontre Ingres avec lequel il lie une amitié durable.

 

En 1806, il est admis compositeur à la Société Académique des enfants d’Apollon. Il compose des œuvres pour violoncelle au profit et sous le nom de son ami Jacques Michel Hurel de Lamare (1772-1823). Fin 1808, il compose un concerto pour violon à l’intention du célèbre violoniste Jacques Féréol Mazas (1782-1849) qui obtient un immense succès lors de sa première exécution au Conservatoire de Paris. Auber émerge de la foule des compositeurs amateurs et attire l’attention des artistes notamment Luigi Cherubini qui est un maître exigeant. Il suit  pendant trois ans les cours de composition avec Cherubini qui lui trouve un mécène.

 

Luigi Cherubini (1760-1842) introduit Auber chez le Prince de Caraman, grand seigneur, où il assure pendant cinq ans et six mois à la belle saison les fonctions de maître de musique au château de Chimay en Belgique. Le Prince était un bon violoniste, Auber tenait le piano et la Princesse chantait. Auber composa même un opéra-comique en trois actes qui sera représenté au théâtre du château de Chimay en 1812. Pendant six ans, Auber délaisse la composition et fréquente les salons, surtout celui de François-Antoine-Eugène de Planard, auteur d’opéra-comique en vogue, à Passy où se réunissent de nombreux artistes et où Auber s’adonne à l’improvisation au piano. Planard se prend d’affection pour lui et lui fournit le livret d’un deuxième opéra-comique, Le Testament et les Billets doux. 

 

 

 

La mort de son père en 1819 le désigne, à 37 ans, soutien de famille de sa mère et ses frères et « booste » sa carrière de musicien professionnel

 

La mère, Adelaïde Vincent (1757-1850) a eu, outre Daniel François Esprit Auber, le compositeur, trois autres enfants :

 

Antoine Félix, sous intendant militaire (1786-1863) qui a eu avec sa femme Adelaïde Bourlier de Saint Martin deux filles, Marie Adelaïde Louise Félicie Auber qui se mariera avec Louis Eugène de Maissin, et Claire Auber mariée à monsieur  Chrétien de Poly.

 

Auguste Auber (1788-1859) Chef d’escadron de Chauffeurs

 

Anne Auber (1790-1859) qui épousa Monsieur Fouret.

 

Auber avait plus de trente ans lorsqu’il fit représenter pour la première fois une de ses œuvres à l’Opéra Comique et près de quarante ans lorsqu’il obtint son premier succès. Ce fut la rencontre avec le librettiste du siècle en la personne d’Eugène Scribe, auteur des meilleurs livrets d’opéras du siècle, qui changea le cours de sa carrière artistique. Dès 1823, à la mort du librettiste, en 1861, ils collaborèrent pendant quarante ans au rythme  de deux opéras en moyenne par an. Le succès couronnait leur collaboration.

 

 

 

L’immense œuvre couronnée de succès vecteur d’une notoriété nationale et internationale

 

En 1813, las de son rôle de musicien amateur, à succès mais cantonné à un cercle d’un certain monde d’artistes et d’amateurs, Auber tente d’affronter le véritable public. Il fait son début en public par un opéra en un acte qu’il fit représenter au théâtre Feydeau sous le titre du Séjour militaire qui connut un succès modeste. Mais qui à partir de 1819 il allait enchaîner sans relâche que des productions saluées comme des succès et concrétisées par les faveurs si ce n’est de la fortune du moins à «  une belle aisance »[2].

 

 

 

Une vie mondaine longue et riche

 

Auber, célibataire, fréquente les salons où se réunissent de nombreux artistes et où il s’adonnera à des improvisations au piano puis à une riche et diversifiée vie mondaine. Doué d’une élégance, de manières charmantes et d’un esprit de bon aloi, le maestro fait florès dans les cercles parisiens. Il a hérité de la réputation d’esprit et de réparties spirituelles adaptées à toutes les situations du prince de Talleyrand[3]. Lors d’un dîner organisé par Michele Enrico Carafa, il rencontre Gioachino, un des compositeurs les plus réputés de son temps, qui vient de s’installer à Paris pour prendre la direction du Théâtre-Italien. Sa galanterie pour le beau sexe était proverbiale. Il eut de brèves aventures sentimentales avec ses interprètes. La compositrice de romances Pauline Duchambre demeura sa compagne la plus fidèle. Il se rendait aussi fréquemment à des soirées théâtrales. Auber était régulièrement invité par des femmes « pour danser » et par  l’Empereur à passer des soirées au Palais des Tuileries, par la Princesse Mathilde, par le Ministre d'État, Rouher, par le maréchal de France, ministre de la guerre, Le Bœuf,  le maréchal de France, ministre de la maison de l’Empereur et des Beaux-Arts, le Comte Vaillant, le Marquis de Moustier, Ministre des Affaires étrangères, le Sénateur, Préfet de la Seine Haussmann à l’Hôtel de ville, le ministre des finances Magne, le Comte de Nieuwerkerke,Sénateur, Surintendant des Beaux-Arts puis Surintendant des Musées Impériaux...

 

 

Invitation  d’Auber de l’Empereur au Palais de Compiègne

 

 du 20 au 27 octobre 1856

 

 

 

S’ajoutaient les réceptions protocolaires de la séance impériale d’ouverture de sessions législatives, des présidents des assemblées et des ambassades pour commémorer des événements ou anniversaires…

 


Auber en 1869 / DR

 

Une carrière prestigieuse et honorifique exceptionnelle

 

Auber a été le musicien officiel sous trois types de régimes politiques différents  et avait mission d’écrire la musique de circonstance pour l’organisation des fêtes, tour à tour, d’abord, Royales (Louis XVIII de 1814 à 1815 puis de 1815 à  1824, Charles X de 1824 à 1830, Louis Philippe de 1830 à 1848), puis, Républicaines (la seconde République de 1848 à 1851) et enfin, Impériales (Napoléon 1er de 1799 à 1814 sous le premier Empire, Napoléon en 1815 pour les cent jours, et Napoléon III de 1851 à 1870 sous le second Empire).

 

 

 

Cérémonie du baptême du Roi de Rome le 9 juin 1811 écrite par Auber

 

 

 

Auber, selon son biographe B. Jouvin, « n’est pas resté parmi les boudeurs et ce que j’appellerai les compositeurs d’Ancien Régime. Il n’a pas point fulminé contre les novateurs… »[4].

 

Ce biographe mentionne l’entretien de Ledru-Rollin avec Auber salué comme une « gloire nationale » en ces termes : « Monsieur Auber, vous ne pensiez écrire qu’un chef d’œuvre, et vous avez fait une révolution : 1830 et ses trois immortelles journées », au sujet de La Muette de Portici. L'opéra La Muette de Portici, traduit dans toute l’Europe qui a occupé l’affiche de 1828 à 1882 avec 505 représentations à Paris avait donné le signal de la révolution Belge à la suite de laquelle la Belgique prit son indépendance en se séparant du Royaume des Pays-Bas.

 

Sous Louis Philippe, Auber est élu, à la majorité absolue des trente-cinq votants au troisième tour de scrutin après l’élimination  successive  d’Antoine Reicha et Stanislas Champein, le 12 avril 1829, membre de la section de composition musicale à l’académie des Beaux-arts[5] puis est nommé en 1830 directeur des concerts de la Cour. En 1842 il  obtient le titre le plus important de sa carrière : il est désigné par le roi pour succéder à Luigi Cherubini comme directeur du Conservatoire royal de musique.

 

A la tête de la première école lyrique, le conservatoire fournit non seulement Paris, mais la France et l’Europe, de chanteurs, d’acteurs et d’actrices auquel de très nombreuses familles s’adressent, ou se font recommander pour une admission, une audition , une faveur. Le conservatoire est une pépinière…

 

 

Lettre de recommandation du Prince Joseph Poniatowski (1816-1873), compositeur d’opéra (qui sera sénateur nommé par Napoléon III) en faveur d’Hector Berlioz, pour un poste de direction d’orchestre.

 

En 1848, quand la République décida la question des honoraires en faveur des citoyens représentants, le maestro dit avec un  malicieux sourire « Allons donc ! vingt-cinq francs par jour à ces gens-là ? C’est une erreur. Ils sont impayables».[6]

 

Napoléon III le nomme, en 1852, « grand maitre de sa musique » directeur de la musique de la chapelle des Tuileries,[7] ce qui le rendra familier des soirées à la cour ou chacun lui témoigne une sympathie pleine d’admiration. Lors de l’Exposition universelle de 1867, il est nommé Président du comité de la composition musicale. Il est nommé, par le ministre de l’instruction publique et des cultes, le 30 avril 1853, membre de la commission des arts et des édifices religieux (section des orgues et de la musique religieuse) établie près de l’administration des cultes[8], à la commission désignée par le garde des sceaux, ministre de la justice et des cultes, pour procéder à la réception du grand orgue de la cathédrale de Paris[9]. Il est aussi nommé le 3 avril 1870 par le ministre des Beaux-arts dans la commission chargée de réviser le règlement du conservatoire impérial de musique  et de déclamation[10].

 

Ces fonctions prestigieuses seront accompagnées par l’octroi de nombreuses distinctions. Le 10 mai 1825 il est promu chevalier de la Légion d’honneur, en 1835 , officier et le 29 avril 1847, commandeur. En 1861, il est grand officier de la Légion d’honneur. Il fut aussi officier de l’ordre Belge de Léopold et décoré de plusieurs autres ordres ainsi que de différentes médailles d’or.

 

Lettre du  1er octobre 1859 du ministre d’Etat et de la maison de l’Empereur

 

 attribuant une médaille d’or :

 

 

 

 

Lettre du  1er octobre 1859 du ministre d'État et de la maison de l’Empereur

 

attribuant une médaille d’or 

 

 

 

 

Lettre du 6 juillet 1868 de l’ambassadeur d’Autriche attribuant une médaille d’or pour la dédicace d’un hymne du sacre du Roi de Hongrie

 

 

 

Auber meurt à 89 ans, le 12 mai 1871. Ses funérailles se déroulent dans la plus grande discrétion à l’église de la Sainte-Trinité en raison de la tourmente de la Commune qui frappe Paris. Le successeur d’Auber à la direction du conservatoire fit transporter clandestinement le cercueil dans le caveau. « La pensée des amis du compositeur fut de soustraire cette gloire Française à l’outrage des funérailles publiques ordonnées par les maïtres que Paris s’était laisser imposer : ceux-ci n’auraient pas manqué d’en faire une comédie bouffonne intercalée dans la tragédie des spoliations et des emprisonnements » selon B. Jouvin, chroniqueur du Figaro[11].

 

Après la Commune, le 15 juillet 1871, Jules Simon, ministre de l’Instruction publique et des Beaux Arts, prononce une allocution funèbre devant le Conservatoire indiquant « Tout lui réussi dans l'art et dans la vie. Les moins musiciens le comprenaient et l'aimaient à première vue, et l'on sentait que ses airs lui venaient tout seuls et ne lui coûtaient aucun effort. Il y a plus de travail dans la plus courte scène des Huguenots que dans toute la Muette, qui pourtant, est un chef d'œuvre. Oui, cet homme a le plus produit que personne, et il est certain qu'il n'a jamais travaillé. La facilité le perdit parfois et le sauva toujours... »[12].

 

En hommage à Auber, son buste orne la façade de l’Opéra Garnier, une station de RER porte son nom ainsi que plusieurs rues dans différentes villes de France. Plusieurs dictionnaires de la musique mentionnent les compositions d’Auber[13], ainsi que quelques articles[14].

 

 

 

 

Fac-similé  de l’oraison funèbre

 

 

 

Le 30 octobre 1875, l’éloge d’Auber est lu dans la séance annuelle[15]. En 1877, un monument funéraire est élevé à son honneur dans la 4é division du cimetière du Père-Lachaise.

 

 

 

Christian Bigaut*.

 

 

 

 

 

* Christian Bigaut est Docteur en droit, Inspecteur Général de L'administration de l'Education nationale et de la recherche.

 

 

 

 

 

 

 


 

[1]  Inventaire du 8 mars 1779 demandé par Daniel Auber à la mort de sa femme Marie Jeanne Vincent et inventaire du 22 messidor an V au 24 fructidor an v, après de décès de leur père, Daniel Auber le 11 messidor an V (29 juin 1797) à la demande de ses trois enfants

 

[2]  Adolphe Adam, Lettres sur la musique Française 1836-1850,22 aout 1840

 

[3]    Jouvin Benoît , D.F.E Auber, sa vie et ses œuvres, Hegel, Paris 1864

 

[4]  Notice publiée par Le Menestrel. D.F.E Auber. Sa vie et ses œuvres par B Jouvin. 1864

 

[5]  L’académie  royale des Beaux-Arts de l’Institut a dans sa séance de ce jour, procédé au remplacement de M Gossec dans la section musique. Elle a nommé, à la majorité absolue des suffrages, M Auber au troisième tour de scrutin. Le nombre de votants était de 35, majorité 18. Au 1er tour, M Auber a obtenu 16 voix, M Champein 12, et M Reicha 6. Au dernier tour, le scrutin a donné à M Auber 19 voix et 15 à M Champein

 

[6]  Auber par Eugène de Mirecourt. Paris. Gustave Havard, éditeur. 1857

 

[7]  Maisons de leurs majestés et de leurs altesses impériales. Paris Typographie de Henri Plon, imprimerie de l’Empereur. Voir les années 1857, 1863,1866, 1867 et 1868.

 

[8]  Lettre du Cabinet du ministre de l’instruction publique et des cultes du 30 avril 1853

 

[9]  Lettre du ministre du 3 avril 1858 adressant à Auber la médaille commémorative de la consécration et de la restauration de l’église métropolitaine

 

[10] Lettre du ministre des Beaux-Arts du 3 avril 1870

 

[11]  Menestrel, numéro du 11 octobre 1871, voir aussi : Association des Amies et amis de la commune de Paris (1871) 2012. Trimestre 1 n°49

 

[12]  Discours de M Jules Simon prononcé aux funérailles de M Auber, le 15 juillet 1871. Firmin Didot frères, 1871

 

[13]  Herbert Schneider, « D.F. E Auber », Dictionnaire de la musique en France au XIX siècle, Joël-Marie Fauquet (dir), Fayard, Paris ,2003 , Fétis François Joseph « Biographie universelle des musiciens et biographie générale de la musique »(1866-1868).Paris, Firmin Didot.

 

[14]  Julien Tiersot, Revue musicale n°140 « L’Opéra-comique au XIX siècle » Novembre 1933, Hervé Lacombe, « Les voies de l’opéra Français au XIX siècle » Fayard, 1997, Forum Opéra. Revue n°16, Janvier 2003, « Daniel-François-Esprit Auber » par Bruno Peeters ,  J .Chantavoine, Quelques lettres inédites d’Auber, Revue d’histoire et de critique musicales »(3),1903.

 

[15]             Vicomte Delaborde, Eloge d’Auber , lu dans la séance annuelle du 30 octobre 1875, Firmin Didot, 1875, p 2