The Amazing Keystone Septet à l'auditorium du Musée d'Orsay

The Amazing Keystone Septet à l'auditorium du Musée d'Orsay

 

Entre 7 et 18 musiciens, en fonction des projets, ces jeunes jazzmen ont des idées plein la tête. On doit au The Amazing Keystone Big Band Pierre et le Loup de Prokofiev revu et corrigé à la moulinette jazz avec la voix de Denis Podalydès, et ça dépote ! Dernièrement ils ont repris la pochade du Carnaval des Animaux de Saint-Saëns en version jazz et ils l'ont joué avec Édouard Baer devant six mille enfants dans un théâtre antique ! Le CD existe.

Hubert Charrier et " La Grande Évasion "

Hubert Charrier et " La Grande Évasion "

 

 

 

Hubert Charrier a 27 ans. Il est tombé dans la BO quand il était tout petit et depuis il y est resté, à tel point qu'il a abandonné son job et s'est lancé avec ses deniers dans une entreprise folle : faire une radio sur internet qui ne diffuse que de la musique de films ! Ce mois de janvier, cela fera un an qu'elle existe. Hubert s'est donné trois ans pour réussir ! Mais déjà sa radio a une programmation riche, passionnante et innovante.

Audi Talents Awards 2015 PASCAL LENGAGNE

Les Audi Talents Awards (ATA) furent créés pour la France en 2007. Ils récompensent, chaque année, de jeunes talents dans les domaines de l'art contemporain, du design, de la musique et du court métrage. Depuis 2011 c'est la musique à l'image qui a remplacé la musique. Dans chaque catégorie, un jury de quatre personnes est chargé de dresser une liste de quatre nommés, puis de récompenser l'un des artistes. Audi investit plus d'un million d'euros à l'année sur les lauréats entre production et communication. Nous nous sommes entretenus avec les lauréats de ce concours, la plupart par téléphone car ils sont tous des provinciaux.

 

 

 

PASCAL LENGAGNE

ARNAUD ASTRUC, BENJAMIN FOURNIEZ-BIDOZ, NICOLAS DUPERRON

      

 

 

« Chut On Vous Écoute », leur boîte de production, est dans un petit immeuble sympathique au bout d'une rue calme du XIXème arrondissement de Paris. C'est Nicolas Duperron, l'un du trio, qui me reçoit. « De la fusion entre deux mondes, la musique et la communication. De l'idée simple que la musique, utilisée de manière créative et réfléchie, est un formidable instrument pour faire rêver et démultiplier la portée d'un message, d'une image, d'une marque. » Tel est leur credo. On sent qu'ils ont fait des études de marketing ces jeunes gens ! C'est moi qui suis venu écouter les lauréats 2012…

LAURENT GRAZIANI

 Ce pur et dur rocker a gagné en 2013 le concours des ATA avec une musique énergique, rentre dedans. Il habite près de Montpellier et écoute surtout de la musique « industrielle » qu'on n'entend pas souvent à la télé et à la radio. Le mainstream ne l'intéresse pas !

 C'est en 2013 que vous avez été le lauréat des ATA : comment avez-vous connu ce concours ?

 C'était sur les conseils d'un ami, Pascal Lengagne, qui avait gagné ce concours. Je donnais des cours de guitare à ses enfants.

 Quel style de guitariste êtes-vous ?

 Très électrique, hard rock, indépendant. J'ai toujours eu des groupes dans ce style.

THOMAS KARAGIANNIS

 

Vous êtes le lauréat de l'année 2014, vous avez à peine trente ans, comment vous est venue l'idée de participer à ce concours ?

C'est un de mes deux professeurs de Master 2, musiques appliquées à l'image à l'Université de Lyon, qui m'a fait part de ce concours.

 Avez-vous une formation classique ?

Je n'ai pas vraiment une formation : j'ai appris la musique de manière autodidacte avec internet. Après le bac, j'ai travaillé un an et comme j'aimais bien la musique, j'avais l'intention de trouver un travail autour de la musique.

FLORENT ET ROMAIN BODART

 Vainqueur 2015 des Audi Talents Awards pour la musique à l'image, Romain, l'un des frères Bodart, de passage à Paris, nous a accordé un entretien dans un café au milieu d'un brouhaha de sons. Mais il aime ça et surtout il aime les manipuler.

Comment avez-vous découvert l'ATA ?

 C'est la copine de mon frère, graphiste à la base, qui est tombée par hasard sur un appel d'offre sur un site de design pour le concours d'ATA. Elle nous a envoyé l'annonce et on s'est donc lancé dans l'aventure. On nous a envoyé deux films complétement muets, un de 2 minutes 30 sur les Vingt quatre heures du Mans et un autre qui était une publicité pour la télé. Il fallait ajouter la musique bien sûr et tout le sound design. La première chose qu'on a faite c'était d'enregistrer des sons d'Audi, on en a fait pas mal puis on a composé la musique, ça nous a pris une semaine pile !

Avec Laurent Petitgirard

Il étudie le piano avec son père Serge Petitgirard, élève d'Alfred Cortot et d'Yves Nat. Il compose de la musique symphonique, de chambre, des opéras et de la musique pour l'image. En 1989, il fonde l'Orchestre Symphonique Français de Paris qu'il dirige jusqu'en 1996. Actuellement il est le chef de plusieurs orchestres internationaux et directeur musical de l'Orchestre Colonne de Paris. Aujourd'hui il laisse à Bruno Coulais sa place de professeur de composition de musique à l'image au CNSMDP. Il nous a reçu dans son bureau de Président de la SACEM.

Ronan Maillard : La relève !

Il est jeune, il a une solide formation musicale, il n'est pas encore connu, il a du talent. Il a accepté cet entretien, le premier, à l'occasion de la sortie du film de Xavier Giannoli, « Marguerite », pour lequel il a écrit une musique de grande qualité.

 Comment êtes-vous arrivé sur le film « Marguerite » de Xavier Giannoli ?

 En fait j'ai rencontré Xavier Giannoli sur son film précédent qui s'appelle « Superstar » sur lequel j'étais orchestrateur ; je n'étais pas compositeur. C'était Sinclair, avec qui j'ai déjà travaillé sur d'autres films, qui l'était. Il avait besoin d'orchestration.

 C'est vous qui faisiez le boulot en fait ?

Entretien avec Evgueni et Sacha Galperine

D'origine russe, de confession juive, arrivés à peine adolescents en France, fuyant avec leurs parents un pays où ils n'étaient pas les bienvenus, Evgueni et Sacha Galperine ont débarqué à La Frette-sur-Seine, en banlieue parisienne, sans connaître ni le Français ni notre culture. Ils y habitent depuis 25 ans. Aujourd'hui totalement intégrés, ils sont des musiciens reconnus et c'est dans la maison « très vivante » d'Evgueni qu'ils m'ont reçu et ont parlé, sans langue de bois, de leur vie et de leurs expériences professionnelles. 

La compositrice Béatrice Thiriet

Béatrice Thiriet est d'abord une compositrice de musique à programme. Elle a écrit des opéras, de la musique symphonique, des œuvres vocales, de la musique de chambre. C'est une femme d'images, elle a réalisé deux courts-métrages. C'est une pianiste, sa formation musicale elle la doit pour partie à Mikhaïl Rudy. En 2001, elle reçoit le Prix Nadia et Lili Boulanger à l'Académie des Beaux-Arts pour la création de son opéra de Chambre : Nouvelles Histoires d'Elle. Mais très tôt elle a été attirée par la composition pour l'image, une musique plus populaire. C'est à propos de sa dernière superbe composition pour « L'Astragale » (cf. NL de 5/2015) de Brigitte Sy que nous avons voulu la rencontrer.

Un entretien avec Gilles Tinayre

A part le CNSMDP, qui compte une classe de composition de musique pour l'image, existe-t-il d'autres lieux où l'on peut apprendre ce mode d'écriture ?

Il y a quelques endroits, peu nombreux. Il a fallu attendre la nomination de Bruno Mantovani à la tête du Conservatoire de Paris pour qu'une classe de composition de musique de film existe. Ses prédécesseurs l'avaient toujours refusée à la demande de l'UCMF (Union des Compositeurs de Musique de Film). Depuis trois ans maintenant qu'elle existe il y a sept à huit élèves qui la suivent, des premiers prix de composition. Elle est dirigée par Laurent Petitgirard. Il va laisser sa place cette année à Bruno Coulais. Il y a très peu de classes de ce type : il y en a une à Lyon qui comporte deux niveaux, le conservatoire lui-même, et il y a aussi un Master mis en place dans le cadre de l'Université. A Levallois Perret c'est sur un cycle de deux ans, mais qui n'est pas en immersion et ce n'est que quelques jours dans l'année. On peut s'interroger sur la légitimité de certains enseignants. Ce sont de bons compositeurs, mais ils n'ont pas forcément le sens de l'image et n'ont pas composé de la musique pour des films. C'est une écriture très spécifique. On n'écrit pas pour faire de la musique mais parce qu'il y a une image. Mais enfin, le principal c'est que cela puisse exister. Lorsqu'on voit ce qui se passe aux États-Unis, sans pour cela épouser le modèle américain, il n'est pas envisageable de faire un film sans penser à la musique. L'immersion de la musique est complète dans le monde du cinéma. A Berklee, par exemple, il y a un enseignement extraordinaire pour la musique de film. On se dit qu'il y a beaucoup de choses à faire en France.

Le compositeur Cyrille Aufort

Titulaire de plusieurs Premiers Prix du Conservatoire National de Musique de Lyon et de Paris, ce musicien d'à peine quarante ans a tout d'abord composé de la musique pour des documentaires et des courts-métrages. Il a fait ses premières armes dans le cinéma en qualité d'orchestrateur. Il a collaboré avec Alexandre Desplat (Otage), Yvan Cassar (Massaï, Quartier VIP, l'Odyssée de l'Espèce), avant de se voir confier la composition de la musique originale de longs métrages, Ombline, de Stéphane Cazes, L'âge de Raison de Yann Samuell, 9A de Reza Rezaï ou Hell de Bruno Chiche, et de téléfilms tels que La Maison Tellier d' Elisabeth Rappeneau. Il a composé pour le magnifique documentaire de Jacques Perrin L'Empire du Milieu, une belle composition musicale. C'est parce que nous avons apprécié la musique de l'Homme Idéal (Cf. NL de 4/2015), que nous sommes allés le rencontrer dans son petit studio en banlieue parisienne, surplombant le parc de Sceaux. Il nous a reçu de manière décontractée entre deux compositions.

Mathieu LAMBOLEY

Pianiste et compositeur de trente cinq ans, Mathieu Lamboley a étudié successivement au Conservatoire régional de Paris et au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris - CNSMDP - où il finit son parcours musical brillamment avec 5 premiers prix : Harmonie, Contrepoint, Fugue et Forme, Orchestration, et Piano. Il sera notamment l'élève des pianistes Michel Beroff, Éric Lesage, Brigitte Engerer, Olivier Gardon, Yves Henry ou encore Denis Pascal. Pour la composition il recevra les enseignements d'illustres maîtres comme Thierry Escaich, Marc André Dalbavie, Jean François Zygel, Jean-Claude Raynaud ou DeCrepy.

LA RELEVE !

LA RELEVE !

 

Stéphane Gassot (SG), Maël Oudin (MO) et Arthur Ouvrard (AO)

 Ils sont des jeunes compositeurs de musiques pour l'image, ils sont 9, encore au CNSMDP dans la classe de Laurent Petitgirard. Nous les avions rencontré au concert de la classe de composition en présence de Patrice Leconte. Nous allons, au fur et à mesure, faire un entretien de ces futurs compositeurs avec trois d'entre eux. 

Franck Sforza, compositeur

Compositeur autodidacte, atypique, la quarantaine, passionné de musiques en tout genre (il a écrit, entre autres, pour le tour de chant de Jean Claude Dreyfus), de jazz en particulier, Frank Sforza est, à force de conviction, un compositeur reconnu dans le monde du court-métrage. Souvent récompensé il est aujourd'hui dans plusieurs commissions pour l'aide aux courts-métrages. Il nous a reçu dans son studio.

Comment devient-on compositeur de musique de film ?

 

 Dans mon cas c'est plutôt comment on devient musicien, car j'ai commencé très tard à faire de la musique, à dix neuf ans. J'avais écouté Jean Jacques Goldman qui avait un super saxophoniste, Philippe Delacroix Herpin, dit Pinpin. Sur « Petite  fille » il a fait une impro qui m'avait impressionné. Comme j'ai raté mon bac, mes parents m'ont demandé ce que je voulais faire à la rentrée. Je leur ai dit saxophone et ils m'ont dit ok !

Rob, un musicien atypique...

Rob, un musicien atypique...

 

De son vrai nom Robin Coudert, alias Rob, est né en 1978 à Caen. Ce musicien atypique nous a accordé un entretien dans son studio Porte des Lilas au milieu d'une multitude d'instruments « vintage ».

Entretien avec ERIC NEVEU

Éric Neveu est le compositeur, entre autres, de « Ceux qui m'aiment prendront le train », « Intimité », « Persécution », de Patrice Chéreau, « Just like a woman » et « La voie de l'ennemi » de Rachid Bouchareb, « Les vacances du Petit Nicolas » de Laurent Tirard, « Graziella » de Mehdi Charef, « Un beau dimanche » de Nicole Garcia, « Il était une forêt » de Luc Jacquet, « L'attentat » de Ziad Doueiri, « Les Kaira » de Franck Gastambide... Il travaille régulièrement pour la télévision sur des séries de prestige : « Borgia », « La Commune », « Un village français », « Le vol des cigognes »… 

Le réalisateur Patrice Leconte

Patrice Leconte passe son enfance à Tours. A l'âge de 20 ans il monte à Paris, il entre à l'IDHEC, participe aux Cahiers du Cinéma et se lance dans le court-métrage. Parallèlement il contribue au journal Pilote dans les années 1970-74. En 1975, il réalise son premier film « Les Vécés Étaient Fermés de l'Intérieur » en adaptant des personnages de Gotlib, avec Jean Rochefort et Coluche. C'est le film « Les Bronzés », un des plus gros succès du cinéma français, qui fait sa renommée. Réalisateur, scénariste, cadreur il a réalisé une trentaine de longs-métrages. Souvent nommé aux Césars, il a obtenu celui du meilleur réalisateur pour « Ridicule »

ENTRETIEN AVEC PATRICK SIGWALT

Compositeur de musiques à l’image, venu du rock, Patrick Sigwalt a obtenu en 1987, le César de la musique de film avec Bernardo Sandoval, pour « Western » de Manuel Poirier. Aujourd’hui il est président de l’Union des Compositeurs de Musiques de Films (UCMF)

JEAN-LUC GODARD et la musique de ses films

Jean-Luc Godard vient de sortir «  Adieu au Langage »,  un film récompensé au dernier festival de Cannes avec un petit prix ; une récompense dont il n’a que faire. Un film de Godard ne laisse jamais indifférent. Ce qui nous intéresse ici, par rapport à ce réalisateur, c’est la manière dont il aborde les musiques dans ses films et s’il est possible de les écouter hors de leur contexte. Selon les époques, Godard a tenu des discours, comme il sait le faire, changeants, radicaux, paradoxaux. La musique de film ne veut rien dire pour lui. Ce qui existe c’est la bande sonore qui comprend les dialogues, les ambiances et la musique. Cette dernière peut être composée pour un film – c’est ce qu’il a fait à ses débuts - mais souvent elle est puisée dans la musique de répertoire – c’est ce qu’il a fait totalement par la suite. Dans son dernier film il a découpé la Septième Symphonie de Beethoven.

RENAUD BARBIER, compositeur du film « Le Dernier Diamant » d'Éric Barbier.

Cette musique avait été analysée récemment (cf. NL de 5/2014). Pour compléter nous avons réussi, ce moi-ci, à obtenir un entretien avec le compositeur.

 


DR

 

Comment êtes-vous entré dans le monde de la musique ?

 

« A huit ans à Brignoles, petite ville du Var, j’entends Beethoven, une musique avec une telle énergie qu’elle me donne envie de faire du piano et de jouer ce compositeur ! Je me débrouille pour acheter un piano par le biais de mes grands-parents, de la famille. Mes parents étaient assez ouverts sur l’art. Mon père était psychanalyste et ma mère maîtresse de maternelle. Elle accueillait les enfants le matin avec la musique de Morricone. Je pense que cela a dû jouer pour la suite. Dix ans de piano classique, pas de conservatoire, un professeur privé, pas d’harmonie, pas de solfège.